01 Jan
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Quelques définitions

La Révélation : ensemble des vérités que Dieu a communiquées aux hommes soit par ses prophètes, soit en sa propre Personne divine, le Fils, venu communiquer, achever et parfaire ces vérités nécessaires aux hommes pour notre salut. 

La Tradition : source constituant la Révélation, comprenant l’ensemble des vérités transmises soit oralement par les Apôtres, soit contenues dans la Sainte Ecriture qui est une partie de la Tradition. Elle s’exprime au moyen des traditions. 

Les traditions (synonyme de lieux théologiques) : expression de la Tradition donc de la Révélation : le consentement des Pères de l’Eglise, la liturgie, l’avis des docteurs catholiques, le magistère ordinaire et universel, le magistère solennel du Souverain Pontife y compris les conciles dogmatiques, … 


  • Un concile atypique, le concile non dogmatique Vatican II : son autorité est égale à celle d’un grand sermon. Aucune décision de ce concile n’est revêtue du sceau de l’infaillibilité. Moyen privilégié utilisé par la contre-Eglise pour détruire l’Eglise catholique au moyen d’un œcuménisme irénique et d’un esprit moderniste et libéral, toutes choses opposées à l’esprit catholique.

 La messe : renouvellement non sanglant de l’unique sacrifice de la Croix au moyen d’un rite liturgique dont l’essence consiste en la double consécration, ayant pour but de nous réconcilier avec Dieu par la communication des grâces de la Rédemption acquises par Notre Seigneur Jésus-Christ lors de sa Passion. 

Les sacrements : signes sensibles de la grâce divine communiquée pour notre sanctification. 


Traditionalisme >Tradition : au sens de saint Pie X dans sa Lettre sur la Sillon, attachement aux traditions religieuses et civiles légitimes, appelées à perdurer. Ce terme désigne depuis la rupture conciliaire les catholiques attachés à la Tradition de l’Eglise, pour les distinguer des catholiques conciliaires, qui suivent le concile Vatican II et ses réformes. Tout catholique est par définition traditionaliste, une fois la crise conciliaire terminée, tous les fidèles redeviendront traditionalistes de fait. 

Intégrisme >intègre, intégrité : caractère d’un être qui dispose de toutes ses parties, qui est complet. Terme nouveau forgé par les ennemis de l’Eglise modernistes pour dénigrer, dès le début du XXe siècle, les catholiques fidèles à la vraie foi et aux vérités l’entourant. 


Quel est l’objet de ces lignes ?

Rappel de notre foi catholique 

Dieu est l’être parfait, qui a toujours existé et existera toujours. Il est infiniment heureux. Il existe Trois Personnes en Dieu : le Père, le Fils, et le Saint Esprit, Dieu est Trinité. La Très Sainte Trinité, a créé l’homme pour que nous puissions le connaître, l’aimer, le louer, le servir et être heureux pour toujours dans le Ciel, avec Lui. Hélas l’homme s’est détourné de Dieu, par son péché : celui d’Adam et Eve, le péché originel, avec lequel tout homme naît ici-bas, puis ceux de tous les hommes par la suite. Pour restaurer les hommes et les rendre de nouveaux ses amis, Dieu a décidé de venir lui-même sur terre pour nous montrer l’exemple de ce qu’il faut faire pour devenir ses amis. Il est venu dans la Personne du Verbe, le Fils éternel. Il a pris chair dans le sein très pur, virginal et immaculé de la Très Sainte Vierge Marie. Marie est devenue la Mère de Dieu. Il est né à Bethléem en Judée, la Palestine actuelle, a grandi à Nazareth non loin, a enseigné la vérité sur Dieu, sur les hommes, et comment aller au Ciel. Ila fait de nombreux miracles pour prouver sa mission divine, et bien plus son origine divine, son être divin : aveugles à qui la vue a été rendue, paralysés et malades guéris, morts ressuscités… Il a affirmé avoir un Être éternel : « avant qu’Abraham fut, je Suis », déclare-t-il aux Juifs. Les chefs des Juifs ne l’ont pas reconnu pour le Messie, et ont refusé de croire en sa divinité. Il a été livré par ces chefs religieux juifs aux Romains, qui occupaient la Terre Sainte, la Palestine, pour être mis à mort, suite à une parodie de procès et à un jugement inique. Il a été crucifié et est mort pour nous donner sa vie, la vie de Dieu. Le bon Dieu a créé la sainte messe pour perpétuer l’œuvre extraordinaire de la rédemption, de ce salut qu’Il nous a apporté par Jésus-Christ lorsqu’il a donné sa vie pour nous sauver, sur la Croix. 


Le but de ces lignes  

Je veux exposer la doctrine chrétienne sur la sainte messe, puis montrer qu’il existe un rite traditionnel, vraiment catholique, toujours valable et sanctifiant, appelé messe traditionnelle, messe de toujours, messe de saint Pie V, messe tridentine, ou encore messe grégorienne, mais aussi qu’il en existe aujourd’hui un autre, le novus ou nouvel ordo missae, ou messe nouvelle, ou messe de Paul VI, qui s’éloigne de la vraie doctrine divine et catholique, et donc qu’il y a un choix à faire, qui se présente à la conscience de tout fidèle catholique. 


Comment ce document est-il constitué ? Les lignes qui suivent rassemblent des interventions de ténors de la Tradition catholique des années 1970 aux années 1990, afin de retremper les convictions des catholiques qui viennent après pour la droiture du combat pour la messe de toujours, mais également des prêtres qui ont ajouté la voix de leur conscience sacerdotale émue et tremblante à celle plus autorisée devant le Magistère de cardinaux et d’évêques. 


Pour qui ? Ce document s’adresse aux fidèles qui se sentent concernés par l’importance capitale du saint sacrifice de la messe pour l’œuvre de leur sanctification et de leur salut, et pour tous ceux qui sont intéressés, touchés, émus, voire tout simplement intrigués par cette liturgie. 


Un peu d’histoire…et quelques noms


L’importance capitale de la messe pour notre salut 


La messe a été instituée par Notre Seigneur Jésus-Christ, Souverain Prêtre, le soir du Jeudi Saint, lors de la Cène, au cours de laquelle Il a consacré le pain et le vin en son Corps et en son Sang, et a consacré ses Apôtres prêtres pour pouvoir justement célébrer la messe. Le but de la messe est de rendre présent l’unique sacrifice de la Croix au moyen de la double consécration, consécration du pain d’abord : panem in Christi Corporem tunc transsubstantiatum, puis du vin : vinum in Christi Sanguinem tunc transsubstantiatum. Cette consécration du pain, puis du vin, rend présent le Corps de Jésus-Christ sous les apparences du pain, et le Sang du divin Sauveur sous les apparences du vin. Notons que le Corps de Jésus-Christ rendu présent à l’autel est uni à son Sang, à son Âme et à sa divinité, de même que son Sang est uni à son Corps, à son Âme et à sa divinité. La présence réelle de Jésus-Christ sous les apparences du pain et du vin accomplie successivement par le prêtre à la messe, d’abord le Corps du Sauveur, puis son Sang sacré, symbolise, d’une manière efficace et réelle, sa mort précieuse sur la Croix, lorsque sa sainte âme s’est séparée de son corps. En effet la séparation du sang d’un homme d’avec son corps est la plus grande preuve de sa mort. 

Assister à la messe, c’est donc être au pied de la Croix avec Marie et saint Jean. Voilà le lieu où le bon Dieu nous distribue ses merveilles, où le grand roi de l’univers accorde ses audiences, où le souverain Juge remet nos fautes, où notre Père nous pardonne à nous ses enfants, là où notre divin avocat plaide pour nous de la plus éloquente des manières… La messe est ainsi le renouvellement non-sanglant du Sacrifice de Jésus sur la Croix, au moyen du signe sacramentel de la double consécration. 

