« Etre officier, ce n’est pas un métier, c‘est une vocation »
G. de Cathelineau
Le XXe siècle, qui ne fut qu’une suite presqu’interrompue de trahisons, de reniements et de débandades, nous offre parfois des figures éblouissantes de « splendeur et de gloire », à l’image de nos fiers Croisés. Ainsi, retrempons notre idéal à l’ardeur toujours égale de deux officiers qui viennent enrichir la pléiade de nos Saints et de nos héros. Et de nos Martyrs.
Gérard de Cathelineau est le type même de l’officier de cavalerie descendant en droite ligne de Saint Louis et de son ancêtre direct, Jacques Cathelineau, le chef Vendéen. Promotion Croix de Provence de Saint Cyr en 1943, dont la devise « Plus est en nous » devait s’accomplir en lui magnifiquement, il est confronté tôt à la réalité de la guerre ; son amour pour la Patrie le convainc de la nécessité pour son Pays d’être souverain donc de disposer de son territoire. Ainsi il ira défendre au loin les terres conquises de haute lutte par la France, l’Indochine puis l’Algérie. Il est tué en mission alors qu’il se jette au-devant d’un de ses hommes pour le protéger d’une rafale ennemie.
Jean Bastien-Thiry appartient quant à lui à une race d’ingénieurs, de celle qui sait utiliser les ressources que Dieu met à la disposition des hommes pour en faire des œuvres prodigieuses de technique. Passé par Polytechnique et par l’Ecole supérieure d’Aéronautique, il met ses compétences au service de l’Armée pour concevoir des missiles exportés dans le monde entier et qui seront utilisés jusqu’à la première guerre du Golfe. Son amour absolument désintéressé pour son prochain, et non pour une « France éternelle » totalement désincarnée, le conduit à entreprendre l’arrestation de De Gaulle. Ce fut le Petit Clamart, qui se solda par un échec et l’assassinat légal en 1963 de celui qui n’avait fait que mettre en œuvre la « grande et éternelle loi de solidarité entre les hommes ».
Voyons à présent les enseignements de ces sacrifices, car « si le grain qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul. Mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » St Jean, 12, 24.
1) La primauté du Bien Commun
Comme si Charles de Koninck avait permis à ces officiers d’accomplir totalement leur œuvre, grâce à son livre fondateur De la primauté du Bien Commun contre les personnalistes paru en 1942, qui expose magistralement cette vérité. En Algérie, les populations à qui le pouvoir avait promis assistance et fidélité ont été trahies par ceux qui sont devenus les complices de leurs bourreaux. Un massacre de grande ampleur a suivi la fausse libération du peuple vivant sur cette terre française depuis 130 ans. Génocide des populations autant que de la culture et de la religion. Cet abandon fut ressenti par beaucoup de nos officiers comme une blessure faite en plein cœur, à commencer par Jean Bastien-Thiry. Il prend leur défense par cette action héroïque qui a pour but de substituer un gouvernement se souciant des intérêts des Français au tyran. Tyran de Gaulle l’est indubitablement. Il faut relire Saint Thomas : « Un gouvernement est d’autant plus injuste qu’il s’éloigne davantage du Bien Commun » De Regno L.1 ch.3
« D'une manière générale, on peut dire que, durant cinq années, il n'a jamais été fait appel aux sentiments élevés, désintéressés et nationaux des Français métropolitains ; au contraire le pouvoir a essayé de jouer sans cesse sur l'égoïsme, sur l'irresponsabilité humaine et civique, parfois sur l'avarice, toujours sur la tendance naturelle et actuelle qui pousse nos concitoyens à s'enfoncer dans une existence de type matérialiste » Déclaration de Jean Bastien Thiry à son procès
La route qui mène Gérard de Cathelineau au Martyr emprunte un chemin différent mais identique dans son objet. Cet officier a su faire passer la collectivité nationale avant sa personne par le service des armes, jusqu’au don total qui est l’aboutissement de son engagement. L’épanouissement de la personne humaine dans sa dignité est toute entier dans ce précepte : Tu aimeras le seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même (St Mt 22,37). Quoi de plus normal puisque Dieu est le Bien Commun des Biens Communs.
