12 Apr
12Apr

Article sur l'histoire de l'Eglise de la révolution à nos jours : https://www.regence-christ-roi.fr/doctrine-et-histoire/br%C3%A8ve-chronologie-du-catholicisme-depuis-la-r%C3%A9volution-%C3%A0-nos-jours

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« Une nouvelle religion est en mouvement et en gestation au sein de l'Église catholique romaine, substantiellement différente de celle laissée par le Christ, et qui acquiert les caractéristiques d'une gnose païenne et cabalistique parfaitement configurée. » Julio Meinvielle (1905 - 1973) 



Saint Pie X

     Élu pape le 4 août 1903 sous le nom de Pie X, Giuseppe Sarto choisit pour le seconder comme Secrétaire d’État le jeune Rafæl Merry del Val. Saint Pie X prit aussitôt le contre-pied de son prédécesseur : La Maçonnerie ne craint pas une opposition républicaine, elle ne craint qu’une opposition monarchique (Voir Charles Maurras, Le bienheureux Pie X, Sauveur de la France, Plon, Paris 1953, p. 6-7, qui rapporte le compte-rendu de l’audience accordée au journaliste monarchiste Louis Dimier paru dans L’Action Française du 1er mai 1904, cité par Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 231).

     Il remplaça le Ralliement par la résistance, comme en témoigne l’encyclique Vehementer nos du 11 février 1906, encourageant les catholiques à s’opposer par tous les moyens légaux au lois laïcistes. 

     Face à la spoliation de l’Église de France — qui perdit un patrimoine de 450 millions de francs et toute couverture juridique — saint Pie X ne plia pas : "Si la paix des consciences est rompue en France, ce n’est pas du fait de l’Église, mais du fait de ses ennemis" (Saint Pie X, Encyclique Une fois encore sur l’Église catholique de France, du 6 janvier 1907, dans Pii P.X Acta, IV, p. 7-17, cité par Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 232).

     La même année il publia l’encyclique Pascendi contre le modernisme. 



     En 1908 il consacra dans la basilique Saint Pierre 14 évêques « nés pour la guerre » (Dansette, Histoire religieuse, op.cit., p. 43, cité par Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 233.), les premiers nommés sans accord du pouvoir civil. Après la cérémonie il leur tint en privé un discours poignant, les appelant au martyre tout en enviant leur sort. 

Devant cette fermeté la Troisième République n’osa pas mettre en œuvre jusqu’au bout la persécution, pour éviter de créer des martyrs, et renonça à fermer les églises et emprisonner les prêtres. 

     La politique sans concessions de Pie X, jugée hasardeuse par de nombreux modérés, se révéla visionnaire (Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 234) écrit Roberto de Mattéi. 

Aristide Briand lui-même le reconnaîtra : Le pape ? (i. e. saint Pie X), c’est le seul qui ait vu clair ! (Cité par Jean Sévillia, Quand les catholiques étaient hors la loi, Perrin, Paris, 2005, p. 265, cité par Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 234) 



Du Ralliement au « Sillon » 

     Il existe une continuité entre l’Action libérale populaire, dirigée par le « rallié » Jacques Piou, et le Sillon de Marc Sangnier, avatars de la Démocratie-chrétienne. 

Jacques Piou écrivit ainsi dans la Revue des Deux Mondes un article intitulé « Les conservateurs et la démocratie » où il exprime non seulement son ralliement à la forme institutionnelle, mais encore à l’idéologie républicaine elle-même qu’il présenta comme éminemment catholique : Les idées de liberté, d’égalité, de fraternité que les révolutions appellent leur conquête, n’ont pas été apportées par elles dans le monde. […] Jamais société civile ne réalisera mieux l’idéal démocratique que le société religieuse fondée par le Christ (Barbier, Cas de conscience. Les catholiques français et la République, Lethieulleux, Paris, 1906, III, p. 81, cité par Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 237). 

Marc Sangnier, ne dit pas autre chose quand il affirme du Christ que : Lui seul maintient le principe démocratique ; il ne saurait donc y avoir de démocratie contre le christianisme (même référence supra).

     

     Léon XIII et le cardinal Rampolla avaient encouragé Sangnier. Ce dernier avait écrit au fondateur du Sillon après le premier congrès du mouvement en décembre 1902 que : le but et les tendances du Sillon ont beaucoup plu à Sa Sainteté (Cité par Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 237). 

En revanche, le cardinal Merry del Val invita, lui, l’association à se conformer à l’enseignement de l’Église dès le Congrès sillonniste de 1905. 

     L’abbé Emmanuel Barbier s’était montré particulièrement clairvoyant sur le Sillon : "En vertu de l’affinité entre le modernisme et la démocratie, l’immanence vitale, qui est le cœur de la thèse moderniste, passe de l’ordre religieux à l’ordre social, et ensuite passe de l’ordre social à l’ordre religieux" (Barbier, Les démocrates chrétiens, p. 367, cité par Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 238). 


     Finalement saint Pie X condamna le mouvement (lettre Notre Charge Apostolique du 25 août 1910). Il soulignait l’affinité entre modernisme et démocratie : "On ne travaille pas pour l’Église, on travaille pour l’humanité" (saint Pie X, Lettre Notre Charge Apostolique, du 25 août 1910, dans AAS, 2 (1910), p. 607-633). 


Bilan du pontificat de saint Pie X  

Son programme ?

⚜ Omnia restaurare in Christo⚜, tout restaurer dans le Christ, comme il l’explique dans son encyclique inaugurale E supremi apostolatus (4 octobre 1903). 

⚜ Il veille à l’instruction du peuple chrétien par un CATECHISME simple et complet. Lors de la révolution des années 1970 dans l’Eglise, révolution appuyée hélas par nombre d’autorités ecclésiastiques dévoyées, qui publieront ou laisseront publier l’horrible catéchisme hollandais hérétique, la revue Itinéraires publiera de nouveau ce bon catéchisme. 

⚜ Il CONDAMNE LE MODERNISME et reste vigilant pour le combattre dans l’Eglise, en témoigne la Sapinière ou Sodalitium pianum (écho du "parti piano", fidèle à la pensée de Pie IX dans son Syllabus, au XIXe siècle) de Mgr Benigni qu’il encourage : encyclique Pascendi (8 septembre 1907) face à la subversion des modernistes et décret Lamentabili avec le serment antimoderniste du 1er septembre 1910. 

⚜ Il organise les débuts de la COMMISSION BIBLIQUE, couverte par le magistère ordinaire pontifical. 

⚜ Il prépare le CODE DE DROIT CANON DE 1917, magnifique synthèse juridique de l’Eglise, qui fait un devoir aux séminaristes de s’abreuver auprès de saint Thomas d’Aquin, docteur commun. 

⚜ Il CONDAMNE LE LAÏCISME des francs-maçons au pouvoir en France : encyclique Vehementer Nos (11 février 1906) condamnant la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en France. 

⚜ Il appuie la restauration du CHANT SACRE, sur les principes du chant grégorien, dans la lignée de Dom Guéranger : motu proprio Tra le sollecitudini (22 novembre 1903) sur la musique sacrée. 

⚜ Il veille à la FORMATION DES SEMINARISTES et au ministère sacerdotal. 

⚜ Il réforme le BREVIAIRE pour remettre en honneur la récitation hebdomadaire des 150 psaumes par le clergé : bulle Divino afflatu (1er novembre 1911) sur la réforme du bréviare. 

⚜ Il développe le culte eucharistique par la COMMUNION fréquente qu’il recommande, la communion des enfants qu’il prescrit, et les congrès eucharistiques qu’il multiplie : décret Sacra Tridentina (20 décembre 1905) encourageant la communion fréquente et quotidienne. 

⚜ Extrait du discours de canonisation de Pie X par Pie XII : 

     « Mais ce dont il s’agissait précisément alors, c’est-à-dire la conservation de l’union intime de la foi et de la science, est un bien si grand pour toute l’humanité que cette seconde grande œuvre du Pontife est, elle aussi, d’une importance telle qu’elle dépasse largement les frontières du monde catholique.

Lorsque, comme le modernisme, on sépare, en les opposant, la foi et la science dans leur source et leur objet, on provoque entres ces deux domaines vitaux, une scission tellement funeste que « la mort l’est à peine plus ». On l’a vu en pratique : au tournant du siècle, on a vu l’homme divisé au fond de lui-même, et gardant cependant encore l’illusion de conserver son unité dans une apparence fragile d’harmonie et de bonheur basés sur un progrès purement humain, se briser pour ainsi dire sous le poids d’une réalité bien différente. 

Le regard vigilant de Pie X vit s’approcher cette catastrophe spirituelle du monde moderne, cette déception spécialement amère dans les milieux cultivés. Il comprit qu’une foi apparente de ce genre, c’est-à-dire une foi qui au lieu de se fonder sur Dieu révélateur s’enracine dans un terrain purement humain, se dissoudrait pour beaucoup dans l’athéisme ; il perçut également le destin fatal d’une science qui, à l’encontre de la nature et par une limitation volontaire, s’interdisait de marcher vers le Vrai et le Bien absolus et ne laissait ainsi à l’homme sans Dieu, devant l’invincible obscurité où gisait pour lui tout l’être, que l’attitude de l’angoisse ou de l’arrogance.

Le Saint opposa à un tel mal le seul moyen de salut possible et réel : la vérité catholique, biblique, de la foi acceptée comme « un hommage raisonnable » (Rom 12,1) rendu à Dieu et à sa révélation. » 


1906 

Mort de la bienheureuse Elisabeth de la Trinité 


9 mars 1907 

Saint Pie X déclara au chanoine Gaudeau : « Le kantisme, c’est l’hérésie moderne ». 

A propos de Kant, voici ce qu’écrivait le Dictionnaire de la Franc-maçonnerie (Eugène Lennhoff et Oskar Posner, Almathea Verlag, Vienne-Munich, 1932) : « Bien que Kant n’appartînt pas à l’alliance (maçonnique), les idées de Kant ne sont nulle part autant chez elles que dans les loges allemandes. Sa philosophie peut être dite le fondement le plus profond de la pensée maçonnique. Ce serait à croire qu’elle fut conçue pour servir de base doctrinale de la Franc-maçonnerie. » La lucidité du sage pontife ne s’y était pas trompée.


15 avril 1907

     Discours de saint Pie X aux cardinaux : 

« Nous qui devons défendre de toutes nos forces le dépôt qui nous a été confié, n’avons-Nous pas raison d’être angoissé devant cet assaut qui n’est pas une hérésie, mais le résumé de toutes les hérésies qui tendent à ébranler les fondements de la foi et à anéantir le christianisme ? « 

Oui, l’anéantissement du christianisme ! Car la Sainte Écriture n’est plus, pour ces hérétiques modernes, la source de toutes les vérités qui appartiennent à la foi, mais un livre quelconque ; l’inspiration des Livres saints se réduit pour eux aux doctrines dogmatiques entendues à leur façon et assez semblables à l’inspiration poétique d’Eschyle ou ­d’Homère. L’Église est l’interprète légitime de la Bible, mais ils la soumettent à une prétendue science critique qui s’impose à la théologie et la rend esclave. 

Quant à la Tradition de l’Église, tout est relatif et sujet au changement, ce qui ramène à rien l’autorité des saints Pères. Tout cela, et mille autres erreurs, ils le propagent dans leurs brochures, leurs revues, leurs ouvrages ascétiques, jusque dans le roman [allusion à Il Santo, de Fogazzaro], et en termes ambigus, d’une manière nébuleuse, afin d’éviter une condamnation et de prendre les naïfs dans leurs filets. » 


Octobre 1907 

Excommunication de Tyrrel 


7 mars 1908

Décret d’excommunication de Loisy prononcé par la Sacrée Congrégation du Saint Office :

     "Tout le monde sait que le prêtre Alfred Loisy, habitant actuellement dans le diocèse de Langres, a enseigné et publié plusieurs choses qui ruinent les fondements principaux de la foi chrétienne. Toutefois, on espérait encore que, peut-être trompé par l’amour de la nouveauté plus encore que par la mauvaise volonté, il se conformerait aux récentes déclarations et prescriptions du Saint-Siège en cette matière, et c’est pourquoi jusqu’ici on avait réservé les plus graves sanctions canoniques ; mais il est arrivé au contraire, qu’au mépris de tout, non seulement il n’a pas abjuré ses erreurs, mais qu’il les a confirmées avec obstination dans de nouveaux écrits et dans des lettres aux supérieurs. Comme il est donc tout à fait manifeste qu’après les avertissements canoniques formels, il s’obstine dans ses erreurs, la Suprême Congrégation de l’Inquisition, pour ne pas manquer à sa charge, et sur mandat exprès de Notre Saint Père Pie X, a prononcé la sentence de l’excommunication majeure contre le prêtre Alfred Loisy, nommément et personnellement. Elle déclare solennellement qu’il est frappé de toutes les peines encourues par ceux qui sont excommuniés publiquement et que, par suite, il est à éviter et qu’il doit être évité par tous. Donné à Rome, au palais du Saint Office, le 7 mars 1908." 

Pierre Palombelli S.R. et Univ. Inquisitionis Notarius 


1910 

« Nous avons besoin d’un concile et d’un Pape qui le convoque »   Rudolf Steiner, agent du démon, disciple de la « mage » russe Helena Petrovna Blatvatsky 


1er septembre 1910 

« Les modernistes n’ont cessé de rechercher et de grouper en une association secrète de nouveaux adeptes, et d’inoculer avec eux, dans les veines de la société chrétienne le poison de leurs opinions, par la publication de livres et de brochures dont ils taisent ou dissimulent le nom des auteurs. » 

Motu proprio Sacrorum antistitum 



Les modernistes esquivèrent les coups:  

  • premièrement en tronquant le sens des encycliques (une censure devenait une approbation, Pascendi devenait un écrit de tel Monseigneur -mais mes petits amis infectés de venin moderniste, quelle signature en bas de cette encyclique ?- un document général deve­nait un écrit pour la seule Église d’Italie, un document pontifical exhortant à la saine philosophie était classé dans le domaine des opinions d'un auteur privé en philosophie comme dans l'article biaisé et partial, sentant mauvais le modernisme du Dictionnaire de théologie catholique sur saint Pie X, les derniers paragraphes sur sa lettre de 1914 au sujet de la saine philosophie à l'école de saint Thomas d'Aquin à promouvoir dans les études sacerdotales), et

  • deuxièmement en cherchant à classer les écrits anti­modernistes des papes dans la catégorie « faillible », afin d’en mini­miser l’importance.

 On s’habitua ainsi à faire l’équation (erronée): solennel = infaillible; ordinaire = faillible. « L’infaillibilité du Syllabus qui eut ses partisans est aujourd’hui à peu près abandonnée », peut-on lire dans le Dictionnaire de théologie catholique (article « infaillibilité du pape »), alors que précisément ce document relève du magistère, de l'enseignement courant du pape qui rappelle des doctrines anciennes puisées dans saint Augustin en particulier, donc infaillible par analogie avec l'infaillibilité "solennelle" définie par le premier concile du Vatican ; par ailleurs la forme même de ce document, catalogue d'erreurs réprouvées par l'Eglise, appelle à y voir le faisceau des quatre conditions énumérées par le concile Vatican I définissant l'infaillibilité du pape : parler comme pape, sur un sujet de foi ou de moeurs, s'adresser aux fidèles, avec la claire intention d'obliger à croire. 

     Pourquoi cette mise en doute de l’infaillibilité du Syllabus l’a-t-elle emporté contre les partisans de l’infaillibilité? Tout sim­plement parce que les modernistes, condamnés par le Syllabus, se sont multipliés! Au lieu d’attaquer de front, en critiquant ouverte­ment le contenu, ils attaquent de biais, en prétextant que le mode par lequel est véhiculé le contenu ne serait pas infaillible. Et le tour est joué. 

Pour éviter les condamnations, les modernistes évitè­rent les affirmations de principe (un écrit hérétique est facile à repé­rer et à mettre sur l’Index), mais inaugurèrent une pratique qui consistait à ne tenir aucun compte des condamnations doctrinales portées par les souverains pontifes. 

     C’est jusque dans ce dangereux retranchement que Pie XI va les poursuivre, en dénonçant ceux qui « agissent exactement comme si les enseignements et les ordres promulgués à tant de reprises par les souverains pontifes, no­tamment par Léon XIII, Pie X et Benoît XV, avaient perdu leur valeur première ou même n’avaient plus à être pris en considé­ration ». Le pape conclut par un jugement formel: « Ce fait révèle une sorte de modernisme moral, juridique et social; nous le condamnons aussi formellement que le modernisme dogmatique » (Pie XI: encyclique Ubi arcano, 28 décembre 1922). 


Excursus sur une déviation dans la compréhension du rôle du magistère ecclésiastique, en germe depuis la définition du premier concile du Vatican, qui définit l'infaillibilité du pape sous quatre conditions. 


     Cette déviation dans la tête de nombreux catholiques, y compris des prélats, bien avant le deuxième concile du Vatican, explique le détournement du magistère par les évêques et papes conciliaires, pour faire valoir leur nouvelle religion. 

Extrait de l'éditorial du Sel de la terre, n°132, juin 2025 :

     "Pour défendre la foi, il avait fallu affirmer de plus en plus l'importance du magistère ecclésiastique. Cette insistance a pu faire oublier que ce magistère est lui-même au service d'une Révélation, qui est déjà complète. L'effet d'une définition dogmatique n'est pas d'ajouter une vérité au dépôt de la foi, mais de certifier avec autorité qu'elle y appartient. Mgr Williamson aimait la comparer à la neige, qui rend plus visible un sommet montagneux. Il expliquait : Ce n'est pas la définition qui fait la vérité. Elle ne fait que notre certitude de la vérité. 

L'ordre réel est le suivant : 1°) L'objet réel, la réalité. 2°) La vérité de la proposition qui énonce cette réalité. 3°) La définition qui vient renforcer notre connaissance de cette vérité. 4°) La certitude dans l'esprit du catholique pieux dès qu'il sait que telle vérité fait l'objet d'une définition. Je répète : 1°) Objet. 2°) Vérité. 3°) Définition. 4°) Certitude. [Dans Le Sel de la terre 23, p.21.] 

     Il développait ainsi sa comparaison : (1) La montagne fait (2) le sommet, auquel (3) la neige n'ajoute que (4) la visibilité. Qui pensera à dire que c'est la neige qui fait le sommet, ou que c'est le sommet qui fait la montagne ? La Tradition, au moment de la mort du dernier des Apôtres, constituait déjà tout le corps de la doctrine révélée de l'Eglise [cf proposition de saint Pie X dans le décret Lamentabili au n°59 "Le Christ n’a pas enseigné un corps déterminé de doctrine, applicable à tous les temps et à tous les hommes, mais il a plutôt inauguré un certain mouvement religieux adapté ou qui doit être adapté à la diversité des temps et des lieux : proposition condamnée"] ; les définitions de diverses vérités n'ont rien ajouté de plus à ces vérités que leur certitude pour les croyants. Seulement, au fur et à mesure que la charité se refroidit, la ligne de neige au sommet descend. Mais de là à dire que, lorsqu'il n'y a pas de neige, il n'y a pas de montagne, ou bien, que là où il n'y a pas de définition à quatre conditions, il n'y a pas de vérité certaine, c'est perdre tout sens de la montagne, tout sens de la vérité, c'est la maladie du subjectivisme. [Ibid.] 

     La définition de l'infaillibilité, en 1870, eut, à cet égard, son danger : L'effet accidentel de la définition de 1870 a été de renverser cet ordre dans l'esprit des catholiques et de mettre la définition avant la vérité, comme si c'était la définition qui faisait la vérité [...] Elle a été bonne per se [en soi], parce qu'elle a permis d'ancrer les esprits catholiques [...]. Mais dès que la définition fut chose faite, les libéraux ont changé de tactique : "Oui, d'accord, [...] il y a un magistère infaillible [...] mais en dessous de ce sommet qui ne voit pas maintenant que rien n'est absolument sûr ?" Et les libéraux de mettre en doute toute vérité au-dessous de ce sommet constitué par le corps de vérités définies infailliblement [...]. Les catholiques ont eu beau dire que non, que la définition ne fait pas la vérité, que le sommet ne fait pas la montagne, qu'il y a dans l'enseignement de l'Eglise tout un tas -une montagne- de vérités certaines en-dessous de celles du sommet. Rien n'y fit. Dans l'esprit des gens, petit à petit ce fut le sommet qui faisait la montagne et non plus la montagne qui faisait le sommet (-Ibid.- Face à cette erreur, Pie XII rappela dans Humani generis (§20) que le chrétien ne peut limiter chichement son adhésion de foi aux seuls dogmes définis de façon infaillible). 

     Cette dévalorisation de la Tradition ouvrait la voie à une notion révolutionnaire du magistère, inaugurée à Vatican II. Mgr Lefebvre sut la démasquer. Dénonçant le coup de maître de Satan, il affirmait la nécessité de démythiser un enseignement conciliaire constamment dans l'équivoque, l'incohérence et la contradiction, qui réclame le respect dû au magistère sans vouloir lui-même satisfaire aux conditions d'un vrai magistère [être fidèle à la Tradition catholique et à l'enseignement constant des papes et des conciles dogmatiques à travers les siècles en particulier]".


1912 

Lettre d'éloges du Pape à Mgr Henri Delassus pour son jubilé sacerdotal. 