La messe est donc le Saint Sacrifice de la Messe


L’ordonnancement de la messe 

La messe est composée d’abord de la messe des catéchumènes, avec des prières préparatoires, des lectures et parfois un sermon et le Credo, et ensuite de la messe des fidèles, au cours de laquelle le saint sacrifice est offert à Dieu. La messe des fidèles commence à l’offertoire, et nous verrons comment, mes amis, les novateurs modernistes ont mis la main sur l’héritage sacré du Sauveur en diminuant, en éclipsant cet offertoire. La messe des fidèles, notre messe, se poursuit avec l’offrande du sacrifice que Jésus-Christ fait de lui-même à Dieu son Père, par la parole du prêtre, et s’achève par la communion du prêtre, à laquelle s’adjoint celle des fidèles lorsqu’elle a lieu. Trois parties, unies par le but de la messe : nous réconcilier avec Dieu au moyen de l’unique sacrifice de la Croix, rendu présent sur l’autel. Les paroles de la consécration nous viennent de Jésus-Christ lui-même. Le Canon romain au cours duquel sont prononcées les paroles de la consécration, canon signifiant règle, date des Apôtres. La messe date, pour ses parties essentielles, donc la préparation avec Kyrie, Gloria, lectures, puis les trois parties de la messe des fidèles, de l’antiquité chrétienne. Il revient à saint Grégoire le Grand, Pape entre 590 et 604, de codifier les usages anciens. La messe en reçoit le nom de messe grégorienne. Rendons hommage à cet immense pontife, qui donna aussi son élan au chant liturgique au point qu’il est appelé depuis le chant grégorien. Merci saint Grégoire ! Les siècles ont passé…Le Pape saint Pie V est le grand artisan de l’œuvre de restauration catholique et de présentation de notre foi et de notre sainte religion à la fin du XVIe siècle. Le catéchisme romain, dit aussi du concile de Trente, a été rédigé à cette époque par des religieux de l’Ordre de saint Dominique pour instruire les fidèles des articles de notre foi, des sacrements, des commandements et de la prière. Le Pape saint Pie V a mis en œuvre le souhait des Pères du concile dogmatique de Trente d’unifier la prière du peuple chrétien autour du saint sacrifice de nos autels par une liturgie une. C’est la messe de la chapelle pontificale, très ancienne, qui est choisie pour unifier l’Eglise par un rite un. Cela est tellement important aux yeux du Saint Père qu’il accorde un privilège unique aux prêtres : celui de pouvoir célébrer la messe selon ce rite vénérable, en tout lieu et en tout temps, à perpétuité. Il précise même, à la fin de sa bulle Quo primum tempore : « En conséquence, qu’il ne soit permis à personne, absolument, d’enfreindre (..) le texte présent de Notre permission, statut, ordonnance, commandement, précepte, concession, indult, déclaration, volonté, décret et défense. Si quelqu’un entreprenait un attentat de cette sorte, qu’il sache qu’il encourra l’indignation du Dieu tout puissant et des bienheureux Apôtres Pierre et Paul. » Le Pape saint Pie V, il est important de le noter, ne fonde pas un rite nouveau, il ne fait qu’étendre à toute l’Eglise pour les prêtres la possibilité de dire cette messe de la chapelle pontificale. Ce rite est appelé, dans le sens indiqué, non comme son inventeur donc, messe de saint Pie V. Le souhait des pères du concile de Trente est satisfait par la célébration de cette liturgie antique et vénérable étendue à toute l’Eglise, cette messe est donc la messe tridentine. Cette messe est traditionnelle, car elle s’inscrit pleinement dans le fleuve harmonieux de la vie de l’Eglise qui est une dans l’espace comme dans le temps, unie visiblement par les traditions catholiques, au nombre desquelles la liturgie authentique tient une place d’honneur. Elle est donc la messe traditionnelle. Enfin, cette messe, pour l’essentiel, vous l’aurez compris chers amis, sa préparation, la messe des catéchumènes, à savoir prières au bas de l’autel, Kyrie, Gloria et lectures, suivie de la messe des fidèles et ses trois parties, remonte aux origines du Christianisme… elle est donc la messe de toujours

Pour conclure, disons que cette liturgie traditionnelle est un organe pérenne de la Révélation chrétienne, puisque «la messe est l’organe le plus important du magistère ordinaire et universel de l’Eglise» nous dit Pie XI (Revue grégorienne, 1937, p.79), magistère qui a pour but précisément de faire connaître la Révélation aux hommes : à l’instar du cœur qui envoie le sang aux autres membres du corps, la sainte messe catholique communique la vie divine de la grâce à tous les membre du Corps mystique de Jésus-Christ. 


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Lettre ouverte au Pape

Manifeste épiscopal

                 21 novembre 1983                 

  Mgr de Castro Mayer et Mgr Lefebvre 

 Conception protestante de la messe 


     La nouvelle conception de l’Eglise telle que le Pape Jean-Paul II la définit, dans la Constitution précédant le Nouveau Droit, appelle un changement profond dans l’acte principal de l’Eglise qui est le Sacrifice de la Messe. La définition de la nouvelle Ecclésiologie donne exactement la définition de la Nouvelle Messe : c’est-à-dire un service et une communion collégiale et œcuménique. On ne peut mieux définir la Nouvelle Messe, qui, comme la nouvelle Eglise conciliaire, est en rupture profonde avec la Tradition et le Magistère de l’Eglise. C’est une conception plus protestante que catholique qui explique tout ce qui a été indûment exalté et tout ce qui a été diminué. 

     Contrairement aux enseignements du Concile de Trente dans la XXIIe session, contrairement à l’Encyclique Mediator Dei de Pie XII, on a exagéré la place des fidèles dans la participation à la Messe et diminué la place du prêtre devenu simple président. On a exagéré la place de la Liturgie de la Parole et diminué la place du Sacrifice propitiatoire. On a exalté le repas communautaire et on l’a laïcisé, aux dépens du respect et de la foi en la Présence réelle par la transsubstantiation. 

En supprimant la langue sacrée, on a pluralisé à l’infini les rites en les profanant par des apports mondains ou païens et on a répandu de fausses traductions, aux dépens de la vraie foi et de la vraie piété des fidèles. Et cependant les Conciles de Florence et de Trente avaient prononcé des anathèmes contre tous ces changements et affirmaient que notre Messe dans son Canon remontait aux temps apostoliques. Les Papes saint Pie V et Clément VIII ont insisté sur la nécessité d’éviter les changements et les mutations, en gardant perpétuellement ce rite Romain consacré par la Tradition. La désacralisation de la Messe, sa laïcisation entraînent la laïcisation du Sacerdoce, à la manière protestante. La Réforme liturgique de style protestant est l’une des plus grandes erreurs de l’Eglise conciliaire et des plus ruineuses de la foi et de la grâce. 


