03 May
03May


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Historique de l’institution du Diaconat

Qualités du Diacre

La Foi Chrétienne qui nous fait voir l’invisible essentiel

L’exemple de saint Étienne




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VIGILE DE LA PENTECÔTE

2NDS Ordres mineurs et Diaconat


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Mes bien chers amis,

Mes bien chers frères,

     Je voudrais aujourd’hui, d’une manière particulière, insister sur l’ordination que deux d’entre vous vont recevoir dans quelques instants : le diaconat. Je pense que ce qui sera dit du diaconat servira aussi pour ceux qui recevront les ordinations d’exorcistat et d’acolytat. Dans les prières qui sont dites à l’occasion de l’ordination au diaconat, il est fait allusion aux diacres choisis par les Apôtres. Car s’il est sûr par la tradition de l’Église et par l’enseignement de l’Église qu’il y a des ordres sacrés, il est certain que parmi ces ordres sacrés figure également le diaconat. Le sous-diaconat est venu postérieurement, ainsi que les ordres mineurs.

     Vous vous souvenez du récit des Actes des Apôtres dans lequel il est montré qu’à l’occasion d’un différend qu’avaient les chrétiens récemment baptisés - une communauté qui grandissait mais qu’il fallait ordonner - des contestations s’élevaient entre ceux qui étaient d’origine hébraïque et ceux qui étaient d’origine non hébraïque (tous ceux qui venaient de la diaspora),parce que ceux qui étaient, on peut dire en quelque sorte, des étrangers à Jérusalem, estimaient que leurs veuves n’étaient pas considérées et ne recevaient pas les soins qu’elles auraient dû recevoir. Ils se sont donc plaints aux Apôtres et ils leur ont dit : « Cette situation ne peut plus continuer, il faut que vous régliez ce différend ». Les Apôtres se sont réunis et ont décidé de constituer des diacres, afin, ont-ils dit, que « nous ne soyons pas pris pardes tâches trop temporelles et que nous puissions nous adonner à l’oraison et à la prédication, pour que nous soyons tout entiers à la prière et à la prédication » (cf. Actes 6, 1-4).

     C’est ainsi qu’ils décidèrent de choisir des diacres qui seraient, dirent-ils, remplis du Saint-Esprit. Ils demandèrent donc à l’assemblée de suggérer les noms de ceux qu’ils connaissaient comme étant remplis de l’esprit de sagesse et du Saint-Esprit, et ils choisirent en premier lieu Étienne. Étienne, disent les Actes des Apôtres, était, lui, rempli du Saint-Esprit, rempli de foi : Plenus fide et Spiritu Sancto (Actes 6, 5). Et il est ajouté, quelques lignes plus loin, qu’il était aussi rempli de grâce et de sagesse : Plenus grâtia et sapiéntia (cf. Actes 6, 8). Ainsi, voilà quelles doivent être les qualités des diacres.

     Tout à l’heure vous entendrez, au cours de la cérémonie qui sera faite sous vos yeux, que l’Église demande à l’évêque d’imposer les mains sur la tête de ceux qui reçoivent le diaconat, en leur disant : « Accipe Spiritum Sanctum ad robur », c’est-à-dire « pour recevoir la force de l’Esprit-Saint ». Force qui se trouvait d’une manière toute particulière dans saint Étienne, plenus fide et Spiritu Sancto, car la force se manifeste dans la foi : Estôte fortes in fide, il faut être fort dans la foi (1 Pe 5, 8-9).

     Pourquoi la foi est-elle la source de la force ? Parce que la foi nous montre les choses comme on ne les voit pas d’une manière humaine, d’une manière naturelle. La foi, c’est précisément la lumière du Saint-Esprit qui nous éclaire et qui, à travers les choses sensibles qui nous entourent, à tra­vers les choses humaines, à travers les choses temporelles, nous fait voir les choses célestes, les grandes réalités, les seules réalités qui vaillent la peine, les vraies réalités. Comme nous vivons dans une espèce de mirage, comme nous vivons dans une espèce de mythe par notre ignorance, par notre aveu­glement, par les suites du péché originel, nos yeux sont fermés aux véri­tables réalités. Les yeux de notre esprit sont fermés aux véritables réalités. Fides, dit saint Paul, est arguméntum rerum non apparéntium (cf. Hb 11, 1). La foi, c’est l’argument, c’est la preuve, c’est la vision en quelque sorte des choses qui ne sont pas de l’apparence, donc que nous ne voyons pas des yeux de notre corps. Et c’est pourquoi tant de personnes pensent qu’il n’y a rien au-delà, qu’il n’y a que les choses que nous voyons, que les choses apparentes. On ne veut pas croire aux choses qui ne sont pas apparentes. Et pourtant, c’est cela la foi.