2) « J’ai préféré mon honneur à ma vie » La parole d’un officier français engage. Pour Jean Bastien-Thiry, vis-à-vis des harkis et des pieds noirs. Pour Gérard de Cathelineau, vis-vis de ses chefs et ses subordonnés. « Sache que c’est le plus grand des crimes de préférer ton existence à ton honneur » Juvénal
3) L’oblation de la famille
Le pays passe avant. Ils avaient tous deux femme et enfant, ce qui ne les a pas empêché de faire leur devoir. Car « celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. » St Matthieu 10,37 Gérard de Cathelineau à sa fiancée lui précise l’ordre dans lequel il compte servir : « Dieu d’abord, avant tout et par-dessus tout. Puis ma Patrie dont je suis le serviteur. Et vous ensuite. »
4) Le rayonnement du don de Force
Le Saint Esprit après les avoir éclairé su don de Science les fortifie par le don de Force. « Je vous ai écrit jeunes gens, parce que vous êtes forts » 1 Jean 2,14
« Que Dieu nous donne l’intelligence et la claire vision de ce que nous avons à faire dans ce monde. » Prière de Jean B.-T.
« Je demande à Dieu de me donner en abondance et de répandre autour de moi la foi éclairée, la volonté de me bien diriger et l’action, génératrice de toutes les vertus. » G. de C.
« Un chef se prend au sérieux. Sinon, qui dans sa troupe se prendra au sérieux ? Tous les jours, il a à cœur de la mener à bien. Le chef est dur, le plus dur possible pour lui-même. Il sait se vaincre. Tout devoir, toute conscience a sa source an Dieu. » G. de C.
5) L’absolu comme seul but
Mon Dieu donnez-moi la tourmente
Mon Dieu donnez-moi la souffrance
Mon Dieu donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas
Mon Dieu donnez-moi ce que l’on vous refuse.
« Dans le dessein de Dieu sur la Terre, il y a une place qui nous est réservée, et cette place ne peut pas être tenue par d’autres que nous. » prière de Jean B.-T.
« La vie est une lutte où la beauté vient du sacrifice. La vie n’est belle qu’à celui qui n’est pas l’esclave du corps, à celui qui pense et qui pense en Dieu ! » Gérard de C.
La dimension tragique de l’existence acceptée et vécue.
6) Face à la trahison …la fidélité. Face à la haine érigée en système…l’amour du prochain.
Fidélité à la parole donnée. Fidélité au patrimoine reçu. Nous ne résistons pas à l’envie de vous donner quelques passages de la déclaration de Jean Bastien-Thiry devant ses bourreaux, elles illustrent superbement la trahison gaulliste :
« Messieurs, tous les Français nationaux qui nous ont précédés devant ce tribunal, ou devant d'autres cours de justice, en particulier le général Salan, ont qualifié comme il convenait la rupture de ces engagements de juin 1958: le parjure qui en est résulté constitue l'une des plus grandes, et peut-être la plus grande imposture de l'Histoire de France; la rupture de ces engagements qui, à partir de 1959, allait être consommée dans les faits en vertu de déclarations et initiatives successives, savamment graduées, constitue une escroquerie politique et morale apparemment sans précédent; ses conséquences en furent à la fois tragiques et immenses, et ces conséquences sont très loin d'être épuisées aujourd'hui. »
« "Vous souffrirez", avait dit le chef de l'Etat aux représentants du peuple pied-noir; beaucoup de ceux qui se sont exilés en métropole ont en effet beaucoup souffert déjà par la faute du chef de l'Etat; mais ceux qui sont restés en Algérie n'ont rien à leur envier, bien au contraire. Ceux-là sont réduits à la condition de citoyens de second ordre et, dans le nouvel Etat indépendant, leur liberté, leurs biens et leur sécurité sont à tout moment menacés. Il y a eu, ces derniers mois, plusieurs milliers d'enlèvements et, pour les proches personnes enlevées, cette condition est parfois pire que la nouvelle d'une mort certaine, parce qu'elle permet de tout supposer. Il y a des femmes françaises enlevées qui servent de passe-temps aux nouveaux maîtres de l'Algérie, sans que, et c'est l'infamie, les responsables français fassent quoi que ce soit pour les délivrer. Il y a eu des centaines d'assassinats, des lynchages, des viols. Le pouvoir politique qui dispose encore de forces armées importantes en Algérie, n'a pas agi pour limiter ou épargner ces souffrances et ces crimes; il est donc directement complice de ces crimes et de ces exactions fondamentalement contraires aux accords qui ont été signés. »