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L’assistance à la Messe, Itinéraires n°157, novembre 1971 

Père Calmel 


     Si vous mettez la main dans certains engrenages, le corps entier sera broyé. Le Novus Ordo Missae peut se comparer à un engrenage implacable, exactement calculé pour broyer la messe, et avec la messe, le prêtre. Banni le latin. Repoussé le canon ou « règle invariable » de la consécration. Encouragées les prières eucharistiques peu consistantes, notamment le canon-express. Fini le rite adorant pour recevoir la communion. En somme la messe démantelée de part en part, dans toutes les prières, dans toutes les attitudes ; aussi bien du côté du prêtre que du côté des fidèles ; la messe abandonnée, dans la pratique, à l’arbitraire de chacun. Et vous voudriez, avec cela, que la consécration, qui certes est conservée, continue d’être faite dans un contexte approprié à son mystère ! Vous voudriez que la messe demeure stable, pieuse, infailliblement valide ; vous voudriez qu’elle ne devienne pas n’importe quoi ! Autant vouloir l’impossible. Autant dire pendant l’orage, ne vous abritez d’aucune manière, mais quand même ne soyez pas mouillés ! Il est vrai que les novateurs s’imaginent qu’après Vatican II il fera toujours beau dans la sainte Eglise, que les orages ne viendront plus nous éprouver. Vue intéressante sans doute, dont la faiblesse est de manquer de réalisme. La messe catholique normale, ne laissant place à aucune hésitation sur la réalité de son mystère, totalement franche, n’offrant nulle possibilité de fissure, la bonne messe est la messe de saint Pie V. Non que le grand pape dominicain d’après le concile de Trente l’eût forgé de toutes pièces comme c’est hélas ! arrivé pour les auteurs des messes nouvelles. Il a simplement codifié ce qui se faisait bien avant lui, ce qui remontait, pour l’essentiel, à l’époque patristique de saint Léon ou même de saint Ambroise (…). Le canon romain latin d’avant Paul VI (c’est-à-dire sans dialogue après la consécration), ce canon est à tel point adapté au mystère de la consécration, il est pénétré de tant de foi et de révérence, que le prêtre qui le dit est obligé de savoir de la manière la plus explicite qu’il offre, en vertu de la consécration, un sacrifice parfait au « Père très clément » ; un sacrifice qui satisfait « pour nos péché », qui apporte la paix à l’Eglise véritable laquelle est « catholique et apostolique », qui abrège « la souffrance des âmes du purgatoire », enfin qui honore Marie « toujours » Vierge, « les douze apôtres » et tous les saints.       Il sait, à n’en pouvoir douter, simplement du fait de suivre les prières de ce formulaire, que le sacrifice de l’autel, parce que Jésus-Christ s’y trouve réellement présent et offert, est le « sacrifice définitif qui accomplit les anciens sacrifices figuratifs ».     

      Il sait, par la simple teneur du texte, que Jésus-Christ lui-même « et en personne, qui est l’hostie de la consécration, est le pain vivant de la communion ».      Il est forcé, simplement en lisant ce qui est écrit, de « consacrer avec une foi consciente et éveillée » ; il ne prononce jamais en effet la formule consécratoire sans avoir évoqué auparavant la toute-puissance du Père… « et elevatis occulis in coelum ad Te, Deum, Patrem suum omnipotentem » (« Ayant élevé les yeux vers vous, Dieu, son Père tout-puissant »).    

     La consécration ne serait rien hors de cette intervention toute-puissante : pain et vin resteraient identiques ; nulle oblation ; nulle présence ; pas de sacrifice accompli ; pas de vraie communion possible.       La vertu du canon traditionnel est tellement forte que le prêtre ne peut normalement dire la formule de consécration d’après ce canon sans que cette formule soit valide.        Bien plus, le prêtre qui se laisse instruire et guider par ces dix admirables prières, cinq avant la consécration et cinq après, célèbre la messe avec une foi tout à fait avertie ; il est invité à la plus grande humilité et formé à l’adoration et à la révérence la plus profonde.     

       Ce canon en usage depuis seize siècles, le seul dont se servirent saint Grégoire Ier et saint Grégoire VII, saint Dominique et saint Philippe Néri, saint Pie X et le Père de Foucauld, ce canon exceptionnellement vénérable soutient le prêtre catholique pour lui faire dire la messe comme elle demande à être dite.     

       Si les nouvelles prières tout récemment inventées et jetées dans la circulation à la sauvette, si ces formulaires, tombés de je ne sais quels bureaux, étaient comparables même de loin au canon traditionnel, s’ils n’exposaient pas nécessairement la messe à devenir n’importe quoi, pour quel motif alors la dissolution de la messe coïnciderait-elle avec leur lancement ? Pourquoi s’aggraverait-elle avec une logique implacable à proportion même que l’usage en est prolongé ? Si maintenant nous en venons, après les formulaires nouveaux, aux nouveaux rites de communion, il est trop visible que, considérés en eux-mêmes, ils excluent les marques d’adoration.     

       Dès l’instant où le fidèle, le laïc qui n’a pas le caractère sacerdotal, est autorisé à toucher et manier le pain eucharistique comme du pain ordinaire, il est clair que l’hostie consacrée n’apparaît plus comme différente à l’infini du pain matériel.  

   Le prêtre admettant les nouvelles façons de communier ne donne plus de preuves, objectivement suffisantes, que la communion est infiniment autre chose qu’un simple repas commémoratif. Il supporte en effet de distribuer ou de laisser prendre la communion comme si la consécration avait simplement conféré à l’hostie une certaine valeur religieuse, au lieu de changer toute la substance du pain en toute la substance du Christ, pour rendre le Christ réellement présent comme immolé. 

     Tirons les conclusions pratiques de l’effrayante décomposition actuelle. Attachons-nous intelligemment et pieusement à ce qui a permis à la messe de tenir ; car c’est cela, et cela seul, qui permettra de retrouver la messe.     Du côté de l’assemblée des fidèles, le chant latin du Kyrie, du Gloria, du Credo, du Sanctus et de l’Agnus.           Du côté du prêtre, la récitation en latin, avec foi et piété, des oraisons, du formulaire de l’offertoire traditionnel et surtout du formulaire de l’unique canon romain ; que la communion soit donnée par le prêtre et sur les lèvres. Alors la déroute de la messe sera stoppée, ce sera la volte-face. La participation de l’assemblée, dont on nous a tellement rebattu les oreilles, redeviendra recueillie et magnifique. 

L’offensive des novateurs a été aussi simple qu’hypocrite : ne rien nier ouvertement, mais démanteler la messe de toutes parts et sur tous les points à la fois, du côté des fidèles comme du côté du prêtre. Le résultat ne s’est pas fait attendre. En deux ou trois ans et sans que les catholiques dans l’ensemble soient tombés un beau jour dans l’apostasie, ils ne se sont plus reconnus dans la messe. Il a suffit de démanteler la messe pour la faire aller à la dérive et dans tous les sens ; la faire échapper à tout le monde, à commencer par les prêtres. Eh bien c’est le procédé des novateurs que nous devons catégoriquement refuser. Plus de messe démantelée ! L’Eglise est frappée au cœur puisque la messe est touchée. Qu’il plaise donc à Notre Dame d’intervenir ; jamais sans doute l’intervention toute-puissante de celle que nous invoquons comme secours des chrétiens ne nous fut à ce point nécessaire.  La messe est soumise à une manœuvre de destruction aussi puissante qu’elle est simple, une manœuvre dont jamais sans doute la méthode n’avait été étudiée d’aussi près et si habilement appliquée : le démantèlement universel de tout rempart protecteur et le camouflage dans le démantèlement. Pour la messe, et bientôt peut-être pour toute l’économie sacramentaire, l’autorité hiérarchique a voulu ou, au moins, a laissé saccager la juste légalité qui défendait la Tradition.  La Tradition n’est pas abolie pour autant et un jour viendra où l’autorité hiérarchique rétablira la juste légalité qui en est la sauvegarde.          

     Pour préparer ce jour, Notre Seigneur demande à tous, aux prêtres et aux laïcs, la fidélité la plus ferme dans l’attachement à la Tradition, une fidélité qui inclut l’héroïsme. A chacun il redit la grande parole qu’il disait à l’apôtre saint Paul, accablé mais vaillant : « sufficit tibi gratia mea », ma grâce te suffit. 


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Un évêque parle, DMM, 3e édition, p.282 

Mgr Lefebvre 


Il est psychologiquement, pastoralement, théologiquement impossible pour les catholiques d’abandonner une liturgie qui est vraiment l’expression et le soutien de leur foi pour adopter de nouveaux rites qui ont été conçus par des hérétiques sans mettre leur foi dans le plus grand péril. 