     Combien de personnes, qui ont pourtant la foi, ont une foi diminuée, une foi éteinte en quelque sorte, une foi pauvre, dévitalisée. Pourquoi ? Parce qu’elles ne croient pas aux choses qui ne sont pas visibles ! Et pourtant il est bien dit dans le Credo : Creatorem visibilium et invisibilium. Et ces « invisibilium » sont bien plus importantes que les « visibilium ». Ce n’est rien ce que nous voyons, ce n’est rien. Ce sont des choses qui disparaîtront, ce sont des choses qui flattent notre vanité, qui flattent nos sens, mais ce n’est pas là la réalité. La réalité, elle est en Dieu. C’est lui qui est tout, d abord - tout, même dans ces choses que nous voyons.


     Ah ! Si nous avions la vision des anges, si nous avions la vision des élus, comme nous verrions que toutes ces choses qui sont ici-bas ne sont qu’un effet de la puissance de Dieu ! Nous verrions toute l'influence du Créateur dans les créatures et nous comprendrions que nous ne sommes rien et que Dieu est tout. Alors, nous comprendrions que la science qui nous découvre des choses magnifiques ici-bas, cette science ne tient et ne peut subsister, ne peut exister que par la toute-puissance de Dieu à tout instant. Voilà ce qu’est la foi. Non seulement la foi nous fait apparaître les réalités spirituelles par rapport aux réalités temporelles, mais elle nous fait apparaître bien plus encore que tout cela : les réalités surnaturelles, ce que Dieu nous a découvert de lui-même par son Fils, par la Révélation, car les choses naturelles sont bien peu de choses par rapport aux réalités surnaturelles. Dieu a voulu par une grâce absolument incroyable, extra­ordinaire, faire de nous ses fils, nous faire pénétrer dans la Trinité Sainte, nous faire pénétrer dans son mystère, dans le mystère de Dieu qui aurait pu nous être caché pour l’éternité. Dieu aurait pu garder son mystère pour lui-même pendant toute l’éternité, alors même les anges et toutes les créa­tures spirituelles n’auraient jamais pu pénétrer dans la Sainte Trinité, or voici que Dieu, par un mystère de grâce extraordinaire - comme il nous avait créés - nous a découvert ainsi sa Trinité Sainte en faisant de nous ses fils. « Désormais, je ne dirai plus de vous que vous êtes mes esclaves, mes serviteurs, mais vous êtes mes amis » (Jn 15, 15). Désormais Notre-Seigneur nous traite comme ses fils et par conséquent nous révèle les choses de sa Paternité, sa Paternité céleste, chose qui fera notre joie, notre admiration, notre bonheur pour l’éternité.


     Voilà ce que nous donne la foi, et c’est parce que nous sommes fon­dés sur ces choses-là que nous devons avoir la vertu de force, le don de force, et que nous ne devons pas craindre les choses qui se passent ici-bas. Voyez comment Étienne s’est comporté et ce qu’il a dit à ceux qui l’accusaient, qui étaient en quelque sorte jaloux de sa puissance, jaloux de ce qu’il possédait l’Esprit-Saint. Il était au milieu de ces prêtres, de ces scribes, de ces pharisiens qui l’attaquaient, comme Notre-Seigneur se trou­vait au milieu de ceux auxquels il parlait dans le Temple. Ceux qui l’enten­daient étaient stupéfaits des réponses de Notre-Seigneur, de cet enfant de douze ou treize ans. De même ils étaient stupéfaits des réponses d’Étienne. C’est le même Esprit-Saint, bien sûr, l’Esprit-Saint de Notre-Seigneur. Ille possédait comme Dieu peut posséder l’Esprit-Saint, parce que l’Esprit-Saint est Dieu et qu’il était Dieu. Saint Étienne n’en avait qu’une participa­tion évidemment infiniment plus faible que celle de Notre-Seigneur, mais Notre-Seigneur permettait que saint Étienne fût rempli de l’Esprit-Saint. Voyez comme ces gens qui constataient la puissance d’Étienne, qui ne pouvaient plus répondre à ce qu’il disait, ne croyaient pas cependant en lui. Il est même écrit dans les Actes des Apôtres qu’à un moment donné, ils ont aperçu le visage d’Étienne comme le visage d’un ange (cf. Actes 6, 15).Ils ont donc, eux, été les témoins de l’Esprit-Saint qui vivait dans Étienne. Ils l’ont aperçu et ils n’ont pas voulu le croire.


