11 Feb
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Chronique de l'Eglise occupée et des catholiques fidèles à la Tradition et au bon combat de la Foi

1958-1969


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Le désiré des synagogues temporelles et de leurs loges : un concile excommunié par la Tradition de la sainte Eglise romaine

 

« Le concile a été investi par les forces progressistes. Nous l’avons éprouvé, senti, et quand je dis « nous », j’entends la majorité des pères du concile à ce moment-là. Nous avons eu l’impression qu’il se passait quelque chose d’anormal. »
Mgr Lefebvre, Lettre ouverte aux catholiques perplexes, p. 136

« (…) l’inspiration fondamentale du Modernisme et du Progressisme est bien la même : mépris agressif du passé et de la tradition, adoration aveugle et irrationnelle du futur, croyance au progrès fatal et continu, etc. »
Louis Jugnet, revue Itinéraires n°86, Face au modernisme


« Le problème des années soixante était d’acquérir les valeurs mieux exprimées par deux siècles de culture libérale, ceci a été fait [par Vatican II]. »
Cardinal Ratzinger, revue Jésus, novembre 1984

« Pourquoi les papes sont-ils restés si isolés dans la résistance à la révolution libérale ? (…) il semble certain que ce sont les papes eux-mêmes qui portèrent la principale responsabilité avec leur politique du ralliement, qui eut toujours comme conséquence néfaste l’accession d’évêques libéraux à la tête des diocèses, car seuls capables de rapports gracieux avec les gouvernements révolutionnaires. Ce fut une stratégie très proche du suicide, car (…) ils permirent au plus grand obstacle à leur propre autorité papale de s’interposer : l’autorité épiscopale (…). »

Abbé Calderon, Prométhée – la religion de l’homme, Clovis, 2024, p.228

« Je crois que le culte divin, tel que le règlent la liturgie, le cérémonial, le rituel et les préceptes de l’Eglise Romaine, subira prochainement, dans un concile œcuménique, une transformation (…) qui le mettra en harmonie avec l’état nouveau de la conscience et de la civilisation chrétienne.» 

Ex-chanoine Roca, prêtre apostat, La fin de l’ancien monde, 1886 


« L’alliance de Jésus-Christ et de son Eglise est éternelle, il sera toujours avec elle comme Dieu de vérité et de sainteté, il l’a établie sur Pierre et ses successeurs comme un roc inébranlable. Les marques distinctives de véritable épouse de Jésus-Christ subsisteront toujours en elle. Le sacrifice de l’autel s’offrira toujours et les aigles, les vrais fidèles, se rassembleront autour du Corps de l’Homme-Dieu. La Chaire de Pierre restera toujours leur point de ralliement.» 

Père de Clorivière sj, Vues sur la révolution, 1794 


Bilan de l'œuvre des papes depuis la révolution jusqu'à Pie XII :

  • Leur enseignement concorde avec la Tradition de l’Eglise : leurs allocutions, encycliques, brefs, bulles, constitutions apostoliques et autres textes sont émaillées de références aux Pères de l’Eglise, aux conciles, à leurs prédécesseurs, aux grands docteurs catholiques tels saint Thomas d’Aquin, à la liturgie latine, …

  • Ils avaient conscience des ennemis de l’Eglise, les francs-maçons et les communistes en particulier.

  • Ils restent humains, tous leurs actes ne sont pas couverts par l’infaillibilité. Ils ont été parfois tentés de se rapprocher du monde dans ses gouvernants imbus des principes maçonniques de fausse liberté et égalité, par une politique à courte vue voire pusillanimité pour certains, alors que d’autres restèrent fermes.

  • Ils ont maintenu la constitution divine de l’Eglise dans les faits en gouvernant en monarque, entouré de ses conseillers et assistants dans la Curie romaine.

  • Ils ont maintenu les dogmes, la morale, le culte, les sacrements dans la lignée du concile de Trente et le souffle du premier concile du Vatican.




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25 janvier 1959 

Jean XXIII annonce la convocation d’un concile œcuménique, la réunion d’un synode du diocèse de Rome et la réforme du code de droit canonique.


Phase antépréparatoire

18 juin 1959 

Lettre du cardinal Tardini invitant les évêques et les prélats à lui envoyer leurs vota en vue du Concile (consultation étendue le 13 juillet aux nonces et le 18 juillet aux universités catholiques).

22 août 1959 

Vota de Mgr de Proenca Sigaud pour le concile

« Tout restaurer dans le Christ. [...] De nombreux Catholiques sont fortement tentés de traiter le communisme de la même manière dont, au siècle dernier, l’Église traitait le libéralisme, et tel qu’il est encore traité de nos jours. [...] La coopération avec le communisme aura toujours pour issue la destruction de l'Église.La solution aux difficultés actuelles ne se trouve pas avant tout dans les conférences internationales, mais dans une nouvelle christianisation des mœurs. Si Dieu et son Christ étaient placés à la base de la vie individuelle, familiale et nationale, les forces mêmes de la nature exigeraient des solutions naturelles, qui devraient être soutenues par l’intellect et la bonne volonté des hommes. [...] 

Si le Concile œcuménique présentait un programme positif d’action contre-révolutionnaire et de construction de la Chrétienté, avec ses aspects concrets, et convoquait dans ce but les catholiques, je crois que l’on assisterait alors à l’aube du Règne du Sacré Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie.»


Vota de Mgr Lefebvre pour le concile 

Les vota de Mgr Lefebvre montrent un homme attentif à la rigueur doctrinale et disciplinaire, demandant des définitions et des affirmations doctrinales (définition de la médiation universelle de Marie, explication du dogme «hors de l’Église, point de salut», etc.), souhaitant la condamnation des erreurs (par exemple celles d’Yves Congar), mais aussi un évêque soucieux d’adaptation pratique, d’organisation efficace et de simplification. Ses préoccupations n’étaient pas seulement doctrinales ; elles étaient également pragmatiques, comme le montrent, par exemple, ses souhaits concernant l’accélération des procès en nullité de mariage, la simplification et l’adaptation des règles relatives aux bénéfices ecclésiastiques, l’élargissement du pouvoir d’entendre les confessions, et l’extension de la possibilité de célébrer la messe le soir. C’est aussi pour des raisons pratiques qu’il préconisait une réforme de la Congrégation de la Propagande, l’augmentation du nombre des évêques, l’adaptation des cérémonies du baptême et du catéchuménat, ainsi que la simplification du costume ecclésiastique. Mgr Lefebvre, prélat missionnaire, était donc un homme de doctrine, mais également pragmatique, soucieux d’adaptations et de rénovations pratiques.


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Phase préparatoire

Janvier 1960 

Mgr Roméo, revue Divinitas :

« [...] On en est ainsi arrivé à la “théologie nouvelle’’, qui s'inspire des slogans du moment, de la “morale nouvelle ”, qui veut satisfaire les passions humaines et abolir la notion et le sens du péché ; de l’“histoire nouvelle”, qui consacre l’historicisme, ou le triomphe du fait ; du “droit nouveau ”, qui proclame la liberté du mal et de ceux qui sont suffisamment puissants pour pouvoir tout se permettre ; de la “psychologie nouvelle”, basée sur la psychanalyse pansexuelle ; de la “pédagogie nouvelle”, qui satisfait tous les instincts ; de l’“art sacré nouveau ”, qui exalte le surréalisme et le conceptualisme des charlatans. Le terme “principes ”, autrefois si employé, est en train de disparaître de la circulation [...]. Les progressistes d’aujourd’hui, se fondant sur le double mythe de la liberté humaine et du progrès humain, double postulat gnostique qui divinise la contingence fugace de notre valeur individuelle et de notre écoulement éternel et collectif vers un futur inconnu, en en faisant l'ersatz de l’Absolu, ces progressistes disais-je, transforment la religion et la science en une recherche continuelle, sans en déterminer la finalité, ni l’objet, ni les “constantes” que toute foi et toute science doit pourtant se proposer. On en arrive ainsi au triomphe de l'indétermination, c’est à dire du relativisme, et, enfin de compte, de la négation ».

Son article dénonçait pour la première fois l’existence d’une conspiration organisée, issue de groupes néo-modernistes qui œuvraient au sein de l’Église. Mgr Romeo en parlait comme d’un « groupe qui, infatigablement, s’agite pour ouvrir des brèches de plus en plus larges dans l’édifice surhumain de la foi catholique, prétextant que, de nos jours, il n ’y a que la nouveauté qui doit intéresser, puisque l'Evangile qu 'il faut admettre n'est pas celui du passé, mais celui de l'avenir, l'Église à laquelle nous devons obéir n'est pas celle que nous connaissons, mais c'est celle de l’avenir ».



14 novembre 1960 

Début du travail des commissions et secrétariats.

9 mai 1961 

Lettre du cardinal Ruffini au cardinal Ottaviani

« Je l’ai dit et je le redis : le modernisme, condamné par saint Pie X, est aujourd’hui librement répandu sous des aspects encore plus graves et plus délétères qu’il ne l’était alors. »


20 juin 1961 

Première réunion de la commission centrale préparatoire. 

Le Saint Office publie un monitum sur « l’authentique vérité historique et objective » de la sainte Écriture et condamne les pères Lyonnet et Zerwick.


24 août 1961 

Le cardinal Ruffini dans l’Osservatore romano critique l’allusion aux genres littéraires dans l’interprétation des saintes Ecritures. « Que dirait saint Pie X – qui condamna énergiquement le modernisme- face à des erreurs qui le font revivre et le rendent d’autant plus redoutable qu’il est accrédité par des hommes qui sont à bien des titres dignes d’une considération particulière ? »

Le cardinal Pizzardo envoya cet article aux recteurs de tous les séminaires d’Italie à l’attention de leurs professeurs.