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Fils de l’Eglise en un temps d’épreuve, Itinéraires n°189, janvier 1975 

Père Calmel 


     Ces chrétiens qui gardent la Tradition en ne concédant rien à la révolution désirent avec ardeur, afin d’être pleinement les fils de l’Eglise, que leur fidélité soit pénétrée d’humilité et de ferveur ; ils n’ont goût ni pour le sectarisme, ni pour l’ostentation. A leur place, qui est modeste et toit juste supportée, ils essaient de maintenir ce que l’Eglise leur a transmis, étant bien certains qu’elle ne l’a pas révoqué et s’efforçant, dans leur maintenance, de garder l’esprit de ce qu’ils maintiennent. 

     C’est évidemment en vue de la gloire de Dieu et du salut des âmes que la Tradition nous a transmis le rite latin et grégorien de la sainte messe, le bréviaire antérieur aux bouleversements, le catéchisme romain, l’ascèse et la discipline de l’état ecclésiastique et de l’état religieux. 

     C’est également pour l’amour de Dieu et le bien des âmes -d’abord de notre âme-, et non par esprit de contention ou de zèle amer, que nous essayons de maintenir. 

     Ce faisant nous ne doutons pas d’être fils de l’Eglise. Nous ne formons aucunement une petite secte marginale ; nous sommes de la seule Eglise catholique, apostolique et romaine. Nous préparons le jour béni où l’autorité s’étant enfin retrouvée elle-même, dans la pleine lumière, l’Eglise sera délivrée enfin des brouillards suffocants de l’épreuve présente. Encore que ce jour tarde à venir, nous essayons de ne rien relâcher du devoir essentiel de nous sanctifier ; nous le faisons en gardant la Tradition dans l’esprit même où nous l’avons reçue, un esprit de sainteté. Nous n’en sommes pas moins d’Eglise parce que nous opérons un tri dans les messes qui se célèbrent ou les formes d’enterrement que l’on prétend imposer aux familles, à l’encontre d’ailleurs de la volonté expresse des défunts.     

        Nous n’avons rien de schismatique du fait de choisir entre les rites, les prières, les prédications, car ce choix l’Eglise elle-même nous a appris à le faire.        Je me souviens à ce sujet du propos désolé de Louis Daménie, qui était le directeur de l’Ordre français ; c’était à la fin de 1969 lors de l’invasion des messes nouvelles. « Jusqu’à ces derniers temps, me confiait-il, j’allais à la messe à peu près tous les jours et d’après l’heure qui cadrait le mieux avec mes déplacements. J’étais tranquille sur la messe que je trouverai, quelle que soit l’église où j’étais entré. Mais à présent je vois tellement de variations et de différences, je souffre tellement de ces rites de communion désinvoltes et même sacrilèges, ces rites avilis, contraires à la foi dans la présence réelle, contraires à la fonction réservée du prêtre, en un mot je trouve un peu partout et si souvent des messes protestantisées, des messes qui ne portent plus le caractère de la foi ni celui de la piété, que je suis obligé de m’abstenir. Après tout, c’est l’Eglise qui m’a appris à faire comme je fais : ne point pactiser avec ce qui détruit la foi. Je me suis limité à quelques chapelles ; mais du fait même de cette limitation inévitable je ne vais plus à la messe en semaine que très rarement. »                    

      Qui oserait dire que le chrétien d’une loyauté exemplaire qui avait pris cette décision très pénible avait cessé d’être aussi filial à l’égard de l’Eglise du jour où il avait fait ce choix ? Ce choix, il le faisait justement parce qu’il aimait l’Eglise comme un fils ; parce qu’il savait que l’Eglise tient pour abominable les rites ambigus.     

   Car une Eglise dont la liturgie serait ambigüe ferait injure à son époux, le Souverain Prêtre ; elle exposerait ses fidèles à un danger mortel. Je souhaite à tous nos frères catholiques qui seraient tentés d’attribuer nos choix à quelque passion sectaire, à quelque attrait pour le schisme, de considérer que c’est précisément pour échapper à la rupture dans la discipline et à la délinquescence dans la foi, c’est pour demeurer au cœur de la sainte Eglise que nous maintenons les choix que la Tradition a maintenus. (…)



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Itinéraires hors-série, avril 1977, p.125-126 

Mgr Lefebvre

 Le rite nouveau de la messe exprime une nouvelle foi, une foi qui n’est pas la nôtre, une foi qui n’est pas la foi catholique (…). Ce rite nouveau est sous-tendu et si je puis dire suppose une autre conception de la religion catholique, une autre religion. 



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Le régime de l’Eglise et la sanctification, Itinéraires n°154, juin 1971 

Père Calmel 

     (…) Les désordres post-conciliaires en général, et la collégialité perverse en particulier, auraient été contenus et refoulés aussitôt si les prêtres en grand nombre n’avaient eu d’autres aspirations que de glorifier le Souverain Prêtre, en traitant avec le plus grand respect les pouvoirs ineffables qu’il a remis entre nos mains. Il doit suffire à tout prêtre du premier ou du second ordre de faire honneur à celui qui nous a consacrés. Il doit nous suffire d’agir en tout comme ses ministres fidèles (1 Co 4,2), faire ce qui est en nous pour qu’il trouve consolation et gloire quand il lui plaît de se servir de nous, soit comme purs instruments dans le saint sacrifice [de la Messe], soit comme dispensateurs de la vérité dans la prédication, soit comme lieutenants de sa souveraineté dans l’exercice de la juridiction qui peut nous revenir pour une certaine part. 

     Des prêtres et des évêques ayant pris profondément conscience que le Seigneur lui-même daigne se servir d’eux pour offrir la sainte messe, sont horrifiés à la seule idée de rites polyvalents ; ils n’admettent à aucun prix ni sous aucun prétexte, alors qu’ils se donnent au Seigneur de toute vérité pour qu’il offre par eux son sacrifice, de ne pas se conformer, dans une fonction aussi sainte, aux rites loyaux, non équivoques, marqués de la plus humble révérence, que la Tradition nous a gardés. L’incompatibilité est absolue entre le Dieu de toute vérité et les rites équivoques. 

     C’est se moquer du Seigneur avec beaucoup d’insolence et une méchanceté horrible que d’accomplir le mystère de la foi -mysterium fidei- selon un rite qui conduit par lui-même à la destruction de la foi. Seigneur, gémit intérieurement le prêtre fidèle, Seigneur, que vous ayez la satisfaction de trouver en moi un digne ministre dans le saint sacrifice que vous allez offrir par moi en vous servant du pauvre pécheur que je suis. Que je fasse au moins cela pour vous de ne pas vous contrister, alors que vous daignez vous servir de moi. Et pour ne pas vous contrister, pour que je sois livré à votre action en toute disponibilité, que ferai-je de mieux que de commencer par m’en tenir aux rites très saints, sanctionnés par l’Eglise de toujours ? (…) 



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Préface au catéchisme sur le modernisme du Père Lemius, Forts dans la foi, juillet 1974, 

Père Calmel

      L’hérétique classique, Arius, Nestorius, Luther, même s’il a quelque velléité de rester dans l’Eglise catholique, fait ce qu’il faut pour être exclu : il combat à visage découvert la vérité révélée dont le dépôt vivant est gardé par l’Eglise. L’hérétique, ou plutôt l’apostat moderniste, un abbé Loisy, un père Teilhard de Chardin, rejette consciemment toute la doctrine de l’Eglise, mais il nourrit la volonté de rester dans l’Eglise, et il prend les moyens qu’il faut pour s’y maintenir ; il dissimule, il fait semblant, dans l’espoir de mener à terme son dessein de transformer l’Eglise de l’intérieur, ou comme l’écrivait le jésuite Teilhard de Chardin de rectifier la foi (L’avenir de l’homme, Seuil, 1959, p.349. Voir encore la lettre de Teilhard à l’ex-père Gorce, Itinéraires de mars 1965, et Jugnet, Problèmes et grands courants de la philosophie). 

