24 Jan
24Jan


     Ce qui nous importe le plus de savoir, Dieu seul pouvait nous l'apprendre. Il nous apprend que notre fin  dernière est essentiellement surnaturelle : jouir, dans son Fils crucifié et ressuscité, du bonheur réservé à Dieu dans l'intimité des trois Personnes. 

Nos premiers parents ont été créés par Dieu dans l'état de justice originelle. Leur péché fut non seulement personnel mais originel, car ce fut un péché de nature. Mais...ce grand mal n'a été permis qu'en vue d'un bien meilleur : la venue du Verbe dans la chair.


I - Un péché transmis par la génération 

     Le concile de Trente, 5e session, canon 2, cite Saint Paul aux Romains (5, 12) : par Adam le péché est entré dans le monde et par le péché la mort. Ainsi la mort, par Adam, est-elle passée à tous les hommes.

Canon 3 : ce péché d'Adam que nous avons ne peut être enlevé par les forces de la nature humaine ou par un autre remède que les mérites de l'unique Médiateur. 

Cette révélation est apportée après la venue de Notre Seigneur car avoir dit cela à l'homme avant l'eût exposé au désespoir, car en chacun de nous la nature humaine transmise par la génération se trouve détournée de Dieu, privée de la grâce et des dons préternaturels, affaiblie pour le bien et attirée par le mal.

Nous devons dire "Ecce enim in iniquitatibus conceptus sum", et "Ab occultis meis munda me".

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      Ce péché est transmis selon le détournement de la volonté et la séparation de Dieu, qui faisaient nécessairement corps avec le péché d'orgueil d'Adam. 

Double aspect du premier péché d'Adam :

  1. comme péché personnel d'orgueil, il n'est pas héréditaire.

  2. en tant que séparation de Dieu, privation de la grâce, mort de l'âme, il atteint toute la lignée issue de lui.

Il est le plus  grand mal du monde. 

Saint Thomas nous enseigne que Dieu s'est incarné plus encore pour porter remède au péché originel qu'aux péchés actuels (IIIa, q1, a4). 

Analogie prise avec la main qui est l'instrument de la volonté pour commettre un crime, acte de volonté Ia IIae, q81 sv).Chacun de nous est coupable à raison de notre lien d'origine charnelle avec Adam dont la volonté mauvaise a détourné de Dieu la nature humaine. 

Nous sommes héritiers d'un état de péché qui tient à la nature reçue. Mais la récapitulation en Adam pécheur s'illumine et s'apaise si nous considérons la récapitulation en Jésus-Christ juste et saint.

Que vienne vite le baptême afin que nous soit rendue par la régénération dans le Christ cette vie surnaturelle dont nous sommes privés par la génération à partir du premier Adam.

Le péché originel affecte d'abord la nature et s'étend par suite à chaque personne de cette nature, tandis que la rédemption touche d'abord la personne. Mais un jour viendra où elle touchera complètement la nature humaine.

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II - Les canon du concile de Trente

Promulgués le 26 juin 1546.

Canon 1

Adam, élevé primitivement à un état de grâce et de justice, était exempt de mort à condition de rester fidèle au précepte de Dieu. Or, l'ayant transgressé, il a aussitôt perdu sainteté et justice, encouru la colère de Dieu, la mort, et s'est trouvé placé dans un état inférieur. Le monogénisme est nécessairement impliqué, PIE XII le rappelle dans son encyclique Humani Generis.


Canon 2

  1. Trois erreurs sont condamnées, voici donc les vérités que nous devons croire : le péché originel est une réalité en Adam et en nous.

  2. le péché originel est transmis, et pas uniquement la mort et la souffrance

  3. Saint Paul aux Romains, chapitre 5, verset 12, parle bien du péché originel.

Il n'est pas d'autre nom que celui du Seigneur Jésus par lequel nous puissions être sauvés. Méditer Actes 4, 12 et Saint Jean 1, 29 : Ecce Agnus Dei, ...


Canon 5

Le péché est enlevé complètement par le baptême, mais la concupiscence demeure. Cependant elle n'est point en elle-même péché, mais en procède et y  incline.

Il n'y a nul sujet de damnation pour ceux qui vraiment on été ensevelis avec le Christ par le baptême dans sa mort (Romains 8, 1), mais qui s'étant dépouillés du vieil homme et s'étant revêtus de l'homme nouveau qui a été créé selon Dieu (Ephésiens 4, 22 et Colossiens 3,9) sont devenus innocents, immaculés, purs, sans tâche et chéris de Dieu, héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ (Romains 8, 7).

La concupiscence nous est laissée en vue de la lutte, car qui aura loyalement combattu sera couronné (2 Tim 2, 5).


Canon 6

Conduit au dogme de l'Immaculée Conception.

L'efficacité de la rédemption par Notre Seigneur éclate dans la préservation de Marie.


III - L'état de notre nature : non pas un état naturel mais un état de chute et de rédemption


     Dès son premier acte libre,  tout être humain reçoit de Dieu la grâce. Chez le non-baptisé, elle suffit pour ne pas s'endurcir dans la séparation de Dieu dont il a hérité. S'il l'accepte, il se tourne vers son Créateur et Sauveur par un mouvement de charité théologale, qui implique le baptême.

     Tout homme non encore justifié s'oppose, par le seul fait du péché originel, à vouloir Dieu comme sa fin selon la grâce. Il ne peut, par suite, le vouloir efficacement comme sa fin selon la nature.

     La finalité de nos facultés est de se soumettre à Dieu en toute situation, y compris lorsqu'il nous appelle à l'état surnaturel. Si l'homme refuse cette élévation, il désorbite et corrompt ses facultés, et se trouve blessé. En perdant la grâce, l'homme est blessé et gâté au point le plus secret et le plus vivant de sa nature et de ses puissances (intelligence, volonté,...).