31 octobre 1961 

Programme du parti communiste de l’Union soviétique au XXIIe congrès reprenant les indications du rapport Illitchev pour combattre la religion et répandre l’athéisme militant.


22 janvier 1962 

Le cardinal Ottaviani attirait l’attention sur le fait que « cette constitution a pour objet d’une part de reconnaître la part de vérité dans ce que beaucoup disent sur l’aspect historique de l’objet de la Révélation, et d’autre part de réprouver ce qui se dit de faux sur ce sujet. Il ne manque pas de personnes qui, imbues d’anti-intellectualisme, voudraient déclarer que la Révélation est constituée d’événements salutaires, auxquels les paroles des envoyés de Dieu seraient ajoutées de manière seulement subsidiaire, ce qui veut dire que la foi chrétienne peut être aidée par ces paroles, mais non pas dirigée par elles ». L’intention des rédacteurs a été de confirmer et de compléter l’enseignement du concile Vatican I. Notamment, on précise la notion de Révélation en affirmant qu’elle est « une locution de Dieu qui rend témoignage (locutio Dei attestantis) ».


13 avril 1962 

Le Père Sébastien TROMP S.J., de la commission de théologie préparatoire au concile, fit une importante déclaration au sujet de ce « magistère ordinaire universel », c’est-à-dire de l’enseignement courant des évêques dispersés, unanimes à enseigner comme à croire de foi divine un article de foi, un point de doctrine, qui oblige à l’assentiment de foi (VATICAN I, Dz 1792, DS 3011) et mentionne « ces modernistes qui disent qu’il faut faire une refonte de tous les points de doctrine qui n’ont pas encore été définis par le magistère extraordinaire », c’est-à-dire par un jugement solennel, et critique les évêques hollandais qui nient implicitement ce point de doctrine (cf Le Sel de la terre n°106, p.12).


25 avril 1962 

Le cardinal Béa préconise pour le futur concile d’expliquer la doctrine « suivant la mentalité et les habitudes de langage de l’homme moderne ou de tel ou tel groupe de frère séparé [hérétique] »


Juin 1962

Un plan à l’œuvre 

Le cardinal Suenens réunit les cardinaux Döpfner, Liénart, Montini et Siri pour discuter d’un plan pour évacuer la Tradition au concile. Il agite l’intégrisme comme épouvantail et critique les schémas. Il suggère que le Pape crée une commission limitée à quelques membres entre les mains du Pape.



8 juin 1962

Article du Times magazine

Une seconde réforme pour les catholiques et les protestants, sur le livre de Hans Küng Concile et retour à l’unité qui théorise la convergence des mouvements biblique, liturgique et œcuménique pour « renouveler » l’Eglise. Un renouveau conciliaire qui sera son tombeau.



« Lors d’une réunion de la Commission centrale préparatoire du Concile, où siégeaient soixante-dix cardinaux, une trentaine d’évêques et les supérieurs des congrégations religieuses, j’ai posé la question suivante : “Le cardinal Ottaviani vient de dire qu’il ne faut pas que les experts choisis aient été condamnés par le Saint-Office, or j’en connais trois qui l’ont été, comment se fait-il qu’ils figurent sur la liste des experts ?” Le cardinal n’a pas répondu sur le moment, mais à l’issue de la réunion, quand il est passé près de moi, il m’a pris par le bras et m’a dit : “Je le sais bien, mais c’est le patron qui le veut…” », c’est-à-dire le pape Jean XXIII lui-même.

Mgr Lefebvre, C’est moi l’accusé qui devrais vous juger, p. 213 

Parmi ces trois condamnés de la veille, figurent de Lubac et Congar.


19 juin 1962 

Affrontement entre les cardinaux Ottaviani et Béa au sujet de l’Etat catholique et de ses prérogatives.

30 juin 1962

 Le Saint Office met en garde contre Teilhard de Chardin.

18 août 1962 

Rencontre secrète à Metz entre le cardinal Tisserand et Nikodim, archevêque schismatique russe, pour convenir que le concile ne condamnerait pas le communisme.

7 septembre

Discours de Jacques Mitterand, grand maître du grand Orient de France, lors de leur assemblée générale

      • « Notre mission à nous est de servir l’avenir. Servir l’avenir, ce n’est pas seulement, dans les temps modernes, défendre les droits de l’homme qui sont notre chose (…) ce n’est pas seulement servir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui est notre principe, façonné par nous. C’est dans le même temps, servir la république, et c’est aussi se dresser dans le monde occidental contre les forces de réactions sociales représentées par l’Église catholique romaine. »

      • « Ecoutez bien : un jour, un savant s’est levé de leurs rangs (…), Teilhard de Chardin. Il a commis (…) le péché de Lucifer qui a été si reproché par Rome aux maçons (…). Teilhard a élevé l’homme sur l’autel et, l’adorant, il n’a pas pu adorer Dieu. »

      • « Non contents d’être, chez nous, dans nos temples, garantis par la république, nous sommes en même temps la contre-Eglise (…) »


10 octobre

Journal du cardinal Siri : la croix viendra des évêques français et allemands.



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"Celui qui veut être l'ami du monde se pose en ennemi de Dieu." 

Jacques IV, 4

     Les chrétiens libéraux, peste depuis le XIXe siècle, vont voir leurs thèses acceptées. Ce sont des personnes qui se font des fausses idées sur la liberté surtout, ils sont infectés par le subjectivisme, l'indépendance de la raison envers la réalité. Luther refuse le magistère, l'enseignement de l'Eglise instituée par Notre Seigneur, ne gardant qu'un libre examen des Ecritures, dissolvant de toute religion. Kant refuse toute possibilité pour notre raison de parvenir à Dieu. Il ne considère que les données matérielles dans leur réalité changeante en évolution constante. Avec Rousseau, la pensée individuelle doit se dissoudre dans la volonté générale. Chacun doit professer l'opinion subjective du nombre le plus grand de personnes, en pratique ce sont les mensonges des gros financiers, des politiciens menteurs et des médias aux ordres des pouvoirs politiques et financiers.


« La plus perverse conspiration jamais réalisée contre la sainte Eglise est en passe d’être réalisée. Ses ennemis trament de détruire ses traditions les plus sacrées, en opérant des réformes aussi audacieuses et malignes que celles de Calvin, Zwingle et d’autres grands hérésiarques. (...) nous sommes en possession d’évidences montrant comment tout a été tramé dans des réunion secrètes avec de hauts fondés de pouvoir du communisme, de la maçonnerie mondiale, et de la puissance occulte qui tient les deux sous son contrôle. (...) ces gens-là ont prévu de commencer par des réformes qui provoqueront le moins de résistance du côté des défenseurs de la sainte Eglise, et de poursuivre peu à peu sa transformation, en allant aussi loin que leur permettra la résistance opposée par ceux-ci. (…) Ils indiquent que des cardinaux, archevêques et évêques de leur bord formeront une sorte d’aile progressiste dans le concile et s’efforceront d’accomplir ces réformes perverses en surprenant la bonne foi et le désir de progrès de beaucoup de Pères. Ils assurent que ce bloc progressiste qui sera formé au début du synode pourrait compter sur l’appui du Vatican, que les forces antichrétiennes disent avoir sous son influence. Cela nous semble incroyable, et être bien davantage le fruit d’une vantardise ostentatoire de la part des ennemis de l’Eglise que la réalité.» 

Introduction de l’ouvrage Complot contre l’Eglise de Maurice Pinay (collectif), de 1962, distribué à tous les pères du concile Vatican II avant son ouverture 


     Il faut remarquer qu’à côté de la condamnation du Libéralisme politique et social, les papes condamnèrent également sa forme théologique appelée Modernisme : elle est marquée par le Naturalisme et l’Évolutionnisme dogmatique, et par conséquent la Liberté religieuse et l’Œcuménisme, pour ne pas dire l’Indifférentisme religieux. 

     Ce fut le décret Lamentabili – souvent appelé le second Syllabus – de saint Pie X, en date du 3 juillet 1907, suivi de la grande encyclique Pascendi du 8 septembre de la même année. Puis l’encyclique Humani Generis de Pie XII, du 12 août 1950, considérée par Don Andrea Mancinella comme un « troisième Syllabus » : elle s’attaquait au Néo-modernisme «gnostique» de la Nouvelle Théologie, qui, par un renversement complet, est devenu la doctrine officielle de l’Église à partir de Vatican II. 

     Quarante-trois années séparent chacun de ces syllabus, quatre-vingt-six années de rappel de la saine doctrine, écho de la Tradition apostolique. Le psaume 43 est le psaume des prières au bas de l’autel, dans la messe catholique véritable, discret signe de Dieu à ses enfants fidèles : « Et introïbo ad altera Dei, ad Deum qui laetificat juventutem meam. »


 "Nous avons vu une première épreuve, dans laquelle nos pasteurs ont repoussé presqu'à l'unanimité ce qu'on proposait de contraire à la fidélité due au Seigneur et à Son Eglise. 

Une seconde épreuve sera plus terrible encore lorsque des chrétiens devenus infidèles ne se se contenteront pas de renoncer à quelques points de la religion catholique, mais les attaqueront tous à la fois." 

Père de Clorivière, s.j., 1794, Vues sur la révolution


Première session 


11 octobre 1962 

Ouverture du concile 

Allocution de Jean XXIII : le pape critique implicitement ses prédécesseurs qui mettaient en garde contre les périls du monde moderne.

13 octobre 1962 

Premier coup d’Etat des libéraux qui refusent les listes de la curie romaine : renvoi de l’élection des commissions. 

16 octobre 1962 

Élection : les progressistes obtiennent 49% des sièges dans les dix commissions.


