03 May
03May


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Thème et plan

Le triomphe éternel du bien sur le mal

L’attitude des gardes devant la Résurrection

Pas de vraie Résurrection sans la Croix



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DIMANCHE DE PÂQUES

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Mes bien chers amis,

Mes bien chers frères,

     Comme vous pouvez le constater par la liturgie, par les textes que l’Église nous fait dire et nous fait chanter, aujourd’hui tout est à la joie. Nous avons même repris l'Alleluia, qui veut dire « Gloire à Dieu » : Halelu-Yahvé, gloire à Dieu. La liturgie nous dit tous ces textes magnifiques, cette prose que nous venons de lire, cette hymne que nous venons de chanter il y a quelques instants, où nous avons vu combien Marie-Madeleine, qui avait approché pour la première fois le Sauveur après sa Résurrection, est toute à la joie et à la crainte.


     Mettons-nous à la place des Apôtres et des disciples qui ont vécu cesinstants absolument extraordinaires, ces instants uniques dans l’histoire del’Eglise, de la Résurrection de Notre-Seigneur. Eux, qui avaient souffert, quiavaient douté de la toute-puissance de Notre-Seigneur, qui avaient douté desa Divinité en définitive, pensaient bien que tout était fini. Et voici que toutà coup Marie-Madeleine qui a reçu cette grâce insigne d’être la première -sans doute après la très sainte Vierge qui a certainement reçu la premièrevisite de Notre-Seigneur - Marie-Madeleine qui persévère dans le désir derencontrer Notre-Seigneur, de le voir au moins, de garder le Corps de Notre-Seigneur, de pouvoir l’embaumer, ne comprend pas que ce sépulcre estouvert, que le Corps n’y est plus ; alors elle le cherche, elle le cherche envain. Et voilà que Notre-Seigneur récompense sa persévérance, récompenseson insistance, par sa présence.


     Les autres femmes qui étaient sans doute loin d’elle, ont eu aussi la joie de voir Notre-Seigneur et de courir le dire aux Apôtres qui n ont pas cru. Non credidérunt, dit l’Évangile (Mc 16, 11). Mais ils sont venus quand même au tombeau pour voir si ce que disaient les saintes femmes était vrai, et il sconstatent que Notre-Seigneur n’est plus présent. Mais eux n’ont pas encorevu Notre-Seigneur et ils doutent encore. Ils ont vu le saint suaire rangé d’un côté, les linges rangés de l’autre. Ils ont vu le sépulcre vide. Quelque chose d’extraordinaire s’est passé, mais que s’est-il passé ?

     Ils reviennent et racontent cela aux autres, ils se réunissent, et tout à coup Notre-Seigneur leur apparaît : ils sont stupéfaits, ils sont dans la crainte, ils se demandent s’ils ne rêvent pas, si vraiment ce n’est pas un esprit qu’ils voient, et non un corps. Et Notre-Seigneur leur dit : « Mais non, ce n’est pas un esprit. Voyez, je suis là, présent, au milieu de vous. Donnez-moi du miel, donnez-moi du pain et vous allez voir, je vais en manger devant vous ». Alors Notre-Seigneur prend ce miel, prend ce pain et le leur donne à manger. Ils n’en reviennent pas (cf. Le 24, 36-44). Évidemment leur cœur est à la joie, leur cœur est à l’espérance, mais ils craignent encore. Ils sont comme sous le coup d’une chose qu’ils ne peuvent pas admettre, qu’ils ne peuvent pas imaginer.

     Thomas n’était pas présent, et il vient lui aussi. Ils doutent encore et Notre-Seigneur le leur reproche : Increpavit eos propter incredulitatem (cf. Mc 16, 14). Il leur reproche cette incrédulité car enfin, il le leur avait annoncé ; il leur avait dit : « Je serai crucifié ; le troisième jour après je ressusciterai d’entre les morts » (cf. Mt 17, 21-22). Mais ils ne l’avaient pas cru. Voici qu’ils sont obligés de le constater, alors la joie remplit leur cœur. Cependant, il y a encore quelque chose qu’ils n’ont pas compris : ils pensent que Notre-Seigneur, maintenant qu’il est ressuscité, va rétablir le royaume d’Israël, que désormais Israël va triompher, le vrai royaume d’Israël. Ils ne comprennent pas encore que ce Royaume est un royaume éternel. Ils ne comprennent pas que Notre-Seigneur, dans quelques jours, dans quarante jours, va monter au Ciel et va les quitter de nouveau. Mais au cours de ces quarante jours en Galilée, Notre-Seigneur les instruit et, tout doucement, tout doucement, la lumière se fait en eux, ils vont comprendre. Ils vont comprendre que désormais, ils ont, eux aussi, à remporter la victoire. Et c’est cela que je voudrais vous dire et ce sur quoi je voudrais insister un peu.