1913

 Mgr Henri Delassus, La mission posthume de sainte Jeanne d'Arc :

"…Les Francs-Maçons s'attaquent aux murailles de l'Eglise, mais en même temps travaillent à l'intérieur d'autres démolisseurs plus malfaisants encore. Le Syllabus de Pie X et son Encyclique sur le modernisme ont montré où ils en sont arrivés. Dans les huit premières propositions que des catholiques, que des prêtres mêmes ont formulées et enseignent dans des livres et dans des revues qui, hélas ! ne sont point sans de nombreux lecteurs, l'autorité même des décisions doctrinales de l'Eglise est attaquée

Dans les onze qui suivent, IX à XIX, sont anéantie l'inspiration et l'inerrance de l'Ecriture Sainte. De XX à XXVI sont transformées, jusqu'à les détruire, les notions de révélation, de foi et de dogme. De XXVII à XXXVIII sont niées la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Sa science, Son expiation rédemptrice, Sa résurrection. Aux propositions XXIX à LI vient l'attaque contre les sacrements. Celles qui vont de LII à LVII s'élèvent contre l'Eglise, création humaine à laquelle Notre-Seigneur n'aurait même pas songé. 

Vient enfin de LVII à LXV l'exposé de l'évolutionnisme, fondement intellectuel de tout ce qui précède. On le voit, rien ne doit rester debout. Ce n'est plus une hérésie, comme il en a surgi dans les siècles précédents, c'est, ainsi que le dit Pie X dans son anxiété et sa douleur, "le résumé et le suc vénéneux de toutes les hérésies, qui tend à anéantir le christianisme". "Toutes ces erreurs, a dit encore le Pape, dans le même consistoire, se propagent dans des opuscules, des revues, des livres ascétiques, et jusque dans des romans ; elles s'enveloppent de certains termes ambigus, sous des formes nébuleuses, afin de prendre dans leurs lacets les esprits qui ne sont pas sur leurs gardes". 

     La V. Anne-Catherine Emmerich voyait dans les rangs des hommes ainsi appliqués à renverser l'édifice divin, des prêtres et des religieux. Le Pape dans son Encyclique a cru devoir porter sur ce point l'attention du monde catholique. C'est que, si l'action du prêtre pour le bien est infiniment plus puissante que celle du laïque, la perversion des idées, lorsqu'elle est propagée par lui, produit dans les esprits des résultats bien plus désastreux.  

Au mois de juillet de cette même année 1820, la Vénérable dit : "J'eus de nouveau la vision de l'église Saint-Pierre sapée suivant un plan formé par la secte secrète. Mais je vis aussi le secours arriver au moment de la plus extrême détresse". Plusieurs fois déjà elle avait dit voir la T. S. Vierge venir au secours de l'Eglise et la couvrir de sa protection. La même année, fin d'octobre, l'état de l'Eglise catholique lui fut de nouveau montré sous l'image de la basilique Saint-Pierre ; et la guerre qui lui est faite lui apparut sous les traits que nous présente l'Apocalypse de saint Jean, que la Vénérable ne connaissait point. A la fin de cette vision, elle assista de nouveau à l'intervention de la T. S. Vierge. Elle vit les travaux de la secte détruits et tout son attirail brûlé par le bourreau sur une place marquée d'infamie. Puis la basilique complètement restaurée. 

Après une autre vision, elle dit comment cette restauration serait entreprise par le clergé et les bons fidèles, dès avant la déroute de la franc-maçonnerie, mais alors "avec peu de zèle". Ces prêtres et ces fidèles lui semblaient n'avoir ni confiance, ni ardeur, ni méthode. "Ils travaillaient comme s'ils ignoraient complètement de quoi il s'agissait, et c'était déplorable". N'est-ce point ce dont nous sommes aujourd'hui les témoins attristés ?  "Déjà toute la partie antérieure de l'église était abattue, il n'y restait plus debout que le sanctuaire avec le Saint-Sacrement. J'étais accablée de tristesse. Alors je vis une femme, pleine de majesté, s'avancer dans la grande place qui est devant l'église. Elle avait un ample manteau relevé sur les deux bras. Elle s'éleva doucement en l'air, se posa sur la coupole et étendit sur l'église, dans toute son étendue, son manteau qui semblait rayonner d'or. Les démolisseurs venaient de prendre un instant de repos ; mais quand ils voulurent se remettre à I'œuvre, il leur fut absolument impossible d'approcher de l'espace couvert par le manteau. 

"Cependant, ceux qui rebâtissaient se mirent à travailler alors avec une incroyable activité. Il vint des ecclésiastiques et des séculiers, des hommes d'un très grand âge, impotents, oubliés, puis des jeunes gens forts et vigoureux, des femmes, des enfants, et l'édifice fut bientôt restauré entièrement". Il y a trente à quarante ans, Dom Guéranger écrivait dans la préface qu'il donna à l'ouvrage du P. Poiré, La triple couronne de la Vierge Marie : «Si Dieu sauve le monde, et Il le sauvera, le salut viendra par la Mère de Dieu. Par elle, le Seigneur a extirpé les ronces et les épines de la gentilité ; par elle il a successivement triomphé de toutes les hérésies ; aujourd'hui, parce que le mal est à son comble, parce que toutes les vérités, tous les devoirs, tous les droits sont menacés d'un naufrage universel, est-ce une raison de croire que Dieu et Son Eglise ne triompheront pas encore une dernière fois ? Il faut l'avouer, il y a matière à une grande et solennelle victoire ; et c'est pour cela qu'il nous semble que Notre-Seigneur en a réservé tout l'honneur à Marie ; Dieu ne recule pas comme les hommes devant les obstacles. 

Lorsque les temps seront venus, la sereine et pacifique Étoile des mers, Marie, se lèvera sur cette mer orageuse des tempêtes politiques, et les flots tumultueux, étonnés de réfléchir son doux éclat, redeviendront calmes et soumis. Alors il n'y aura qu'une voix de reconnaissance montant vers Celle qui, une fois encore, aura apparu comme le signe de paix après un nouveau déluge». N'oublions pas, toutefois, que si Dieu et la Très Sainte Vierge Marie ne demandent qu'à nous sauver, Celui qui nous a donné la liberté ne peut en décliner le concours. 

Aussi ne pouvons-nous être sauvés sans notre coopération bien réelle, «SI TU LE Veux», a dit la sainte Pucelle à Charles VII et en sa personne à la France à qui était promise la pérennité. C'est donc à nous de hâter par nos œuvres la miséricorde divine. La condition à laquelle il sera permis à la France de recouvrer son rôle n'est pas autre que celle qui fut autrefois intimée par Daniel à Nabuchodonosor : «Ton règne te sera rendu après que tu auras reconnu que ta puissance ne vient pas de l'homme, mais de Dieu». Ces mots résument tout l'enseignement de la sainte Pucelle. 

     Lorsque la France aura fait cet acte d'humilité et de repentir, et que Dieu, faisant éclater sur elle Sa miséricorde, lui aura rendu dans le monde le rang qu'Il lui avait d'abord donné, l'Église adressera à toutes les nations l'invitation que David faisait à son peuple, celle d'offrir au Seigneur un immense concert d'actions de grâces (Ps. xcvii), pour le salut enfin accordé." 


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Benoît XV

1er novembre 1914 

Encyclique Ad beatissimi

 "Et nous ne désirons pas seulement que les catholiques détestent les erreurs des modernistes, mais aussi qu'ils en évitent les tendances et l'esprit : qui en est infecté repousse avec dégoût ce qui sent l'ancienneté, il cherche avidement et partout la nouveauté, dans la manière de parler des choses divines, dans la célébration du culte sacré, dans les institution catholiques et jusque dans l'exercice de la piété privée. "N'innovez rien, contentez-vous de la tradition."(St Etienne Ier cité par st Cyprien)." 


1916 

Mort de Charles de Foucauld 


1917 

Apparitions de Notre Dame à Fatima 


13 mai 1917

 Apparition de Notre Dame et consécration épiscopale de Mgr Pacelli, futur pape Pie XII. 


13 juillet 1917 

Message de Notre Dame à Fatima

     « Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes seront sauvées et on aura la paix. 

     La guerre va finir. Mais si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le pontificat de Pie XI en commencera une autre pire encore. Lorsque vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne, qu'Il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la faim et des persécutions contre l'Église et le Saint-Père. Pour empêcher cette guerre, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. 

     Si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites. 

     À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera concédé au monde un certain temps de paix. » 

https://crc-resurrection.org/toute-notre-doctrine/contre-reforme-catholique/message-de-fatima/apparitions.html 


8 novembre 1918

     « Excellence, Sa Majesté l’Empereur vient de me faire savoir que « selon des informations qu’il a reçues hier, le Grand-Orient vient de décider en premier lieu de déposer tous les souverains à commencer par lui, l’empereur, puis de détruire l’Eglise catholique, d’emprisonner le Pape, etc., et pour finir, d’établir sur les ruines de l’ancienne société bourgeoise une république mondiale, sous le contrôle du grand capital américain. » (…) Que Dieu nous protège ainsi que sa Sainte Eglise dans cette terrible tourmente ! (…) » 

Lettre du Cardinal Félix Von Hartman à Mgr Eugenio Pacelli, futur Pie XII, alors Nonce Apostolique en Allemagne. 

Source : recherches effectuées par le Dr Hesemann aux archives secrètes du Vatican, cote A.S.V., Arch. Nunz. Monaco d.B. 342. fasc. 13, p.95-96. 



1920

« Voici, en effet, que mûrit l'idée que tous les plus dangereux fauteurs de désordre appellent de leurs vœux et dont ils escomptent la réalisation, l'avènement d'une république universelle, basée sur les principes d'égalité absolue des hommes et de communauté des biens, d'où serait bannie toute distinction de nationalités et qui ne reconnaîtrait ni l'autorité du père sur ses enfants, ni celle des pouvoirs publics sur les citoyens, ni celle de Dieu sur la société humaine. Mises en pratique, ces théories doivent fatalement déclencher un régime de terreur inouïe… » 

Benoit XV , Motu Proprio Bonum sane (1920)



 

Bilan du pontificat de Benoît XV : 
  • Dénonce les causes de la guerre et flétrit ses iniquités, seule la légitime défense peut justifier une guerre;
  • Propose des conditions de paix en 1917, refusées par les puissances anglo-saxonnes protestantes et la France maçonnique;
  • Obtient des adoucissements au sort des prisonniers, otages et blessés;
  • Continue son aide aux malheureux après la guerre;
  • Il se montra impuissant devant la maçonnique SDN (cf ouvrage de Léon de Poncins), et pas assez clairvoyant (cf inscription dans le marbre au Sacré Cœur de Montmartre).
 Benoît XV avait été le camarade de Gasparri et le secrétaire personnel du cardinal Rampolla, tous deux affiliés à la franc-maçonnerie, avant de devenir minutante en 1887, puis Substitut à la Secrétairerie d’État (1901-1907). Il confiait à un prêtre français en désignant une miniature de son ancien maître Rampolla : « Je reste un disciple de Léon XIII et de celui-ci ». 

Mgr Della Chiesa, futur Benoît XV, est écarté du Vatican par saint Pie X car proche du groupe Rampolla favorisant une ouverture à gauche en politique ; il fut nommé évêque de Bergame sous saint Pie X. Le 25 novembre 1921, il supprimait la Sapinière, ou Sodalitium Pianum, qui luttait contre l’infiltration moderniste avec le soutien effectif de saint Pie X. Dès son élection, il exprime, par une lettre pastorale, sa « haute estime» à Marc Sangnier, que le saint Pape Pie X avait condamné avec le Sillon, et le reçoit même au Vatican : quel manque de clairvoyance ! (voir Mary BALL-MARTINEZ, La Sape de l’Église catholique (The Undermining of the Catholic Church), Hilmac éditeurs, Mexico, 1998, traduction française disponible auprès de M. Arnaud DE LASSUS, A.F.S., p. 22. 

Au sujet de la Sapinière, voir La Maçonnerie noire ou la Vérité sur l’Intégrisme, d’après les documents authentiques du Procès de Béatification de S. Pie X, Nicolas-Imbert, Ed. Niort, 1974, par Mgr DUCAUD-BOURGET (1897 † 1984), ). 

Plus grave, il favorisa Roncalli, lui aussi du réseau Rampolla, alors diplomate, en retirant du Saint Office le dossier pour modernisme porté contre lui, dès son accession au pontificat. Il lui prépara l’accès à ce même trône qu’il favorisa par là à miner. Il nomma également le franc-maçon Gasparri comme secrétaire d’Etat, tandis que Montini devient minutante à la Secrétairerie d’Etat. Ces deux derniers sont de purs produits du réseau Rampolla. 

     Concernant ses relations avec la république en France, mû par le désir à tout prix d'entretenir un lien cordial, il va plus loin que Léon XIII dans le ralliement et entérine toutes les mesures anticatholiques prises par les franc-maçons au pouvoir en France. Pire, il donne un droit de regard à ce gouvernement, nid d'ennemis jurés de la foi catholique, sur la nomination des évêques : le pape se prive de la dernière liberté qu'il lui reste. 

Ainsi, ce ne sont plus la piété, le sens de l'Eglise, la rectitude doctrinale et la morale exemplaire qui guident le choix des pasteurs des diocèses, mais la docilité, la veulerie envers le pouvoir en place. Ainsi, à partir de 1921, seuls les prêtres favorables au ralliement, silencieux sur le laïcisme des franc-maçons, favorables à l'Etat sans Dieu issu de la révolution deviennent évêques, à de rares exceptions près comme Mgr Marcel Lefebvre. Les partisans d'une restauration monarchique traditionnelle et catholique sont écartés de la direction de l'Eglise en France. Puisque Benoît XV ne veut pas conduire la république française à Canossa, comme Daniel Rops dans son Histoire de l'Eglise, éd. Fayard, tome XI page 323 le mentionne, il précise au gouvernement français qu'il serait interrogé pour toutes les nominations épiscopales, afin qu'aucun candidat ne lui déplaisant au point de vue politique ne soit nommé (cf Prévost, L'Eglise et le ralliement, p.127). 

     En refusant de combattre l'athéisme de fait du régime ni l'indépendance revendiquée de ses lois envers les lois de Dieu, comme Jacques Chirac le rappelera bien plus tard, l'Eglise en France allait s'enfermer dans une attitude soi-disant de conciliation et de paix avec le monde, mais il s'agit de la fausse paix de ceux qui ne proclament pas la vérité à temps et à contretemps, comme saint Paul le rappelait avec force à Timothée. 

     Cette attitude désastreuse allait conduire à l'ouverture au monde immoral et apostat, ruineuse de notre foi catholique, par le concile du Vatican II et ses réformes. 


     Enfin la politique du pape en Grande-Bretagne fut mauvaise : Benoît XV ira jusqu’à condamner l’insurrection irlandaise en 1916 et à soutenir le gouvernement anglais, mais les Irlandais continuèrent à lutter jusqu’à l’obtention d’un statut d’autonomie en 1921. 

De même au Portugal : avec le cardinal Gasparri ils tentèrent d’imposer par la lettre aux évêques du Portugal Celeberrima du 18 décembre 1919, en faveur du gouvernement maçonnique du Portugal, un ralliement tel que Léon XIII l’avait exigé des Français en 1892. Ce fut heureusement un échec. Les Portugais comprirent assez vite de quoi il s’agissait et ils abandonnèrent cette politique vaticane. Il est vrai que deux ans plus tôt, en 1917, Notre Dame était apparue à Fatima. 


Bilan et retour sur la politique romaine et des prélats du ralliement, conciliante envers les gouvernements franc-maçons

     Force est de considérer le Ralliement comme une débâcle. Non seulement l’anticléricalisme ne cessa pas, mais il se déchaîna de plus belle. 

Le Ralliement porta un coup fatal à l’alliance du Trône et de l’Autel qui depuis un siècle constituait un rempart contre le processus révolutionnaire dont le but est d’arracher les racines chrétiennes de la société. Sur les ruines du courant monarchiste vont naître une droite nationaliste et positiviste, l’Action française — même si elle compta beaucoup de catholiques en son sein —, et un parti chrétien-démocrate a-confessionnel. 

     Ces deux mouvements niaient tous deux la Royauté sociale de Jésus-Christ et acceptaient la sécularisation comme processus irréversible de l’histoire. Dans le vide ainsi créé se lovèrent d’infâmes systèmes, communisme, fascisme, nazisme, tous étrangers et hostiles à la Cité catholique. 

     La désacralisation de la société engendrée par le Ralliement, la perte de la métaphysique sociale, favorisèrent la pénétration de l’esprit du monde au sein de l’Église. À la mort de Léon XIII l’Église de France avait perdu tous ses biens et privilèges. Dans L’Église et le Ralliement. Histoire d’une crise (1892-2000) Philippe Prévost observe toutefois que : "le pire était la disparition du courage et le ramollissement des consciences, même chez les évêques" (L’Église et le Ralliement. Histoire d’une crise (1892-2000), Paris, Centre d’études contemporaines, 2001). 

L’idée était de triompher par le compromis, en échappant aux luttes et souffrances qui accompagnent la vie de l’Église sur terre. Le Ralliement encouragea les catholiques tièdes et modérés, justifia chez les théologiens, philosophes et exégètes du « tiers-parti » qui ne voulaient pas passer pour « rétrogrades » les concessions à des thèses de plus en plus hétérodoxes. On a vu quels effets funestes avait provoqués le Ralliement au strict plan diplomatique, alors que la récupération de ses États italiens avait été une des motivations premières de Léon XIII. 



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Pie XI

     À la mort de Benoît XV, en 1922, deux lignes s’affrontèrent, celle des héritiers de Pie IX et de Pie X, derrière le cardinal Merry del Val, le parti traditionnel, et d’autre part les « rampolliens » représentés par le cardinal Gasparri. MgrGasparri, bloqué par les antilibéraux pour être lui même élu, poussa à l’élection du cardinal Achille Ratti devenu Pie XI, lequel reprit la politique léonine envers les États modernes. 

Le gouvernement français appuya cette élection d'Achille Ratti, membre du clan libéral. 

Ainsi ne soutint-il guère les Cristeros du Mexique, appuya-t-il les républicains en Espagne, pratiqua-t-il une « Ostpolitik » vaticane avant la lettre avec la Russie (Antoine Wenger, Catholiques en Russie d’après les archives du KGB, 1921-1960, Desclée de Brouwer, Paris, 1988), retira-t-il son appui au Parti Populaire Italien et au Zentrum allemand, et excommunia-t-il injustement l’Action Française.   

Ce ne fut qu’en 1937, sans doute trop tard, qu’il condamna communisme et socialisme national allemand.


     Le pape réaffirme la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, par l’encyclique Quas Primas et la fête liturgique du Christ Roi.       Il signe avec 26 Etats des concordats et accords pour protéger les droits de l’Eglise et affirmer ceux de Dieu, dont avec l’Italie, qui reconnait la souveraineté de l’Eglise sur le Vatican, et le catholicisme comme religion d’Etat, pendant plus de 40 ans, jusqu’à ce que le Vatican signe un nouveau traité dans les années 1980 qui supprime le catholicisme comme religion de l’Etat italien. 

     Il développe l’Action catholique sous l’autorité des évêques, mais dans un sens différent de celui initié par saint Pie X : par le mandat, qui sera supprimé après le concile, les laïcs deviennent des apôtres mais avec une grande autonomie, évinçant parfois les prêtres. Ces derniers se rabattent alors sur l’action politique, rôle propre des fidèles pourtant. Les deux, prêtres et laïcs, sont souvent imbus de l’idée de changer la masse, d’évangéliser le milieu avant les personnes. Des déviations se font jour vers un gauchissement, les principes ne sont plus si nets en particulier avec le slogan « Voir, juger, agir » qui pourrait être celui de n’importe quelle organisation politique ou syndicale. 

     Il défend les droits de l’Eglise et de la famille face à l’Etat en matière d’éducation. Aujourd’hui en France par exemple l’Etat nous prend notre argent via les impôts pour financer son éducation publique sans Dieu, et les parents catholiques ont la double peine de repayer l’école de leurs enfants s’ils ont le souci de leur donner un enseignement conforme à la foi et à la morale de l’Evangile. 

     Il rappelle la doctrine sur le mariage par l’encyclique Casti Conubii, la doctrine sociale par Quadragesimo anno où il rappelle l'incompatibilité entre le catholicisme et le socialisme, et sur l’éducation de la jeunesse


1922

     Les cardinaux et archevêques de France font une déclaration, et appuyent la campagne lancée par la presse de droite contre les lois laïques et pour la justice scolaire, afin que les parents catholiques cessent de payer double l'éducation, par leurs impôts le système public athée, et en plus les écoles catholiques pour leurs enfants. Ceci au grand déplaisir du nonce, qui y avait répondu, via le cardinal Dubois, par un Mémoire confidentiel. 



NAISSANCE DU MOUVEMENT SYNARCHIQUE par Pierre Virion, Mystère d'iniquité 

     "En 1922, le "Mouvement synarchique" prend naissance en France, en même temps que son semblable le mouvement "Pan Européen" né à Vienne sous l'impulsion du Comte de Coudenhove-Kalergi. Dans l'un et l'autre, même inspiration : l'un et l'autre, modèles d'organisation pour la diffusion discrète des principes de "l'ORDRE NOUVEAU" d'abord au sein des maçonneries, ensuite dans le monde profane : "l'ère synarchiste impériale commence pour la France et par la France pour le monde". 