« Cependant, la trahison de l'actuel pouvoir politique à l'égard des populations françaises musulmanes est certainement plus infâme encore et ses crimes plus impardonnables. Car il s'agit d'hommes et de femmes qui, ayant fait confiance à la parole du chef de l'Etat, général en uniforme, ayant fait confiance à l'Armée et à l'administration française agissant conformément à la politique et aux instructions du gouvernement, s'étaient, en vertu d'un choix libre et courageux, rangés à nos côtés, et pour beaucoup d'entre eux avaient combattu à nos côtés. Parmi ces populations françaises musulmanes, il y a eu la fraction d'entre elles qui, grâce aux officiers agissant parfois de leur seule initiative et contrairement aux instructions de M. Joxe, ont pu gagner la métropole, abandonnant leurs terres, et sont installées maintenant dans des conditions souvent misérables, parfois en butte aux menaces des agents du FLN. Mais il y a ceux, beaucoup plus nombreux, qui ont été purement et simplement abandonnés à leurs bourreaux et à leurs égorgeurs. La presse, et surtout la radio d'Etat, a été singulièrement discrète sur l'ampleur des massacres et des tortures infligés aux Musulmans francophiles qui sont nos frères. Tous ces hommes sont actuellement sous le coup d'une loi d'épuration. Dans certaines régions d'Algérie, tous ces hommes sont morts en prison. Il s'agit d'un véritable génocide, perpétré contre des Musulmans qui avaient cru en la France; ce génocide a fait plusieurs dizaines ou centaines de milliers de victimes mises à mort dans des conditions et après des tortures abominables. Ces massacres dépassent de loin en horreur ceux de Katyn, ceux de Budapest, ceux du Katanga, et le caractère monstrueux du dictateur apparaît à son indifférence devant ces indicibles souffrances qui sont pour lui autant de manquements à l'honneur. » Déclaration « Mais nous savons qu’il existe un premier commandement, qui est le plus grand de tous, et qui nous commande la charité et la compassion pour nos frères dans le malheur (…) Un acte de force peut être un acte d’amour. » Déclaration du 2 février.
« Devenez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés » Eph. 5,1 Il proclame l’existence d’une autre légitimité, ce fut la raison de son assassinat. Mais Dieu se rit des malfaisants ; il triomphe toujours de ses ennemis. « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » 2 Cor 12,10.
Ensemble, Gérard de Cathelineau et Jean Bastien-Thiry portent haut la parole de la France qui s’est engagée à protéger les populations algériennes et auparavant de l’Indochine. Elle a failli par deux fois, en Asie par manque d’engagement et en Afrique par trahison délibérée. Leur action prend tout son sens dans le service désintéressé du prochain, et s’ils sont nos modèles c’est au moins grâce à cela.
7) Face à la subversion communiste, la civilisation chrétienne.
Ils appliquent le programme du pape Pie XII qui recommande aux peuples colonisés de « reconnaître à l’Europe le mérite de leur avancement et d’étendre à tous les domaines l’influence de l’Europe et de la civilisation chrétienne, sans quoi ils risqueraient d’être entraînés dans un nationalisme aveugle, et à se jeter dans le chaos ou l’esclavage. » Plusieurs décennies ans de liberté mal acquise nous prouvent abondamment que ce conseil n’a pas été suivi, ni d’abord inculqué par les Européens eux-mêmes.
« Le Christ est plus spécialement l’âme de la France, c’est en Lui et par Lui qu’elle retrouvera sa grandeur. » Gérard de Cathelineau.
« Ce patrimoine procède d'un héritage qui est à la fois grec, latin, occidental et chrétien et repose sur une conception précise de la liberté et de la dignité de l'homme et des collectivités humaines et sur la mise en application de principes fondamentaux qui ont un caractère universel et qui sont la recherche et le souci de la justice, le respect de la vérité et de la parole donnée et la solidarité fraternelle entre tous ceux qui appartiennent à la même collectivité nationale. Nous croyons qu'on ne viole pas impunément et cyniquement ces différents principes sans mettre en péril de mort, dans son esprit et dans son âme, la nation tout entière; sans la mettre, par le fait même, à la merci des diverses formes de matérialisme moderne, au premier rang desquels se place évidemment le totalitarisme communiste, négateur de la liberté humaine, qui empêche l'homme et les collectivités de s'épanouir librement, en en faisant de simples éléments dans le cadre et au service d'une doctrine perverse et fausse. »
« Comment l'opinion publique, habituée maintenant aux slogans de la décolonisation, pourra-t-elle résister aux slogans du totalitarisme? C'est là que réside le crime contre l'esprit, contre l'âme de la nation. D'une part on a flatté la vanité des Français par des procédés qui ont été constamment ceux de l'imposture: c'est une imposture, par exemple, de prétendre qu'on a réglé, une fois pour toutes, le problème de la décolonisation, alors que l'Algérie a abouti au désastre et que, comme chacun sait, l'Afrique noire est mal partie; c'est une imposture de parler, comme on l'a fait récemment à la radio, des résultats "éclatants" obtenus par le gouvernement gaulliste, alors que la décolonisation s'est effectuée comme l'on sait, que la nation est divisée et désorientée, que la situation sociale et financière est en réalité précaire et que la France a été, d'une façon absurde et délibérée, isolée dans le monde. D'autre part on a constamment poussé les Français dans le sens de l'absence d'effort, de l'absence de risque, dans le sens d'un matérialisme petit-bourgeois et exclusif de tout idéal, de toute notion d'honneur, de solidarité et de conservation nationale. »