     Si nous sommes dans la joie, dans la joie de la Résurrection de Notre-Seigneur - car enfin c’est un triomphe du bien sur le mal, c’est un triomphe de Dieu sur le démon, sur les esprits mauvais, c’est un triomphe de la vertu sur le vice, de l’éternité sur le temps, c’est le triomphe éternel de la vie contre la mort - nous devons être heureux. Créatures du Seigneur, créatures de Dieu, nous ne pouvons pas ne pas nous réjouir de penser que désormais le Ciel nous est ouvert de nouveau, que Dieu qui nous devenait inconnu, que Dieu qui nous était éloigné, devient de nouveau proche de nous, et que la voie est ouverte pour retourner à Dieu pour lequel nous avons été créés de toute éternité. Nous avons été créés pour Dieu, pour vivre en Dieu, pour jouir de Dieu pendant l’éternité. Voici que nous étions enfermés, le Ciel était clos, la voie pour aller à Dieu était obstruée. Nous ne pouvions plus y aller. Même les saints de l’Ancien Testament ne pouvaient plus aller à Dieu. Ils étaient là ; ils attendaient dans ce lieu qu’étaient les limbes, où Notre-Seigneur est allé les visiter après sa mort pour leur donner cet espoir que dans quelques jours, dans quelques moments, ils allaient pouvoir enfin trouver la béatitude éternelle.

     Eh bien, ce chemin qui est ouvert, que le Bon Dieu nous a ouvert, il nous faut le gagner ! Si Notre-Seigneur, lui, est rentré dans son éternité, si Notre-Seigneur a reçu sa gloire en définitive, si les saints de l’Ancien Testament qui l’ont accompagné sont maintenant dans leur gloire et jouissent de la vision béatifique, de la vision bienheureuse avec le Bon Dieu et s’ils sont dans la Maison du Père, nous, nous n’y sommes pas encore. Par conséquent, si nous devons nous réjouir parce que nous marchons vers ce but que nous espérons, que nous voulons et désirons obtenir, pour lequel nous sommes faits - le but de notre pèlerinage ici-bas - nous devons être pleins d’espérance, la vertu d’espérance est la grande vertu du chrétien. Nous avons, nous, désormais avec cet espoir au cœur, cette foi profonde en la Résurrection de Notre-Seigneur, en son triomphe sur le mal. 

     Nous ne devons pas oublier qu’à côté des disciples, à côté de Marie-Madeleine, à côté de la très sainte Vierge, il y avait les gardes qui gardaient le tombeau, et à côté des gardes, il y avait encore les Princes des prêtres. Qu’ont-ils fait ? Les gardes ont été stupéfaits, ils ont été renversés par terre. Ils se sont demandé ce qui leur arrivait, dit l’Évangile ; quelques-uns, pas tous (cf. Mt 28, 11). Sans doute, on peut penser que parmi eux, il y en a qui se sont convertis et qui ont dit : « Mais nous nous sommes trompés, on nous a mis là pour garder le Corps de Notre-Seigneur et voici que tout à coup, il a disparu, il est ressuscité. Nous le croyons, nous étions présents, nous ne pouvons pas ne pas y croire ». Les autres y croyaient aussi d’ailleurs, mais quelques-uns sont allés raconter cela aux Princes des prêtres, disant :« Voilà ce qui est arrivé : au milieu d’un coup de tonnerre, d’un fracas épouvantable, la pierre qui obstruait le tombeau a roulé par terre et nous nous sommes trouvés tous projetés à terre, et voici que le corps a disparu ».


     Regardez la malice de ces Princes des prêtres qui, eux, étaient possédés du démon - car le père du mensonge, c’est le démon - ils inventent un mensonge et disent : « Bien, bien, bien... Mais surtout ne répandez pas cette nouvelle. Vous direz que les Apôtres sont venus pendant la nuit, pendant que vous dormiez, et qu’ils l’ont enlevé ». Mais eux disent : « Ce n’est pas possible, nous sommes témoins du contraire. Nous l’avons vu, nous avons vu une lumière éclatante et nous avons été renversés. Un bruit extraordinaire, un véritable tremblement de terre, quelque chose s’est produit. Ce ne sont pas les Apôtres qui sont venus l’enlever, nous sommes témoins. Nous étions là. - Mais ce n’est rien, nous vous donnerons de l’argent. Combien voulez-vous ? Des sommes importantes ? Les voilà ».

     Et voilà qu’à cause de ce misérable argent, ils vont répandre la nouvelle que les Apôtres ont enlevé le Corps de Notre-Seigneur (cf. Mt 28, 11-15). Par conséquent, devant la Résurrection de Notre-Seigneur, voyez l'œuvre dudémon qui continue.