19 octobre 1962 

Le père Schillebeecks réussit à faire rejeter les quatre premiers schémas dogmatiques préparés par les commissions préconciliaires, de doctrine traditionnelle. Conspiration des progressistes le même jour, Congar note dans son Journal : « Objet : discuter et arrêter une tactique relativement aux schémas théologiques. » 

Belle analyse par Louis Jugnet : 

"Il s’est levé, quand on a présenté ces schémas, un monsieur qui avait une haute charge dans l’Église de France et qui a dit, en latin et en parlant fortement du nez car il avait un coryza perpétuel : « Ce schéma ne me plaît pas. » Le coup était monté, comme le type qui vous fait un croc-en-jambe dans la rue, ou bien qui fait le blessé avec du mercurochrome pendant que d’autres vous attendent avec la matraque derrière. Et, à partir de là, toute la manœuvre s’est développée admirable ment, et certainement mieux que bien des opérations militaires. Ces schémas ont été re poussés et on en a fait d’autres…" (Louis JUGNET, dans sa dernière conférence « Le réalisme catholique », 10 mai 1972)


Lettre de Mgr Marcel LEFEBVRE au cardinal William GODFREY, (Archives du Séminaire d’Écône, E02-05, 001). Un premier groupe de combat s’est formé autour de Mgr Marcel Lefebvre dès les premiers jours du concile.


20 octobre 1962

 Message du concile à tous les hommes, sans saveur surnaturelle. 

Communication des noms des membres élus de sept des dix commissions conciliaires. Pour chacune d’entre elles, il s’agit des 16 candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix ; pour qu’il en soit ainsi, Jean XXIII a accordé une dérogation à l’article 39 du règlement qui prévoyait une élection à la majorité absolue. Sur les 900 candidats des évêques progressistes, 79 furent élus.


Journal de Mgr Fenton

« A mon avis, l’Eglise sera durement frappée par le concile. L’opposition entre libéraux et fidèles catholiques sera mise à jour. »



22 octobre-13 novembre 1962 

Débat sur le schéma De sacra liturgia. 

Le cardinal Bacci, Mgr Parente et Mgr Staffa défendent la liturgie alors que Mgr VanBekkum prône l’abandon du latin. Le cardinal McIntyre défend la langue sacrée : « L’attaque contre le latin dans la Sainte Liturgie est, de manière indirecte mais réelle, une attaque contre la stabilité des dogmes sacrés, parce que la liturgie est en lien nécessaire avec les dogmes. »


29 octobre 1962 

Belle défense de la tradition liturgique par Mgr Peruzzo : « (...)Ceux-ci, de saint Charles Borromée à saint Antoine- Marie Claret, de saint François de Sales à saint Alphonse, anciens et nouveaux, ont tous adhéré à la Tradition latine. Ce fait doit nous rendre prudents devant les nouveautés. On abandonne facilement la route ancienne et sûre ; mais vers quel gouffre ces nouveaux sentiers pourraient-ils nous conduire ! (...)L'introduction de la langue vulgaire pendant la Messe, en général, fut le premier acte de séparation d’avec notre Sainte Mère l’Église. »


30 octobre 1962

 Le cardinal Ottaviani défend la sainte liturgie, mais le cardinal Alfrink l’humilie en lui coupant son micro au bout des dix minutes, la gauche du parlement ecclésiastique jubile et applaudit. Il disait: « Il s’agit d’une matière éminemment sainte (la Messe) qui ne peut être modifiée à son gré par chaque génération ; d’une matière sainte au suprême degré, dont on doit traiter avec respect et révérence, et à laquelle on ne doit toucher qu’avec précaution. »


9 novembre 1962 

Le cardinal Wyszynski (1901-1981), cardinal archevêque de Varsovie et Gniezno, primat de Pologne, et le cardinal William Godfey (1889-1963, prêtre en 1916), archevêque de Westminster prennent fermement la défense du bréviaire.

Le secrétariat pour « l’unité des chrétiens » se réunit à l’Hotel Columbus pour élaborer sa stratégie d’action. Il se réunira au même endroit le 16 novembre.


14-21 novembre 1962 

Débat sur le schéma De fontibus revelationis.


14 novembre 1962 

Le Cardinal Ottaviani s’exprime sur ce que doit être le langage du concile, à l’école de la sainte Eglise dans ses définitions et conciles antérieurs : « sed notandum est Concilium loqui concinnate, lucide, breviter. »  

Mgr Lefebvre accepte de faire partie du futur Coetus, qui se réunit Corso Italia, à la procure des Pères du Saint Esprit.


15 novembre 1962 

Le Times titre : « Les modernistes en action au concile Vatican II ».

L'article révèle que de grandes divergences sont apparues au cours de l'ouverture du débat sur les sources de la Révélation, et que "Plusieurs cardinaux progressistes de premier plan ont pris la parole (...) : Alfrinks, Lienart, Frings."


18 novembre 1962

 Les progressistes chez Mgr Volk. Il est convenu de rejeter tout LANGAGE CLAIR mais d’adopter un schéma AMBIGU.

Article dans le Times :  

"Les conservateurs, dont le cardinal Ottaviani, secrétaire du Saint-Office, est le principal porte-parole, subissent de fortes pressions de la part des prélats plus modernes pour qu'ils retirent complètement le projet de document sur la révélation. Ce document est considéré comme trop favorable à l'approche conservatrice. Les deux principaux points visés par les critiques sont les suivants : premièrement, l'insistance du document sur deux sources distinctes de révélation, à savoir l'Écriture et la tradition ; et, deuxièmement, la réticence des conservateurs à accepter l'application des méthodes scientifiques historiques aux études théologiques."


19 novembre 1962 

Une belle défense de l’inerrance biblique par Mgr de Proença Sigaud qui affirma que les très graves erreurs condamnées par Pie XII, dans l’encyclique Humani generis, existaient toujours et que leur venin contaminait encore l’Église.


20 novembre 1962 

Manœuvre des progressistes pour faire passer l’abandon du schéma sur les sources de la Révélation. La question posée impliquait de voter « non placet » pour conserver le débat sur ce schéma…Manœuvre malhonnête devant l'Eternel.


24 novembre 1962 

Dix-neuf cardinaux demandent dans une lettre au Pape de « garantir la Foi catholique contre les erreurs et les déviations répandues un peu partout ».


1er-7 décembre 1962

 Débat sur le schéma De Ecclesia.


3 décembre 1962 

Journal de Mgr Borromeo : « Nous sommes en plein modernisme. (..) Le modernisme d’aujourd’hui est plus subtil, plus camouflé, plus pénétrant et plus hypocrite. Il ne veut pas soulever une autre tempête, il veut que l’Eglise tout entière se retrouve moderniste sans s’en rendre compte.(…) Le modernisme d’aujourd’hui sauve le Christianisme tout entier, ses dogmes et son organisation, mais il le VIDE ENTIEREMENT ET LE RENVERSE. »

5 décembre 1962 

Institution d’une Commission de coordination avec six membres dont trois progressistes. 


6-7 décembre 1962 

The Times  

"Les progressistes, disait-on, voulaient passer à l'action, sans formalités, et c'était là leur première victoire."

"Ce qui est nouveau, et une découverte bienvenue pour certains observateurs, c'est de constater que la force des « libéraux » est beaucoup plus grande qu'on ne le supposait"

"(...) les anglicans ont dû s'efforcer de ne pas se réjouir trop ouvertement du parallèle évident entre ce que le concile Vatican II fait actuellement pour sa liturgie et ce que Cranmer a fait pour la liturgie anglaise il y a 400 ans : simplification des rites, utilisation de la langue vernaculaire, deux offices choraux au lieu de sept, etc".


8 décembre 1962 

Clôture de la première session. 


« Le concile ressemblait de plus en plus à un gros parlement ecclésiastique qui pouvait changer et révolutionner toutes choses à sa façon. L’accroissement du ressentiment vis-à-vis de Rome et de la Curie était évident, car elle apparaissait comme le véritable ennemi de toute nouveauté et de tout progrès. » 

Cardinal Ratzinger, Ma vie, souvenirs, San Paolo, 1997, p.97-99


« L’Eglise est déjà envahie par la Maçonnerie. La Maçonnerie est déjà arrivée aux pantoufles du Pape. » 

Padre Pio à Don Luigi Villa, 1963


3 juin 1963 

Décès de Jean XXIII ; le concile est suspendu.


21 juin 1963

 Élection de Paul VI ; annonce de la poursuite du concile. 

L’ex-jésuite Malachi MARTIN, biographe de PAUL VI, écrit : « L’Humanisme intégral de Maritain imprégna toute la politique de son pontificat. Tout ce que la philosophie peut dire, c’est que nous les hommes sont naturellement bons, qu’ils sont attirés au bien et rejettent le mal si on leur montre la différence. La fonction de l’Église est simplement de témoigner en servant les hommes, dans le monde d’aujourd’hui où une nouvelle société prend naissance. » Mary BALL-MARTINEZ, op. cit., pp. 35-36.

La porte fermée par saint Pie X, avec la condamnation du Modernisme et du Sillon, était donc une fois de plus ouverte aux nouveautés. La philosophia perennis allait être supplantée par une pensée immergée dans le siècle.

L’heure du succès sonne pour Maurice Blondel (1861 † 1949) et ses disciples, tels les jésuites Henri de Lubac (1896 † 1991) et Gaston Fessard (1897 † 1978), qui disait : « Blondel, c’est notre Hegel », ou encore les dominicains Marie-Dominique Chenu (1895 † 1990, auteur des « lieux théologiques en acte » qu’il « reconnaîtra avec joie » dans les « signes des temps » dont parlera Jean XXIII), et Yves Congar (1904 † 1995, qui dévoilera le « vrai visage » de l’Église et se voudra avant tout œcuméniste), ou encore ces autres jésuites : Jean Danielou (1905 † 1974), Hans Urs von Balthasar (1905 † 1988), Karl Rahner (1904 † 1984) et Pierre Teilhard de Chardin (1881 † 1955), refusant tous la théologie dite « baroque » du Concile de Trente. Maurice Blondel, ennemi acharné de l’Action française, peut lui-même être considéré comme le père de la Nouvelle Théologie, qui s’imposera avec Vatican II.