La synarchie, on l'a dit, ne se limite pas à l'ambition de rassembler en un bloc monolithique les forces politiques, économiques et sociales de la nation. Pour mettre en condition les individus il lui faut intégrer toutes les tendances d'esprit, culturelles et religieuses. Cette révolution silencieuse, mais réelle et totale, se réclamant d'une technicité rigoureuse, doit ignorer "la défense des privilèges ecclésiastiques, nobiliaires, bourgeois, traditionnels ou récemment acquis" de même que "la subversion aveugle des forces du pays pour l'instauration de nouveaux privilèges prolétariens". Ni gauche ni droite… séduction de la voie moyenne !... Mais aussi rideau de fumée derrière lequel on dissimule la ma nœuvre ! Sur le plan international, le Fédéralisme, dans l'ordre économique, un socialisme technocratique commun dénominateur du communisme et du capitalisme scientifiquement conjugués, nous éviteront la révolution de la rue ; la révolution dans les esprits s'accomplira par la réduction de toutes les valeurs à un autre commun dénominateur : le "NOUVEL HUMANISME" ou encore "l'HUMANISME INTÉGRAL" qui cachera les traditionnelles visées de la contre Eglise. Mais la mise en place du système, suppose, avant l'intégration des éléments sociaux et culturels dûment malaxés, la désintégration des cadres traditionnels et eux seuls d'abord, parce que ce sont ceux là qui existent. C'est l'application du vieil adage rose-croix : "Solve, Coagula", c'est-à-dire : "Dissous et puis rassemble". 

Au point de vue spirituel, l'entreprise s'avère délicate. Les basses maçonneries elles-mêmes, celles de la Grande Loge de France et du Grand Orient de France n'y sont pas préparées. Elles s'arrêtent encore à une furieuse offensive contre l'Eglise vis-à-vis de laquelle la grande guerre de 1914-1918 a pacifié les esprits. Après l'armistice, l'élection du Bloc National, de la Chambre "bleu hori zon", comme on dit, est un signe efficace d'une compréhension mutuelle au niveau de la nation qui rend possible une renaissance reli gieuse déjà visible. Tel n'est le goût ni de la Grande Loge ni du Grand Orient. "N'hésitons plus à faire la guerre à toutes les religions" dit la première en son convent de 1922. "Reprenons l'âpre combat de toujours au cri renouvelé de Voltaire : écrasons l'infâme" ajoute le second la même année. Ces déclarations de guerre ne sont pas platoniques. Après la chute du Bloc national, la reprise des luttes d'autrefois contre l'école libre, pour l'école unique, contre les religieux rentrés en France, amènent d'ailleurs des résultats utiles par la division qu'elles sèment tout autant que par l'impulsion donnée à la po litique d'extrême gauche et à l'internationalisme grandissant. 

     La désagrégation de tout jusqu'à la guerre de 1940 suit une voie descendante, jalonnée par les désaccords des anciens alliés, par les troubles communistes, le Front Populaire, etc. 

     Cependant, la tâche la plus ardue est de faire comprendre aux maçonneries bleues le jeu subtil de l'intégration de l'Eglise dans le système et celui-ci pose à la fois la nécessité de désunir les catholiques tout en tendant la main à l'Eglise. Cette nécessité est d'autant plus pressante qu'il incombe à la synarchie de faire disparaître dès maintenant, afin de favoriser dans l'avenir de fructueux contacts, la méfiance légitime qui pèse encore sur la Franc-Maçonnerie. 

Certes, ce travail délicat ne peut être confié qu'avec circonspection à des Frères de la maçonnerie bleue dont les combinaisons journalières avec la politique soulèvent et vont soulever encore quelques scandales dont il faudra d'ailleurs savoir profiter pour les amener à plus de souplesse. 

Avec raison, le Maître, Saint-Yves d'Alveydre, avait écrit dans la "Mission des Juifs" : "Si l'on livrait aux mains des maçons et des badauds le plan architectural et son exécution, jamais le monument ne s'achèverait". C'est donc dans le cercle très fermé des sectes comme le Martinisme ou des Maçonneries de hauts grades tel le Suprême Conseil de France, que s'élabore la tactique. Quelques années encore seront nécessaires avant que n'émergent les grandes lignes du système sous la forme de la politique inter nationale du pacte de Locarno, d'un planisme économique avec ses ententes industrielles, ses offices d'organisation du travail et, au point de vue religieux, d'un spiritualisme œcuménique "par delà" les religions. Mais déjà le travail souterrain se poursuit selon la double méthode de la dislocation et des rapprochements. 

     Le progressisme annoncé par Roca va se dresser en face de la Tradition. 

Dès la même époque, en 1921, circule sous le manteau dans les milieux modernistes un mémoire anonyme : "Le Mémoire sur la Sapinière" qui va devenir le cheval de bataille des catholiques passionnés pour un Ordre nouveau au nom duquel on déplore les retards de l'Eglise et l'urgence de la mettre dans le sens de l'Histoire. On y découvre pour la première fois l'existence d'un complot "intégriste" d'après des photocopies de documents dont on ne peut dire d'une manière certaine en quelles mains ont échoué les origi naux. L'histoire est assez connue pour que nous ne nous y arrêtions pas. Mais deux ans plus tard, dans une revue "Le mouvement des idées et des faits" nouvellement créée par l'Abbé Lugan, la publication du Mémoire attire d'autant plus l'attention qu'une large diffusion dans les milieux ecclésiastiques n'y provoque pas seulement un éveil de sympathies vers la gauche, un esprit de division assez agres sif, mais aussi un rassemblement des modernistes pratiques. 

     Ceux-ci sans plus aborder de front les thèses condamnées par saint Pie X portent leur effort à l'appui de la démocratie chrétienne contre ceux qu'à la suite de Louis Canet, alias Nicolas Fontaine dans son ouvrage "Saint Siège, Catholiques intégraux et Action Française", inspiré d'ailleurs par le Quai d'Orsay, on voudra couvrir d'une égale confusion comme ennemis du progrès et oppresseurs attardés de l'Eglise qu'ils ont voulu jusqu'ici tenir dans leurs rets. "

Pierre Virion, Mystère d'iniquité 


27 février 1923 

     Le cardinal Dubois, archevêque de Paris, lors d'une réunion de l'Assemblée des cardinaux et archevêques de France, laisse entendre que l'Eglise en France pourrait peut-être apaiser la situation avec la république antichrétienne en cessant de contester les lois laïques. Il s'appuie sur l'argumentation de l'abbé Renaud, qui à la demande de ce cardinal, distribue durant cette année un mémoire rédigé par le militant "démocrate-chrétien" Emmanuel Desgrée du Loû. 

Ce mémoire recommande aux catholiques, pour les élections de 1924, d'accepter l'Etat et l'école athées, en prétendant que l'attitude intransigeante des conservateurs (en réalité contrerévolutionnaires) est la cause des lois de persécution de la république contre les catholiques. Mais en face, lors de cette assemblée donc, le chanoine Gaudeau, souligne que les lois laïques sont précisément le moteur de la déchristianisation que l'abbé Renaud déplore : "Les trois principales lois laïques (...), les plus criminelles, les plus mortelles à la France comme à la religion, c'est la loi de l'école neutre, la loi de l'Etat athée, et la loi du divorce." 


23 mai 1923

« Le concile pourrait être manœuvré par les pires ennemis de l’Eglise, qui s’apprêtent déjà, comme des indices certains le montrent, à faire la révolution dans l’Eglise, un nouveau 1789, objet de leurs rêves et de leurs espérances».  

Le cardinal Billot met en garde le Pape Pie XI, qui avait interrogé plusieurs cardinaux sur l’opportunité de convoquer un concile. G. CAPRILE, Le Concile Vatican II, éd. La Civilta catholica 





1924 

A la veille des élections et à la demande expresse du cardinal Andrieu, l’assemblée des cardinaux et archevêques de France demandait aux catholiques de ne donner leurs voix qu’à des candidats résolus à combattre la laïcité, mais, alors que cette lettre était déjà à la poste, sa publication fut interdite sur intervention du Saint-Siège. 


10 mars 1925 

Déclaration des cardinaux et archevêques français contre lois dites de laïcité (cf article Cinquante ans trop tard ? dans Le Sel de la terre131, p.112).

C'est un jalon important : 

  1. Historiquement : barrage que les évêques nommés par saint Pie X tentèrent d'ériger face à la 4e vague de catholicisme libéral, à la veille de la grande crise du catholicisme contemporain.
  2. Doctrinalement : rappel autorisé de la doctrine politique de l'Eglise, sous une forme simple et pratique, adaptée à la situation française et renforcée par la réfutation des objections les plus courantes.

     Depuis la Révolution, deux conceptions de la France se disputent le même territoire : deux traditions nationales s'affrontent ; deux patries se font concurrence, liées à deux religions : la religion traditionnelle, celle du Dieu fait homme pour sauver les hommes, et la religion moderne, celle de l'homme fait "dieu" pour évincer Dieu, et ne pas permettre in fine qu'un pied divin puisse s'immiscer dans la porte ouverte si une mince ouverture à Dieu était laissée même par la science, d'où une éducation verrouillée sans Dieu, sans Notre Seigneur et sans son Eglise, pour laquelle les parents au passage paient par leurs impôts en sus de payer une école intégralement catholique à leurs enfants. 

La laïcité, qui se prétend hypocritement neutralité, n'est qu'un masque de la seconde. Incapable de progresser à visage découvert, la religion de l'homme qui se prend pour Dieu compense cette faiblesse par la duperie d'un double langage, et un noyautage maçonnique, qui lui permet de tenir en laisse le pouvoir politique. 

Des mots séduisants mais jamais définis -liberté, égalité, fraternité, progrès, démocratie, et, désormais, laïcité -sont les principaux leurres. 

     Et malgré les enseignements des papes, malgré les distinctions et les explications, bien des catholiques se laissent duper. Naïveté, lâcheté, inconséquence ou déficience doctrinale en font des proies faciles. Le clergé, l'épiscopat lui-même sont atteints, et profondément divisés. Les évêques fidèles à la ligne de saint Pie X, qui était celle de Pie IX, estiment urgent de réagir, pendant qu'il est encore temps. 

     En 1917, l'historien Jean Guiraud, directeur du quotidien La Croix, y décrit la situation avec un grand réalisme. Il avait milité dans sa jeunesse dans l'Action libérale de Jacques Piou et à plusieurs reprises avait été épinglé par l'abbé barbier dans sa Critique du libéralisme, mais reconnaît désormais "un mouvement qui, depuis une trentaine d'années, a entraîné la plus grande partie des catholiques de France, chefs et soldats, de concessions en concessions, d'abdications en abdications." La Croix, 28 juillet 1917 

L'aveu est d'importance : loin d'être marginale, la dérive entraîne la plus grande partie des catholiques de France ; la mention "chefs et soldats" laisse entendre que le clergé a sa part de responsabilité. Et après avoir ajouté que certaines abdications manifestent "plus qu'une faiblesse : une complicité", Jean Guiraud détaille : 

"On a déclaré tout d'abord qu'on accepterait provisoirement les lois qu'on avait auparavant anathématisées. (...) Puis on a généralisé le système, et, sous prétexte de faire preuve de loyalisme républicain, on a mis une sourdine à toute revendication catholique considérée comme inopportune ; et l'opportunisme a énervé nos forces. (...) "Dans m'état de désorganisation où ils se trouvent, les catholiques ne sont en face de de leurs adversaires qu'une poussière : qu'ils prennent garde de ne pas devenir une boue !" C'est ce que me disait, ces jours derniers, l'un de nos grands parlementaires. Il est facile de voir la raison de cette décadence, chaque jour plus rapide, qui se poursuit depuis plus de trente ans. Les catholiques ont oublié que, s'ils doivent être conciliants à l'égard des personnes, ils doivent être fermes sur les principes et que, s'ils peuvent faire des concessions sur les questions contingentes de la vie politique, économique et sociale, ils n'ont pas le droit d'en faire sur les questions essentielles et nécessaires de la vie religieuse. Les vérités de la religion, les enseignements de l'Eglise, ses libertés nécessaires n'appartiennent en propre à aucun catholique, à aucune organisation particulière. 

C'est le bien de Dieu seul. Il ne nous les a pas livrés comme une propriété dont nous pouvons disposer à notre gré et selon les combinaisons politiques du moment, mais comme un dépôt sacré que nous devons jalousement conserver et défendre énergiquement contre toute diminution et toute profanation. Ces vérités, ces enseignements et ces libertés sont d'ordre surnaturel et, à ce titre, intangibles. Nous devons les servir et non les maquignonner ! Qu'en a-t-on fait depuis trente ans? 

     Pour un franc-maçon conséquent, ce sont les principes qui importent, et particulièrement le refus de toute loi naturelle ou surnaturelle supérieure aux hommes. Une majorité n'est vraiment "démocratique" et donc légitime que si elle admet les "sacrosaints" "dogmes" des lois laïques, voyez les blasphèmes qui s'enchaînent les uns aux autres ! 

     Un catholique qui se prétend "républicain" sans avoir brûlé l'encens devant les nouvelles idoles du jour, la souveraineté du peuple, la volonté nationale souveraine sans loi naturelle ni divine, la liberté sans Dieu ni morale révélée, n'est qu'un imposteur. 

     Jean Guiraud conclut son éditorial par un appel vibrant : 

"Il est temps de revenir à des conceptions plus hautes et plus chrétiennes, et qu'on tienne à nos adversaires ce langage que nous avons depuis trop longtemps désappris : Nous estimons qu'élever la société, la France, une institution, une loi, sur la négation de Dieu, l'asservissement de son Eglise, l'apostasie nationale ou individuelle de ses enfants, c'est faire œuvre radicalement, essentiellement mauvaise. Si vous avez décrété que la laïcisation est votre dogme, nous, nous croyons, avec une foi infiniment plus forte, aux dogmes divins, parce qu'ils procèdent, non de conciliabules humains, aux courtes vues et aux passions basses, mais de la Sagesse divine, se révélant à nous avec une autorité absolue et indiscutable. (...) En face de l'erreur, "nous ne pouvons pas ne pas parler", et, devant tous les attentats dirigés contre la morale et contre Dieu, nous devons faire écho au cri que le grand Précurseur faisant entendre à Hérode "Cela n'est pas permis ! Non licet !"



10 décembre 1925 

Apparition à sœur Lucie, à Pontevedra


 https://laportelatine.org/spiritualite/apparitions/apparition-du-10-decembre-1925-a-pontevedra-devotion-reparatrice-des-premiers-samedishttps://crc-resurrection.org/toute-notre-doctrine/contre-reforme-catholique/message-de-fatima/apparitions/apparitions-pontevedra.html 

     Dans la soirée du 10 décembre 1925, la jeune postulante s’étant retirée dans sa cellule, reçut la visite de la Vierge et à côté d’Elle, portée par une nuée lumineuse, l’Enfant-Jésus. 

La Sainte Vierge lui montra un Cœur entouré d’épines qu’Elle tenait dans Sa main. L’Enfant-Jésus dit : « Aie compassion du Cœur de ta Très Sainte Mère entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans qu’il y ait personne pour faire acte de réparation afin de les en retirer. » Puis, notre Mère du Ciel lui dit : « Vois, ma fille, mon Cœur entouré d’épines que les hommes ingrats m’enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet, et me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant sur les quinze mystères du Rosaire, en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme. » 


1926

LES ENTRETIENS D'AIX-LA-CHAPELLE 

Pierre Virion, Mystère d'iniquité 

     "La Vie Catholique" commençait sa carrière en trompant son monde avec un souverain mépris des encycliques pontificales et de la réalité. Deux ans à peine après cet article la grande idée du rapprochement entre l'Eglise et la franc-maçonnerie en devenant pu blique allait confirmer des rapports plus anciens. Le Père Gruber avait depuis longtemps la réputation d'être un des spécialistes les mieux informés des choses maçonniques. Mais suffit-il d'une information, si vaste soit-elle, quand la méthode pour en juger pèche par quelque endroit ? Déjà, dans l'affaire Léo Taxil, s'il s'était élevé non sans raison contre l'extravagante présentation de diableries dans les Loges, il n'avait cependant pas bien entrevu la politique alors suivie par les sociétés secrètes. Comment le P. Gruber pouvait-il en cette matière, s'en tenir aux seuls documents avoués, alors qu'il reconnaissait lui-même l'étendue, la rigueur du secret maçonnique, son incompatibilité avec la morale chrétienne ? N'a-t-il pas vu le surcroît de précaution que ce secret impose au chercheur de la vérité ? 

On comprend le désaccord courtois que lui signifia Monseigneur Jouin dans la "Revue In ternationale des Sociétés Secrètes" ; on demeure étonné, quelles qu'aient été ses intentions apostoliques, de cette insolite confiance dans les Hautes-maçonneries ; on regrette que, sans protester, il ait laissé celles-ci claironner que l'Eglise opérait vis-à-vis d'elles une "conversion". 

     C'est en 1928, par la "Frankfurter Zeitung" qu'on apprit que depuis 1926 se tenaient à Aix-la-Chapelle des Conférences sur un rapprochement catholico-maçonnique entre de Hauts dignitaires et les Pères Gruber et Mukermann tous deux de la Compagnie de Jésus. Ces discussions avaient pour thème principal l'opportunité de mettre fin aux polémiques entre catholiques et francs-maçons et même de coopérer à la lutte contre le communisme. Aux frères qui lui reprochaient d'aller à Canossa le F. Reichl, l'un des principaux interlocuteurs répondait : " ...la maçonnerie exprime aujourd'hui l'ardent désir de collaborer avec l'Eglise contre les dangereuses forces de la révolution qui sont à l'heure présente les partis radicaux, anarchistes, nihilistes, bolchevistes". 

D'après ce Grand Maître on semblait aller plus loin qu'un simple "Cessez le feu" et peut être, de ce côté-ci de la frontière, le F. Brenier, président du Grand Orient de France, l'entendait-il ainsi lorsque parlant à Mulhouse le 27 mai 1929, d'un projet de Concordat (ce qui est tout autre chose) il précisait lourdement : "Pendant deux siècles, notre plus dangereuse ennemie fut l'Église ; il semble maintenant qu'elle reconnaisse s'être trompée de route". Peu importe que chacune des parties ait été accusée d'aller à Canossa ou qu'on se soit juré comme au théâtre une alliance éternelle dans la lutte contre le communisme que d'ailleurs la Franc-Maçonnerie par d'autres voies, par d'autres loges soutenait effica cement, tandis que le progressisme chrétien lui facilitait la tâche. 

     Ce qui doit attirer notre attention ce sont les partenaires assemblés à Aix-la-Chapelle. D'un côté le F. Curt Reichl, membre du suprême conseil d'Autriche, le F. Eugène Lennhoff, Grand Maître de la Grande Loge autrichienne et le F. Ossian Lang, secrétaire général de la Grande Loge de New York comptant 340 000 membres, délégués aux ren dez-vous ; en face d'eux les Pères Gruber et Mukermann qui donnèrent sans doute l'impression de se croire munis d'un mandat, car le F. Lantoine, secrétaire de la Grande Loge de France s'empressait d'exploiter leur présence à sa façon : "Ne croyons pas que le P. Gruber dans sa lettre ainsi que dans sa rencontre avec les Francs-maçons à Aix-la-Chapelle ait obéi à sa personnelle inspiration. Un Jésuite ne se permet point et ne peut se permettre de telles initiatives. Il avait derrière lui les chefs de son Ordre et, j'ose l'espérer, une autorité plus éclatante encore. En effet, loin de désavouer une telle Politique, la "Civilta Cattolica" de Rome et les "Études" de Paris la soutinrent avec la délicatesse de touche que réclame la profession". (Lettre au Souverain Pontife, p. 61) Il apparaît en tous cas qu'à cette époque, l'initiative d'un mouvement de rapprochement appartient à un groupe de Pères de la Compagnie de Jésus et à de très hauts dignitaires de la maçonnerie du Rit Écossais Ancien et Accepté. Aux Pères Gruber et Muker mann il faut ajouter le P. Gierens de Brême et le P. Macé en France dont les déclarations à la presse répondent en écho aux entre tiens d'Aix-la-Chapelle. En face d'eux les trois représentants des Suprêmes Conseils agitent pour les intéresser la croyance de leur obédience au Grand Architecte de l'Univers, fétiche polyvalent pour toutes les religions, même lucifériennes, et font grand état de la Bible à la manière des hauts initiés, "désoccultant" à grand bruit leur inquiétant spiritualisme. 

     De telles démarches, une fois rendues publiques, ne manquent pas d'effet dans le monde "profane". Le F. Marc Rucart dans la "Volonté" du 6 août se prend à espérer un prochain apaisement entre les catholiques et le parti radical que l'on sait être le parti quasi-officiel de la Maçonnerie en France, mais cette tactique de pacification sur le forum, nécessaire à l'avancement du système ne pour ra prendre effet que plus tard. Dans le présent, on peut déjà faire état d'une nouveauté en apparence peu importante, quoique signifi cative de l'élan donné au mouvement. C'est L'UNION DES LIBRES PENSEURS ET LIBRES CROYANTS où l'on remarque les F. Ferdinand Buis son et Pécault, deux vétérans de la laïcité agressive qui s'y trouvent tout à coup miraculeusement adoucis, avec Gide, Guignebert, et encore les F. Lantoine du Rit écossais (Grande Loge de France) et Lebey ancien président du Grand Orient de France. 

