1. La nature (déchue) n’a jamais d’autre fin qu’elle-même. | 1. La grâce (c’est-à-dire la nature vraie, restaurée par la grâce du Sauveur) fait tout pour Dieu, en qui elle se repose comme en sa fin. |
2. La nature ne veut point être ni mortifiée, ni vaincue, ni être soumise, ni se soumettre. | 2. La grâce porte à se mortifier, résiste à la sensualité, n’affecte pas de jouir de sa propre liberté (Libéralisme !) |
3. La nature travaille pour son intérêt propre, et calcule le gain qu’elle peut tirer des autres. (Exploitation de l’homme par l’homme.) | 3. La grâce ne recherche ni son utilité ni son avantage propre, mais ce qui peut être utile à plusieurs. (Dévouement au prochain.) |
4. La nature aime les honneurs (Surtout quand ils sont accompagnés du traitement.) | 4. La grâce rend fidèlement l’honneur et la gloire à Dieu. |
5. La nature aime l’oisiveté. (Un des principes les plus féconds de l’immoralité.) | 5. La grâce embrasse volontiers le travail. (Le travail embrassé selon Dieu est essentiellement moralisateur.) |
6. La nature convoite les biens du temps. (Comme si le bonheur était dans leur possession.) | 6. La grâce aspire aux biens éternels, ne s’attache point à ceux du temps, et a son Trésor dans le Ciel où rien ne se perd. (C’est pour cela que nous donnons volontiers aux pauvres.) |
7. La nature est cupide, et reçoit plus volontiers qu’elle ne donne. | 7. La grâce est désintéressée, se contente de peu, et juge plus heureux de donner que de recevoir. |
8. La nature incline vers les créatures, la propre chair, la vanité, la distraction. | 8. La grâce mène à Dieu, à la vertu, hait les désirs de la chair, réprime nos écarts. |
9. La nature fait tout pour le gain et l’intérêt propre. (C’est l’égoïsme partout.) | 9. La grâce ne recherche aucun avantage temporel, et ne demande d’autre récompense que Dieu. (Principe de dévouement et de désintéressement.) |
10. La nature sourit aux puissants et flatte les riches. (Prétendant attirer sur elle comme une ombre, un reflet de la puissance et des richesses d’autrui.) | 10. La grâce est plus portée vers le pauvre que vers le riche, et sympathise plus volontiers avec l’innocent qu’avec le puissant. (S’inclinant vers les plus faibles, elle leur apporte un appui, et reçoit d’eux une recommandation devant Dieu.) |
11. La nature ramène tout à elle-même. (Comme pour dominer tout, et alors elle crie à l’égalité.) | 11. La grâce ramène tout à Dieu, principe de toutes choses : (et c’est l’ordre vrai, en dehors duquel il n’y a pas de liberté.) |
12. La nature veut paraître à l’extérieur et veut que ses sens goûtent par leur expérience propre de beaucoup de choses. (En cela semblable à Ève qui voulut voir, et toucher, et goûter) | 12. La grâce n’a cure de ce qui est nouveauté ou curiosité : elle sait que tout cela est l’effet de l’antique corruption (de la nature, dont nous sommes rachetés et délivrés par Notre Seigneur Jésus-Christ). |