Les théologiens suspects ou condamnés devinrent « experts » aux Concile. Henri de Lubac, Yves Congar, Jean Danielou et Hans Urs von Balthazar reçurent même le chapeau cardinalice. Leurs idées furent bien sûr relayées par la plupart des mouvements d’Action catholique et la Démocratie chrétienne. 


« Les textes conciliaires ont été complétés ou même rédigés d'une manière suffisamment traditionnelle pour pouvoir être votés par une quasi-unanimité, et cependant d'une manière suffisamment astucieuse pour permettre, comme la suite l'a montré, des développements ultérieurs qu’à l'époque les pères conciliaires auraient refusé. » 

Jean Madiran (1920 - 2013)


26-29 août 1963 

A Fulda, congrès des évêques allemands et des pays voisins, qui adopte les amendements du moderniste Rahner. 


Septembre 1963

Paul VI, au congrès thomiste international, invite le père de Lubac à venir parler de Teilhard de Chardin, pourtant condamné par le Saint Office. Il réhabilite les hérétiques Zerwick et Lyonnet, jésuites écartés de l’enseignement à Lyon, censurés par le Saint Office, sans rétractation de leur part.


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Deuxième Session


30 septembre-30 octobre 1963 

Débat sur le schéma De Ecclesia.


2 octobre 1963

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Fondation du Coetus intaernationalis Patrum pour défendre la Tradition.

Octobre 1963 

Mgr Lefebvre défend la primauté pontificale, attaquée par les libéraux-modernistes qui désiraient un Pape à l’autorité diminuée, amputée par un sénat d’évêques gouvernant l’Eglise universelle de concert avec lui.


6 novembre 1963 

Belle intervention de Mgr Lefebvre pour défendre la primauté pontificale et la vérité de l'unique vraie Eglise du Christ seule arche du Salut

  • Il n’existe pas de collégialité juridique, défend Mgr Lefebvre, car comme dit Mgr Carli, « on ne peut le prouver ni par la Sainte Ecriture, ni par la théologie, ni par l’histoire ».

  • Au sujet du schéma sur l’œcuménisme:

Il amoindrit la vérité sur la sainte Eglise comme unique voie de salut.

Il n’enseigne pas directement et complètement la vérité pour encourager à l’unité, au retour des chrétiens dissidents dans l’unique vraie Eglise du Christ, catholique et romaine. 

Il n’est pas parlé correctement de l’inspiration du Saint Esprit et des biens spirituels dont jouissent les frères séparés. Une communauté en tant que communauté, ne peut jouir de l’assistance du Saint Esprit, puisque sa séparation d’avec l’Eglise catholique est une résistance au Saint Esprit. (...) l’assistance active des chrétiens dissidents, soit dans le culte de l’Eglise, soit dans la réception des sacrements, est d’une manière générale inadmissible. C’est en effet intrinsèquement contraire à l’unité de foi et de communion et c’est obscurcir extérieurement le signe de l’unité du Corps du Christ et par là favoriser l’indifférentisme religieux, l’interconfessionalisme et le scandale. »


8 octobre 1963

Premiers votes sur le schéma De sacra liturgia


27 octobre 1963

 Un sujet de droit inconnu à la Tradition catholique est soumis au vote des pères par la troisième question, « le collège épiscopal », à qui le pouvoir suprême était donné : la majorité accepte cette nouveauté contraire à la constitution de l’Eglise.


13 novembre 1963

Mgr Luigi Carli se prononce contre la pseudo collégialité de droit divin. 

Il ouvre les yeux à de nombreux pères du concile sur les périls où les progressistes veulent les mener.


18 novembre-2 décembre 1963

Débat sur le schéma De Oecumenismo.


29 novembre 1963

 Pétition de 88 pères au pape pour exposer la doctrine sociale catholique avec clarté et rejeter les erreurs contraires (marxisme, du socialisme et du communisme)


4 décembre 1963 

Promulgation de la constitution Sacrosanctum Concilium et du décret Inter mirifica ; clôture de la deuxième session.


1964

« L’opinion moderniste de l’évolution de la vérité est la source de la crise qui ébranle aujourd’hui l’Eglise »  

Père Pierre-Marie de Kergorlay, op, Le sel de la terre n°86, p.79

« Nous ne pensons pas qu’un franc-maçon digne de ce nom, et qui s’est lui-même engagé à pratiquer la tolérance, ne puisse se féliciter sans aucune restriction des résultats irréversibles du Concile ». Les catholiques devront « se maintenir dans cette coura­geuse notion de la liberté de pensée, qui, partie de nos loges ma­çonniques, s’est étendue magnifiquement au-dessus du dôme de saint Pierre » 

Yves Marsaudon: l‘œcuménisme vu par un franc-maçon de tradition, 1964, p. 119- 121


3 février 1964

 Mgr de Proença Sigaud remet au Pape une pétition signée par cinq cent dix prélats de soixante-dix-huit pays l’implorant de consacrer la Russie en union avec tous les évêques au Cœur Immaculé de Marie, conformément à la demande de Notre Dame à Fatima.


Juin 1964

 Lettre adressée au Saint Père sur le danger des expressions équivoques, par cinq Pères du concile : 

"(...) L’équivoque a pour résultat d’exposer au danger d’interprétations fausses et de permettre des développements qui ne sont sûrement pas dans la pensée des Pères conciliaires. Certes les « formulations » sont nouvelles, et parfois tout à fait inattendues. Elles le sont, nous semble-t-il, au point qu’elles ne nous paraissent pas conserver « le même sens et la même portée », que celles que l’Eglise employait jusqu’ici. Pour nous qui avons voulu nous montrer dociles à l’encyclique « Humani generis », notre désarroi est grand."


6 août 1964

 Encyclique Ecclesiam suam par le Pape Paul VI, la nouvelle religion prend forme.


13 septembre 1964

 Note à l’intention du Saint Père sur le schéma «Constitutionis de Ecclesia» présentée par vingt-cinq cardinaux et treize supérieurs d’instituts religieux, rédigée par S.E. le cardinal Larraona.

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Troisième session

29 septembre 1964 

L’hérésie antiliturgique montre sa queue : Instruction Inter oecumenici.


13 novembre 1964 

Le Pape Paul VI abandonne publiquement la tiare.


21 novembre 1964 

Promulgation de la constitution dogmatique Lumen Gentium, du décret Unitatis reintegratio « dont la doctrine s’éloigne, dans l’ensemble comme dans le détail, de façon impressionnante de la théologie catholique sur les rapports entre l’Eglise et les autres confessions chrétiennes (cf Satis cognitum de Léon XIII) » Père Pierre-Marie de Kergorlay op, Le Sel de la terre n°93, p.62.

Réponse par avance du cardinal Pie aux lubies modernistes du faux œcuménisme : 

« Si toutes les religions peuvent être mises sur un même rang, c’est qu’elles se valent toutes ; si toutes sont vraies, c’est que toutes sont fausses ; si tous les dieux se tolèrent, c’est qu’il n’y a pas de Dieu. Et quand on a pu en arriver là, il ne reste plus de morale bien gênante. Que de consciences seraient tranquilles, le jour où l’Église catholique donnerait le baiser fraternel à toutes les sectes rivales ! » Cardinal Pie ( 1815 - 1880)


25 novembre 1964 

Paul VI intervient pour supprimer le « aussi » du texte sur le mariage, qui laissait entendre que la fin première et essentielle, la procréation et l’éducation des enfants, passait au second plan et devenait accessoire. Mais le texte final reste ambigu.


23 janvier 1965 

Schillebeeckx, dans l’hebdomadaire religieux d’Amsterdam De Bazuin, expert moderniste, récusait la technique de la dissimulation qu’un autre expert libéral avait avoué mener.


27 janvier 1965 

Réformes liturgiques : prière universelle introduite, suppression du psaume Judica me, des prières exorcistes de Léon XIII, et du Dernier évangile le prologue de saint Jean, affirmation lumineuse pourtant de la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ. Cette instruction supprimait également les prières au bas de l’autel avant et après la messe. En effet, dans le n° 48, il est dit : « En attendant que soit entièrement restauré l’Ordo de la messe, on observera déjà ce qui suit : (…) c) Dans les prières du bas de l’autel, au début de la messe, on omet le psaume 42. (…)  j) On omet le dernier Évangile ; les prières de Léon XIII sont supprimées. » 

Ceci est directement contraire à l'oeuvre restauratrice de saint Pie V.

Ainsi, au moment où le communisme était à son apogée, quatre ans après que Kroutchev ait déclaré 1960 an un du communisme, l’Église demandait de cesser de prier pour la Russie à la fin de chaque messe. Padre Pio ne fut absolument pas d’accord avec cette décision et continua à réciter ces prières jusqu’à sa mort en 1968.

Publication des rituels de concélébration et de communion sous les deux espèces.

29 janvier 1965 

Le drapeau de Lépante, victoire navale catholique contre l’islam menaçant de l’empire turc, est remis aux musulmans de Turquie, par le Pape.


4 avril 1965 

Mgr Bugnini, prélat franc-maçon, déclare dans la Documentation catholique, colonne 604, que la réforme liturgique devait écarter « toute pierre qui pourrait constituer ne serait-ce que l’ombre d’un risque d’achoppement ou de déplaisir à nos frères séparés [hérétiques] ».


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Quatrième Session

14 septembre 1965 

Ouverture de la quatrième session.


4 octobre 1965

 Discours humaniste de Paul VI à l’ONU, il exalte le triptyque maçonnique.