     Le moderniste a ceci de commun avec d’autres hérétiques qu’il refuse toute la révélation chrétienne. Mais parmi ces hérétiques, il présente ceci de particulier qu’il dissimule son refus. Le moderniste, on ne le saura jamais assez, est un apostat doublé d’un traître. (…) 

     Pour le moderniste, ainsi que le nom le dit, la religion est essentiellement moderne. Elle ne domine pas le temps ; elle est immergée tout entière dans les aventures de l’humanité en marche. Pas de révélation, donnée une fois pour toutes, enseignant les mystères divins. Pas de sacrifice ayant mérité la grâce une fois pour toutes. Pas de testament nouveau et éternel. Mais une évolution indéfinie. C’est en ce sens que la religion est dite moderne. La religion catholique, pour le moderniste, est purement et simplement humaine ; non pas reçue de Dieu dans une initiative infiniment miséricordieuse, par la révélation définitive et la grâce plénière du Seigneur Jésus. (…) 

     Lorsque le moderniste prononce les vocables chrétiens : intervention divine, révélation ou grâce, il ne les entend pas dans le sens chrétien. Il les réinterprète, les réduisant avec beaucoup d’astuce à ne pas dépasser l’humain. (…) La réinterprétation, c’est-à-dire une explication mensongère des vérités de la foi, qui, sous prétexte de les faire mieux comprendre par l’esprit des modernes, les volatilise furtivement et sans bruit, la réinterprétation, dis-je, est devenue l’un des procédés les plus fréquents du modernisme. 

     Or voici qu’elle s’est étendue à toute la liturgie. On sait que la liturgie est de la messe présente deux éléments de valeur du reste différente : d’abord des oraisons et les lectures qui portent en elles-mêmes une profession de foi ; ensuite l’offrande réelle, sous un signe non sanglant institué par le Seigneur, de son propre sacrifice unique offert sur la Croix le Vendredi Saint. Quoi de plus facile, à qui dispose de la liturgie, de s’attaquer aux deux éléments qui la constituent ? On changera la profession de foi sans donner l’éveil, et on préparera la destruction du sacrifice sacramentel. Pour la profession de foi, il suffira de coups de pouce ou d’omissions dans les traductions des oraisons et des lectures. Pour le sacrifice sacramentel, on introduira des formulaires et des rites équivoques qui n’auront plus ce qu’il faut pour faire coïncider infailliblement l’intention du prêtre, ministre du Christ, avec l’intention du Christ qui célèbre par lui. 

     Même si l’intention du prêtre demeure plus ou moins souvent celle du Christ et de l’Eglise, ce n’est point en vertu de l’ensemble des signes officiellement établis, en vertu des formulaires et des attitudes, c’est simplement en vertu d’une disposition subjective. Les signes nouveaux -formulaires et attitudes- sont inventés au contraire afin que, officiellement, ils puissent convenir à la fois au pasteur qui n’est point prêtre et qui nie la messe et au prêtre catholique qui est le seul prêtre véritable. Ne disposant plus que d’un rite, de soi équivoque, l’intention du prêtre sera exposée à devenir autre chose que celle du Christ et de l’Eglise ; la messe elle-même sera très exposée à n’être plus une messe, ni la communion une communion. Or il est d’autant plus facile de multiplier les équivoques dans la liturgie que la célébration comporte du jeu et qu’elle ne peut être figée dans un carcan ; telle omission d’un geste, en effet, n’est pas forcément hérétique, telle nouvelle rubrique n’est pas forcément une négation caractérisée, tel silence peut être sans importance ; mais la modification systématique et orientée des gestes et des attitudes, la multiplication intentionnelle des silences calculés arrive à fausser la liturgie et à rendre invalides les sacrements. Sans mauvaise conscience, 



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Itinéraires 148, décembre 1970 

Père Calmel 

     Que, à la faveur du nouvel Ordo polyvalent et équivoque, il se célèbre un nombre croissant de messes invalides qui trompent honteusement les fidèles, qui insultent le Seigneur Jésus-Christ dans le don suprême de son Cœur divin, comment éviter d’en tenir pour responsable le suprême pontife ? En effet, avec une prétention sans exemple dans toute l’histoire, il a fait travailler à la composition du missel -livre catholique du saint-sacrifice- cinq messieurs protestants, pour qui le sacrifice de la messe est une douce plaisanterie papiste. 



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Sermon de Lille, 29 août 1976 

Mgr Lefebvre 

     Et voici que, alors que je fais une œuvre tout à fait semblable à celle que j’ai accomplie pendant trente années, tout à coup je suis suspens a divinis, peut-être bientôt excommunié, séparé de l’Eglise, renégat, que sais-je ? Est-ce possible ? Est-ce donc que ce que j’ai fait pendant trente ans était susceptible aussi d’une suspens a divinis ? Je pense au contraire que si à ce moment-là j’avais formé les séminaristes comme on les forme maintenant dans les nouveaux séminaires, j’aurais été excommunié. Si j’avais à ce moment-là enseigné le catéchisme que l’on enseigne aujourd’hui, on m’aurait dit hérétique. Et si j’avais dit la Sainte Messe comme on la dit maintenant, on m’aurait dit suspect d’hérésie, on m’aurait dit aussi hors de l’Eglise.  

      (…) C’est le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ que nous voulons, et nous professons notre foi en disant que Notre Seigneur Jésus-Christ est Dieu. Et c’est pourquoi nous voulons aussi la messe de saint Pie V. Pourquoi ? Parce que cette messe est la proclamation de la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ. La nouvelle messe est une espèce de messe hybride qui n’est plus hiérarchique, qui est démocratique, où l’assemblée prend plus de place que le prêtre. Et donc ce n’est plus une messe véritable, qui affirme la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ. Comment Notre Seigneur Jésus-Christ est-Il devenu Roi ? Il a affirmé sa royauté par la Croix : « Regnavit a ligno Deo », Jésus-Christ a régné par le bois de la Croix. Car il a vaincu le péché, Il a vaincu le démon, Il a vaincu la mort par Sa Croix ! C’est donc trois victoires magnifiques de Notre Seigneur Jésus-Christ. On dira que c’est du triomphalisme. Eh bien ! oui, d’accord, nous voulons bien le triomphalisme de Notre Seigneur Jésus-Christ. Et c’est pourquoi nos ancêtres ont construit ces magnifiques cathédrales. (…) 

     Nous ne sommes contre personne. Nous ne sommes pas des commandos. Nous ne voulons de mal à personne. Nous voulons seulement qu’on nous laisse professer notre foi en Notre Seigneur Jésus-Christ. Et au contraire, à cause de cela on nous chasse de nos églises, on chasse ces pauvres prêtres qui disent le Messe traditionnelle par laquelle ont été sanctifiés tous nos saints et nos saintes : sainte Jeanne d’Arc, le saint curé d’Ars, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.  



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Ordinations sacerdotales,Ecône, 29 juin 1976 

Mgr Lefebvre 

     Cette nouvelle messe est un symbole, une expression, une image d’une foi nouvelle, d’une foi moderniste. Si la Très Sainte Eglise a voulu garder tout au cours des siècles ce trésor précieux qu’elle nous a donné du rite de la sainte messe qui a été canonisé par saint Pie V, ce n’est pas pour rien. C’est parce que dans cette messe se trouve toute notre foi, toute la foi catholique, la foi dans la Très Sainte Trinité, la foi dans la Rédemption de Notre Seigneur Jésus-Christ, la foi dans le Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ qui a coulé pour la rédemption de nos péchés, la foi dans la grâce surnaturelle qui nous vient par tous les sacrements. 

Voilà ce que nous croyons en célébrant le saint sacrifice de la messe de toujours. Cela est une leçon de foi, et en même temps une source de notre foi, indispensable pour nous en cette époque où notre foi est attaquée de toutes parts. Nous avons besoin de cette messe véritable, de cette messe de toujours, de ce sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ pour réellement remplir nos âmes du Saint Esprit et de la force de Notre Seigneur Jésus-Christ. 