« Les conditions sont donc réunies pour que le peuple français se retrouve un jour sous la férule d'un régime communiste ou cryptocommuniste, sans même s'être bien rendu compte des différentes étapes qui auront été franchies pour en arriver là. Ceci sera le résultat de l'abandon des valeurs spirituelles, morales et nationales qui ont fait, dans le passé, l'armature de notre pays et dont le maintien devrait constituer la condition essentielle de survie nationale. Ceci sera le résultat de l'abandon d'un idéal de liberté et de dignité humaine, idéal qui se trouve inscrit dans les lois de la nation, qui fut dans les traditions de la nation et que le pouvoir politique a si cruellement bafoué en imposant sa propre loi aux Français d'Algérie » Déclaration
Nous pouvons considérer leur action comme authentiquement contre-révolutionnaire car leur but est le rétablissement de la Cité catholique à l’envers de la subversion qui dissout les identités, disperse l’héritage et bafoue Dieu et le Droit. Cette subversion a plusieurs visages, c’était particulièrement le communisme athée à leur époque, l’ultralibéralisme ou le nihilisme dans notre société (ou plutôt notre dissociété comme dirait Marcel de Corte).
8) Un patrimoine à conserver et à augmenter
Cela passe par le respect du 4e commandement : Honore ton père et ta mère. Cela eut évité bien des désillusions aux nations devenues indépendantes… Frédéric Le Play au XIXe siècle a montré que les nations respectant le décalogue étaient les plus prospères. La piété filiale est le liant de la communauté nationale en ce qu’elle assure la continuité entre le passé et le présent par le culte rendu aux anciens. C’est une attitude de la vie intérieure qui consiste à se savoir débiteur dans son être même ; « Je sens peser sur mes épaules misérables le poids démesuré du plus glorieux des héritages » Jean de Brem, introduction au Testament d’un Européen.
L’Algérie faisait partie du patrimoine national au même titre que la Provence ou la Sainte Chapelle, la conserver était un devoir.
« Renan disait qu'une nation est une âme, un principe spirituel. Une nation est aussi une entité, c'est un être moral qui a une existence propre et qui se compose de collectivités d'êtres humains, mus par des sentiments humains, bons ou mauvais, que l'on peut qualifier sur le plan moral. Les nations peuvent mourir et, au cours de l'Histoire, de nombreuses nations sont mortes parce qu'elles n'ont plus trouvé en elles des sentiments humains assez bons et assez forts pour assurer la survie de la nation face aux périls extérieurs, et pour dégager de leur sein les élites et les dirigeants capables de les mener, non à des abandons et à des démissions successifs, mais sur les chemins qui conduisent à conserver, au besoin par la force, leur patrimoine humain, spirituel et matériel. » Déclaration
« Le premier devoir d'un gouvernement, d'un chef d'Etat dépositaire du patrimoine national, est précisément de veiller à ce que ces sentiments de solidarité nationale, ce sens de la conservation du patrimoine, soit éveillé ou réveillé chez tous les nationaux; la collectivité nationale, comme d'autres collectivités humaines, repose sur des bases naturelles et légitimes; ces sentiments que je viens d'énoncer sont naturels et légitimes; et les ébranler c'est ébranler, par le fait même, les bases de la nation; c'est faire acte contre nature de détourner ces sentiments de leur véritable objet. Le crime le plus grand que puisse commettre un chef d'Etat, c'est précisément de violer ces sentiments chez des êtres dont il a la responsabilité politique, de les amoindrir ou de les dénaturer. » Déclaration « Le sens de la fierté nationale, de la conservation du patrimoine national qui implique que le citoyen, sachant ce qu’est le patrimoine qu’ont légué ceux qui l’ont précédé, est prêt et décidé à le défendre et à la limite par son sang. Si ces sentiments n’existent plus, ou sont affaiblis, la collectivité nationale n’existe plus en tant que telle, elle n’est plus qu’une juxtaposition d’individus qui ne forment plus une nation. » Déclaration du 2 février. A n’en pas douter, nos deux officiers se sentaient français par toutes les fibres de leur être, français par le riche héritage helléno-chrétien, français par le sol et par la langue de leurs ancêtres.