20 octobre 1965 

Le cardinal Ruffini sur le schéma 13, futur Gaudium et spes : « On parle sept fois de dignité humaine sans évoquer la Rédemption. » 


28 octobre 1965

 Promulgation des décrets Christus Dominus, Optatam totius et Perfectae Caritatis et des déclarations Nostra Aetate, le seul qui ne contient aucune référence aux enseignements traditionnels de l’Eglise, qu’ils soient patristiques, conciliaires ou pontificaux, et Gravissimum educationis.

18 novembre 1965 

Promulgation de la constitution dogmatique Dei Verbum et du décret Apostolicam actuositatem.


7 décembre 1965

 Suppression du Saint-Office. 

Promulgation de la constitution pastorale Gaudium et Spes, des décrets Ad gentes et Presbyterorum ordinis et de la déclaration Dignitatis humanae ; lecture de la déclaration commune du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras. 


Paul VI récidive : "(…) nous aussi, plus que quiconque, nous avons le culte de l'homme", paroles qui ont dû faire frémir d'horreur tous les saints du Ciel et du paradis, en particulier saint Pie X qui dans son encyclique inaugurale E supremi apostolatu déclarait vouloir déraciner cette monstrueuse iniquité de l'homme qui cherche à se faire passer pour Dieu. Seul Dieu a droit à un culte, sinon c'est de l'idolâtrie.


Le texte conciliaire Gaudium et spes « joue le rôle d’un contre-syllabus dans la mesure où il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l’Église avec le monde tel qu’il était devenu depuis 1789 » 

Cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI, Les Principes de la théologie catholique, 1985, p. 426 

Mais...

"Ce texte [de Gaudium et spes] n'est ni pastoral, ni émané de l'Eglise catholique : il ne paît pas les hommes et les chrétiens de la vérité évangélique et apostolique, et d'autre part, jamais l'Eglise n'a parlé ainsi. Cette voix, nous ne pouvons pas l'écouter parce qu'elle n'est pas la voix de l'Esprit du Christ. La voix du Christ, notre berger, nous la connaissons; celle-ci, nous l'ignorons ; le vêtement est celui des brebis, la voix n'est pas celle du berger, mais peut-être celle du loup. J'ai dit." 

Mgr Lefebvre, projet d'intervention devant les pères du concile pour dénoncer le mensonge de Gaudium et spes.


LA GRANDE ESCROQUERIE DU CONCILE VATICAN II 

Le Bulletin du Grand Orient de France n°48, novembre-décembre 1964, p. 87, cite comme référence de "positions constructives et nouvelles" cette intervention faite lors de la troisième session du concile par un jeune évêque qui fit ensuite une carrière remarquée : "Il faut accepter le danger de l'erreur. On n'embrasse pas la vérité sans avoir une certaine expérience de l'erreur. Il faut donc parler du droit de chercher et d'errer. Je réclame la liberté pour conquérir la vérité". 

Cette déclaration plut tellement aux francs-maçons qu'ils la soulignèrent. Elle est très grave. Elle est de Mgr Wojtila, évêque de Cracovie. Pour un catholique, ce n'est pas la liberté qui engendre la vérité, c'est Notre-Seigneur. 

Ce n'est pas la liberté qui serait première et amènerait à la vérité, mais c'est la vérité qui rend libre : "Si vous demeurez dans Ma parole, vous êtes vraiment Mes disciples ; vous connaîtrez la Vérité, et la Vérité vous rendra libres" Jean viii, 32. "Mais nous, nous sommes de Dieu; celui qui connaît Dieu nous écoute; celui qui n'est pas de Dieu ne nous écoute point : c'est par là que nous connaissons l'esprit de la Vérité et l'esprit de l'erreur" I Jean 4, 6 

L'ordre est : 

1° Jésus-Christ, enseigné par l'Eglise Catholique ; 

2° la Vérité sûre ; 

3° la Liberté. 


Pour la secte conciliaire l'enchaînement que l'on annonçait, était : 

1° la liberté ; 

2° la vérité ; 

3° Jésus-Christ. 

Là est l'escroquerie. Ce nouvel ordre est faux, car si l'on prend la liberté en premier, on n'a pas toujours en second la Vérité, mais la Vérité et, ou l'erreur. C'est ce que les vrais initiés savaient. C'est avec cet artifice qu'ils imposèrent leur secte conciliaire, destructrice de l'Eglise catholique. 

On peut distinguer cinq phases dans leur processus : 

1) au début "le droit de chercher et d'errer" est demandé ; 

2) puis des erreurs sont enseignées en même temps que la vérité, les quelques combattants pour la Vérité sont repérés, contrés, marginalisés ; 

3) après on disqualifie la Vérité, on la dit dépassée, on la rend anodine et on fait passer l'erreur pour la Vérité ; 

4) ensuite la Vérité est persécutée jusqu'à sa disparition totale : les démons tueurs succèdent aux démons menteurs; 

5) et finalement, le règne de l'erreur est imposé.

 Avec la liberté, l'église conciliaire a établi l'erreur, qui a éliminé le règne de Jésus-Christ, pour le remplacer par le pseudo règne de l'Homme qui est le véritable règne de Satan. Les ennemis des catholiques sont devenus leurs amis.


     « Il est certain qu’avec les 250 pères conciliaires du Coetus, nous avons essayé par tous les moyens mis à notre disposition d’empêcher les erreurs libérales de s’exprimer dans les textes du Concile ; ce qui fait que nous avons pu tout de même limiter les dégâts, changer telles affirmations inexactes ou tendancieuses, ajouter telle phrase pour rectifier une proposition tendancieuse, une expression ambiguë. Mais je dois avouer que nous n’avons pas réussi à purifier le Concile de l’esprit libéral et moderniste qui imprégnait la plupart des schémas. Les rédacteurs, en effet, étaient précisément les experts et les Pères entachés de cet esprit. Or que voulez-vous, quand un document est, dans tout son ensemble, rédigé avec un esprit faux, il est pratiquement impossible de l’expurger de cet esprit ; il faudrait le recomposer complètement pour lui donner un esprit catholique. Ce que nous avons pu faire, c’est, par les modi que nous avons présentés, faire ajouter des incises dans les schémas, et cela se voit très bien : il suffit de comparer le premier schéma de la liberté religieuse avec le cinquième qui fut rédigé — car ce document fut cinq fois rejeté et est revenu cinq fois sur le tapis — pour voir que l’on a réussi tout de même à atténuer le subjectivisme qui infectait les premières rédactions. De même pour Gaudium et spes, on voit très bien les paragraphes qui ont été ajoutés à notre demande, et qui sont là, je dirais, comme des pièces rapportées sur un vieil habit : cela ne colle pas ensemble ; il n’y a plus la logique de la rédaction primitive ; les adjonctions faites pour atténuer ou contrebalancer les affirmations libérales restent là comme des corps étrangers. »

Mgr Marcel LEFEBVRE, Ils l’ont découronné. Du libéralisme à l’apostasie. La tragédie conciliaire, Escurolles, Éditions Fideliter, 1987, p. 167-168. 



     "Placer sur le trône de Pierre des papes imprégnés d'idées libérales et admirateurs de la "nouvelle théologie" : voilà le coup de maître, le cheval de Troie pour introduire la révolution dans la Cité de Dieu. (...) la majorité du clergé, des religieux et des fidèles est en train de glisser sans s'en apercevoir sur la pente du nouveau modernisme, et beaucoup d'entre eux, comme cela était déjà arrivé au XVIe siècle avec la pseudo-réforme protestante, ont de fait déjà changé de foi, ayant abouti à une nouvelle religion soi-disant catholique, aussi brumeuse dans la doctrine que laxiste sur la morale." 

Dom Andrea Mancinella, 1962 : Révolution dans l'Eglise, éd. du Courrier de Rome 


     "Emportée par les théologiens têtes pensantes des épiscopats du nord de l'Europe et par l'influence de cardinaux de gros calibre, qui leur étaient généralement inféodés (tels que Döpfner, Bea, König, Rings, Tisserant, Suenens, Léger, Alfrinks et d'autres), la majorité des pères conciliaires finit par approuver, avec l'aval décisif du pape Montini, des textes parfois gravement ambigus dans lesquels la doctrine catholique se fissurait, et d'autres dans lesquels, malgré des contradictions évidentes (et délibérées), elle était niée, au moins indirectement, en particulier en ce qui concerne l'identité et la structure hiérarchique de l'Eglise, l'oecuménisme, la liberté religieuse, et les relations entre l'Eglise et l'Etat. Tout cela, nous le répétons et le soulignons, au milieu de contradictions recherchées, désirées."

Dom Andrea Mancinella, Coup d'Etat dans l'Eglise, éd. Medias culture et patrimoine, 2024, p.98 



Le virus du sida moderniste a été inoculé dans les veines du monde catholique, par le pape Montini et la hiérarchie conciliaire, abusant de leur autorité, faisant s'écrouler toutes ses défenses immunitaires.


     Vatican II officialise l'humanisme dans le but de promouvoir la dignité humaine déboussolée sans sa référence morale divine. Cette nouveauté est un cancer dans la sainte Eglise.

Cette inversion personnaliste, qui met Dieu et sa sainte Eglise au service de l'homme, inverse la relation entre grâce et nature, n'estimant la première que parce qu'elle perfectionne la seconde. Pour la doctrine conciliaire moderniste, l'homme ne se tourne plus vers Dieu mais jette un regard satisfait sur lui-même, paré certes des dons de Dieu. Cet humanisme conciliaire est idolâtre.

Cette religion nouvelle adore l'homme comme la réalité suprême de la création, c'est donc la "religion de l'homme" dont Paul VI parlait dans son discours de clôture du concile. Cette fausse religion a pour but de rendre un culte à la dignité de la personne humaine.