     C’est cela justement qu’Étienne leur a reproché : « Alors que vous avez eu tous les témoignages au cours de l’histoire pour vous montrer que le Christ était Dieu, que le Saint-Esprit était en Notre-Seigneur, que le Saint-Esprit était dans les prophètes, vous avez persécuté les prophètes, vous avez persécuté Notre Seigneur Jésus-Christ, vous avez donc résisté à l’Esprit-Saint. Resistitis Spiritui Sancto (Actes 7, 51), vous avez résisté à l’Esprit-Saint ». Et cela, ils ne purent le pardonner à Étienne. C’est ainsi qu’ils le martyrisèrent et qu’ils le firent disparaître (cf. Actes 6 et 7).


     Eh bien, mes chers amis, vous qui allez recevoir le diaconat, soyez aussi remplis de l’Esprit-Saint. Et j’ajouterai comme conclusion que vous devez être, vous, ces arguments : arguméntum non apparéntium. Car si la foi est la preuve de l’existence des choses qui sont au-delà des choses appa­rentes, vous, comme personnes consacrées à Dieu, vous, comme remplis de l’Esprit-Saint, vous qui allez devoir désormais prêcher l’Evangile ou mani­fester l’Évangile, manifester Notre Seigneur Jésus-Christ aux hommes, il faut que vous-mêmes vous soyez cet argument, que vous soyez cette preuve, et que les gens, vous voyant, pensent qu’il y a quelque chose de plus que les choses apparentes. Que vous soyez une source de foi pour les autres, dans tout votre comportement, non seulement dans vos paroles mais dans votre attitude, dans la sainteté de votre vie, dans la conviction avec laquelle vous leur parlerez, dans votre prière. Dans toute votre attitude, que les personnes qui vous voient soient portées à croire qu’il y a quelque chose au-delà de ce que nous voyons, et que ce quelque chose, c’est Dieu, c’est Dieu qui est tout. Qu’ainsi leur amour de Dieu grandisse et que leur foi en Dieu grandisse lorsqu’ils vous rencontrent. Que ce soit là votre idéal, que ce soit là votre désir. Que votre vie soit une occasion pour les personnes que désormais la Providence vous fera rencontrer, de mieux connaître Notre Seigneur Jésus-Christ et de l’aimer davantage. Ainsi, votre vie sera belle, votre vie sera vrai­ment telle que vous la souhaitez vous-mêmes maintenant certainement.


     Nous demanderons tous ensemble, au cours de cette cérémonie - pour vous mes chers amis qui allez recevoir aussi les ordres mineurs, et pour les deux diacres - nous demanderons que les grâces du Bon Dieu descendent en abondance en eux, afin qu’ils soient vraiment les témoins de Notre Sei­gneur Jésus-Christ, les témoins forts, courageux, et qu’ainsi le Bon Dieu leur donne un jour la récompense de leur courage, la récompense de leur témoignage et la récompense de leurs souffrances et de leurs épreuves ; car si Notre-Seigneur a été persécuté, si saint Étienne a été martyrisé, il n’y a pas de raison que nous, qui sommes les témoins de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous puissions espérer vivre une vie tranquille, sans souffrance et sans douleur. Nous devons suivre Notre-Seigneur, porter sa Croix avec lui et, par conséquent, nous devons penser que si nous recevons des épreuves, nous ne faisons que suivre notre Maître. 

     Nous demanderons évidemment à la très sainte Vierge Marie qui est la mère du Prêtre par excellence, qui elle aussi a souffert et a suivi Notre-Seigneur jusqu’au Calvaire, d’être comme elle les témoins de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.



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