     Or, il est évident que le rite nouveau suppose une autre conception de la religion catholique, une autre religion. Ce n’est plus le prêtre qui offre le saint sacrifice de la messe, c’est l’assemblée. Or ceci est tout un programme. Désormais c’est l’assemblée qui remplace l’autorité dans l’Eglise, c’est l’assemblée épiscopale qui remplace le pouvoir des évêques, c’est le conseil presbytéral qui remplace le pouvoir de l’évêque dans le diocèse, c’est le nombre qui commande désormais dans la sainte Eglise. Et ceci est exprimé dans la messe précisément parce que l’assemblée remplace le prêtre. A tel point que maintenant beaucoup de prêtres ne veulent plus célébrer la sainte messe quand il n’y a pas d’assemblée. 

Tout doucement c’est la notion protestante de la messe qui s’introduit dans la sainte Eglise. 

Et la nouvelle messe est l’expression de cette idée que l’autorité se trouve dans la base et non plus en Dieu. Cette messe n’est plus une messe hiérarchique, c’est une messe démocratique. Et ceci est très grave. C’est l’expression de toute une nouvelle idéologie. On a fait entrer l’idéologie de l’homme moderne dans nos rites les plus sacrés. Et c’est ceci qui corrompt actuellement toute l’Eglise. Par cette idée de pouvoir accordé à la base dans la sainte messe, on a détruit le sacerdoce. On détruit le sacerdoce. 



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Homélie à Friedrichshafen, 1er novembre 1990 

Mgr Lefebvre 

     Alors je pense que jamais la puissance du démon n’a été aussi forte que de nos jours, que jamais les attaques du démon n’ont été aussi profondes et aussi habiles, aussi destructrices que de nos jours. Pourquoi ? Parce qu’il s’est servi des autorités de l’Eglise pour détruire le sacerdoce. Jusque-là il n’avait jamais réussi ce coup de maître. Oui, de nos jours, le démon s’est servi des autorités de l’Eglise pour détruire le sacerdoce et l’autel. C’est un fait. Ça n’est pas quelque chose qui va se passer dans le futur. Ce sont des évènements et des circonstances auxquels nous assistons, dont nos sommes témoins. 

     Et comment cela est-il arrivé ? Eh bien, on a réuni un concile dans un esprit se rapprochant du protestantisme. Puisque les protestants ne croient pas aux sacrements, au sacerdoce, ne croient pas au sacrifice de la messe comme sacrifice pour réparer les péchés, ils détruisent la messe et le sacerdoce. Eh bien, le démon a réussi à faire en sorte que les autorités de l’Eglise soient favorables d’une certaine manière à l’entrée de ces principes destructeurs à l’intérieur de l’Eglise – par l’œcuménisme. Pour se rapprocher des protestants – car c’est cela l’œcuménisme – on a fait cette nouvelle messe. 

     Pourquoi une nouvelle messe ? La messe de l’Eglise qui a été célébrée pendant vingt siècles, on a cru opportun de la changer en nous disant explicitement que c’était pour pouvoir éventuellement offrir le sacrifice avec les protestants, pour faire une espèce d’intercommunion. En faisant cela évidemment on a détruit aussi le sacrifice de la messe. Si la nouvelle messe n’est pas nécessairement invalide, elle est empoisonnée, empoisonnée par ses mauvais principes, empoisonnée parce qu’elle fait disparaître en quelque sorte l’idée du sacrifice de la messe, du sacrifice de la croix. 

     Or ceci est d’une importance capitale voyez-vous, c’est la racine même du catholicisme. Le catholicisme est essentiellement basé sur la croix. Si nous n’avons plus la notion du sacrifice de la croix, si nous perdons la notion du sacrifice de la messe continuant le sacrifice de la croix, nous ne sommes plus catholiques. C’est dans cette foi que nous trouvons toutes les ressources des grâces, dans la croix de Jésus, dans le cœur de Jésus ouvert, c’est en contemplant sa tête couronnée d’épines, ses mains transpercées, oui, c’est là que nous trouvons toutes les grâces de résurrection, toutes les grâces de rédemption dont nous avons besoin. Si nous supprimons le sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ sur nos autels, si nos autels ne reproduisent plus le sacrifice de la croix de Jésus, il ne reste plus qu’une eucharistie, c’est-à-dire un repas, un partage, une communion. Ce n’est plus l’esprit de l’Eglise catholique. L’Eglise catholique est essentiellement fondée sur la croix, sur l’esprit de sacrifice. 



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Homélie pour une 1ère messe, Poitiers Mgr Lefebvre 

     La Très Sainte Messe, par exemple, qui est le résumé de notre foi, qui est précisément notre catéchisme vivant, la Très Sainte Messe est dénaturée, elle est devenue équivoque, ambigüe. Les protestants peuvent la dire, les catholiques peuvent la dire. (…) je crois qu’il est en effet très dangereux de s’habituer à suivre la messe nouvelle, parce qu’elle ne représente plus notre catéchisme de toujours, parce qu’il y a des notions qui sont devenues protestantes, il y a des idées protestantes qui ont été introduites dans la nouvelle messe. Tous les sacrements ont été d’une certaine manière dénaturés. On les considère désormais comme s’ils étaient une initiation pour entrer dans une collectivité religieuse. Ce n’est pas cela les sacrements. 

     Les sacrements nous donnent la grâce et font disparaître en nous nos péchés en nous donnant la vie divine, la vie surnaturelle. Nous ne sommes pas seulement dans une collectivité religieuse purement naturelle, purement humaine ! C’est pourquoi nous sommes attachés à la sainte messe. Nous sommes attachés à la sainte messe parce qu’elle est le catéchisme vivant. Ce n’est pas seulement un catéchisme qui est inscrit et imprimé sur des pages qui peuvent disparaître, sur des pages qui ne donnent pas la vie en réalité. Notre messe est le catéchisme vivant, c’est notre Credo vivant. 

     Le Credo n’est pas autre chose que l’histoire, je dirais, que le chant en quelque sorte de la rédemption de nos âmes par Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous chantons les louanges de Dieu, les louages de Notre Seigneur, notre Rédempteur, notre Sauveur qui s’est fait homme pour verser son Sang par le baptême, par tous les sacrements et qu’ainsi nous ayons participation à la nature de Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, à sa nature divine par l’intermédiaire de sa nature humaine. Ainsi serons-nous admis dans la famille de la Très Sainte Trinité pour l’éternité. Voilà notre vie chrétienne, voilà notre Credo. Si la messe n’est plus la continuation de la Croix de Notre Seigneur, du signe de sa rédemption, si la messe n’est plus la réalité de sa rédemption, ce n’est plus notre Credo. Si la messe n’est plus qu’un repas, une eucharistie, un partage, si l’on peut s’asseoir autour d’une table et prononcer simplement les paroles de la consécration au milieu du repas, ce n’est plus notre sacrifice de la messe. Et si ce n’est plus le Saint Sacrifice de la Messe, ce n’est plus la rédemption de Notre Seigneur qui s’accomplit. Nous avons besoin de la rédemption de Notre Seigneur, nous avons besoin du Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est venu sur terre pour nous donner son Sang, pour nous communiquer sa Vie. Nous sommes créés pour cela, et notre sainte messe nous donne le Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ. A la messe, son sacrifice continue réellement, Notre Seigneur est réellement présent dans son Corps, dans son Sang, dans son Âme et sa Divinité. C’est pour cela qu’Il a créé le Sacerdoce et pour cela qu’il y a de nouveaux prêtres. Et c’est pour cela que nous voulons faire des prêtres qui continueront la rédemption de Notre Seigneur Jésus-Christ. Toute la grandeur, la sublimité du sacerdoce, la beauté du prêtre est de célébrer la sainte messe, prononcer les paroles de la consécration, faire descendre Notre Seigneur Jésus-Christ sur l’autel, continuer son Sacrifice de la Croix, répandre son Sang sur les âmes par le baptême, par l’Eucharistie, par le sacrement de pénitence. 