     En leur compagnie, nous ne nous étonnons pas de voir l'Abbé Lugan, l'Abbé Viollet et Marc Sangnier. Comme par hasard, cette union se formait après la parution, en 1926, d'un livre du F. Izoulet, Professeur au Collège de France, intitulé : "Paris, Capitale des religions". Dans ce livre il préconisait la formation d'un "Cartel des croyances". Nous arrivons donc à un moment où les mises en garde pontificales touchant la Maçonnerie, la vigilance catholique, la vigueur des principes et l'esprit des concessions futures vont aller se mêlant dans une sorte de vision progressiste, de fondu-enchaîné : "Chez nous il se prépare un LOCARNO DES CONSCIENCES qui ne sera pas le résultat d'une bataille méchante laissant après elle des vainqueurs et des vaincus, mais un loyal accord par lequel les belligérants d'hier... SCELLERAIENT D'UNE FAÇON DÉFINITIVE LE PACTE D'APAISEMENT ET DE LIBÉRATION". (La Croix, 11 sept. 1929) 

     L'Abbé Desgranges signant ces lignes croyait-il si bien dire ? Le chemin était libre en effet pour l'offensive synarchique dont le pacte fondamental allait donner la formule de l'Ordre nouveau technocratique et intégrationniste. Pierre Virion 


29 décembre 1926

L’Action Française de Charles Maurras est condamnée. Cette condamnation est à l’origine de la démission provoquée des supérieurs ecclésiastiques et religieux de tendance monarchiste et de leur remplacement par des libéraux. Ce fut notamment le cas du père Pègues, O.P., régent du scolasticat de la Province de Toulouse, et du cardinal Billot, S.J.  Il faut aussi mentionner, parmi beaucoup d’autres, le départ du père Le Floch, directeur du Séminaire français de Rome et vénéré professeur de Mgr Marcel Lefebvre. Saint Pie X a déclaré : « Tant que je vivrai, jamais l’Action Française ne sera condamnée. Elle fait bien. Elle défend le principe de l’autorité. Elle défend l’ordre.» 


3 février 1927

Les adhérents de l’Action Française– et même les simples lecteurs du quotidien – sont excommuniés. Ses sympathisants eux-mêmes, ou supposés tels, furent souvent interdits de sacrements et de sépulture chrétienne, comme des pécheurs publics. Cette vindicte du pape contre cet organe de la politique nationale à l’école du réalisme politique allait désavouer tout le courant antilibéral dans l’Église de France, et propulser aux commandes des œuvres d’Action catholique, des diocèses, les préparateurs de la révolution du concile. Mgr Tissier de Mallerais écrit : cette condamnation « marque un tournant dans l’Histoire de l’Église ; désormais les évêchés seront confiés à des clercs de l’aile libérale, tandis que le combat antilibéral sera marqué de l’étiquette faussement infamante d’Action française ». 


6 janvier 1928 

Encyclique Mortalium animos contre le faux œcuménisme 

Les "panchrétiens" (on ne disait pas encore "oeucuménistes" chez les catholiques) se réclament de saint Jean 17, 21 "ut unum Sint" en déformant le sens de ce passage, comme le feront les libéraux oecuménistes après le concile du Vatican II, car ils partent du postulat d'une Eglise divisée, or la vraie Eglise est la sainte Eglise Catholique, indéfectible, conformément à saint Matthieu 16, 18. 

     "En vérité, nous ne savons pas comment, à travers une si grande divergence d'opinions, la voie vers l'unité de l'Église pourrait être ouverte, quand cette unité ne peut naître que d'un magistère unique, d'une règle unique de foi et d'une même croyance des chrétiens. En revanche, nous savons très bien que, par là, une étape est facilement franchie vers la négligence de la religion ou indifférentisme et vers ce qu'on nomme le modernisme, dont les malheureuses victimes soutiennent que la vérité des dogmes n'est pas absolue, mais relative, c'est-à-dire qu'elle s'adapte aux besoins changeants des époques et des lieux et aux diverses tendances des esprits, puisqu'elle n'est pas contenue dans une révélation immuable, mais qu'elle est de nature à s'accommoder à la vie des hommes." "Il n'est pas permis de procurer la réunion des chrétiens autrement qu'en poussant au retour des dissidents à la seule véritable Eglise du Christ." 


1929 

Fondation de l'union de libres penseurs et libres croyants où les Abbés Lugan et Viollet ainsi que Marc Sangnier prenaient place à côté des francs-maçons. 


13 juin 1929 



Apparition de Tuy à soeur Lucie. 

https://crc-resurrection.org/toute-notre-doctrine/contre-reforme-catholique/message-de-fatima/apparitions/revelation-de-tuy.html https://laportelatine.org/spiritualite/apparitions/apparition-du-29-mai-1930-a-tuy-la-devotion-reparatrice 

     Une présence divine lui révéla qu’il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie : 

1. Les blasphèmes contre l’Immaculé Conception. 

2. Les blasphèmes contre Sa virginité. 

3. Les blasphèmes contre Sa maternité divine, en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes. 

4. Les blasphèmes de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le cœur des enfants l’indifférence ou la mépris, ou même la haine à l’égard de Notre Mère Immaculée. 

5. Les offenses de ceux qui l’outragent directement dans les saintes images. 

     Voilà pourquoi, en réparation de ces cinq blasphèmes contre Sa Très Sainte Mère, Notre Seigneur Jésus-Christ nous demande la dévotion réparatrice les cinq premiers samedis du mois. 


Mars-avril 1930 

Article du Père Garrigou-Lagrange alertant sur la survivance du modernisme. https://www.regence-christ-roi.fr/doctrine-et-histoire/le-r%C3%A9veil-du-modernisme-en-1930

     Durant la même période, le cardinal Billot tonnait de sa voix de prince de la sainte Eglise romaine par ses ouvrages de référence pour les séminaristes. 

Le Père Le Floc'h le cite dans l'ouvrage qu'il lui consacre : 

     "C'est la plus redoutable conjuration d'hommes d'Eglise, de prêtres (...), de clercs, qui se sont donnés le mot pour reprendre en sous-œuvre l'entreprise de l'antéchrist de l'extérieur, mais avec des engins d'une autre portée. N'étant plus des nôtres, ils ont pourtant juré d'être encore et toujours des nôtres (...). Venant de ceux qui, par état, se présentent comme les défenseurs naturels et les gardiens attitrés de la doctrine et de la foi chrétienne, le complot ne pouvait avoir pour objectif avoué de la détruire. Il ne sera question que de la maintenir, de la sauver, même malgré elle, de la ruine qui la menace depuis l'avènement des temps modernes (...) 

     Comment cela ? En lui donnant une interprétation absolument inédite, en nous apprenant que la foi n'est rien autre chose que le sentiment religieux émané à l'origine des seules profondeurs de la conscience ou subconscience humaine et évoluant indéfiniment selon les rencontres de l'histoire, en fonction des progrès de l'humanité. Il reste cependant une équivoque suprême puisque, exorcisant la substance des dogmes, on en garde les formules". 


14 avril 1931

La république est proclamée en Espagne. «C’est peu dire que l’Église se rallia à la République, note Philippe Prévost, puisque, dans beaucoup d’endroits, elle la prépara en travaillant ouvertement à la chute de la monarchie. Le jour des élections municipales « de nombreux ecclésiastiques et même, parfois, le clergé en corps, comme à Madrid et à Tolède, avaient voté à bulletins ouverts pour les républicains ». 


     « Si par suite de quelque renversement inté­rieur, écrivait déjà le père Teilhard en 1934, je venais à perdre, successivement ma foi au Christ, ma foi en un Dieu person­nel, ma foi en l’Esprit, il me semble que je continuerais invin­ciblement à croire au Monde (la valeur, l’infaillibilité et la bon­té du Monde), telle est en dernière analyse la première, la der­nière et la seule chose en laquelle je crois. C’est par cette foi que je vis. Et c’est à cette foi, je le sens que, au moment de mourir, par-dessus tous les doutes, je m’abandonnerai. » 

Comme pour les autres néo-modernistes de la nouvelle théologie, l’aspiration du père Teilhard était de pouvoir rester niché comme un virus mortel au sein de la vieille Église catho­lique, avec un but bien précis : la vider de l’intérieur, puis la transformer en une super-église œcuménique au sens le plus large du terme.  


     Le philosophe Etienne Gilson, qui avait aussi connu personnellement le père Teilhard, le dénonçait à juste titre en des termes non équivoques : « Cela me ramène au doute qui me hante : [Teilhard de Chardin] était tout simplement incon­ séquent, ou plutôt il était le plus sournois, le plus rusé des hé­résiarques, lucidement conscient de ce qu’il faisait et détermi­ né à gangréner l’Église de l’intérieur, en continuant à en faire partie ? Bien sûr, ce que j’appelle pourrir l’Église signifiait pour lui la renouveler ; cela signifiait peut-être procéder à une réforme en comparaison de laquelle, comme il le dit lui- nême, celle opérée par la doctrine du Verbe, au deuxième dècle de notre ère, paraîtrait superficielle ? Il y a un orgueil luciférien dans ce projet. C’est le triomphe du naturalisme et de la laïcité qui prospèrent à notre époque. » 



     Inutile de dire que cette accusation aurait pu facilement s’étendre aux autres représentants de la nouvelle théologie, certes à la mentalité moins science-fiction, mais tous, de toute façon, systématiquement imprégnés d’immanentisme, de subjectivisme et d’évolutionnisme dog­matique. 

     Il sera également intéressant de savoir que le père Henri de Lubac, le père le plus visible de Vatican II, fut aussi, dans les milieux catholiques, le propagandiste le plus ardent et le plus enthousiaste de la pensée, dûment filtrée, de son ami Teilhard. Surtout de la dernière période d’après-guerre jusqu’au début du Concile Vatican II, une propagande impla­cable, œuvre des cercles de la nouvelle théologie en faveur des idées du père Teilhard de Chardin, a été menée parmi l’intelligentsia catholique avec des effets dévastateurs, qui sont en­ suite devenus clairement visibles et palpables pendant et après Vatican II, dans l’attitude de nombreux théologiens et de nombreux membres influents de la hiérarchie, déjà enclins à céder au mythe du progrès, de la modernité et de l’ouverture sur le monde. 


25 juillet 1934 

Assassinat du chancelier autrichien catholique Dollfuss par les socialistes nationaux allemands. Au pouvoir depuis 1932, il était résolument opposé à toute force socialiste qu'elle soit nationale ou internationale. Il interdit le parti nazi en juin 1933 et de ce fait subit les foudres du gouvernement allemand nazi un an plus tard. 


1935 

In : Pierre Virion, Mystère d'iniquité 

     Vers 1935 apparaît le "PACTE SYNARCHIQUE POUR L'EMPIRE FRANÇAIS", document très secret dont une page de garde porte des menaces contre quiconque serait convaincu de sa détention illicite. En treize points et cinq cent quatre vingt dix huit articles on y ex pose techniquement la planification générale de la nation, du continent, de la planète et à tous les points de vue depuis le gouverne ment mondial, jusqu'aux entreprises, aux syndicats, et aux religions. 

Quoique secret, ce document n'a rien d'initiatique et circule par communications individuelles, clandestines, soigneusement contrôlées, parmi des "profanes" sélectionnés où il fait des adeptes au Comité Synarchique Révolutionnaire. On se lie par serment à ce mouvement et sous le sceau du secret. 

Ce document a été découvert par la suite dans une Loge Martiniste de Lyon et plusieurs fois publié. L'ensemble du texte qui porte bien la marque du Martinisme, ne fait que mettre en forme pseudo-scientifique, technocratique et accommodée à notre époque la doctrine contenue dans Saint-Yves d'Alveydre. Passons sur le côté international politique, économique et social du système. Ce qui nous intéresse ici, c'est son but religieux. 

Le système, totalitaire, est au premier chef antiromain. "Le régime de la révolution synarchiste" se dresse d'abord contre le "CLÉRICALISME TRADITIONNEL". Ainsi l'avait annoncé Roca cinquante ans auparavant. N'entendons-nous pas cette déclaration de guerre reprise par un jeune clergé reprochant à l'Eglise d'avoir corrompu le christianisme primitif et de pactiser avec le capitalisme ploutocratique ? Ces prêtres se rendent-ils compte qu'ils ne font là que répéter à leur insu bien sûr, le présupposé des Saint-Yves, des Roca, du marti nisme à l'instauration de la Nouvelle Eglise et du Nouveau Sacerdoce dans l'Humanité nouvelle rêvés par les sectes ? 

Cette nouvelle Eglise , celle du "Christ-social" c'est la "démos-idéocratie" c'est-à-dire de l'opinion informée et drainée par la puissance étatique rassemblant dans sa main et dans sa main seule les organes de la vie intellectuelle et de la vie religieuse du peuple : "Aucun individu n'est en dehors de la nation culturelle dans une démocratie véritable comprise en mode synarchique". C'est par la maîtrise du système sur tout élément civique, sur tout mode de penser et d'agir que l'on prétend régler une fois pour toutes les rapports de l'Eglise et de l'Etat ! 

     L'intégration totalitaire de la première dans le second supprimerait, en effet, les problèmes : "Comme état culturel de fait, la Nation synarchique se manifeste ontologiquement par l'ensemble de ses universitaires, de ses pédagogues, de ses ECCLÉSIASTIQUES, de ses artistes, de ses savants, de ses intellectuels et techniciens purs : ils forment une démos-idéocratie de service, de mérite et de talent". "Chaque nation est rectrice souveraine de son domaine culturel". 

"La pleine synarchisation de l'Empire français nécessite... la réforme du régime culturel pour instaurer l'ordre culturel de chaque nation dans l'Empire". Nous étions encore au temps où la France avait des Colonies, c'est pourquoi on parle d'Empire. On ne relira pas ici sans profit la page du Maître, Saint-Yves d'Alveydre, mise en tête de cette étude. A cinquante ans de distance le programme d'intégration des va leurs, institutions, culture, religions, sans excepter la Franc-Maçonnerie dans un consortium national a été fidèlement gardé, transmis, scrupuleusement traduit en un langage technocratique propre à émerveiller le badaud, à recruter l'adepte. 

"Cette démos-idéocratie, dit le Pacte, est donc l'ensemble des citoyens qui ont acquis la pleine connaissance culturelle collective et y absorbent professionnellement leur vie : universitaires, pédagogues, ECCLÉSIASTIQUES, artistes, savants, intellectuels et techniciens purs ". Seul, le nom de ce pandémonium a changé. On ne l'appelle plus une église comme Saint-Yves d'Alveydre, mais L'ORDRE CULTUREL dans lequel l'Eglise romaine ira prendre sa place en associée mineure pour y jouer un rôle strictement adapté à la constitution et à la doctrine de l'Etat synarchique. 

En effet : "Une démocratie culturelle n'est réellement constituée en mode synarchiste que si elle est soustraite à tout privilège de droit ou de fait, au règne de l'incompétence, à l'emprise de l'argent, à l'influence d'une quelconque oligarchie, à la dictature de droit ou de fait de toute classe ou congrégation sectaire ou partisane, aux manœuvres intolérantes de n'importe quel groupement (que son caractère soit ECCLÉSIASTIQUE, philosophique, politique ou autre) qui tendrait à exclure l'une quelconque des formes de la pensée nationale ou impériale fut-elle exprimée par une faible minorité ou par un seul individu". 

     Quelle conclusion tirer de ces textes ? Ils donnent la formule d'une sorte de superfascisme doctrinal. Sous le dehors du libéralisme accueillant aux différentes formes de la culture et des convictions religieuses, ils fondent tout en un système unitaire qui ne le cède pas au nazisme à cette différence près que celui-ci impose sa doctrine et elle seule, tandis que la synarchie réduit tout ce qui existe à un commun dénominateur. 

Cette réduction postule l'intégration des facteurs divergents. L'insistance du Pacte à nommer les ecclésiastiques montre assez que cette intégration ne doit aboutir à rien d'autre qu'à une Eglise nationale FAISANT BON MARCHE DU POUVOIR JURIDICTIONNEL DU PAPE ET A L'OCCASION DE SON MAGISTÈRE DOCTRINAL. 

     D'autres passages de ce document ne cachent pas en effet la prétention de s'opposer au viol des "consciences libérées" et à l'admission de quelque "orthodoxie" que ce soit, sauf celle du régime bien entendu. Car celle-ci existe. Ne serait-ce par exemple que cette base constamment rappelée à tous les chapitres du Pacte : "L'HUMANISME INTÉGRAL" païen et panthéistique des Hautes Sociétés Secrètes d'où vient, dit encore ce texte "LA PRIMAUTÉ DU SPIRITUEL DANS NOTRE MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE". 

Curieux échos aux titres d'ouvrages de M. Jacques Maritain, publiés à la même époque et dont le succès, resté dans toutes les mémoires, témoigne de la vogue de certains mots-clefs. Cette vogue n'est pas un effet du hasard, mais elle n'emporte pas la conclusion que ces idées ont été tirées directement du pacte synarchique par des vulgarisateurs mis dans le secret. Il y en a sans doute, mais le Pacte, à l'époque, est confidentiel. Qui est affilié doit en répandre les idées autour de lui, c'est la consigne, mais sans pour autant en produire le texte à la vue de ses auditeurs. De cette façon, une vague de théories nouvelles dont on ignore à la fois les prolégomènes lointains, les principes secrets, la source profonde et le bénéfice qu'en espèrent leurs auteurs dans un avenir indéterminé, crée un climat. Nous en sommes désormais à la renaissance du spiritualisme dans des milieux que le rationalisme et le matérialisme avaient dressés contre l'Eglise. Dans la maçonnerie, divers scandales financiers et surtout l'affaire Stavisky qui découvrent les agissements de certains F. politiciens et besogneux incitent les autres, horrifiés, à reconsidérer les valeurs spirituelles, à renoncer vis-à-vis de l'Eglise aux vieilles habitudes du Combisme et même à entretenir certaines relations. Le secret du Pacte, le virage spiritualiste d'un bon nombre de Loges, une certaine ouverture vers le socialisme assortie d'un fort mouvement en faveur de l'organisation professionnelle au moment où le parti communiste se montre menaçant, tout cela sous le signe d'un humanisme universel dans une atmosphère de détente, de confiance en des techniques sociales nouvelles, égare l'opinion. Tout cela persuade des ecclésiastiques qu'une union raisonnable avec ce monde nouveau doit être tentée. 

L'idée du rapprochement entre l'Eglise et la Franc-Maçonnerie leur semble un geste de pacification sinon nécessaire du moins utile, tandis que dans une fraction des Hautes Sociétés Secrètes dont nous aurons à parler, le thème du rapprochement apparaît comme LA PREMIÈRE MA NOEUVRE TACTIQUE VERS L'INTÉGRATION. 


1937 

In : Pierre Virion, Mystère d'inquité 

     Dans les sphères politiques, Victor Blanchard, haut fonctionnaire de la Chambre des Députés, 33è du Rit écossais, 96è de l'Ordre de Memphis, Grand Maître de "l'ORDRE MARTINISTE ET SYNARCHIQUE" mais surtout autrefois, brillant second du Mage Papus dont il a recueilli l'héritage avec celui de Saint-Yves d'Alveydre, travaille avec Léon Blum et Spinasse au noyautage du monde parlementaire de droite et du centre : propagande pour un socialisme technique, pour une planification économique, pour un essai d'organisation de grandes ententes industrielles sur les propositions de Flandin, Marchandeau et Spinasse (dans son Cabinet ministériel figurait Cou trot). 

     Au niveau des entreprises, Jean Coutrot, coryphée des technocrates noyaute le Patronat sur le thème du "Comité National de l'Organi sation scientifique du travail" (C. N. O. S. T.) dont il est président. Grâce à lui et à ses synarques un nouveau credo économique et social se propage de proche en proche. La science et la technique au service d'une concentration universelle et d'une hiérarchisation implacable opéreront le miracle de tout unir, économie et culture dans un univers pacifié, dynamisé au maximum. Cette foi nouvelle est présentée par des groupe ments diversifiés sous des formes appropriées aux différents milieux. 

L'Ordre nouveau renverra au néant les oppositions sociales, raciales, religieuses, internationales ; l'humanisme, son plus beau fleuron, en fournira la raison déterminante. 

Autour de Jean Coutrot, dont la mort mystérieuse quelques années plus tard au moment de la découverte du Pacte synarchique dans une loge martiniste, indi quera le sens initiatique et les redoutables secrets, se pressent donc des catholiques. 

AU CENTRE D'ÉTUDES DES PROBLÈMES HUMAINS LE PÈRE TEILHARD DE CHARDIN travaille côte à côte avec Coutrot, Aldous Huxley, le Comte du Nouy et l'occultiste Dr Alendy. Les JOURNÉES DE PONTIGNY, fondées en 1910 où fréquentaient déjà, dit-on, des ecclésiastiques, reprennent très prisées, très suivies sous la direction de ceux qu'on appelle l'équipe synarchique de la banque Worms. Au GROUPE "FRANCE 50" plus spécialement politique, le Père Dillard, lui aussi de la Compagnie de Jésus, figure dans l'équipe directrice, il y collabore avec Dautry, Marjolin, au jourd'hui de la Communauté Économique Européenne, Joxe dont le synarchisme n'est pas plus à dire que la réalité des accords d'Evian troquant l'Algérie française pour le mirage de "l'Eurafrique" prévue dans le Pacte synarchique. 