     Mais la vraie doctrine catholique nous enseigne, à nous pauvres pécheurs, que notre accomplissement comme image de Dieu se trouve non dans notre liberté que nous dévoyons si souvent par nos péchés qui offensent Notre Seigneur Jésus-Christ, mais dans la contemplation de Sa Charité, de Sa Justice, de Sa Miséricorde, de Sa Rédemption, de Sa Royauté Sacrée...


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Après le concile, les réformes qui font perdre la foi, jusqu'à la nouvelle messe en 1969

1966

Dans le courant de l'année, Mgr Lefebvre, reçu en audience par Paul VI, sollicite du pape une bénédiction sur le congrès de la Cité Catholique fondée par Jean Ousset et Jean Masson, qui aura pour thème le rôle des laïcs dans la cité : — Ce sont, dit le prélat à Paul VI, des gens qui cherchent le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; voici la liste des intervenants. — Ah, dit Paul VI, un tel, je ne connais pas ; un tel, je ne connais pas. Ah ! Michel de Saint-Pierre !… Mais il n’est pas gaulliste, Michel de Saint-Pierre ! Interloqué, l’archevêque regarde le Saint-Père : que veut-il dire ? C’est la seule réflexion qu’il ait faite, pour finalement conclure : — Enfin, c’est très bien, je suis heureux d’être informé… Je peux garder le papier ? Et il y eut un souhait de succès émis par Radio Vatican, mais de bénédiction de Paul VI, il n’y en eut point.


12 janvier 1966

Paul VI : « Etant donné son caractère pastoral le Concile a évité de proclamer selon le mode extraordinaire des dogmes dotés de la note d’infaillibilité. Toutefois le Concile a attribué à son enseignement l’autorité du magistère suprême ordinaire ; cet enseignement est manifestement authentique et doit être accepté par tous les fidèles suivant les normes que lui a attribuées le Concile, compte tenu de la nature et du but de chaque document » (La Documentation Catholique, n° 1466, 1966, p.420). Ainsi ce concile n’a pas la valeur d’infaillibilité au titre du magistère extraordinaire, puisque précisément aucun dogme n’a été défini, volontairement. 

Nota bene : la prétention d’élever le concile à un «magistère suprême ordinaire» n’existe que dans l’imagination de Paul VI car c'est une contradiction dans les termes, un enseignement est ou bien quotidien, courant, donc ordinaire, ou bien ponctuel, donc suprême.


25 janvier 1966 

Influence juive au concile : article de Look, périodique américain : « Comment les juifs ont changé la pensée catholique », cf Le Sel de la terre n°34 p. 196.


23 mars 1966

Acte contre l’unicité de la Religion catholique

Remise par Paul VI de l’anneau papal à Ramsey, hérétique et franc-maçon, laïc, à Saint Paul hors-les-murs. Ils donnent ensemble la bénédiction à l’Eglise présente, cardinaux, clergé et fidèles. Léon XIII a déclaré les ordinations anglicanes invalides dans Apostolicae Curae.


14 juin 1966 

Suppression de l’Index des livres interdits.


Juillet 1966 

"Comment en sommes-nous descendus à ce point et avec cette rapidité ?(...) Prenons garde de ne point oublier les Franc-maçonneries de toute espèces et leur fonctionnement méthodique, lorsque nous cherchons une explication suffisante de cette nouveauté apocalyptique des temps actuels : une Eglise apparente qui s'infiltre dans la véritable Eglise et tente de la supplanter. Nous parlons d'infiltration. Il s'agit en effet, de nos jours, d'une pénétration peu visible à un regard superficiel, peu apparente, insidieuse, plutôt que d'une persécution ouverte. A la suite des suggestions de Roca et de Saint Yves d'Alveydre, les Franc-maçonneries se préoccupent moins de combattre l'Eglise violement que de lui enlever en douceur, et sous anesthésie préalable, ce qui la constitue en elle-même : la vie surnaturelle et la structure hiérarchique avec la primauté pontificale.

Père Calmel op, Itinéraires n°105, p.218


24 juillet 1966

 Le cardinal Ottaviani s’adresse aux supérieurs de congrégations au sujet de déviations doctrinales dans la saint Eglise.


6 août 1966 

Motu proprio Ecclesiae Sanctae instituant la démocratie dans l’Eglise, alors que Notre Seigneur l’a voulue monarchique, et poussant les évêques à démissionner à 75 ans.


20 décembre 1966 

Réponse de Mgr Lefebvre au cardinal Ottaviani : « (…) le mal se situe surtout dans une littérature qui sème la confusion dans les esprits par des descriptions ambiguës, équivoques, mais sous lesquelles on découvre une nouvelle religion. (…) Les doutes sur la nécessité de l’Église et des sacrements entraînent la disparition des vocations sacerdotales. Les doutes sur la nécessité et la nature de la « conversion » de toute âme entraînent la disparition des vocations religieuses, la ruine de la spiritualité traditionnelle dans les noviciats, l’inutilité des missions. Les doutes sur la légitimité de l’autorité et l’exigence de l’obéissance provoqués par l’exaltation de la dignité humaine, de l’autonomie de la conscience, de la liberté, ébranlent toutes les sociétés en commençant par l’Église, les sociétés religieuses, les diocèses, la société civile, la famille. L’orgueil a pour suite normale toutes les concupiscences des yeux et de la chair. (…) 

Il faut donc, acculé par les faits, conclure que le Concile a favorisé d’une manière inconcevable la diffusion des erreurs libérales. La foi, la morale, la discipline ecclésiastique sont ébranlées dans leurs fondements, selon les prédictions de tous les Papes. »


22 février 1967

 Exhortation apostolique Petrum et Paulum sur des opinions nouvelles attaquant la foi.


23 juin 1967 

Monseigneur Dwyer, membre du Consilium de Liturgie, archevêque de Birmingham : « La Réforme liturgique est dans un sens très profond la clef de l'aggiornamento, ne vous y trompez pas, c'est là que commence LA REVOLUTION...».


2 juillet 1967

Lettre de Mgr Bugnini, grand architecte de la réforme liturgique, au grand maître de la Franc-maçonnerie en Italie. Ce dernier lui demandait d’appliquer des réformes du prêtre apostat Roca, selon le grand principe « désurnaturaliser l’Incarnation », donc appliquer la langue locale, la démultiplicité des rites, de la liturgie, pour introduire la confusion partout. Réponse de Mrg Bugnini : oui, dans 10 ans j’y serai parvenu. La réforme de la messe aura lieu deux ans plus tard.


17 juillet 1967 

Paul VI abolit le serment antimoderniste, demandé jusque-là à tout séminariste souhaitant accéder au sacerdoce.


24 juillet 1967 

Création de la commission pontificale pour l’interprétation des décrets du concile Vatican II, qui prend la suite de la commission centrale post-conciliaire.


15 août 1967

 Réforme de la Curie romaine. Le Pontife est réduit de facto à un rôle de souverain de façade doublé d’un régent presque plénipotentiaire.


Novembre 1967

 Revue Notitiae n°35, du Consilium pour la réforme liturgique, les catholiques de Suède notent « le rapprochement opéré avec les formes liturgiques de l’Eglise luthérienne. »


1968

 Ouvrage de Marcel Prélot sur le libéralisme catholique qui a triomphé au concile, édition Armand Colin : 

« Il connaît des victoires le libéralisme catholique il pointe avec, il fulgure avec l’essor de l’Avenir, il pointe avec la circulaire d’Eichstein en 1814, il fulgure avec l’Avenir en automne 1830. Il connaît des victoires, des crises alternées, jusqu’à ce que le message de Vatican II aux gouvernants marque sa fin, ses revendications fondamentales, éprouvées et épurées étant reçues par le concile lui-même. » 

Donc le libéralisme se considérant comme maintenant officiellement reconnu par le concile Vatican II. 

« Aussi est-il possible aujourd’hui de considérer le libéralisme catholique tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change. Il échappe aux confusions qui ont encombré sa carrière, qui a certains moments ont failli la clore prématurément, il apparaît ainsi qu’il fut réellement, non pas une suite d’illusions pieuses professées par des ombres diaphanes et chlorotique, mais comme une pensée engagée ayant au cours d’un siècle et demi mis son emprise sur les esprits et sur les lois avant de recevoir l’accueil définitif de cette Eglise qu’il avait si bien servie, mais dont il avait été si souvent méconnu. »


Publication de l'abominable "catéchisme" hollandais qui affirme :

 « Les éléments du marxisme sont de nature à mettre beaucoup d’hommes sur la voie du christianisme vécu d’une ma­nière nouvelle.[... Nous voyons dans] l’islam, l’humanisme, le marxisme, un désir inconscient et une recherche tâtonnante du vrai visage de Jésus-Christ, que nous, chrétiens, obscurcissons trop souvent » (Le catéchisme hollandais. Une introduction à la foi catholi­que. Le nouveau catéchisme pour adultes réalisé sous la responsa­bilité des évêques des Pays-Bas, Paris 1968, p. 58).


18 juin 1968 

Nouveau rite d’ordination sacerdotale, qui fait disparaître la mention de pouvoir offrir le saint sacrifice par le prêtre.



Fête du  Christ Roi 1968 

Vade mecum du catholique fidèle 


"(...) le catéchisme imposé à vos enfants mène à l'hérésie. En effet, le "Fonds obligatoire" et les premiers manuels parus selon ce "fonds", par les omissions volontaires (note : omissions radicales ou simplement majeures ; par exemple les anges et les démons sont tout de même mentionnés mais très rarement ; et surtout aucun enseignement -ne serait-ce que de leur existence- n'est donné ex professo à leur sujet) qu'ils comportent et par certaines expressions qu'ils innovent dans l'enseignement religieux, faussent à tout jamais dans l'esprit des enfants des vérités de notre foi (Mystère de la Sainte Trinité, Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, Virginité de Marie, Maternité divine, péché originel, péché véniel et mortel, grâce, jugement dernier, enfer, purgatoire, anges, démons, Présence réelle, sacrement de l'ordre, du mariage, de l'extrême onction, etc). 