     Oh ! La beauté, la grandeur du sacerdoce, une grandeur dont nous ne sommes pas dignes ! Dont aucun homme n’est digne. Notre Seigneur a voulu faire cela. Quelle grandeur ! Quelle sublimité !    

     (…) Voilà pourquoi nous sommes attachés à la sainte messe. Et la sainte messe est l’expression du Décalogue. Qu’est-ce que le Décalogue, sinon l’amour de Dieu et du prochain ? Qu’est ce qui réalise le mieux l’amour de Dieu et l’amour du prochain sinon le Saint Sacrifice de la Messe ? Dieu reçoit toute gloire par Notre Seigneur et par son sacrifice. Il ne peut pas y avoir d’acte de charité plus grand pour les hommes que le sacrifice de Notre Seigneur. Y a-t-il un acte de charité plus grand que de donner sa vie pour ceux que l’on aime ? dit Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même. Et en même temps, si l’on y réfléchit, c’est par le sainte sacrifice de la messe que se réalise le Décalogue, car c’est le plus grand acte d’amour que Dieu puisse avoir de la part d’un homme, et le plus grand acte d’amour que nous puissions avoir de la part de Dieu pour nous, et la charité, comme dit saint Paul est la perfection du précepte, l’accomplissement des commandements. 

     Le Saint Sacrifice de la Messe est là qui continue le Sacrifice de la Croix. Les Sacrements ne sont que le rayonnement du Sacrement de l’Eucharistie. Tous les autres sacrements, en quelque sorte, sont comme les satellites du sacrement de l’Eucharistie. Depuis le Baptême jusqu’à l’Extrême-Onction en passant par tous les autres sacrements, ils ne sont que le rayonnement de l’Eucharistie, parce que toute grâce vient de Jésus-Christ qui est présent dans la Sainte Eucharistie. Dans la messe, le sacrement et le Sacrifice sont intimement unis. 

     On ne peut pas séparer le sacrifice du sacrement. Le catéchisme du concile de Trente explique cela magnifiquement. Il y a deux grandes réalités dans le Sacrifice de la Messe : le sacrifice et le sacrement, le sacrement dépendant du sacrifice, fruit du sacrifice. C’est cela toute notre sainte religion et c’est pourquoi nous sommes attachés à la Sainte Messe. Vous comprendrez maintenant, mieux peut-être que vous ne l’avez compris jusqu’ici, pourquoi nous défendons cette Messe, la réalité du sacrifice de la Messe. Elle est la vie de l’Eglise et la raison d’être de l’Incarnation de Notre Seigneur Jésus-Christ. Et c’est la raison d’être de notre existence que de nous unir à Lui dans le Sacrifice de la Messe. 

     Alors si on veut dénaturer notre Messe, nous arracher en quelque sorte notre Sacrifice de la Messe, nous poussons des cris ! Nous sommes déchirés et nous ne voulons pas qu’on nous sépare du Saint Sacrifice de la Messe. Voilà pourquoi nous maintenons fermement notre Sacrifice de la Messe. Et nous sommes persuadés que notre Saint Père le Pape ne l’a pas interdit et qu’on ne pourra jamais interdire de célébrer le Saint Sacrifice de la Messe de toujours. 

     D’ailleurs le Pape saint Pie V a dit d’une manière solennelle, définitive, que quoi qu’il arrive dans le futur, on ne pourrait jamais empêcher un prêtre de célébrer le Sacrifice de la Messe et que toutes les excommunications, toutes les suspenses, toutes les peines qui pourraient advenir à un prêtre parce qu’il célèbre ce Saint Sacrifice seraient nulles de plein droit. Pour l’avenir : « in futuro, in perpetuum. » Par conséquent, nous avons la conscience tranquille quoi qu’il arrive. Si nous pouvons être dans l’apparence de la désobéissance, nous sommes dans la réalité de l’obéissance. Voilà notre situation. Et il est bon que nous l’expliquions parce que nous continuons l’Eglise. (…) 

     On ne peut pas être hors de la vérité lorsqu’on continue ce qui s’est fait pendant deux mille ans et parce qu’on croit uniquement ce qui a été cru pendant deux mille ans. Ce n’est pas possible. Encore un fois, il nous faut répéter cette parole, et la répéter toujours : Jesus Christus heri, hodie et in saecula. Si je suis avec le Jésus-Christ d’hier, je suis avec le Jésus-Christ d’aujourd’hui et je suis avec le Jésus-Christ de demain. Je ne puis pas être avec le Jésus-Christ d’hier sans être avec celui de demain. Et c’est parce que notre Foi est celle du passé qu’elle est aussi celle de l’avenir. Si nous ne sommes pas avec la Foi du passé, nous ne sommes pas avec la Foi du présent, nous ne sommes pas avec la Foi de l’avenir. Voilà ce qu’il faut toujours croire, voilà ce qu’il faut maintenir à tout prix et ce sans quoi nous ne pouvons pas être sauvés. 



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Jubilé sacerdotal de ses cinquante ans de sacerdoce, Paris, 23 septembre 1979 Mgr Lefebvre

      (...) La notion du sacrifice est une notion profondément chrétienne et profondément catholique. Notre vie ne peut se passer du sacrifice dès lors que Notre Seigneur Jésus-Christ, Dieu lui-même, a voulu prendre un corps comme le nôtre et nous dire : « Suivez-moi, prenez votre croix et suivez-moi si vous voulez être sauvés » et Il nous a donné l’exemple de la mort sur la Croix, Il a répandu son Sang. Oserions-nous, nous ses pauvres créatures, pécheurs que nous sommes, ne pas suivre Notre Seigneur en imitant son sacrifice, en portant notre Croix ? Voilà tout le mystère de la civilisation chrétienne, voilà ce qui est la racine de la civilisation chrétienne, de la civilisation catholique : c’est la compréhension du sacrifice dans sa vie, dans la vie quotidienne. Il y a une intelligence chrétienne de la souffrance : on ne doit plus considérer la souffrance comme un mal insurmontable, comme une douleur insurmontable, mais partager ses souffrances et sa maladie avec les souffrances de Notre Seigneur Jésus-Christ, en regardant la Croix, en assistant à la sainte messe qui est la continuation de la Passion de Notre Seigneur sur le Calvaire. 

     Lorsqu’on comprend la souffrance à cette lumière, alors la souffrance peut devenir une joie, parce qu’elle est unie aux souffrances de Notre Seigneur, unie à celles de tous les martyrs, unie à celles de tous les saints, de tous les catholiques, de tous les fidèles qui souffrent dans le monde, unie à la Croix de Notre Seigneur et toutes ces souffrances deviennent un trésor inexprimable, un trésor ineffable, elles acquièrent une efficacité extraordinaire pour la conversion des âmes, pour le salut de notre propre âme. Beaucoup d’âmes saintes, beaucoup d’âmes chrétiennes ont même désiré souffrir, parce qu’elles voulaient s’unir davantage à la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ. Voilà la civilisation chrétienne. 



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Jésus est en agonie, Itinéraires 155, juillet-août 1971 

Père Calmel 

     Le modernisme n’attaque pas en face mais en dessous et sournoisement, en introduisant partout l’équivoque. Dès lors professer la foi en face d’autorités modernistes c’est se refuser à toute équivoque, aussi bien dans les rites que dans la doctrine. C’est s’en tenir à la Tradition car elle est, tant pour les définitions dogmatiques que pour l’ordonnance rituelle, nette, loyale et irréprochable. Pour les rites de la messe notamment, voyons bien que nous ne confesserons pleinement la foi de l’Eglise dans la messe, que nous ne réprouverons catégoriquement la mortelle ambiguïté moderniste qu’en maintenant, dans la célébration elle-même, le rite traditionnel, plus que millénaire, qui ne donne aucune prise à l’hérésie. 