Des journaux spécialisés travail lent la pâte catholique pour "l'ORDRE NOUVEAU", c'est le titre d'un organe publié par Denis de Rougemont dans lequel écrit Daniel Rops. Pour parler comme le synarchiste Abbé Roca c'est un "Monde Nouveau", une "Nouvelle Terre" que prêchent les Dominicains de Juvisy dans la "Vie Intellectuelle". Dans ce même moment "Temps Présents", "Terre Nouvelle" pensent à l'instar dudit Abbé et du F. Lantoine, "QUE LE CHRISTIANISME A ÉTÉ CONTAMINE PAR L'HISTOIRE" (sept. 29-5-36). 

     On entend donc lui rendre sa pureté en le coulant dans le moule du progressisme. Et tandis que l'on combat les structures traditionnelles, on prétend leur substituer cet Ordre nouveau cher aux rédacteurs du Pacte synarchique ; par une synthèse du genre hégélien on affirme pouvoir étouffer les oppositions dans les liens de l'organisation apte à tout, polyvalente, car, pour dire encore comme le Chanoine apostat ROCA : "UN CHRÉTIEN ANIMÉ DU PUR ESPRIT DE L'ÉVANGILE CONCILIE AISÉMENT TOUS LES EXTRÊMES SANS CESSER D'ÊTRE ORTHODOXE OU PLUTÔT PARCE QU'IL EST ORTHODOXE". 

     Et que faisait-on dans les Loges ? Pour bien le comprendre il faut savoir qu'en 1908, Papus et Victor Blanchard en lançant les "Congrès spiritualistes" se proposaient à la fois de fédérer les sociétés secrètes : gnostiques, théosophes, kabbalistes etc... et d'entre prendre à l'aide de ce regroupement la restauration du spiritualisme ésotérique au sein des grandes obédiences maçonniques alors politisées, matérialisées à l'extrême. 

A l'heure donc qui nous occupe une singulière offensive se dessinait au sein des Loges pour les entraîner vers un syncrétisme doctrinal propre à réaliser l'emprise des Hautes Maçonneries sur l'ordre nouveau. Il fallait en premier lieu leur infuser le spiritualisme qui leur manquait et sur ce point on devait constater des résultats appréciables. En second lieu il s'agissait de leur faire admettre l'idée du rapprochement avec l'Eglise et nous savons que cette affaire, non seulement au Grand Orient mais aussi à la Grande Loge de France rencontrait de très sérieuses difficultés. Enfin, à supposer atteints ces deux premiers buts, le troisième consistait à amorcer une vaste campagne de propagande pour ce singulier œcuménisme de toutes les religions : "l'Eglise Uni verselle" selon la terminologie des Congrès maintenant bien connus, "l'Eglise Catholique" selon les termes audacieux de Saint-Yves d'Alveydre. 

C'était tout le programme de la Contre-Eglise synarchique, "Nouvelle Eglise" à la recherche de laquelle Jules Romain consacrait un ouvrage qui ne fut pas sans influence dans les milieux catholiques et maçonniques. 

Pierre Virion 


14 mars 1937 

Condamnation du mythe de la race et de la suprématie du parti socialiste national allemand par Pie XI dans Mit brennender Sorge. Des centaines de prêtres et de fidèles sont envoyés en camp de concentration par les nazis. 


19 mars 1937 

Condamnation du communisme «intrinsèquement pervers » par Pie XI. 


Ces deux encycliques, publiées par Pie XI à quelques jours d'intervalle, sont le signe d'une clairvoyance enfin affirmée : non, le fait accompli en politique n'a pas forcément force de légitimité, tout régime qui s'est imposé par la force n'en devient pas forcément voulu par Dieu, même si le bien commun exige de ne pas commettre d'actes moralement mauvais pour le renverser, du moins un coup d'Etat peut être légitime pour autant qu'il est prévisible que la situation n'empire pas après. Le pape ne dit pas textuellement ces vérités mais elles redeviennent acceptables par Rome qui ouvre enfin les yeux sur les deux totalitarismes athées, en s'inscrivant dans la saine doctrine thomiste de la déposition du tyran. 


1er juillet 1937 

     Une lettre collective de l’épiscopat espagnol explique le choix au monde entier de prendre le parti des Nationalistes et qualifie de « croisade » la lutte menée par leurs chefs : les « rouges » avaient massacré tous les évêques de leur territoire, à l’exception d’un aveugle, ainsi que quelques 7 000 prêtres et religieux, et des dizaines de milliers de catholiques en haine de la Foi. 


13 juillet 1937

     Le Cardinal Pacelli exhorte, à la chaire de Notre Dame, les catholiques de France à la fidélité romaine pour continuer à vivre du seul vrai catholicisme conforme à la Tradition de la sainte Eglise :

     "Vigilate ! C'est qu'il ne s'agit plus aujourd'hui, comme en d'autres temps, de soutenir la lutte contre des formes défaillantes ou altérées de la civilisation religieuse et la plupart gardant encore une âme de vérité et de justice héritée du christianisme ou inconsciemment puisée à son contact. Aujourd'hui, c'est la substance même du christianisme, la substance même de la religion qui est en jeu. Sa restauration ou sa ruine est l'enjeu des luttes implacables qui bouleversent et ébranlent sur ses bases notre continent et avec lui le reste du monde.(...) Combien restent sourds et inertes à l'avertissement du Christ à ses apôtres : "Vigilate et orate ut non intretis in tentationem". 

Vigilate ! Et pourtant l'Eglise, répétant les paroles même du Christ, les avertit. Depuis les derniers règnes surtout, les avertissements se sont faits plus précis, les encycliques se succèdent." 


1938 

Infiltrations maçonniques dans l'Eglise catholique



 

Dossier maçonnique de l’épiscopat français remis par Mgr Beaussart à Pie XI 

Cardinal Lavigerie, archevêque d’Alger ; Cardinal Dubois, archevêque de Paris ; Cardinal Verdier, archevêque de Paris ; Cardinal Amette, archevêque de Paris ; Cardinal Liénart, évêque de Lille ; Mgr Cézerac, évêque d’Albi ; Mgr Duthoit, évêque d’Arras ; Mgr Julien, évêque d’Arras ; Mgr Chaptal, évêque auxiliaire de Paris ; Mgr Crépin ; Mgr Mignen, archevêque de Rouen ; Mgr Lefèvre, évêque de Troyes ; Mgr Gaillard, évêque de Tours ; Mgr Durand, évêque d’Oran ; Mgr Rivière, évêque de Monaco ; Mgr Choquet, évêque de Lourdes ; Mgr Le Nordez, évêque de Dijon. 

La liste est suivie du nom de soixante-huit prêtres du diocèse de Paris affiliés à la franc-maçonnerie, dont le Maître Général des Frères Prêcheurs, le père Gillet. 


25-26 janvier 1938 

"Une Nuit Éclairée" comme l’avait prédite Notre Dame de Fatima, annonçait une deuxième guerre mondiale si l’on dédaignait Son Message : lueurs mystérieuses aperçues un peu partout en Europe.





Comment Pie XI a t-il préparé la révolution conciliaire ? 

Pie XI avait tendance, dans la pratique, à éviter le plus possible l’affrontement avec les gouvernements temporels établis. Il a affaibli l’action propre des catholiques, qui est l’action politique et sociale en encouragent les laïcs catholiques à délaisser l’action temporelle pour se consacrer à l’action purement spirituelle. Il laissait libre le terrain du combat temporel, où les progressistes vont se hâter de prendre la place vacante. Il a donc créé par sa politique des circonstances qui seront favorables à l’avance du progressisme. 


Pierre Virion, Mystère d'iniquité :

     "...Des conversations se nouèrent entre des personnalités catholiques et maçonniques. Certaines se poursuivirent dans les années 1938 et 1939 chez Oswald Wirth qui me demanda d'y prendre part. Les plus intéressantes avaient pour protagonistes catholiques deux dominicains, dont l'un était le R.P. Gorce. Elles étaient intéressantes parce qu'au lieu de s'en tenir à une préoccupation purement défensive contre le danger signalé par Lantoine, elles en étaient venues à examiner quelque chose de constructif : la possibilité d'une collaboration sur le plan social, suggérée par la citation de Clavel donnée par Lantoine à la fin de son livre : "Le christianisme et la Franc-Maçonnerie se complètent l'une par l'autre et peuvent se prêter un mutuel concours pour le bon heur de l'humanité". "Le R. P. Gorce, se montrait particulièrement fougueux. Extrapolant les thèmes de l'encyclique "Rerum Novarum" de Léon XIII (qu'il devait reprendre et commenter dans son ouvrage "La politique de l'Éternel", 1941), le R.P. Gorce partait en fléchée et reprochait aux francs-maçons leur conservatisme social". "Ces conversations furent interrompues par la guerre". Schibboleth par le F. Corneloup du G. O. F., 1965 



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Pie XII 

2 mars 1939

     Le cardinal Pacelli est élu pape sous le nom de Pie XII. 


     Au déferlement des erreurs doctrinales, politiques et sociales, Pie XII opposa, inlassablement, la doctrine de l’Église. Aucun pape avant lui n'avait autant publié d'ency­cliques, de constitutions, d'exhortations, de motu proprio, de lettres publiques ni prononcé autant d'allocutions. Devant les groupes les plus divers (diplomates, médecins, artistes, ouvriers, jeunes mariés, enfants, etc.), il rappela au cours d’audiences innombrables la conception catholique de la paix fondée sur le Christ, la doctrine sociale de l'Église, la gran­deur du mariage chrétien, les devoirs de la famille. Le droit naturel, qui vient de Dieu, est le fondement de la paix et de la prospérité des sociétés. 


Une date très importante pour comprendre la situation actuelle dans la sainte Eglise, et la nouvelle religion conciliaire :

23 avril 1939 

Bulletin hebdomadaire des loges de la Région Parisienne relevant du Grand Orient de France et de la Grande Loge de France, p. 5 :  

« Temple, 5 rue Jules Lebreton, Paris 13°. Jeudi 27 avril 1939 à 20h45 précises, Tenue blanche fermée. Les théories néocatholiques : « Le sens de la vie collective suivant les doctrines chrétiennes. » Conf.: par M. Emmanuel Mounier, directeur de la revue Esprit (organe du néocatholicisme). » 

Que se passe t-il ? Une loge maçonnique invite à s'exprimer un tenant de la philosophie personnaliste, désaxée, ayant pour fond idéalisme et subjectivisme. Les francs-maçons peaufinent leur plan pour mener l'assaut du catholicisme.




     "De ces rapports s'engendre dans le monde catholique un phénomène d'osmose. De là aussi le succès croissant de notions vagues et malsaines pour la foi : néochristianisme ou christianisme des origines et surtout celle du progrès spirituel de l'humanité lié à l'évolution parée désormais de tous les caractères messianiques. L'Evolution Rédemptrice n'est pas une idée propre au P. Teilhard de Chardin ; on l'a vue prônée par le Chanoine Roca aux beaux temps de Saint-Yves d'Alveydre, puis dans le Pacte synarchique et dans une littérature maçonnique où fleurit la louange du Père qui avait, aux yeux des adeptes, le mérite de démarquer les cosmogonies des sectes". (Pierre Virion) 

     Ainsi, la nouvelle religion née au concile Vatican II, empreinte de « personnalisme » dont Mounier est un représentant, a été préparée bien à l’avance dans les loges maçonniques, dans le but de détruire le catholicisme romain basé sur la Tradition. Charles de Koninck a bien réfuté l’erreur personnaliste dans son De la primauté du bien commun, Laval, Québec. 

De la primauté du bien commun contre les personnalistesPDF • 286KB 

     Déjà en 1893 l’abbé Jules Lemire, ancien partisan du comte de Chambord, fut élu député du Nord, le premier prêtre « démocrate chrétien » ou « socialiste chrétien », « incarnant l’itinéraire d’un certain nombre de représentant du clergé et du laïcat catholique qui, après la ralliement, avaient abandonné le contre-révolution catholique pour adhérer au « néochristianisme » (Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 186.  

Ce "néochristianisme" est une préfiguration du "néocatholicisme" cher aux francs-maçons de 1939 qui invitèrent le représentant du courant personnaliste dans une de leurs loges. 

     Après l'élection de Pie XII, le 2 mars 1939, Notre-Seigneur renouvela ses requêtes et ses avertissements . Aux environs de mars 1939, écrit sœur Lucie, Notre-Seigneur m'a dit : 

“ Demande, insiste de nouveau pour qu'on divulgue la communion réparatrice des premiers samedis en l'honneur du Cœur Immaculé de Marie. Le moment approche où les rigueurs de ma justice vont punir les crimes de plusieurs nations. Quelques-unes seront anéanties. À la fin, les rigueurs de ma justice tomberont plus sévèrement sur ceux qui veulent détruire mon règne dans les âmes. ” 

La marche à la guerre s'était tout à coup précipitée. Le 22 août 1939, la nouvelle du pacte germano-soviétique éclatait comme une bombe. Le 1er septembre, Hitler envahissait la Pologne et, deux jours après, l'Angleterre entraînait la France à déclarer la guerre à l'Allemagne. Dix jours plus tard, Mgr da Silva approuva enfin la dévotion des premiers samedis du mois. 


5 juillet 1939 

Pie XII lève la condamnation de l’Action Française.

Mais la puissante action des catholiques, souvent monarchistes et antirépublicains, avait pratiquement reçu le coup de grâce. Voici l’avis du pape Pie XII au sujet de cette condamnation, à l’abbé Luc Lefèvre, de la Pensée catholique « je vous charge de remercier vos amis de leur courageuse résistance à une condamnation indue, car sans cette résistance, jamais l’Église ne serait revenue sur elle et il resterait comme une tache dans son histoire. Car cette paix retrouvée entre l’Église et certains de ses fils, ce n’est pas un acte de charité, mais une œuvre de justice. » 



Seconde guerre mondiale 


     Le pacte germano-soviétique Les deux idéologies monstrueuses antichrétiennes semblent être des ennemis irréductibles. Or ces deux systèmes procèdent de la pensée d'Hegel. L'ennemi diffère mais pas les principes. Les communistes veulent détruire la bourgeoisie, les nazis les races jugées inférieures, et les Juifs trop puissants. Les futurs cadres de l'armée allemande s'entraînent dès 1922, sous la république de Weimar, dans des camps de l'Union soviétique, pour contourner le traité de Versailles. Les relations commerciales vont bon train entre les deux puissances jusqu'à la guerre. Les deux dictateurs ne sont pas dupes de l'un envers l'autre, mais Staline constate l'irrésolution et le défaitisme des démocraties occidentales devant le réarmement et le volonté d'expansion des nazis, tandis que Hitler a besoin de la neutralité soviétique pour attaquer la Pologne. Il est convaincu que les Britanniques et les Français ne lui viendront pas en aide, tout comme ils n'ont pas aidé l'éphémère et peu viable Tchécoslovaquie. Devant la menace grandissante, Anglais et Français cherchent l'alliance soviétique, 

Staline devient alors l'arbitre de la politique européenne et fait monter les enchères. Hitler est prêt à lui accorder beaucoup, et Staline entend récupérer les territoires perdus lors de la première guerre mondiale. Les deux agents antichrétiens deviennent alliés géostratégiques de par leurs intérêts convergents. 

     Le 22 août 1939, le monde apprend stupéfait le pacte de non-agression germano-soviétique. Son protocole secret place la Finlande et les pays baltes dans la zone d'influence russe, tandis que la Pologne est dépecée entre les deux. Staline fait d'une pierre deux coups. Non seulement il éloigne une perspective de guerre contre l'Allemagne, mais il facilite un conflit entre cette dernière et les puissances anglo-saxonnes ainsi que la France. Il compte ensuite sur une guerre longue épuisante comme la première guerre mondiale pour tirer les marrons du feu et imposer ses conditions aux nations exsangues.

 De cette manière avaient triomphé les Arabes des empires perses et romain, épuisés par des années de guerre. Le 1er septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologne. Ecrasée en quinze jours, l'URSS lui assène le coup de grâce en l'attaquant à revers le 17 septembre. Une persécution s'ensuit dans les pays occupés par la Russie soviétique. Un million deux cent mille Polonais d'Ukraine et de Biélorussie sont déportés en Sibérie. 

     La France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre, mais se gardent de le faire envers la Russie lorsque celle-ci envahit à son tour la Pologne. La complicité occulte des régimes libéraux maçonniques avec le marxisme des Bolchéviques éclate au grand jour. Le plus tragique est pour la Pologne qui, à la fin de la guerre commencée pour lui venir en aide, est contrainte d'accepter la domination communiste de Moscou pour près d'un-demi siècle, elle qui avait dû se battre contre la double attaque des nazis et des communistes, elle à qui la France et l'Angleterre avaient promis leur aide mais qui n'enverront aucune troupe sérieuse attaquer l'Allemagne avant que celle-ci ne jette tout son arsenal contre la France en mai 1940. 

En septembre 1939, le PCF, Parti communiste français, trahit ouvertement la France en répandant le pacifisme délétère, en ordonnant des sabotages dans la production des armes de la France et en cessant d'attaquer subitement l'Allemagne nazie. Cependant le courant antimilitariste date de plus loin : après les hécatombes de la Grande guerre, le courant pacifiste a essaimé et si les instituteurs laïcs abhorrent la soutane et l'uniforme, les générations qu'ils ont formées ont été abreuvées d'objection de conscience, de dégoût envers la patrie et de fausse liberté. 

Leur slogan, applaudi lors des congrès d'instituteurs, était "Mieux vaut la servitude que la mort", slogan ignoble de lâcheté. Depuis vingt ans, les hommes politiques, les milieux intellectuels influents, ne cessent de vanter les mérites de la paix et l'absurdité de la guerre. La ligne Maginot est un parfait exemple de cet état d'esprit de défensive soit-disant supérieure à l'offensive. 

Au contraire, les Allemands ont compris l'importance d'attaques rapides coordonnées entre des corps blindés en nombre et des attaques aériennes. 

     Cette défaillance des énergies, l"affaiblissement de l'autorité, la sclérose intellectuelle du haut-commandement français sont à l'origine de la plus terrible défaite française. 

Un immense dégoût envers les politiciens responsables par leur aveuglement parcourt toute la population dès juin 1940. Ceux-ci, pour beaucoup, fuient sans honneur et délaissent le pouvoir au Maréchal Pétain. 


La défaite et l'armistice de juin 1940

Le front enfoncé, toutes les défenses emportées, des millions de réfugiés sur les routes, Paul Reynaud refuse d'endosser la responsabilité d'un armistice et suggère au président Lebrun de désigner le Maréchal Pétain comme chef de gouvernement. Il signe un armistice le 22 juin afin d'éviter que tout le territoire ne soit envahi et la capture du reste de l'armée, et le 10 juillet reçoit les pleins pouvoirs de l'Assemblée. 



20 juin 1940 

Maréchal Pétain

« Français ! J’ai demandé à nos adversaires de mettre fin aux hostilités. Le Gouvernement a désigné mercredi les plénipotentiaires chargés de recueillir leurs conditions. J’ai pris cette décision, dure au cœur d’un soldat, parce que la situation militaire l’imposait. Nous espérions résister sur la ligne de la Somme et de l’Aisne. Le Général Weygand avait regroupé nos forces. Son nom seul présageait la victoire. Pourtant la ligne a cédé et la pression ennemie a contraint nos troupes à la retraite. Dès le 13 juin, la demande d’armistice était inévitable. Cet échec vous a surpris. Vous souvenant de 1914 et de 1918, vous en cherchez les raisons. 

Je vais vous les dire. Le 1er mai 1917, nous avions encore 3 280 000 hommes aux armées, malgré trois ans de combats meurtriers. À la veille de la bataille actuelle, nous en avions 500 000 de moins. En mai 1918, nous avions 85 divisions britanniques ; en mai 1940, il n’y en avait que 10. En 1918, nous avions avec nous les 58 divisions italiennes et les 42 divisions américaines. L’infériorité de notre matériel a été plus grande encore que celle de nos effectifs. L’aviation française a livré à un contre six ses combats. Moins forts qu’il y a vingt-deux ans, nous avions aussi moins d’amis. 

Trop peu d’enfants, trop peu d’armes, trop peu d’alliés, voilà les causes de notre défaite. Le peuple français ne conteste pas ses échecs. Tous les peuples ont connu tour à tour des succès et des revers. C’est par la manière dont ils réagissent qu’ils se montrent faibles ou grands. Nous tirerons la leçon des batailles perdues. 

Depuis la victoire, l’esprit de jouissance l’a emporté sur l’esprit de sacrifice. On a revendiqué plus qu’on a servi. On a voulu épargner l’effort ; on rencontre aujourd’hui le malheur. J’ai été avec vous dans les jours glorieux. 