     Le démon a été vaincu par la Croix. Il a été vaincu par la Résurrection de Notre-Seigneur, mais il est là. Et tant que le monde n est pas fini, il estprésent et il luttera, et il mentira. Il dira que Notre-Seigneur n’est pas ressuscité, que Notre-Seigneur n’était pas Dieu, qu’on l’a volé. Il continuera à travers tous les siècles à mentir, et c’est ainsi que viendront les schismes, les hérésies, les persécutions contre l’Église, les persécutions contre les prêtres, les persécutions contre tous ceux qui croient en la Résurrection de Notre-Seigneur, et par conséquent nous sommes dans un monde de lutte. Nous ne devons pas l’oublier. Le démon est encore là. Il continue son œuvre, commeil l’a continuée jusqu’encore après la Résurrection de Notre-Seigneur, alors qu’à ce moment-là, tout le monde aurait dû croire. La lutte n’est pas terminée. Ne disons pas : « Gloire à Dieu, la Résurrection est venue, tout le monde est sauvé ».

     Hélas ! hélas ! Nous avons donc à conquérir nous aussi cette résurrection. Nous avons à la conquérir par la sainteté, c’est pourquoi tous les auteurs spirituels disent que notre vie spirituelle est un combat, un combat spirituel de tous les jours, combat contre les puissances des ténèbres, combat contre tous les instincts mauvais qui sont en nous, contre le péché quiest encore en nous. Nous devons lutter. Luttons courageusement, luttonsavec la persuasion qu’un jour Notre-Seigneur nous donnera la victoire, maisprenons-en les moyens. Prenons les moyens que sont la recherche de la sainteté et surtout la Croix de Notre-Seigneur qui, elle, est le chemin de laRésurrection. C’est par sa Croix que Notre-Seigneur est arrivé à sa Résur­rection. Si nous voulons, nous aussi, arriver à la Résurrection de Notre-Sei­gneur, il faut passer par la Croix ; il faut passer par la souffrance ; il faut passer par la douleur. Il faut passer par le combat et par conséquent, cetteCroix, ses disciples la connaîtront. Si la voie à Dieu est ouverte, la voie de Dieu se trouve ici à l’autel. Notre résurrection passe par l’autel, passe par la sainte messe, passe par le sacrifice de la Croix.

     Nous devons nous attacher à Notre Seigneur Jésus-Christ, et c’est grâce à l'Eucharistie que nous aurons en nous, grâce à Notre-Seigneur cru­cifié et à Notre-Seigneur maintenant ressuscité que nous mettrons en nous, dans notre corps, dans notre cœur, dans notre âme, que nous obtiendrons le gage de la résurrection, car c’est bien cela la sainte Eucharistie : c’est le gage de notre résurrection. Si nous voulons ressusciter nos âmes afin que nos corps ressuscitent aussi, nous devons nous nourrir de la Chair et du Sang de Notre-Seigneur et savoir que nous aurons à combattre au cours de cette vie contre les puissances des ténèbres. C’est cela que nous devons faire aujourd'hui et la résolution que nous devons prendre, ne pas nous complaire simplement dans un sentiment agréable de jouissance, de joie, de gloire. Certes, quelle joie pour nous de savoir que le Bon Dieu est ressuscité, que Notre-Seigneur est ressuscité et qu’il nous a ouvert le chemin du Ciel, et que désormais nous n’avons plus qu’à le suivre, suivre le chemin qu’il nous a tracé afin d’arriver dans la Maison du Père et nous réjouir tous ensemble !Mais il nous faut marcher pas à pas, courageusement, gagner tous les jours notre patrie. 

     Eh bien, que ce soit là notre résolution aujourd’hui, notre joie en même temps : promettre au Bon Dieu de le suivre, porter sa Croix comme il l’a portée afin d’arriver aussi à sa Résurrection. Nous le demanderons pour nous, nous le demanderons pour nos amis, nous le demanderons pour nos familles et nous le demanderons particulièrement aujourd’hui pour les futurs prêtres qui sont ici, afin qu’ils comprennent bien que c’est là le but du sacerdoce, le but de leur vocation : apporter Notre Seigneur Jésus-Christ aux âmes, apporter la Croix de Notre-Seigneur, réaliser le sacrifice de Notre-Seigneur afin de pouvoir sanctifier les âmes par la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est par la voie de la Croix qu’ils amèneront les âmes à la Résurrection de Notre-Seigneur.

     Nous demanderons la foi surtout à la très sainte Vierge Marie qui, elle, voyez, n’a pas eu besoin de se trouver auprès du tombeau, elle n’a pas couru avec Pierre, avec Jean, elle n’a pas douté comme Thomas, elle n’a pas eu besoin d’aller comme les saintes femmes jusqu’au tombeau pour croire à la Résurrection de Notre-Seigneur, elle y croyait. Elle le savait bien - elle était la seule à ne pas douter, elle n’a pas douté - elle savait très bien ce qui se passerait, c’est pourquoi elle n’a pas eu besoin d’aller constater que les linges de Notre-Seigneur étaient rangés, elle n’a pas eu besoin que les anges lui annoncent que Notre-Seigneur allait être en Galilée, elle le savait parfai­tement. Eh bien, nous aussi, reposons-nous dans cette foi de la très sainte Vierge, demandons-lui cette foi dans la Résurrection de Notre-Seigneur afin que nous ayons le courage de lutter pendant toute notre vie pour conquérir, avec Notre-Seigneur et avec elle, le chemin du Ciel.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.



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