     Accepter les rites nouveaux, serait-ce en y mettant une réelle piété, serait-ce même en prêchant droitement sur la messe, ne serait certainement pas une confession de fois qui ne laisse pas d’échappatoire, ni une réprobation suffisante de l’hérésie dans sa forme actuelle. Si nous acceptons en effet la célébration nouvelle polyvalente, nous voici engagés par cette concession sur le chemin du reniement en acte ; que peuvent faire alors les attestations verbales ou les gestes pieux ? Face à des autorités qui veulent imposer le mensonge sous sa pire forme – la forme moderniste – et au milieu d’un peuple chrétien déconcerté par cette imposture sans précédent, nous voyons tout de suite que confesser pleinement la foi dans l’Eglise qui garde la messe véritable c’est d’abord continuer de célébrer la messe de toujours. S’il est très vrai que cela ne va pas sans peine, il est non moins vrai que l’Eglise dont nous célébrons la vraie messe nous donne, par cela même, de supporter cette peine avec vaillance et légèreté. 



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La contemplation des saints, Itinéraires 76, septembre-octobre 1963 

Père Calmel 

     Quand nous trouvons par exemple un de ces petits villages languedociens, quand notre regard au détour du sentier découvre une vieille ferme ou une vieille chapelle, il nous suffit de regarder avec un peu d’attention pour admirer la sûreté, l’intelligence, la solidité de ces architectures rustiques. Tout a été aménagé avec sagesse, posé avec amour, aussi bien la charpente que les ferrures, aussi bien les pierres du seuil que les briques taillées de l’encadrement de la porte. On se dit qu’une sensibilité très affinée, très rigoureuse vivait dans ces artisans, qu’ils avaient hérité d’immenses trésors de sagesse et qu’ils ne les avaient pas dispersés. 



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Réclamation au Saint Père, Itinéraires 190, février 1975 

Père Calmel 

Les innovations postconciliaires ne sont pas un ensemble plus ou moins disparates de modifications. C’est un système. 



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Ces pages se poursuivent avec le témoignage implicite puis explicite, à titre de témoignages ad hominem, par des membres du clergé aux idées bonnes en général, mais reconnus par la Rome moderne, moderniste, de la légitimité du bon combat pour la foi et les organes de la foi comme la messe de toujours, mené par les catholiques fidèles au XXe siècle, dont Mgr Lefebvre prit la défense. 


Trois témoignages ad hominem 


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« Précieuse résistance » : c’est ainsi que s’intitule l’éditorial de la Lettre aux amis et bienfaiteurs de la Fraternité Saint Pierre n°106 de mars 2021. L’abbé Benoît-Paul Joseph nous invite à nous souvenir du courage exemplaire dont firent preuve de nombreux catholiques au cours des années 1970 et au-delà pour conserver pieusement l’héritage de la liturgie romaine traditionnelle qu’ils avaient reçu de leur Mère l’Eglise, face à la révolution qui se couvrait de l’apparence de l’obéissance : « Ce sont eux, qui, dans la période postconciliaire, marquée par le désordre et l’anarchie, où les expérimentations liturgiques les plus scandaleuses allaient de pair avec les remises en cause théologiques les plus graves, au point que le pape Paul VI lui-même a parlé « d’auto-démolition de l’Eglise » et « d’apostasie pratique diffuse », ont résisté à ce raz-de-marée en s’arrimant solidement aux moyens de sanctification « antiques et vénérables » dont parle Benoît XVI dans le Motu proprio. Sans ces prêtres et ces fidèles légitimement déterminés, que l’on a qualifiés dédaigneusement de « traditionnalistes », parfois même d’« intégristes », nul ne peut dire si l’autorité de l’Eglise aurait ensuite normalisé la célébration de la messe dite traditionnelle (…). (…) par piété filiale et pour ne pas tomber dans l’irénisme, il est bon que nous nous en rappelions. »  


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Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, dans le chapitre VIII de son livre Christus vincit (éditions Contretemps, 2020, p. 160) : « C’est surtout Mgr Lefebvre (bien qu’il ne soit pas le seul à l’avoir fait) qui a commencé, avec une franchise semblable à celle de certains Pères majeurs de l’Eglise, à protester contre la destruction de la foi catholique et de la sainte messe qui se produisait dans l’Eglise et qui était soutenue, ou du moins tolérée, jusque par de hautes autorités du Saint-Siège. Dans une lettre adressée au pape Jean-Paul II au début de son pontificat, Mgr Lefebvre a décrit avec réalisme et justesse, dans un bref synopsis, la véritable ampleur de la crise de l’Eglise. Je reste toujours impressionné par la clairvoyance et le caractère prophétique des affirmations suivantes : « Le flot des nouveautés dans l’Eglise accepté et encouragé par l’épiscopat, flot ravageant tout sur son passage : la foi, la morale, les institutions de l’Eglise, ne pouvait admettre la présence d’un obstacle, d’une résistance. Nous avions donc le choix ou de nous laisser emporter par le courant dévastateur et d’accroître le désastre, ou de résister contre vents et marées pour sauvegarder notre foi catholique et le sacerdoce catholique. Nous ne pouvions pas hésiter. (…) Les ruines de l’Eglise s’accumulent : l’athéisme, l’immoralité, l’abandon des églises, la disparition des vocations religieuses et sacerdotales sont tels que les évêques commencent à s’émouvoir. » (Lettre du 24 décembre 1978) Nous assistons aujourd’hui à l’apogée du désastre spirituel au sein de la vie de l’Eglise, que Mgr Lefebvre a souligné avec tant de vigueur il y a quarante ans déjà. » 


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Mgr Carlo Maria Vigano, ancien nonce apostolique aux Etats-Unis, a écrit, dans une lettre du 1er septembre 2020 à Stephen Kokx, du site américain Catholic Family News : « La Fraternité Saint-Pie X (…) mérite notre reconnaissance pour ne pas avoir laissé s’éteindre la flamme de la Tradition (…). Si leur fidélité a rendu inévitable la désobéissance au pape avec les consécrations épiscopales [le 30 juin 1988 a été accompli l’acte salvateur du sacre de quatre évêques par Mgr Lefebvre nonobstant la réprobation de la Rome acquise aux idées du monde, pour continuer l’œuvre de la Rédemption du divin Sauveur mise en péril par l’église concilaire], grâce à celles-ci la Fraternité a pu se protéger de l’attaque furieuse des novateurs et, par son existence même, elle a permis la libéralisation de l’ancien rite [la messe traditionnelle], jusqu’alors interdit. (…) Je considère Mgr Lefebvre comme un confesseur de la foi et je pense qu’il est désormais évident que sa dénonciation du Concile et de l’apostasie moderniste est plus pertinente que jamais. Il ne faut pas oublier que la persécution dont Mgr Lefebvre a fait l’objet de la part du Saint-Siège et de l’épiscopat mondial a surtout servi à dissuader les catholiques réfractaires à la révolution conciliaire. » 


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Un cri du cœur a spontanément jailli de l’âme de nombreux catholiques après les évènements de la décennie 1960 dans l’Eglise, douloureusement affectés par l’abandon de la foi par beaucoup et la profanation de la doctrine sacrée et de la sainte liturgie : Enfin, un évêque s’est levé ! Merci Monseigneur Lefebvre d’avoir gardé et défendu la Tradition catholique et les bonnes traditions de l’Eglise, contre vents et marées… C’est ce cri du cœur que j’ai voulu partager avec vous, moi né au milieu des années 1990, issu d’une famille classique et bien intégrée à l’Eglise, conciliaire malgré moi. La découverte de la liturgie traditionnelle grâce aux prêtres de la société fondée par Mgr Lefebvre m’a fait énormément progresser dans la foi et la charité, dans mon chemin vers Dieu, je leur en suis, à tous, profondément reconnaissant.


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