Chef du Gouvernement, je suis et resterai avec vous dans les jours sombres. Soyez à mes côtés. Le combat reste le même. Il s’agit de la France, de son sol, de ses fils. » 



25 juin 1940 

Maréchal Pétain  

 « (…) La terre, elle, ne ment pas. Un champ qui tombe en friche, c’est une portion de France qui meurt. Une jachère de nouveau emblavée, c’est une portion de France qui renaît. N’espérez pas trop de l’État qui ne peut donner que ce qu’il reçoit. Comptez pour le présent sur vous-mêmes et, pour l’avenir, sur les enfants que vous aurez élevés dans le sentiment du devoir.  Nous avons à restaurer la France. Montrez-la au monde qui l’observe, à l’adversaire qui l’occupe, dans tout son calme, tout son labeur et toute sa dignité. Notre défaite est venue de nos relâchements. L’esprit de jouissance détruit ce que l’esprit de sacrifice a édifié. C’est à un redressement intellectuel et moral que, d’abord, je vous convie. Français, vous l’accomplirez et vous verrez, je le jure, une France neuve surgir de votre ferveur. Pendant les trois quarts de siècle qui ont précédé la guerre, le régime politique auquel étaient soumis les Français était la culture du mécontentement. Aujourd’hui que la France est en proie au malheur véritable, il n’y a plus de place pour les mensonges et les chimères. Il faut que les Français s’attachent à supporter l’inévitable, fermement et patiemment. » 




     Le Maréchal avait donné l'ordre formel à la délégation française de rompre les négociations si l'Allemagne exigeait la remise partielle ou totale de la flotte, l'occupation totale de la métropole et l'occupation d'une partie quelconque de l'empire colonial. 

     En politique intérieure, le Maréchal supprime les impôts et taxes spécifiques que les congrégations religieuses et les écoles catholiques devaient payer. La charte du travail qu'il met en place s'inspire beaucoup de la doctrine sociale de l'Eglise. Le cardinal Feltin, archevêque de Bordeaux, le souligne en septembre 1940 : "L'ordre social nouveau que veut établir en France le chef de l'Etat, s'inspire nettement des enseignements pontificaux en même temps que des traditions et qualités nationales." 




     Cependant deux tendances s'affrontent à Vichy autour du Maréchal. La première est à gauche avec Laval en tête, pacifiste et nourrie d'idéalisme européen. Laval pense que l'Allemagne gagnera et veut tout faire pour donner à la France une place dans la nouvelle Europe. Il est soutenu par le dissident socialiste Marcel Déat, Léon Emery du Syndicat national des instituteurs, de Georges Dumoulin dirigeant cégétiste, de la fédération de l'enseignement en la personne de Ludovic Zoretti, etc. La seconde ligne est représentée par le général Weygand, nettement hostile à l'Allemagne et ne songe qu'à la revanche, l'armistice étant une suspension provisoire des combats. La plupart sont à droite, avec plusieurs maurrassiens, des anciens cagoulards comme Gabriel Jeantet, des nationalistes et des conservateurs venant des organisations du colonel de la Rocque, etc. 

     Le Maréchal sera pris par les deux écoles, en maintenant une ligne de non hostilité envers l'Angleterre malgré l'ignominie de Mers-el-Kébir, et d'amitié envers les Etats-Unis. 

     Dès la signature de l'armistice, le général Weygand encourage, avec l'accord du Maréchal, les commandants de région militaire à dissimuler le matériel et les munitions qui doivent être livrés aux Allemands. 

Nommé délégué général en Afrique du Nord, il emploie toute son énergie à remettre sur pied l'armée d'Afrique, camoufle les hommes dans des organisations paramilitaires et des chantiers de jeunesse, repartie du matériel de métropole. Au début de 1941, il dispose de deux cent mille hommes bien entraînés, mais n'a ni char ni artillerie lourde et son aviation est peu performante. Les Allemands apprenant ses activités, l'arrêtent en novembre 1942 et le déportent jusqu'à la fin de la guerre. 


     L'armée d'Afrique joue un rôle décisif en Tunisie en novembre 1942 avec le général Giraud à sa tête, puis avec le général Juin, resté fidèle au Maréchal Pétain. Cette armée capture le général von Arnim commandant des forces de l'Axe en Afrique du Nord et contraint ses deux cent mille soldats de l'Afrikakorps à capituler. Le général de Lattre, lui, est nommé par le gouvernement du Maréchal commandant supérieur en Tunisie, puis de la seizième région militaire à Montpellier. En novembre 1942, il se livre à un baroud d'honneur contre les Allemands ce qui lui vaut d'être arrêté. Il se voit libéré en 1943 grâce au cabinet du Maréchal puis rejoint Alger pour prendre le commandement de la 1ère armée. Equipée par les Américains, la 1ère armée d'Afrique se couvre de gloire en Italie, en Corse, en Provence lors du débarquement, puis dans tous les combats de la libération, jusqu'à la capitulation allemande. 



31 août 1941

Le troisième Mémoire de soeur Lucie, terminé le 31 août 1941, ne compte qu’une douzaine de pages, mais il est le plus saisissant des écrits de sœur Lucie. Pour la première fois, sont révélées les deux premières parties du Secret qui désignent explicitement « la Russie » comme l’ennemie de l’Église et de la paix du monde. Certes, la voyante l’avait déjà écrit partiellement dans sa lettre à Pie XII, mais cette lettre était demeurée secrète. 


1942

En cette année 1942, le président Roosevelt faisait pression sur Pie XII pour qu’il atténuât ses dénonciations du péril communiste. Comme si la Russie bolchevique ne constituait pas un danger pour l’Europe ! 

Un “ accord Rome - Moscou ” fut conclu dont les protagonistes furent Mgr Montini, le futur Paul VI, et Staline lui-même. Nous n’en savons pas la teneur exacte, mais une lettre de Pie XII à l’ambassadeur américain Taylor, datée du 22 septembre 1942, fait allusion à une promesse stupéfiante qu’il aurait accepté de faire au sujet de l’Urss :

     « (...) À la demande du président Roosevelt, le Vatican a cessé toute polémique avec le régime communiste, mais ce silence qui pèse à nos consciences n’a pas été compris par les dirigeants soviétiques qui poursuivent en Urss et dans les pays occupés par les troupes de l’Armée rouge leurs persécutions contre les Églises et les fidèles. Dieu fasse que le Monde libre n’ait pas un jour à regretter mon silence. » 

     Pie XII était écartelé entre sa sympathie pour les principes démocratiques et moraux affichés par Roosevelt, soutenus par son entourage, les cardinaux Maglione et Tisserant, ainsi que par Mgr Montini, et sa dévotion envers Notre-Dame de Fatima, dont les révélations l’impressionnaient. 



11 janvier 1943

 Allocution du Pape au patriarcat et à la noblesse de Rome 

 « L'avant-garde de cette évolution a été ce que l'on appelle la Réforme protestante, dont les événements et les guerres ont permis à une grande partie de la noblesse européenne de se détacher de l'Église catholique et de s'approprier ses biens. Mais l'incroyance s'est propagée avant la Révolution française. Les historiens notent que l'athéisme, même sous le lustre du déisme, s'était alors rapidement répandu dans la haute société, en France et ailleurs : la croyance en un Dieu créateur et rédempteur était devenue, dans ce monde voué à tous les plaisirs des sens, une chose presque ridicule et déshonorante pour les esprits cultivés, avides de nouveauté et de progrès. » 



15 janvier 1943

Le Maréchal Pétain sur la franc-maçonnerie, qu’il a interdite en France, déclare à Bernard Faÿ, directeur des Documents maçonniques :  

"Vous ne devez pas hésiter. La Franc-maçonnerie est la principale responsable de nos malheurs; c'est elle qui a menti aux Français et qui leur a donné l'habitude du mensonge. Or, c'est le mensonge et l'habitude du mensonge qui nous ont amenés où nous sommes." 



1943 

Encyclique Mystici corporis : l’Église Corps mystique du Christ 


2 décembre 1944 

Trahison de Mgr Montini futur Paul VI, envers la saine doctrine, par sa lettre au nom du Saint Père, comblant d'éloges le moderniste Blondel. 


Noël 1944

     Etonnante déclaration du pape Pie XII au sujet de la démocratie moderne sans Dieu en affirmant son avènement inéluctable : le pape idéalise un système politique où les hommes seraient honnêtes et vertueux alors précisément qu'un tel système est basé sur le refus de toute loi naturelle et de toute morale individuelle ou politique en dehors de celle inventée par les hommes. 

En réalité, pour être élu, il faut beaucoup d'argent, beaucoup de réseaux, beaucoup arroser les médias et avoir des amis parmi eux, beaucoup mentir pour plaire et promettre l'irréalisable, beaucoup de soutiens chez les grands financiers et les puissants de la terre, les riches propriétaires et les maîtres des industries et du commerce. 

Le pape semble se rallier ainsi à la "démocratie chrétienne" dont Marc Sangnier est l'âme damnée, alors que cette dernière est une contradiction dans les termes puisqu'il est impossible de concilier le décalogue voulu par Dieu tout puissant et à côté considérer que rien ne peut se trouver au-dessus de la loi du nombre à la base de la souveraineté populaire. 



9 avril 1945 

Mort de l’abbé Primo Vannutelli, moderniste souterrain.

     En 1978, un document jusqu’alors inconnu, intitulé Dalprofondo : il testamento di fede di don Primo Vannutelli [Des profondeurs : le testament de foi de l’abbé Primo Vannutelli] fut publié, d’un prêtre romain décédé à Rome le 9 avril 1945, chez les pères philippins de l’Oratoire. L’abbé Vannutelli, après avoir été moderniste, était officiellement « rentré dans l’ordre » en prêtant le serment antimodemiste prescrit. 

Selon son exécuteur testamentaire, Francesco Gabrieli, « sa place est parmi ces modernistes restés au sein de l’Église après la condamnation, qui se sont pliés à sa discipline tout en gardant dans leur cœur leurs convictions intimes [...] ». 

Selon Gabrieli, en écoutant cette voix qui vient des profondeurs et en la rapprochant du symbole de Nicée, « tout l’édifice de la foi s'effondre », « la filiation divine de Jésus, sa naissance virginale, les miracles, la résurrection, la Trinité. [...] Le cadre dogmatique du christianisme, ou du moins du catholicisme romain, en sort détruit [...]». Tout en niant la divinité de Jésus-Christ et de l’Église, le prêtre romain postulait la nécessité de ne pas en sortir, attendant patiemment son inévitable transformation historique. Les moyens pour favoriser ce processus étaient à son avis la liberté de la discussion et de la recherche, ainsi que le changement de la liturgie. 

La réforme, pour être radicale, « devrait concerner les rites, non pas les dogmes ouvertement ». 

     Primo Vannutelli était resté un incrédule qui exerçait son ministère dans l’une des plus belles églises de Rome, la Chiesa Nuova, où il vivait en parfaite harmonie avec le père Giulio, le futur cardinal Bevilacqua, et avec le père Paolo Caresana, supérieur général de la Congrégation, sans que personne ne remarquât sa duplicité. 

Combien d'autres Vannutelli cachés dans la sainte Eglise pour un révélé bien des années plus tard ?




     Cette crise du catholicisme contemporain, peu l'ont vue mieux venir que Louis Jugnet, philosophe thomiste, "J’avais commencé, en 1943, à sentir que quelque chose n’allait pas, dans une polémique avec le père Rondet qui écrivait dans une revue jésuite nommée Cité Nouvelle qui remplaçait provisoirement Les Études. Quand j’ai vu ce que cet homme faisait des premiers chapitres de la Genèse et d’un certain nombre de dogmes chrétiens, je me suis dit : on va avoir une nouvelle flambée de modernisme. 

Dans les années 1945-1946, cela devint une certitude, parce que j’ai eu des témoignages directs. Ce ne sont pas des choses qui sont venues après le Concile, et c’est bien l’ancien modernisme qui revit. Il a seulement changé le camouflage, mais il a gardé la mentalité ; au fond, il n’est jamais mort." (Louis JUGNET, dans sa dernière conférence (« Le réalisme catholique », 10 mai 1972).


Témoignage d'un prêtre sur le complot des ennemis de Dieu infiltrés dans la sainte Eglise romaine 

Cette lettre vient de M. Arnaud de Lassus, qui la tenait du père Morandi, prêtre fidèle à la Messe de toujours à Notre-Dame des Armées, puis à Notre-Dame de l’Espérance, de Versailles. 

Elle est datée du 24 avril 1982. Elle a maintenant été publiée dans une plaquette de l’A.F.S. d’octobre 2009, intitulée Données sur l’affiliation maçonnique du cardinal Rampolla par Arnaud de Lassus. Toutes les deux se trouvent également reprises dans Sous la Bannière n° 177 de janvier février 2015, pp.23-25. 

Un résumé de la vie du père MORANDI, (24.8.1915 † 4.11.2009), Marianiste, ordonné en 1935, a été publié dans Lectures françaises n° 632, décembre 2009, p. 56. 


+ Samedi 24 avril 82 


          Cher Monsieur, 

     C’est bien volontiers que je réponds à votre demande. La plupart des prêtres auxquels j’ai fait part de mon témoignage m’ont aimablement répondu qu’ils ne me croyaient pas. Tant pis pour eux. 

J’étais interprète à l’État-Major Juin en Italie (1944-45) et avais été invité à me joindre au « groupe d’amitié du patriarcat romain » dont l’aumônier, Mgr Pignedoli (fait cardinal par Paul VI et un moment en balance avec Luciani, après la mort du dit Paul VI), travaillait à préparer les esprits des princes à un changement d’orientation. De fait quelques-uns devinrent f :. maçons tel Julio Sacchai actuellement gouverneur de la Cité du Vatican. 

Mon nom m’ayant fait passer pour juif (car plusieurs familles juives l’ont adopté pour passer inaperçues) j’ai été invité à assister à la 1ère réunion d’après-fascisme de la « haute juiverie » romaine. Après quoi les marranes du Vatican m’ont présenté à Montini, juif par sa mère (convertie à l’occasion de son mariage) et aussi par sa famille paternelle (cf. Livre d’Or de la Noblesse italienne, édition 1962-1964, p. 994 : « Montini : Rameau de la famille de Brescia, qui reconnaît comme son fondateur Bartolomé de Benedictis, d’origine hébraïque ». 

Pignedoli, intime de Montini (il devint son coadjuteur à Milan) fut chargé par lui de me sonder et de me préparer à devenir correspondant à Paris. C’est le 2 janvier 45 à l’occasion d’une réception que je fus présenté par Pignedoli au Prince di Napoli-Rampolla, petit-neveu du Card. et vénérable de la loge :. Rampolla, filiale de la loge de Zurich de l’« Ordo Templi Orienti » [ndlr : Ordo Templi Orientis] à laquelle appartenait tant le Card. Rampolla que son successeur Gasparri. – Montini, que tout disposait à être pris en main par la maçonnerie, non seulement par sa famille, mais par ses moeurs spéciales (nombreux scandales étouffés), entra au Secrétariat d’État sous Gasparri. Son affiliation à la loge Rampolla m’a été clairement affirmée par Pignedoli, qui en était membre et souhaitait que j’y sois initié. 

     La future élection de Montini, le changement d’orientation de l’Église, l’ouverture au monde, la démocratisation et la soviétisation des structures, l’oecuménisme, tout cela m’a été dit, d’une voix un peu altérée, mais sans trop de détours, tandis que nous nous rendions à pied chez le Prince de Naples, dignitaire d’autre part de l’Ordre de Malte où les f :. m se sont infiltrés nombreux dès le XVIIIe s. 

C’est au cours du Concile Vatican II que la plupart des cardinaux ont été achetés avec les dollars de la juiverie américaine confiés à Mgr Béa (d’une famille de rabbins) et ceux du KGB soviétique confiés à Mgr Osterreicher (autre marrane). Il y aurait encore beaucoup à dire sur Montini, mais l’essentiel est là. Ce nouvel « Anaclet II » (PIETRO PIERLEONI, anti-pape sous le nom d’ANACLET II de 1130 à 1138. D’ascendance juive, il fut élu par une faction de cardinaux romains soutenus par les juifs de Rome) n’ayant pas eu de St Bernard pour le dénoncer, ni de Chrétienté pour le combattre, a pu appliquer impunément (ici bas) le plan de l’Antéchrist. 

Je vous certifie ce témoignage au pied du tabernacle (la chapelle est au dessus de mon bureau) pour l’honneur de la Vérité ; et je vous prie de croire, cher Monsieur, à mon meilleur dévouement. 

Marc WINCKLER 

P.S. N’ayant pas donné suite aux propositions de Montini et de Pignedoli, Montini chargea Maritain, alors ambassadeur auprès du St Siège (grâce au misérable G. Bidault) d’intervenir auprès de mon général (Le Coulteux de Caumont) pour me renvoyer en France. Là j’ai pu me livrer à une recherche généalogique qui m’a conduit jusqu’au XVe siècle et je puis vous assurer que je n’ai pas trouvé un seul juif. 



24 décembre 1945 

Pie XII , allocution aux cardinaux

« Un libéralisme suranné voulut créer l'unité sans l'Église et contre l'Église au moyen de la culture laïque et d'un humanisme sécularisé. Çà et là, comme un fruit de son action dissolvante, en même temps que comme son ennemi, lui succéda le totalitarisme. En somme, quel fut, après un peu plus d'un siècle, le résultat de tous ces efforts exercés sans et souvent même contre l'Église ? La tombe de la saine liberté humaine ; les organisations forcées ; un monde qui, pour les brutalités et la barbarie, pour les destructions et les ruines, mais surtout pour la désunion funeste et pour le manque de sécurité, n'avait pas connu son pareil. » 


1946 

Publication de Surnaturel par de Lubac, ponte du modernisme renaissant. Il considère la nature comme autosuffisante et fait de la grâce surnaturelle un dû à l'homme ; il démolit par là les notions de péché, de Révélation, de Rédemption, et de la mission de l'Eglise. 

Au moins dès cinq décennies plus trad, combien d'évêques croiront encore au surnaturel (témoignage direct dans une revue diocésaine des années 1990 où l'évêque du lieu se moque de la distinction nature/surnature, pourtant à la base de toute la théologie...) ? Et encore en 2026 ?...



"Nous voici enfin arrivés à la religion cosmique, proposée aux générations présente et à venir, et qui séduit tant la théologie nouvelle qu'on la voit employer parfois les mêmes termes pour exprimer une solidarité christique, diffuse, infuse dans la masse "des humanités voyageuses" vers le point Oméga du P. Teilhard de Chardin ! 

Alors à quoi bon "l'orthodoxie romaine", ou plutôt pourquoi ne pas concevoir le catholicisme comme une partie intégrante et intégrée de ce cosmisme spirituel ? C'est ce qu'en 1946 prophétisait le F. Riandey, Grand Commandeur du Suprême Conseil de France : "Le monde futur créera du neuf après avoir assimilé le christianisme et d'autres formes actuelles de spiritualité et donnera peut-être naissance, par analogie avec le phénomène physique de collectivisation totale, à une sorte de panthéisme dans le quel se trouveront fondues, amalgamées toutes les pensées actuelles, redynamisées toutes ensemble vers des objectifs encore inconcevables". (Le Temple, Septembre Octobre). 

Et c'est encore le Martinisme : "Il va falloir créer une religion nouvelle, une nouvelle morale, une nouvelle société. Nous aurons tout lieu de croire que l'intégration jouera un rôle important dans ce monde de demain, et qu'elle sera la clef de voûte de la conscience planétaire, comme le séparatisme fut celle du régime égocentrique dont nous nous dépouillons". (L'Initiation, Novembre-Décembre 1964) 

Tout ce texte est à retenir. Le langage martiniste entend ici par INTÉGRATION celle des consciences individuelles dans la religion universelle à laquelle on prétend amener l'Eglise romaine elle-même par l'abandon de ses dogmes et de sa tradition, par l'accep tation d'un pan-christisme identifiant le Christ au Cosmos. Le Christ est le Fils unique de Dieu, l'essence même de l'Univers tout entier visible et invisible (Roca). Manifesté dans l'Humanité, identique à elle, il n'est plus qu'une Révélation évolutive de l'Homme archétype. L'humanisme païen est un autre dogme de la religion nouvelle." 

Pierre Virion, Mystère d'iniquité, ch. X 



20 avril 1946 

Pie XII

« L'objet contre lequel l'adversaire dirige aujourd'hui son assaut, qu'il soit ouvert ou subtil, n'est plus, comme d'ordinaire dans le passé, tel ou tel point particulier de doctrine ou de discipline, mais bien l'ensemble de la foi et de la morale chrétienne jusqu'à leurs conséquences finales. En d’autres termes, c’est un assaut total ; d'un oui complet ou d'un non complet. Dans cet état de choses, le vrai catholique doit rester d’autant plus ferme et ferme sur le terrain de sa foi et la démontrer par des faits. Dans le feu de la lutte, un christianisme purement extérieur et purement formel fond comme la cire au soleil. » 



"En 1947, "La Franc-Maçonnerie et l'Eglise Catholique" paraissait en deux volumes aux éditions du Monde Nouveau. Le premier : "Motifs de condamnation" et le second : "Perspectives de pacification" amplifiaient la matière de son article à la Revue de Paris en 1938. Si le Père termine son premier livre en donnant rai son à Léon XIII, on peut se demander, surtout à propos du second, quelle connaissance réelle il pouvait bien avoir d'une institution ba sée sur des symboles et surtout des secrets successifs et d'un grade à l'autre qui font de ses plus hautes instances de véritables supé rieurs inconnus. Le Père étaye son argumentation sur des documents, des correspondances qu'on a bien voulu lui communiquer sans tenir compte des desseins cachés aux Frères eux-mêmes et que, d'ordinaire, des faits ou des découvertes souvent très postérieurs dénoncent par la suite. Le Père Berteloot et ses imitateurs catholiques avec lui se sont montrés par là inconscients disciples des "Frères", tel Dumesnil de Gramont, qui proclament la main sur le cœur la parfaite correction de leurs documents officiels vis-à-vis de l'Eglise, alors que la seule lecture des comptes-rendus de Convents révèle une suite ininterrompue d'attaques contre elle. " 

Pierre Virion, Mystère d'iniquité; ch. VIII 



17 septembre 1946 

Le pape Pie XII dans un discours aux Jésuites les met en garde contre une "nouvelle théologie, toujours en chemin vers la vérité sans jamais l'atteindre, et recommande aux dominicains de ne pas s'écarter de la doctrine de Saint Thomas d'Aquin (cf canon 1366 §2).