En outre, la Foi est présentée comme une recherche orientée vers le monde, la Religion comme une expérience sensible ou une forme d'humanisme, la Salut comme l'accomplissement progressif de l'homme dans la construction du monde, l'Autorité de l'Eglise comme celle du seul Vatican II et encore diminuée puisqu'elle exclut l'autorité suprême que le Souverain Pontife a reçu du Christ ; les textes scripturaires sont faussés, tronqués, et leur version donnée comme obligatoire ! 

En conséquence, refusez catégoriquement d'accepter les nouveaux manuels pour vos enfants, que vous soyez parents ou catéchistes, car vous êtes responsable de leur Foi.

Vade-mecum du catholique fidèle - Face à la destruction concertée de l'Eglise, 150 prêtres rappellent les principes de la vie chrétienne.


 9 novembre 1968 

The Times 

"Pour un monde préoccupé par sa propre crise d'autorité, le spectacle de l'Église romaine, dont la marque distinctive a longtemps été la loyauté indéfectible de ses membres, se déchirant dans une agonie similaire de remise en question, doit être quelque chose d'un certain réconfort. Pour les catholiques, c'est à la fois un choc et une leçon. Il est certain que le tollé soudain et prolongé suscité par l'encyclique Humanae Vitae du pape n'aurait pas été aussi marqué si la question s'était limitée à l'ordre moral. Mais le contrôle des naissances n'était qu'un problème superficiel : ce que le pape a clairement montré, tant par la manière dont il est parvenu à sa décision que par la nature même de celle-ci, c'est le conflit actuel au sein de l'Église entre deux visions opposées de l'autorité. On peut classer les deux camps comme traditionnel et moderniste. Pour le premier, le Christ a donné à Pierre, qui préside les autres apôtres, le mandat suprême d'enseigner. (...) Mais quelles que soient les intentions futures de son commandant en chef, l'Église dispose aujourd'hui encore d'une chaîne de commandement militaire forte, qui s'étend verticalement du pape aux évêques, puis aux prêtres, jusqu'à ce que le message atteigne le peuple. Selon les traditionalistes, toute interférence avec ce système de télécommunication divin revient à priver le peuple du message de Dieu. Mais, selon les modernistes, qui reviennent [selon leur interprétation erroné] à la tradition biblique de l'autorité,  le peuple de Dieu [ne passe par par la hiérarchie pour aller à Dieu]."

Ruine de l'autorité du Pape dans son domaine de compétence, rappeler la saine doctrine :

"Pour les modernistes, la théorie de la ligne directe est trop simpliste sur le plan théologique et comporte le danger pratique d'un totalitarisme séculier. Ces deux points de vue contradictoires se sont affrontés lors des débats du Concile Vatican II. À l'époque, les libéraux ont remporté la victoire, mais aujourd'hui, la Constitution sur l'Église, malgré toute son inspiration, ressemble à un traité de paix mal rédigé, dans lequel les deux parties ont eu leur mot à dire. Elle admet que les tensions ne sont en train d'être résolues de manière concrète que dans la vie quotidienne de l'Église. Roma locuta, causa finita est. En théorie, l'encyclique du pape aurait dû mettre fin au débat. Et pourtant, la plupart des hiérarchies nationales, même italiennes, dont la déclaration était parmi les plus libérales, ont jugé nécessaire de nuancer la décision du pape.


14 février 1969

Nouveau calendrier liturgique


Mars 1969 puis 1990

Nouveau rituel du mariage


3 avril 1969

Nouvelle messe

Dans un but de faux œcuménisme libéral, un nouveau missel est composé artificiellement avec l'aide de six protestants. Le luthérien Gérard Siegwalt, professeur à la faculté protestante de Strasbourg, dans Le Monde du 22 novembre 1969, confirme que l'objectif a été atteint : "Rien dans la messe maintenant renouvelée ne peut gêner vraiment le chrétien évangélique". 

De même l'anglican Pawley dans Rome et Cantorbéry durant quatre siècles, p. 343 : "La nouvelle liturgie, en beaucoup d'endroits, a dépassé la liturgie de Cranmer, en dépit d'un retard de quatre cents ans, dans sa modernité." Le problème est que ces novateurs ont transformé nos rites sacrés pour les confondre avec ceux des protestants, oeuvre humaine, eux pour qui la messe n'est pas un sacrifice propitiatoire mais seulement la cène. 



     Les modifications apportées par Luther se retrouvent dans cette réforme qui déforme :

  1. L'autel est remplacé par une table : idée de repas suggérée et non plus de sacrifice propitiatoire pour nos péchés.

  2. Le prêtre est face aux fidèles (et derrière la table du repas communautaire) et nous plus face à l'autel du sacrifice. Les fidèles sont orientés non plus vers Celui dont tient lieu son ministre revêtu du sacerdoce, mais vers ce dernier, président d'assemblée. La prière personnelle de chacun devient plus difficile.

  3. Il n'y a plus d'unité de la liturgie autour de la croix, qui ou bien est reléguée dans le dos du prêtre, il ne peut donc plus la voir, ou bien elle sépare le prêtre des fidèles, et là encore ou bien le crucifié est côté prêtre donc les fidèles ne le voient pas, ou c'est l'inverse et le prêtre ne le voit plus. Plus de côté de l'Evangile et de l'épître non plus sur cette table qui rassemble pour diviser de Notre Seigneur.

  4. Pour Luther la foi vient de la parole et la prédication est au-dessus des sacrements, donc la liturgie protestante est célébrée en langue vulgaire dans le sens de langue de la vie quotidienne, et le latin disparaît. Même si Jean XXIII et les pères du concile du Vatican II ont rappelé l'importance du latin et du chant grégorien, ceci a été complètement méprisé par les progressistes. La pratique de la langue liturgique demande un effort qui nous élève vers le sacré alors que la langue de tous les jours nous rabaisse vers la terre, et divise l'Eglise selon les peuples, les nations et leurs langues. La latin symbolise l'unité et la stabilité de la sainte Eglise.

  5. L'offertoire a été particulièrement attaqué par Luther car il exprime nettement que la messe est un sacrifice pour la rémission des péchés. Une prière juive de bénédiction de la table le remplace avec une expression si indéterminée qu'elle pourrait venir d'un rituel maçonnique : "Dieu de l'univers." Non !! Dieu est Sainte Trinité et le Verbe incarné est Notre Seigneur Jésus-Christ, voilà des expressions catholiques, celle de la nouvelle formule a une saveur païenne, hérétique.

  6. La génuflexion du prêtre immédiatement après chaque consécration, avant l'élévation, disparaît. Les novateurs voudraient insinuer que c'est la foi du peuple, après avoir vu l'hostie, qui permet la présence de Notre Seigneur, qu'ils ne s'y seraient pas pris autrement.

  7. Les trois nouvelles prières eucharistiques brillent par les omissions qui s'y trouvent : les affirmations typiquement catholiques sont évacuées, la Très Sainte Vierge Marie n'est plus toujours Vierge, les mérites des saints sont ignorés, l'enfer est passé complètement sous silence,etc.

  8. L'adoration et le respect envers Dieu ne sont plus de mises, aux enfants les catéchistes, prêtres n'enseignent plus à s'agenouiller lors de la consécration, la sainte communion est forcée à être reçue dans les mains .

  9. Tutoiement dans les prières.

  10. Acclamations ambiguës après la consécration "Nous annonçons ta mort,…jusqu'à ce que tu viennes" ou encore "Viens, Seigneur Jésus", alors qu'Il est censé être venu à l'instant par la consécration!

  11. Traduction complètement fausses : l'Orate fratres a été traduit par "Prions ensemble au moment d'offrir le sacrifice de toute l'Eglise",donc le sacrifice non plus de Notre Seigneur visiblement avec cette formule ambiguë une fois encore.

  12. Le rôle du prêtre s'efface, cf le point précédent, la génuflexion en moins qui altère son rôle d'unique consécrateur par son Ministère sacré sacerdotal reflet de l'Eglise unique Epouse du Christ essentiellement sacerdotale, mais aussi la disparition de son rôle unique d'intercesseur dans le Confiteor aux côtés des saints.

  13. Fausse traduction de pro multis, en anglais "for all" est une hérésie et "pour la multitude" en français est imprécis, flou, inexact au sens strict, comme toute cette nouvelle religion. Le fruit du sacrifice rédempteur ne s'étend qu'à ceux qui ont accepté la Rédemption, et non à tous, car certains hélas refusent.

  14. Ite missa est à la fin de la messe déformé par "Allez dans la paix du Christ".

  15. Les lectures ont été amputées des passages où Notre Seigneur menace, avertit, semble dur, donc insupportable aux oreilles du monde moderne incrédule et orgueilleux.


15 mai 1969

Nouveau rituel du baptême qui atténue l'évocation des effets surnaturels du sacrement, et supprime plusieurs rites préparatoires, notamment le triple exorcisme qui arrache avec l'autorité divine l'enfant à l'influence du démon, Satan. Ces rites préparatoires ont une efficacité propre, en particulier les exorcismes, Saint Thomas l'enseigne dans sa somme théologique (IIIa, q71, a3).


2 juillet 1969

« Si le monde change, la religion ne devrait-elle pas changer aussi? [...]C’est exactement la raison pour laquelle l’Église a, en particulier après le concile, entrepris tant de réformes » Paul VI, audience générale. Quelle folie que de vouloir changer ce qui est essentiellement stable. Stat crux dum volvitur orbis disent les Chartreux.



Ce même jour, Mgr Marcel Lefebvre fonde l'Association Saint-Pie-X pour la formation sacerdotale.