9) Etre homme en vérité
« A la base de toutes les falsifications des notions sociales fondamentales, on trouve une fausse idée de la dignité humaine. » St Pie X
La dignité est un attribut propre à la nature raisonnable et libre (ST II,II, 64,2 ad3). Elle nous vient de notre nature telle que Dieu l’a créée, restaurée par le sacrifice du Christ sur la Croix. La plénitude de la vie sur Terre est atteinte en s’identifiant à l’Homme-Dieu qui s’est livré par amour pour nous. La communion au sacrifice qui se renouvelle lors de la messe pure et inviolable était le soubassement et le couronnement de toutes leurs actions. Témoin le visage irradié de Jean Bastien lorsqu’il revient de sa dernière messe, avant son exécution : « Cette joie. Cette joie… »
10) Des esprits libres
Ils sont libres des idées modernes imbues d’elles-mêmes comme la laïcité ou la perversion communiste. Ils sont également lucides en face du pouvoir gaulliste. « Il n’y a pas de sens de l’Histoire, il n’y a pas de vent de l’Histoire. Ce qui fait l’Histoire, (…) c’est la volonté des hommes, c’est l’intelligence des hommes, ce sont leurs passions, bonnes ou mauvaises. » Déclaration du 2 février
Libres de toute préoccupation d’amour propre, ils se soucient d’abord de leur devoir d’état. Conscients des dangers que fait peser le communisme sur le monde, comme aussi du mensonge qu’est l’islam, ils voient déjà la pourriture que sont les médias qui mentent : presse, télévision et radio. Déjà en 1962… « Saint Thomas d'Aquin nous dit: "C'est le tyran qui est séditieux et qui nourrit dans le peuple les discordes et la sédition; car le régime tyrannique n'est pas juste et n'est pas ordonné au bien commun; sont dignes de louange ceux qui délivrent le peuple d'un pouvoir tyrannique". Selon saint Thomas, le chef d'Etat a pour devoir premier et principal de gouverner ses sujets selon les règles du Droit et de la Justice, en vue du bien commun de la collectivité; si, perdant de vue la fin pour laquelle il exerce ce pouvoir, il s'en sert pour lui- même et pour satisfaire ses passions et ses conceptions, il ne règne plus que sur un troupeau d'esclaves; lui-même n'est plus un chef d'Etat, mais un tyran. » Déclaration
« Nous n'appartenons pas à cette droite qui est non seulement la plus bête, mais la plus lâche du monde, et qui a fait faillite. Nous sommes profondément conscients de l'injustice sociale qui existe en France par suite du conservatisme étroit de certains possédants et à cause de certaines formes immorales du capitalisme. Nous sommes conscients des réformes profondes à réaliser pour aboutir à plus de justice sociale. » Avis aux « libéraux conservateurs » et aux tenants de la droite parlementaire…
11) Ils offrent la réponse au problème de l’immigration
Chacun chez soi, dans sa communauté, parmi ses ancêtres, sur sa terre. L’action du capitaine de Cathelineau auprès des populations civiles d’Algérie leur promettait un développement authentique, corps et âme osons le dire, le Religion Catholique avait vocation à rayonner chez ce peuple abandonné à l’islam par la république apostate avant d’être livrée aux terroristes … Au contraire aujourd’hui nous avons des millions de déracinés sur le territoire national qui ne seront probablement jamais français car ils n’en n’ont ni les moyens ni la volonté. Ecoutons encore Jean Bastien-Thiry : « Faire de la société française une société humaine, et non pas une société économique et matérialiste (…) Faire du citoyen français un être humain, libre et responsable. » Nous sommes là à des années-lumière de notre monde dévirilisé et irresponsable favorisant l’égoïsme et ne voyant que la consommation comme idéal.
12) Dieu premier servi
A la suite de nos grands saints, tout leur était l’occasion de rendre gloire à Dieu : leur Patrie, leur famille, le service des armes. Ce sont des hommes d’oraison pour qui le sacrifice du Christ rendu présent à l’autel est essentiel. « Devant l’Histoire, nos concitoyens et devant nos enfants, nous proclamons notre innocence, car nous n’avons fait que mettre en pratique la grande et éternelle loi de solidarité entre les hommes. » Les sacrifices de Jean Bastien-Thiry et de Gérard de Cathelineau porteront leurs fruits, n’en doutons pas.