     A la suite du Souverain Pontife, le père dominicain Réginald Garrigou-Lagrange, dans La nouvelle théologie, où va-t-elle ? (cf Le sel de la terre n°98), alertait sur le retour du modernisme, contre lequel Pie XII mettra en garde dans son encyclique Humani generis. 


1947 

Encyclique Mediator Dei sur la liturgie 


8-14 décembre 1947 

Apparitions de la Très Sainte Vierge Marie à l'Ile Bouchard.

Source : https://crc-resurrection.org/toute-notre-doctrine/contre-reforme-catholique/apparitions-mariales/les-apparitions-de-lile-bouchard.html 

     Novembre 1947. La révolution gronde en France. Le pays est au bord de l’abîme : faillite économique due à une gestion calamiteuse de l’après-guerre, impuissance des pouvoirs publics, grèves à caractère insurrectionnel dans un climat international de guerre froide, tout est prêt pour le Grand Soir que les communistes attendent en France depuis 1944. 

     Les apparitions de l’Île-Bouchard, dont l’Église a permis le culte public et les pèlerinages, s’inscrivent dans la suite merveilleuse des interventions divines sur la France, honorée des titres de “ Fille aînée de l’Église ”, de “ Nation prédestinée ” et de “ tribu de Juda de la Nouvelle Alliance ”. 

« Le lundi 8 décembre 1947, j’allai faire une prière à l’église Saint-Gilles en me rendant à l’école à 1 h avec Jeanne, ma sœur, et Nicole, ma cousine», raconte Jacqueline Aubry, douze ans. Jeanne, sa sœur, a sept ans et demi, Nicole dix ans. Les sœurs de l’école leur ont recommandé de prier ce jour-là spécialement pour la France. « On prit de l’eau bénite dans le bénitier, on fit le signe de la Croix et la génuflexion, puis on alla à gauche par la nef. En passant devant la statue de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus on s’arrêta devant elle et, debout, on récita un “ Je vous salue Marie ”. »Pieuse coutume instituée par le curé de L’Île-Bouchard, l’abbé Ségelle, dévot et apôtre de la petite Thérèse. N’était-elle pas, depuis le 3 mai 1944, patronne secondaire de la France avec sainte Jeanne d’Arc ? Précisément, l’histoire locale raconte que Jeanne d’Arc fit halte à L’Île-Bouchard, avant d’arriver à Chinon, le 6 mars 1429. Elle franchit le portail nord de l’église Saint-Gilles, et pria devant le maître-autel. C’est ainsi que les deux “ saintes de la Patrie ” introduisirent les petites filles auprès de leur Reine.

« Puis, on s’avança jusqu’au fond, devant l’autel de la Sainte Vierge. On s’agenouilla à droite, sur les premiers prie-Dieu et on récita une dizaine de chapelet. Alors je vis tout à coup à ma gauche, entre le vitrail et l’autel, une grande lumière, vive mais non éblouissante, au milieu de laquelle apparut une belle Dame, se tenant dans une grotte et ayant à sa droite un ange. Sous ses pieds, on lisait l’invocation : “ Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. ” Je poussai du coude Nicole qui était tournée d’un autre côté et je lui dis :– Regarde donc !« Nicole regarde ainsi que Jeanne. Elles firent :“ Oh ! ” en mettant leur main droite à leur bouche, puis Nicole s’écria : “ Oh ! la belle Dame ! ”« Quant à Jeannette, elle fut sidérée par l’Ange :– Oh ! le beau Ange ! Oh ! le beau Ange ! fit-elle les mains jointes en se relevant. » « On s’arrêta de prier puis, plutôt effrayées, on sortit de l’église. On aperçut dans la rue Sergine Croizon [treize ans] et sa petite sœur Laura [huit ans et demi] qui allaient à l’école. On leur raconta ce qu’on avait vu et elles rentrèrent avec nous dans l’église pour voir la Dame. »

Les cinq fillettes s’engagent ensemble dans la nef de la Sainte Vierge. Lorsqu’elles sont à la hauteur de la statue de sainte Thérèse, Laura s’écrie : « Je vois une belle Dame et un Ange ! » Mais Sergine, elle, ne voit rien. Arrivées devant l’autel, elles s’agenouillent devant la belle Dame qui les a attendues. Elles récitent un Notre Père, une dizaine de chapelet et trois fois l’invocation Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. Cette prière terminée, la Dame disparaît, après leur avoir souri à toutes, spécialement à Jeanne Aubry, la plus petite. Alors les enfants se lèvent et vont à l’école. À peine les enfants sont-elles à genoux devant l’autel de la Sainte Vierge, que la belle Dame, accompagnée de l’Ange, se montre de nouveau à elles. Prenant la parole pour la première fois, avec une expression d’indicible tristesse, elle leur dit : « Dites aux petits enfants de prier pour la France, car elle en a grand besoin. » 

La Dame a insisté sur le mot “ France ”. Poussées par Jacqueline, les deux plus petites demandent : « Madame, êtes-vous notre Maman du Ciel ? » Le visage de la Dame s’éclaire d’un sourire, et elle répond d’une voix douce et lente : – Oui, je suis votre Maman du Ciel. »En prononçant le mot “ Ciel ”, la Sainte Vierge a tourné ses yeux bleus très purs vers le Ciel. Jacqueline s’enhardit et demande elle-même à la Dame :« Quel est l’Ange qui vous accompagne ?L’Ange se détourne et répond en souriant :– Je suis l’ange Gabriel. »Ce furent les seules paroles prononcées par l’Ange à l’adresse des enfants, pendant toutes les apparitions. Puis la Dame tend la main droite et dit : 

« Donnez-moi votre main à embrasser, chacune à votre tour.» 

Elles approchent sans crainte et la Dame, se penchant, prend lentement leur main droite, l’embrasse sur sa face dorsale, à l’extrémité de l’index, du médius et de l’annulaire et leur dit en les congédiant : 

« Revenez ce soir à 5 heures et demain à 1 heure. » 

Alors la vision disparaît et les enfants retournent à l’école. Elles remarquent que la trace du baiser de la Dame est restée sur leurs mains et se signale par un ovale blanc. « Dépêchons-nous, dit Jacqueline, la chère sœur sera bien obligée de nous croire, cette fois-ci. » Malheureusement, la trace disparaît à la sortie de l’église pour l’une, à la porte de l’école pour les autres. Nous étions en 1947. Le pape Pie XII se préparait à définir solennellement le dogme de l’Assomption de la Très Sainte Vierge, montée au Ciel avec son corps. Comme c’était un sujet d’ardentes controverses dans l’Église, le Pape allait devoir faire appel à son magistère solennel et infaillible. Eh bien ! à L’Île-Bouchard, la Reine du Ciel a voulu manifester d’avance la vérité du dogme, qui sera défini le 1er novembre 1950. En embrassant la main des enfants, et en y laissant une trace sensible de son baiser, la Sainte Vierge a voulu faire comme Jésus, son Fils, avec Thomas l’incrédule : Donne ta main et mets-la dans mon côté... (…) 


Mardi 9 décembre 1947 

À 1 heure de l’après-midi, les voyantes se placent, comme la veille, devant l’autel de la Sainte Vierge, et commencent le chapelet. Bientôt la lumière apparaît, « un globe de lumière » s’ouvre et un rideau argenté se déploie, couvrant la moitié du vitrail de gauche et la moitié de l’autel de Notre-Dame des Victoires. Sur ce fond de rideau se détache une grotte et, dans cette grotte, la Dame. À quelque distance, sous une voûte de rocher, l’Ange, à gauche de la Dame, cette fois.Sous les pieds de la Dame, l’invocation de la veille : “ Ô Marie conçue sans péché... ” a été remplacée par ces mots : “ Je suis l’Immaculée Conception ”. Des lettres brillantes, en partie cachées par les mains de la Dame, apparaissent sur sa poitrine : MA ... CAT. Les voyantes sont seules dans l’église. Trois amies les attendent dehors. Jacqueline a promis de demander à la Dame si elles pouvaient entrer. Elle le fait. « Oui, répond la Dame, mais elles ne me verront pas. » Jacqueline s’empresse d’aller le dire à ses amies. Une femme du village, madame Trinson, survenue sur les entrefaites, se joint aux enfants et pénètre avec elles dans l’église.

Dès le retour de Jacqueline, la Dame levant sa main droite à la hauteur de sa joue, fait signe de l’index d’approcher. Quand les quatre fillettes sont près d’elle, elle les invite à s’approcher d’elle : « Embrassez la croix de mon chapelet.» Jacqueline et Nicole, en se haussant sur la pointe des pieds, parviennent à atteindre le crucifix que la Dame tient dans sa main, mais Laura et Jeannette, trop petites, doivent être soulevées à bout de bras par Jacqueline. Ce que celle-ci fait sans aucun effort. Lorsqu’elles ont, toutes les quatre, baisé le crucifix d’or, elles font très, très lentement, le signe de Croix, à l’imitation de Celle qui vient de les unir d’une manière si simple mais très intime à sa compassion. « Qu’il est impressionnant ce signe de la croix ! » diront-elles. Jacqueline et Nicole (au second plan), Jeannette et Laura (au premier plan) avec le chanoine Ségelle, dans la cour du presbytère. Puis la Dame, devenue subitement toute triste, dit :

« Je vais vous dire un secret que vous pourrez redire dans trois jours : Priez pour la France qui, ces jours-ci, est en grand danger. » (…)

Puis la Dame continue :

« Allez dire à monsieur le Curé de venir à 2 heures, d’amener les enfants et la foule pour prier. » Ce même 9 décembre, à la stupéfaction générale, le Comité national de grève de Paris donnait l’ordre de reprendre le travail. Le revirement fut aussi brusque qu’imprévu. La veille encore, on exhortait les grévistes à « tenir et vaincre », puis brusquement, sans les consulter, l’ordre était donné de cesser la grève. Jeudi 11 décembre « D’où nous vient cet honneur que vous veniez dans l’église Saint-Gilles ? – C’est parce qu’il y a ici des personnes pieuses et que Jeanne Delanoue y est passée.» Sainte Jeanne Delanoue, fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne de la Providence (1666-1736), appelée “ la Mère des pauvres ”, venait d’être reconnue bienheureuse un mois auparavant (le 9 novembre 1947). 


Vendredi 12 décembre 

« Priez-vous pour les pécheurs ? demande la voix. – Oui, Madame, nous prions. – Bien. Surtout, priez beaucoup pour les pécheurs. » (...) – Je ne suis pas venue, dit enfin la Dame redevenue toute triste, pour faire des miracles mais pour que vous priiez pour la France qui est en grand danger, ces jours-ci. » 


Samedi 13 décembre 

Est-ce que vous me construirez une grotte ? – Oui, Madame, nous vous la construirons. 


Dimanche 14 décembre 

La foule grossit de plus en plus. Bientôt il n’y a plus une place à prendre, bien qu’on ait enlevé une partie des chaises. La chaire, la tribune, sont pleines. Des grappes humaines s’attachent, s’accrochent aux piliers de l’église. Des échafaudages les plus hétéroclites s’élèvent, des gens apportent des échelles doubles qui sont aussitôt garnies jusqu’au faîte. Il y a là plus de deux mille personnes, sans compter celles qui n’ont pu entrer. Toute cette foule est néanmoins disciplinée et récite, sans interruption, quatre chapelets. « Madame, que faut-il faire pour consoler Notre-Seigneur de la peine que lui causent les pécheurs ? – Il faut prier et faire des sacrifices. » – Avant de partir, j’enverrai un vif rayon de soleil, répond la Dame, qui ajoute : Dites à la foule qu’elle chante le Magnificat. » la menace d’une guerre civile suscitée par les “ erreurs de la Russie ” fut, durant cette semaine du 8 au 14 décembre 1947, définitivement écartée. 

     Les historiens datent de cette fin d’année 1947 le commencement du déclin du parti communiste français, et parlent des mois qui suivirent comme d’un « moment de grâce et de détente, dans le destin tourmenté du régime ». Peut-être aussi comme un avant-goût du « certain temps de paix » promis à Fatima. 



Mars 1948

Pie XII réunit une commission pour étudier la reprise d'un concile en particulier afin de réagir contre la diffusion du poison marxiste dans l'Eglise. Cette commission souligne que "le bourbier d'erreurs dangereuses, ainsi que les graves périls dont se trouve menacée l'Eglise et la société, loin de s'éloigner et de diminuer, semblent au contraire s'aggraver." Mais devant les divergences et les oppositions, le pape ajourne ce projet. 


1949 

« En 1949, le pape Pie XII évoquait avec tristesse l’existence des ‘quelque 2000 faux prêtres infiltrés dans l’Église’»  Danièle et Pierre DE VILLEMAREST, Le KGB au coeur du Vatican, op. cit., pp. 258-259, voir aussi le bulletin Introïbo n° 4, 1974, p.7, cité par le Bulletin St Jean Eudes, prieuré de Gravrus, Calvados n° 56, de juin juillet 2000 



Le Saint Office condamne Karl Rahner. 


30 juin 1949  

Décret du Saint Office interdisant aux catholiques d’adhérer à un parti communiste et excommuniant ceux qui propagent cette erreur perverse.  


20 décembre 1949

Instruction du Saint Office au évêques sur l'œcuménisme : "Ils veilleront de même à ce que, sous le faux prétexte qu'il faut beaucoup plus considérer ce qui nous unit que ce qui nous sépare, on ne nourrisse pas un dangereux indifférentisme (...). La doctrine catholique doit par conséquent être proposée et exposée totalement et intégralement, il ne faut point passer sous silence ou voiler par des termes ambigus ce que la vérité catholique enseigne sur la vraie nature des étapes de la justification (...), sur la seule véritable union par le retour des chrétiens séparés à l'unique véritable Eglise du Christ." 


1950

"Ces trois grandes vertus théologales [foi, espérance et charité] sont parfois complètement défigurées aujourd'hui. La foi en Dieu, l'espérance en Dieu, l'amour de Dieu et des âmes en lui ont été remplacées en bien des milieux chrétiens par la foi l'espérance en l'humanité, par l'amour théorique de l'humanité. La phraséologie a pris en ces milieux la place de la doctrine sacrée. L'art de faire des phrases a remplacé la doctrine révélée sur Dieu et sur l'âme. Tout est ainsi irrémédiablement faussé." 

Père Garrigou-Lagrange, L'éternelle vie et la profondeur de l'âme, p.361 


28 février 1950

Lettre du Mgr Lusseau au Père Mura

« Voici les principaux points de doctrine que [le Père Le Floch] considérait comme particulièrement atteints : 
      • La doctrine catholique du péché originel, que la thèse trop souvent prônée du polygénisme dénature,
      • La doctrine du surnaturel qui perd ses caractéristiques essentielles, du fait que des thèses renouvelant le nominalisme du XIVe siècle, en viennent à refuser toute fixité objective à la nature humaine, et ne semblent l’ouvrir qu’à des perfectionnements complémentaires dans son ordre,
      • La présence réelle eucharistique qui ne serait plus, selon certaines feuilles du P. de Montcheuil (décédé), qu’un symbolisme efficace de l’activité du Christ dans le monde,
      • La valeur des preuves traditionnelles de l’existence de Dieu, qui ne reposeraient que sur une philosophie « dépassée et périmée », impuissante à convaincre l’intelligence moderne. (…)
      • La stabilité du dogme, dont les formules sont relatives aux temps et aux lieux, la foi n’étant qu’un accident dans l’évolution des religions. »
 

6 juin 1950 

Lettre de Mgr Roncalli futur Jean XXIII à la veuve de Marc Sangnier peu après le décès de ce dernier enterré le 28 mai lors d'obsèques solennelles à Notre-Dame de Paris.

Il lui avoue combien son mari l'a séduit par la puissance de sa parole et de son action : un éloge sans mesures aux doctrines du fondateur du Sillon y est dressé, en contradiction complète avec saint Pie X rappelant la saine doctrine dans la Lettre aux évêques français sur le Sillon Notre charge apostolique. 

Ce saint pape y dénonçait les graves erreurs de ce mouvement "qui ne forme dorénavant qu'un misérable affluent du grand mouvement d'apostasie organisé, dans tous les pays, pour l'établissement d'une Eglise universelle qui n'aura ni dogmes, ni hiérarchie, ni règle pour l'esprit, ni frein pour les passions, et qui, sous prétexte de liberté et de dignité humaine, ramènerait dans le monde, si elle pouvait triompher, le règne légal de la ruse et de la force, et l'oppression des faibles, de ceux qui souffrent et qui travaillent". 


12 août 1950

 Encyclique Humani generis pour rappeler l’importance de saint Thomas d’Aquin et condamner le relent du modernisme. 

Pie XII vise, sans les nommer hélas par un décret attenant, les chefs de file du modernisme : Teilhard de Chardin, de Lubac, Daniélou, von Balthasar, Karl Rahner, Chenu et Congar. Il dénonce le venin répandu par les théologiens et philosophes modernistes contaminés par l'esprit des "lumières" insensées du XVIIIe siècle, par le nominalisme de Kant et de ses disciples. N'étant pas nommés, les artisans d'erreurs visés par le pape auront beau jeu de soutenir qu'ils n'ont pas été condamnés. 

⚜ Il défend la valeur de la philosophie scolastique, vrai patrimoine transmis par les siècles du passé chrétien et qui jouit encore aujourd'hui d'une autorité d'un ordre supérieur (...) {car elle} défend, seule, l'authentique et juste valeur de la connaissance humaine, la philosophie inébranlable de la métaphysique, à savoir de raison suffisante, de causalité et de finalité, la poursuite effective, enfin, de toute vérité certaine et immuable." 

⚜ Le pape s'oppose au relativisme dogmatique. 

⚜ Il s'élève contre les erreurs de de Lubac : "D'autres corrompent la véritable gratuité de l'ordre surnaturel". 

⚜ Il tonne contre le faux oecuménisme, celui qui va triompher à l'occasion du Vatican II :"Quelques uns réduisent à une formule vaine la nécessité d'appartenir à la véritable Eglise pour obtenir le salut éternel". 


     «Je me souviens, racontait bien des années plus tard le père Spiazzi O.P., professeur à l'Angelicum de Rome, que quelques mois après Humani Generis, lorsque j’en parlai en au­dience avec Pie XII, je l’entendis dire : Si nous n’étions pas inter­venus à temps, nous aurions pu en arriver au point où presque rien ne serait resté debout. » La publication de l’encyclique, bien qu’elle ait eu une certaine résonance, n’a pas réussi à arrêter l’avancée des nou­veaux théologiens. Sa valeur fondamentale, cependant, a consisté, et consiste encore, à être le document officiel de la condam­nation définitive, de la part du Magistère de l’Église, de la nou­velle théologie et de ses disciples, et donc aussi la condamnation anticipée, et tout aussi définitive, du nouveau cours ecclésial actuel. Cependant, des mesures furent prises et des purges fu­rent effectuées, ce que, plus tard, Balthasar remémorera ainsi : "Des soupçons avaient été nourris à son sujet [Lubac] avant même le Surnaturel (1946). 

Le père Garrigou-Lagrange lança le mot d’ordre de Nouvelle théologie contre Lubac et ses amis, le Pape attaqua avec colère, VOsservatore Romano rapporta le dis­ cours ; le père Général Janssens se comporta d’abord loyale­ment envers Lubac, mais plus les attaques de tous les pays augmentaient, plus son comportement devenait diplomatique. En attendant, l’on va déterrer ce qui peut sembler suspect dans d’autres ouvrages (De la connaissance de Dieu, Corpus Mysticum, ainsi que le livre sur Origène). Avec Humani Generis, la foudre s’abat sur le scolasticat de Lyon et Lubac est désigné comme le principal bouc émissaire. 

Les dix années qui suivi­rent furent un calvaire pour (de) Lubac, qui fut [interdit] d’enseigner, expulsé de Lyon et chassé d’un endroit à l’autre. Ses livres furent retirés des bibliothèques de la Com­pagnie de Jésus et retirés du commerce. Le changement se fit très lentement . De l’archevêque Montini vinrent des pa­roles de soutien et d’encouragement (plus tard, ce fut lui qui, après être devenu le Pape Paul VI, insista pour que Lubac, à la fin du congrès thomiste, dans la grande salle de la chancelle­rie, parle de Teilhard de Chardin)." 


1er novembre 1950 

Pie XII définit le dogme de l’Assomption de Notre Dame. 


17 avril 1951 

Lettre de Mgr Lusseau au Père Mura 

« L’enseignement affecte de plus en plus (…) une forme adoctrinale dont la grisaille empêche les élèves de discerner nettement les vérités révélées » Mgr Lusseau note que certains professeurs d’instituts catholiques ne croient pas aux miracles de l’Ancien Testament. 