La nature humaine est devenue incapable de pratiquer toutes les vertus naturelles.

Le seul état pour l'homme est un état de chute et de rédemption.

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     Mort, souffrance, ignorance et convoitise ne sont pas naturels, mais les châtiments d'une faute.

     De fait, notre nature ayant été divinisée par la grâce était préservée, dans l'état de justice originelle, des misères normalement attachés à sa constitution et composition de matière et d'esprit, ne serait-ce que du fait que le corps est un composé d'éléments donc pouvant se disjoindre et entraîner la mort.

     Par notre baptême, la grâce exige que nous devenions conformes à notre Sauveur, que nous ayons part à sa Croix dans l'espérance de participer à sa gloire. Notre Seigneur veut faire éclater sa propre victoire dans nos sacrifices et nos luttes.



IV - Le monogénisme : un seul Adam, une seule Eve


     Le dogme du péché originel implique le monogénisme. Sa Sainteté PIE XII dans Humani Generis enseigne qu'Adam est le premier père commun par génération naturelle, de tous les hommes. Adam est un individu unique.

     Les pères du concile ne pensaient pas, ne voulaient pas, et avec eux toute la sainte Eglise, voir le décret Lamentabili de saint Pie X, très clair sur ce point, que les dogmes, avec leurs implications nécessaires, fussent soumis aux variations et aux changements des idées scientifiques au cours des siècles.


     La règle de notre foi n'est pas du tout le progrès des sciences mais la divine Révélation 

telle que le Magistère, c'est à dire l'organe d'enseignement de la sainte Église romaine en la personne du Successeur de saint Pierre, et des évêques à lui unis et moralement unanimes à prêcher comme de foi divine tout point de foi et de morale comme appartenant à la divine révélation de l'Homme Dieu, la garde et la traduit, la transmet fidèlement, avec toute l'onction suave du parfum eucharistique authentique fruit du divin sacrifice des autels.

     Donc non seulement la science profane archéologique ne pourra jamais dater avec la précision requise les fossiles pour prouver le polygénisme, mais surtout, notre foi divine, et catholique de par l'enseignement courant ordinaire du Saint Père dans sa lettre encyclique Humani Generis dans laquelle d'ailleurs il rappelle son autorité d'enseignement par ce moyen en citant saint Luc 10, 16, nous enseigne le monogénisme, donc Adam et Eve sont des individus.



V - Les chapitres II et III de la Genèse


     Depuis le premier péché, et pour toujours, l'expérience humaine, dans le profane et le sacré, doit s'accomplir dans un environnement de souffrance et de faute. La grâce elle-même, parce qu'elle dérive nécessairement de La Croix de jésus, nous incline à nous unir à Sa Passion.

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La Genèse nous rapporte des évènements historiques. 

Dieu, pour créer le premier homme et la première femme, intervient particulièrement. Il promulgue la loi du mariage monogamique et indissoluble. Au titre de personne féminine, Eve est subordonnée à Adam, son chef. Dieu les constitue dans un état surnaturel privilégié, et les comble des dons préternaturels (immortalité ; pas de souffrance ni de convoitise ; soumission parfaite de l'âme à Dieu, des puissances inférieures à l'esprit, et de la création à la famille humaine). La seule condition pour conserver et transmettre cet état était de persévérer dans l'amitié de Dieu et d'obéir à son commandement.

saint Thomas d'Aquin, IIa IIae, q165 : Adam et Eve pelèrent par orgueil, en se faisant juges et arbitres du bien t du mal, hors de l'autorité de Dieu. Mais Dieu mit dans leur coeur une grâce de repentir et de conversion et leur promit le Sauveur qui naitrait de leur descendance pour remporter la victoire sur le diable, voir Genèse 3,15 : Ipsa conteret caput.


VI - L'absolue nécessité du baptême pour être régénéré à la vie de la grâce

La rédemption opérée par Notre Seigneur nous établit rn continuité avec le Fils de Dieu incarné, jusqu'à former son Corps mystique. Pour cela, une initiative personnelle est nécessaire : croire et recevoir le baptême.

Saint Jean 3, 5 : "Personne, à moins de renaître de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu." Voir aussi saint Matthieu 28, 19 et saint Marc 16, 16.

Pour ceux qui n'ont pas encore la liberté de croire car ils n'ont pas la raison, étant enfants par exemple, ou pour ceux à qui la prédication apostolique fait défaut, la foi de l'Eglise supplée. Saint Robert Bellarmin explique pour le baptême des enfants que l'acte de foi requis avant le sacrement est produit par les parents. Le concile de Trente au canon 13 affirme qu'il faut baptiser les petits enfants, et son canon 4 affirme que selon la Tradition des Apôtres, le baptême efface le péché originel que les enfants ont contracté par la génération.


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     Voici les grandeurs que Dieu, en nous donnant son propre Fils, a données à l'humanité, que nous n'aurions pas eues dans l'état de justice originelle : la Vierge Marie, pleine de grâce, Mère de Dieu toujours Vierge, notre Mère selon la grâce ; la Sainte Eucharistie ; la dignité du Sacerdoce ; la noblesse de la virginité consacrée ; les larmes des pénitents;  la charité des martyrs.

Le sort des enfants morts sans le baptême ? Les limbes, lieu de bonheur naturel, à la connaissance et à l'amour purement naturels. Ils ignorent totalement l'état surnaturel auquel nous avons été appelés car ils n'ont jamais été illuminés par les lumières de la Foi.

La famille joue une rôle décisif pour donner une bonne éducation, afin d'aider leurs enfants à faire leur salut éternel. 

La Très Sainte Vierge Marie a reçu un privilège inouï, en étant préservée du péché originel et remplie de grâce.



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