     « The Angelus : Quel est votre plus mémorable souvenir de Mgr Lefebvre ? Mgr Tissier : C’est celui de ce 13 octobre 1969 où il nous a ouvert la porte du 106, route de Marly, à Fribourg, en Suisse, tout seul, sans aucun prêtre, en nous recevant, nous, les neuf séminaristes, dans les deux appartements qu’il avait loués aux Pères Salésiens. Tout seul, âgé de 63 ans, il recommence tout avec nous, pauvres jeunes gens ! Pour montrer comment il prenait soin de nous, nous donnant des conférences spirituelles très simples, avec saint Thomas d’Aquin et son expérience de missionnaire. Un archevêque, ancien Supérieur général de 5 000 religieux, ancien délégué apostolique, maintenant tout seul avec neuf jeunes gens pour entreprendre quelque chose pour le salut de la prêtrise, quelque chose dont il n’avait même pas idée de l’avenir : prenez la mesure d’une telle foi ! »

Mgr Tissier de Mallerais, entretien à The Angelus, 2008


     « On ne change pas en effet de langage comme de vêtement. (…) En refusant d’utiliser le langage de la scolastique où l’effort naturel de l’esprit humain lancé à la recherche de la vérité est parvenu à un point de perfection inégalé, le concile s’est délesté du même coup de ce réalisme dont l’Église avait toujours eu la charge jusqu’à lui. Dans l’outre vidée, ce n’est pas un vin nouveau qui fut versé, mais le vent de toutes les tempêtes de la subjectivité humaine dont nous voyons avec une horreur stupéfaite les ravages dans l’Eglise et dans la civilisation chrétienne. En répudiant le langage, signe des concepts, on a répudié les choses, et en répudiant les choses, on est entré d’un seul coup, au grand étonnement des pères eux-mêmes ou de la plupart d’entre eux, dans la subversion et dans la révolution permanentes. »

Marcel De Corte, L’intelligence en péril de mort, Collection du Club de la culture française, Paris, 1969, p.17


29 septembre 

Etonnement face à la réforme liturgique

Par un groupe de canonistes --- fête de saint Michel archange

CONSULTATION, TÉMOIGNAGE ET VOEU SUR LE NOUVEL ORDO MISSAE

I. ‑ Par sa Constitution MISSALE ROMANUM, datée du 6 avril 1969, S. S. le Pape Paul VI a imposé aux fidèles de l'Église latine un nouveau Missel, substitué à celui que saint Pie V avait promulgué, le 19 juillet 1570, et qui n'avait depuis, subi aucun changement.

II. ‑ Ce Missel de saint Pie V confirmait une Ordonnance de la Messe qui était en usage depuis plusieurs siècles. Les quelques menues retouches qu'il y faisait avaient uniquement pour but d'abolir certaines variétés (secondaires) introduites dans les célébrations.

III. ‑ Le Missel de S. S. Paul VI apporte, au contraire, des transformations considérables. Nous ne mentionnerons que les deux principales :1) L'ancien " Offertoire» subit un remaniement qui équivaut à sa suppression [comme Luther fit].2) Au Canon romain (dont Paul VI rappelle, dans sa Constitution, qu'il avait revêtu, depuis les IVe, Ve siècles, une « forme immuable ») sont ajoutés trois nouveaux canons dits " prières eucharistiques », qui n'ont de commun avec l'ancien que les strictes paroles de la consécration (avec, d'ailleurs, l'addition de " ... quod pro vobis tradetur» à: "Hoc est Corpus meum"). Même les phrases qui introduisaient jusqu'ici ces paroles consécratoires sont profondément modifiées.

IV. ‑ Dès qu'il fut publié, le Missel de Paul VI a soulevé, un peu partout, dans le monde catholique, des réserves et même des objections capitales.Ces réserves et ces objections avaient été présentées déjà par les évêques assemblés au «Synode épiscopal » de 1967, à propos d'une dénommée «Messe normative » qui avait été soumise à leur vote et qui fut rejetée.Or l'Ordo de 1969 reproduit exactement la substance de cette « messe normative ».

V. ‑ De nombreux fidèles, prêtres et évêques se trouvent aujourd'hui, nous en témoignons ici, devant une redoutable perplexité:Ou refuser l'Ordo de Paul VI, au risque de paraitre résister à une loi pontificale.Ou s'y soumettre, et alors se contraindre à fermer les yeux sur des objections assez graves pour que certains aient pu parler d'une messe «polyvalente », une messe apte, par son ambiguïté, évidente et avouée, à être célébrée par des luthériens.

VI. ‑ On pourrait chercher le moyen de résoudre ce cas de conscience en complétant les insuffisances de l'Ordo par le rappel de la doctrine traditionnelle de l'Eglise sur le sacrifice de la Messe et le sacrement d'Eucharistie.

Mais alors :

a) Certains vont s'interroger sur l'opportunité pastorale qu'il y a à substituer un Ordo qui a besoin d'une interprétation, à un Ordo multiséculaire qui n'avait besoin que d'une explication.

b) Entre une théologie « maximaliste » et l'Ordo « minimaliste », qu'est‑ce qui devra l'emporter ? Faudratil majorer l'Ordo par la théologie ou édulcorer la théologie par l'Ordo ? En ce temps d'anarchie doctrinale, n'est‑il pas à craindre que nombre de prêtres et de fidèles décident leur choix d'après leur sentiment personnel subjectif ?

c) La source facile et naturelle des vérités de la foi n'est‑elle pas, pour l'immensité du peuple fidèle, son missel et "la règle de sa prière n'est‑elle pas la règle de sa foi » ?Ces doutes prennent une acuité particulière si l'on considère le danger dans deux ou trois générations : quand le relâchement de la vigilance doctrinale, reconnu déjà partout, ne permettra plus les rectifications souhaitées d'un Ordo devenu commun et s'imposant par sa seule lettre.

VII ‑ Les observations que nous venons de faire produisent, chez des prêtres de plus en plus nombreux, une inquiétude qui va jusqu'à l'anxiété. Nous en portons ici, devant Dieu, le témoignage.Nous pensons aussi aux frères séparés qui pourraient, à la faveur d'une équivoque tolérée, être induits légitimement à penser que l'Eglise romaine a modifié sa doctrine sur l'un des dogmes principaux qui les a jusqu'ici opposés à nous.

VIII. ‑ C'est pourquoi les soussignés osent exprimer le voeu que l'Autorité Souveraine apporte à ces doutes uneréponse officielle et publique.Nous prions ceux qui ont, par leur charge, l'autorité de le faire, de présenter ce voeu au Pontife Romain.

IX. ‑ En attendant, pressés par des fidèles et des prêtres qui nous ont consultés à titre de " docteurs privés » ;Nous abstenant de porter ici sur le fond du nouvel Ordo Missae une appréciation théologique ou pastorale quelconque ;Nous bornant à ne considérer que dans sa forme la Constitution Missale Romanum qui promulgue cet Ordo ;Nous estimons pouvoir déclarer :

1° La Constitution de S. S. Paul VI a, par la volonté manifestée du Souverain Pontife, force et autorité de loi. [note : Paul VI ne remplace pas l’ordo de saint Pie V au vu de l’ampleur et de la gravité des formules juridiques employées par le saint Pape, et du peu de force de celles utilisées par Paul VI. Au demeurant saint Pie V concède l’usage de cette messe à perpétuité.]

2° Mais c'est une doctrine, incontestée, de la Théologie et du Droit ecclésiastique :

a) Que la « Coutume» a aussi force de loi.

b) Qu'une loi nouvelle ne peut abolir une coutume revêtue de certaines qualifications, que si elle le déclareexpressément : C. 1. C., canon 30: «... La loi ne révoque point les coutumes centenaires ou immémoriales, à moins qu'elle n'en ait fait expressément la mention».

3° La Constitution de S. S. Paul VI ne fait aucune mention d'une révocation par elle de l'usage coutumier qui avaitprécédé le Missel de saint Pie V et de l'usage qui l'a suivi. Les dernières paroles de la Constitution qui portent la clause du «nonobstant », font porter cette clause uniquement sur "les Constitutions, les Ordonnances Apostoliques de Nos Prédécesseurs et toutes autres prescriptions » : ce qui, selon le « style» de pareils documents, ne saurait affecter les « Coutumes » proprement dites, lesquelles n'appartiennent pas à la loi écrite.

4° L'on est donc autorisé à penser que, par une volonté implicite mais certaine, S. S. le Pape Paul VI a voulu réserver, à ceux qui en auraient le désir raisonnable, la liberté et le droit de préférer ‑une coutume immémoriale à la loi d'avril 1969, et donc de célébrer la Messe selon l'ancien Ordo. Nous spécifions bien que la coutume dont nous parlons n'est point celle qui est de la pratique de l’Ordo de saint Pie V, mais de la coutume plusieurs fois centenaire qui avait précédé celui‑ci et que saint Pie V ne faisait que ratifier en promulguant son Ordo. 

X. ‑ Etant donné l'urgence du cas, sa gravité et, d'ailleurs, la certitude de la doctrine en la matière, nous nous sommes résolus à publier cette Déclaration à l'usage personnel de ceux qui nous ont consultés.Quant à l'usage plus répandu qui pourrait en être fait, nous entendons la soumettre docilement, dès maintenant, au jugement de l'Eglise. 



Retenons « le danger dans deux ou trois générations : quand le relâchement de la vigilance doctrinale, reconnu déjà partout, ne permettra plus les rectifications souhaitées d'un Ordo devenu commun et s'imposant par sa seule lettre. »soit vers 2020. Les catholiques savent-ils de nos jours que la messe est le renouvellement du sacrifice de la croix par présence substantielle de Notre Seigneur Jésus-Christ lors de la double consécration, qui vient non transformer mais transsubstantier le pain et le vin en Son Corps et en Son Sang divins ? Que la messe est la source des grâces pour tout homme pécheur, racheté par le sang du divin Sauveur ?

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