     De Léon XIII à Paul VI, Il est évident qu’il a existé, une impressionnante continuité de parrainages – voire de politique, à quelques différences significatives près, dues pour l’essentiel aux circonstances – entre les Secrétaires d’État, qui se sont succédés : les cardinaux Rampolla, Gasparri, ces deux derniers franc-maçons, Pacelli et Montini, ainsi qu’avec les cardinaux Della Chiesa et Roncalli, qui leur étaient très liés. Ces quatre derniers deviendront papes. 

Le jeune Pacelli avait appris le métier au sein de l’équipe Rampolla, avec Della Chiesa, Gasparri, Radini-Tedeschi et son protégé Roncalli. L’abbé Montini, autre protégé du cardinal Gasparri, devait rester pendant 23 ans le très proche collaborateur de Pie XII, avant comme après son accession au trône pontifical. 



     En quoi le pontificat de Pie XII prépara t-il la révolution conciliaire ? 

     Pie XII était très philosémite (Mary BALL-MARTINEZ, La sape de l’Église catholique, p. 41-42. « En 1937, à l’arrivée dans le port de New-York du paquebot Conte di Savoia sur lequel il se trouvait, le cardinal Pacelli demanda au commandant d’arborer un drapeau improvisé portant l’étoile à six branches du futur État d’Israël. En l’honneur, dit-il, des six cents juifs allemands qui étaient à bord. »), il a promu à de très hauts postes les traîtres comme Béa et laissé s’étendre dans l’Église le cancer de l’anarchie dogmatique et liturgique. 

Le haut clergé d’après-guerre, nommé par Pie XII conseillé par le père Bea et les nonces comme Roncalli, était formé de prélats sillonnistes dont la nomination en remplacement des prélats catholiques avait été exigée par les puissances victorieuses en 1945. 

Le père Bea, provincial des jésuites, avait obtenu de Pie XI qu’il soit nommé à la tête de l’Institut Biblique Pontifical (le Biblicum). Allemand, rempli d’ardeur pro-juive, le cardinal Bea devait jouer un rôle important dans le travestissement des relations de l’Église avec les juifs lors du concile. Il sera alors soutenu et financé par la franc-maçonnerie juive des Bénai Bérith comme le prouve l’article de Look du 25 janvier 1966. Il devint le confesseur de Pie XII. Un des collaborateurs les plus proches de Pie XII était l’abbé Montini, futur Paul VI et démolisseur de l'Eglise, et il le resta 23 ans, avant d’être nommé archevêque de Milan pour être écarté sans être nommé cardinal, à la suite de l’affaire du Russicum où sa trahison apparut, envers les missionnaires envoyés derrière le rideau de fer.


      La Compagnie de Jésus ayant interdit le père Teilhard de Chardin de publication dans le domaine religieux, c’est Pie XII qui intervint pour obtenir la levée de cette sanction, permettant à celui-ci de donner une série de conférences dans le Paris occupé des années de guerre. 

     C’est Pie XII, qui, par le statut d’Institut séculier qu’il créait pour lui en 1947, permit à l’Opus Dei, de se développer internationalement, alors qu’il diffusait depuis sa fondation en 1928 les idées qui devaient triompher à Vatican II, telles que l’Œcuménisme libéral, la fausse liberté religieuse et même un rôle du laïcat volontairement mis sur pied d’égalité avec le sacerdoce. 

     C’est également Pie XII, qui en cette même année nomma l’abbé Annibale Bugnini à la tête de la Commission liturgique qu’il créait. Mgr Bugnini devait être initié à la franc-maçonnerie le 23 avril 1963, d’après la liste de l’Osservatore politico. Pour faire passer la réforme liturgique, Mgr Bugnini mettra sur pied des congrès liturgiques internationaux notamment à Maria Laach en Allemagne, à Lugano en Suisse, à Louvain en Belgique et enfin à Assise. Pie XII adressa un message de félicitations à l’issue de ce dernier congrès : « Le mouvement liturgique est apparu comme le signe d’un don providentiel de Dieu pour notre temps, comme le passage du Saint-Esprit sur l’Église, afin de montrer aux fidèles le mystère de la foi et les richesses de la grâce qui dérivent d’une active participation à la liturgie ». Cette participation active si dévoyée par les modernistes. 

     C’est enfin Pie XII qui enverra Mgr Roncalli comme nonce à Paris. Il le fera même cardinal. En 1946, ce dernier fera nommer le baron Yves Marsaudon, franc-maçon « 33e degré » bien connu – il en était parfaitement conscient– comme ministre plénipotentiaire de l’Ordre de Malte à Paris. 

     Pendant la guerre, Assise, la cité de saint François, devint le centre principal de l’impression des faux certificats de baptême pour les juifs, Pie XII y installant le complexe connu sous le nom de ‘La Citadelle’, sorte de ‘réservoir à idées’ pour de nouveaux projets d’Église : ce même centre qui, plus tard organisera la scandaleuse Journée de la Paix du pape Jean-Paul II. Pendant toute la durée de la deuxième guerre mondiale, par permission papale, des services religieux de la Synagogue purent avoir lieu dans la crypte de la basilique de saint François. Ce fut là que pour l’essentiel sera conçue la ‘Nouvelle Messe’ par Mgr Bugnini.

 Il cesse de condamner le communisme ouvertement après l’alliance des Etats-Unis avec l’URSS. Pourtant, plus tard, dans une lettre poignante adressée à son vieil ami et hôte à New-York, Myron C. Taylor (Myron C. Taylor (1874-1959) était « un milliardaire épiscopalien et franc-maçon actif », membre de la loge L’Humanité n° 406, Lyons, New York, depuis octobre 1897. Il fut le premier ambassadeur personnel des États-Unis au Vatican. Mary BALL-MARTINEZ, op. cit., p. 34, précise que Myron C. TAYLOR était 33e degré dans la Franc-Maçonnerie.) – l’envoyé de Roosevelt, puis de Truman, auprès du Saint-Siège – Pie XII écrit : « A la requête du président Roosevelt, le Vatican a cessé toute mention du régime communiste. Mais ce silence, qui pèse lourdement sur notre conscience, est mal compris par les responsables soviétiques, qui continuent leurs persécutions contre les Églises et les fidèles. Puisse Dieu permettre que le monde libre ne regrette pas un jour mon silence. » Déjà lorsqu’il était cardinal, Pacelli accepta, à la demande de Roosevelt, de réduire au silence le Père Charles Coughlin, célèbre prédicateur à la radio américaine, grand ennemi des banquiers internationaux, qui recommandait la paix avec l’Allemagne, dévoilait les intentions guerrières de Roosevelt non moins que les intentions mauvaises de la judéo-maçonnerie sur le gouvernement des Etats-Unis, l’économie et les spectacles. Ce prêtre était ami avec le Père Denis Fahey, l’apôtre irlandais de la Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ. 

     Enfin, un grand absent de la prédication de Pie XII fut la Lettre sur le Sillon Notre charge apostolique du saint pape Pie X du 25 août 1910, qui rappelait les vérités politiques et sociales face à l'hydre démocratique libérale et à la fausse conciliation des libéraux déguisés dans le Sillon de Sangnier. 


     Terminons cependant en affirmant que Pie XII avait un tel souci de maintenir l’intégrité de la foi qu’il passait chaque jour des heures et des heures derrière sa machine à écrire (il ne se couchait pas avant une heure du matin) pour exposer la saine doctrine et réfuter les erreurs. Pour se docu­menter, Pie XII « disposait d’une énorme bibliothèque de manuels spécialisés, d’encyclopédies et d’abrégés des sciences, en tout plus de cinquante mille volumes. Il était assisté dans ses recherches par le Père Hentrich et le toujours fidèle Père Robert Leiber, ainsi que par une troupe improvisée de jésuites de bonne volonté. Intransigeant sur l’exactitude, il n’hésitait pas à malmener ses auxiliaires, véri­fiant et revérifiant chaque référence et chaque citation. Il dit un jour à un monsignor: «Le pape a le devoir de faire toute chose mieux dans tous les domaines; à d’autres, il est possible de par­donner leurs imperfections, au pape, jamais. Non!» » John Cornwell, Le pape et Hitler. L‘histoire secrète de Pie XII, Paris 1999, p. 437 Il enrichit le missel, en créant un office qui n’existait pas avant lui: le « commun des papes ». 

Bien entendu, l'église conciliaire se hâta de supprimer cet office. Pourquoi? Parce que cet office contient deux prières extraordinaires, qui constituent un rempart puissant pour les catholiques désireux de rester intégra­lement catholiques. 

Voici le texte de la secrète: « Munera quae tibi, Domine, laetantes offerimus, suscipe benignus, et praesta ut, intercedente beato N, Ecclesia tua et fidei integritate laetetur, et temporum tran­quillitate semper exsultet » (« Accueillez avec bonté, Seigneur, les présents qu’avec joie nous vous offrons, afin que par l’intercession du bienheureux N., votre Église connaisse le bonheur d’une FOI INTÉGRALE et des temps à jamais paisibles »). 

Voici le texte de la postcommunion: « Refectione sancta ellutritam gubema, quaesumus, Domine, tuam placatus Ecclesiam: ut potenti moderatione directa, et incrementa libertatis accipiat et in religionis integritate persistat » (« Cette Église dont vous avez refait les forces par ce repas sacré, guidez-là, Seigneur, avec bonté, en sorte que, sous votre impulsion souveraine, elle voie sa liberté croÎître sans cesse et qu’elle persévère dans L’INTÉGRITÉ DE LA RE­LIGION »). 



LETTRE DE MONSIEUR WINCKLER AU R.P. GUERARD DES LAURIERS 

     " Le lobby qui avait cru au début du siècle réussir son coup avec le Cardinal RAMPOLLA, c’est-à-dire hisser l’un des siens au sommet de l’Eglise pour la remodeler à sa propre image, ce groupe de pression n’avait pas désarmé. 

Et l’espoir de la victoire était d’autant plus vif, l’impatience d’autant plus grande, que les circonstances avaient joué en sa faveur depuis la mort de S.S. PIE X. La révolution avait assis sa puissance sur un système financier prodigieux, sur «la victoire des démocraties», sur un empire soviétique fortifié, sur de nouveaux moyens mondiaux de propagande et de pression, et sur le discrédit, en raison de l’effondrement hitlérien, de tout ce qui ressemblait à l’anticommunisme ; et dans l’Eglise, sur la peur, pour beaucoup d’évêques, de religieux et de séculiers, de passer pour des vaincus ou des attardés. Je me rappelle encore les distinctions établies par PIE XII dans son discours de Noël 1944 au sujet du mot «démocratie». 

Cela, comme on dit, ne passa pas la rampe. Et je me rappelle la confidence désolée du Cardinal SUHARD qui avait suivi le conseil du Nonce de se rallier au Gouvernement de Vichy, dont la «légitimité» n’était pas reconnue par celui de la France «Libre». Le bon Cardinal ne se remettait pas de la poignée de main manquée. 

Quant au Cardinal TISSERANT, il ruminait ce qui est devenu, lors du Concile, le point de départ du décret sur la liberté religieuse. Il était, quant à lui, le chef incontesté du «parti gaulliste en soutane », et il avait l’oeil - si l’on peut dire - sur tous les évêques de France. Qui me contredira si j’avance que RONCALLI et MONTINI lui doivent leur élection ? Mais qui, en revanche, a préparé de longue main la possibilité de ces élections dont l’une a rendu possible la suivante ? Il est facile de répondre, mais veuillez enregistrer qu’il est dangereux de s’aventurer sur ce terrain. Je comprends parfaitement l’attitude prudente de ceux qui préfèrent croire que c’est l’Esprit Saint qui a Lui-même manifesté Son choix. Peut-être l’avait-Il manifesté autrement, peut-être n’en a-t-on pas tenu compte, seul le Bon Dieu pourrait nous le dire puisque les Cardinaux, paraît-il, s’engagent au secret... Quoi qu’il en soit, depuis l’arrivée de Jacques MARITAIN comme ambassadeur auprès du Saint Siège, cadeau bête et méchant de Georges BIDAULT, j’avais cessé de servir la messe à Mgr MONTINI. Car en cette conjoncture, les membres de l’association ne se gênèrent plus pour affirmer leur progressisme

Mes amis, disons le mot, étaient franchement modernistes. MARITAIN avait envahi le groupe MONTINI, et il n’y enavait plus que pour l’humanisme intégral. J’avais fui. Mais puisque c’est un témoignage que vous me demandez, j’affirme qu’il y avait à Rome précisément ce que vous cherchez à savoir, et que vous me permettrez d’appeler le lobby montinien, ou le groupe Rampolla, et qu’un actif Monseigneur, ayant beaucoup d’entregent, que je rencontrais souvent et pour qui j’avais une sincère amitié, apprenant que j’avais été présenté à Mgr MONTINI, que je l’admirais et que j’avais l’air de le suivre, me crut sans doute assez mûr pour faire un pas décisif dans la voie de l’efficacité. Je me rappelle le ton mystérieux qu’il prit - Mgr PIGNEDOLI, c’est de lui qu’il s’agit - pour me parler de la grande revanche qu’on préparait. Il me fit le récit tout au long du veto de l’Autriche, dont le résultat, pour lui, fut de replonger l’Eglise pendant un demi-siècle dans l’obscurantisme et l’isolement du Moyen-Age ; il insista sur la nécessité d’une ouverture et d’une adaptation de l’Eglise ; enfin il me fit entrevoir une ère nouvelle, et pour très bientôt, et avec un succès certain, grâce à celui qui réussirait là ou le Cardinal RAMPOLLA eut le malheur d’échouer

     Je le regardai avec de grands yeux. Il crut que cela signifiait : «Mais qui est-ce ?» ; il répondit sans parabole : «Vous lui servez la Messe tous les jeudis». J’avoue que je devais avoir l’air bête ; et je l’étais, car j’étais à cent lieues de me douter de ce qu’on attendait de moi pour le succès de MONTINI, le nouveau désiré des collines temporelles et des nations(unies). Il fallut pourtant bien que je reprenne mes esprits. C’était sérieux. " 

Le 11 février 1977. WINCKLER. Cahiers de Cassiciacum n° 1, mai 1979, p.101-105 


1953 

"…Il nous faut des prêtres de bonne santé spirituelle qui n'oublient pas que les ennemis de I'Eglise sont toujours debout, même s'ils font momentanément silence, que la Franc-Maçonnerie travaille et se prépare à lancer contre l'Eglise de nouvelles et violentes offensives". 

Cardinal Feltin


1954

"Visite d'une délégation de jeunes soviétiques invités en France par 33 organisations de la Jeunesse Française, au nombre desquelles figuraient l'Action Catholique de la Jeunesse, les Guides de France, la J. O. C féminine, la J. A. C. , la J. A. C. féminine et d'autres ? Nous souviendrons nous de la propagande insensée qu'y fit la Vie Catholique Illustrée ? Remettons-nous en mémoire la longue suite d'articles procommunistes publiés par Témoignage Chrétien, ceux des Informations Catholiques Internationales, ceux de toute une presse dite catholique. Comprendra-t-on le sens de toutes les prédictions antérieures relatives au rôle du communisme dans les rangs catholiques et surtout parmi la Jeunesse quand L'AFFAIRE PAX vient non seulement les confirmer mais nous convaincre d'une façon très précise de la réalité d'une machination ourdie il y a déjà longtemps par la haute maçonnerie universelle ? Devant les résultats obtenus, jugeons de son efficacité. " Pierre Virion 


Juillet 1954 

"Renier les principes de la Révolution qui inspirent toute la société moderne, telle est, à l'heure actuelle, la première exigence de salut public". Verbe, organe de la Cité Catholique


6 avril 1958 

"C'est une lumière de Dieu allumée sur le monde que la vigilance attentive de l'Eglise sur les doctrines et son assiduité à répandre et à défendre la vérité, sa prudence sans hâte à l'égard des nouveautés et des révolutions, son impartialité dans les contestations entre classes et entre nations, son inflexibilité à défendre les droits de chacun, son intrépidité en face des ennemis de Dieu et de la société. Que chacun de vous se demande : qu'en serait-il à présent du monde si une telle lumière avait manqué ? Pourrait-il donc se vanter de cet ensemble de conquêtes matérielles et morales désignées sous le nom de civilisa tion ? Est-ce que subsisterait dans les consciences le sens si largement répandu de la justice, de la vraie liberté, de la responsabilité, qui anime la majorité des peuples et des gouvernements ?"

 Pie XII 


23 mai 1958  

« Les origines de cette apostasie théorique, autre que pratique, doivent être recherchées dans l’éloignement des courants de la pensée et des divers aspects de la culture par rapport aux vérités chrétiennes. La rupture de l’unité chrétienne en Europe [par le protestantisme], l’athéisme scientifique, le rationalisme, l’illuminisme, le laïcisme, le matérialisme dialectique, la franc-maçonnerie sont quelques-unes des causes de ce lent processus d’égarement intellectuel et moral, dont nous voyons aujourd’hui les conséquences ultimes. » 

Pie XII




 La fausse présence au monde des progressistes 

"Par conséquent si L'EGLISE DOIT ETRE PRÉSENTE AU MONDE, cette présence n'est pas une présence missionnaire apportant la Parole de Jésus-Christ, crucifié PAR le monde et ressuscité, mais une présence "collant" au monde, "à l'écoute du monde" christifié, di vinisé. Oh ! bien sûr, on ne nie pas, on n'infirme pas la possibilité de la première présence, missionnaire et magistrale ! Non, mais on n'en parle pas ! On n'en parle plus ! Elle est rangée au rayon des "insuffisances" ; elle n'est plus dans "le tourbillon du Christ qui emporte tout" disait Roca. En revanche, on ne parle que de l'autre parce qu'elle est présence au Christ-monde. C'est la "face" collante de la médaille, celle qu'on "colle" au portail de la Nouvelle Eglise, car "le mouvement du monde en son aspiration suprême" est "dans l'action salutaire de Jésus-Christ", pour employer les paroles parfaitement équivoques du Père Congar. 

Certes, nous ne voulons pas dire qu'il a adopté la christologie d'un Roca quoique ses paroles, d'ordinaire, cautionnent étrangement UNE PRÉSENCE DE L'EGLISE CONSÉCRA TRICE DE L'ŒUVRE TEMPORELLE DU MONDE. Il n'est pas le seul d'ailleurs. La tendance progressiste incline partout à mettre dans cette présence une ADHÉSION AU MOUVEMENT CULTUREL, POLITIQUE, ÉCONOMIQUE, SOCIAL DU MONDE, COMME UNE UNION FIDÈLE AU MOUVEMENT DE SON CHEF, LE CHRIST ÉVOLUANT DANS L'INTIME MÊME DE LA GLOBALITÉ DU MONDE, dans la masse humaine ainsi sacralisée. Rôle subordonné mais non plus Apostolique ! Rôle approbateur et non plus magistral ! UNE TELLE PRÉSENCE DE L'ÉGLISE AU MONDE RÉSUME TOUTE LA SUBVERSION ET SES PROLONGEMENTS, SES ANNEXES. ELLE EXPRIME EXACTEMENT LA DOCTRINE DES HAUTES SOCIÉTÉS SECRÈTES A SON POINT SEMI-ÉSOTÉRIQUE, entre leur ésotérisme pur et leur éxotérisme pu blicitaire. 

Dans la première partie de cette étude, nous avons cité (p. 7) des passages du chanoine Roca leur écho fidèle, où il montre que la masse impose elle-même à l'Eglise de la consacrer parce qu'elle est le "Christ-Esprit-public". La masse devient ainsi, rectrice de sa propre évolution religieuse que l'Autorité Pontificale aurait pour mission de couvrir de son infaillibilité. " Pierre Virion, Mystère d'iniquité, ch. X



« L’alliance de Jésus-Christ et de son Eglise est éternelle, il sera toujours avec elle comme Dieu de vérité et de sainteté, il l’a établie sur Pierre et ses successeurs comme un roc inébranlable. Les marques distinctives de véritable épouse de Jésus-Christ subsisteront toujours en elle. Le sacrifice de l’autel s’offrira toujours et les aigles, les vrais fidèles, se rassembleront autour du Corps de l’Homme-Dieu. La Chaire de Pierre restera toujours leur point de ralliement.» 

Père de Clorivière sj, Vues sur la révolution, 1794 




Bilan de l'œuvre des papes depuis la révolution jusqu'à Pie XII : 

  • Leur enseignement concorde avec la Tradition de l’Eglise : leurs allocutions, encycliques, brefs, bulles, constitutions apostoliques et autres textes sont émaillées de références aux Pères de l’Eglise, aux conciles, à leurs prédécesseurs, aux grands docteurs catholiques tels saint Thomas d’Aquin, à la liturgie latine, …

  • Ils avaient conscience des ennemis de l’Eglise, les francs-maçons et les communistes en particulier.

  • Ils restent humains, tous leurs actes ne sont pas couverts par l’infaillibilité. Ils ont été parfois tentés de se rapprocher du monde dans ses gouvernants imbus des principes maçonniques de fausse liberté et égalité, par une politique à courte vue voire pusillanimité pour certains, alors que d’autres restèrent fermes.

  • Ils ont maintenu la constitution divine de l’Eglise dans les faits en gouvernant en monarque, entouré de ses conseillers et assistants dans la Curie romaine.

  • Ils ont maintenu les dogmes, la morale, le culte, les sacrements dans la lignée du concile de Trente et le souffle du premier concile du Vatican.




Vive le Christ Roi de France qui aime les Francs catholiques !








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