12 Apr
12Apr

Article complet de la révolution à nos jours : https://www.regence-christ-roi.fr/doctrine-et-histoire/br%C3%A8ve-chronologie-du-catholicisme-depuis-la-r%C3%A9volution-%C3%A0-nos-jours

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1517 

Révolte de Luther 


1545-1563 

Concile de Trente 

L’Église affirme sa doctrine sur la justification, le péché originel, la présence réelle eucharistique, le saint sacrifice de la Messe, les sacrements, le canon des Ecritures, la Tradition comme source de la Révélation divine.


1638

Vœu de Louis XIII consacrant la France à Notre Dame en remerciement pour l’héritier au trône obtenu après des prières 


1717

Fondation de la Franc-maçonnerie moderne


28 avril 1738

Le pape Clément XII condamne la Franc-maçonnerie par la constitution In eminenti. 


18 mai 1751

Le pape Benoît XIV condamne la Franc-maçonnerie par la constitution Providas.


Joseph de Maistre (1753-1821)

Auteur traditionnel

S’efforça de montrer que vérités religieuses étaient les seules à même de fonder la vie politique de façon pérenne. Citons ses Considérations sur la France, Essai sur le principe générateur des constitutions politiques, Du Pape, Soirées de Saint Pétersbourg.


Louis de Bonald (1754-1840) 

Auteur traditionnel

Théorie du pouvoir civil et religieux, et Réflexions sur la révolution de 1830, Albatros, 1989. Michel Toda a écrit Bonal, théoricien de la contre-révolution, Clovis, 1998. 


1787  

« Les francs-maçons doivent exercer l’empire sur les hommes de tout état, de toute nation, de toute religion, les dominer sans aucune contrainte extérieure, les tenir réunis par des liens durables, leur inspirer à tous un même esprit, souffler partout le même esprit, dans le plus grand silence et avec toute l’activité possible, diriger tous les hommes sur la terre pour le même objet. C’est dans l’intimité des sociétés secrètes qu’il faut savoir préparer l’opinion. » 

Le chef des Illuminés de Bavière, Weishaupt, Ecrits originaux de l’ordre et de la Secte des Illuminés, 1787, Munich, cité par l’abbé BARRUEL dans ses Mémoires pour servir à l’histoire du Jacobinisme, DPF, 1974, nouvelle édition. 




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La révolution


Le 17 juin 1789, le Tiers État se proclame Assemblée Nationale, la Révolution commence. 

Un symbole du caractère satanique de la révolution est donné par le chiffre de la bête donné par le livre de l’Apocalypse, transcrit en numérotation romaine : 666 = DCLXVI, ce qui peut s’entendre « décès de Louis XVI ». 




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Les faiblesses de la monarchie française dans les temps qui précèdent la révolution


1749 : le gouvernement prétend prendre possession des biens des communautés religieuses par l’édit sur la mainmorte. 


1763 : l’ordre des Jésuites est interdit. 


25 mars 1768 : un édit en douze articles est édicté qui reculait l’âge des vœux, limitait le nombre des couvents dans les villes, supprimait les monastères où les moines et religieux étaient trop peu nombreux. C’est ainsi que l’ordre de Granmont disparut. 



Louis XVI favorisa par ailleurs les protestants et les juifs, en nommant par exemple le banquier protestant genevois Necker comme principal ministre d’Etat en 1777 et 1788, en offrant sur sa cassette personnelle les frais de reconstruction d’une synagogue dans l’Est… 




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Chronologie des faits marquants sous la révolution


17 juin 1789 : le Tiers État se proclame Assemblée Nationale, la Révolution commence 

25 août 1789 : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui sape l’autorité religieuse et familiale 

28 octobre 1789 : l’assemblée interdit l’émission des vœux de religion 

2 novembre 1789 : l’assemblée dépouille l’Eglise de ses biens 

13 février 1790 : l’assemblée supprime les ordres religieux 


Consistoire secret du 9 mars 1790 : « Les décrets rendus par les Etats Généraux de la nation française attaquent et bouleversent la religion, ils usurpent les droits du Saint-Siège, ils violent les traités conclus solennellement. » 



29 mars 1790 : Pie VI condamne la révolution française 

10 juillet 1790 : Pie VI condamne la constitution civile du clergé dans une lettre au roi Louis XVI 

12 juillet 1790 : constitution civile du clergé, schismatique et sacrilège 

27 novembre 1790 : obligation aux ecclésiastiques de prêter serment à la Constitution civile du clergé sous peine de bannissement. 

Pie VI, Quod aliquantum, du 10 mars 1791 

Bref Caritas du 13 avril 1791 condamnant la constitution civile du clergé, schismatique  

Pie VI, Adeo nota, 23 avril 1791 : « La déclaration des droits de l’homme est si contraire à la religion et à la société ». 

5 et 6 septembre 1792 : massacres à Paris, 12 000 victimes dont 7 évêques et près de 300 prêtres exécutés 

21 janvier 1793 : assassinat du roi Louis XVI en haine de la foi catholique 

Allocution consistoriale du 17 juin 1793 condamnant l’assassinat du roi 

20 octobre 1793 : interdiction de tout culte hors des églises et arrestation de tous les prêtres 

10 novembre 1793 : profanation de la cathédrale Notre Dame de Paris par le culte à la déesse raison sous la forme d’une prostituée 

26 novembre 1793 : tout culte hormis celui rendu à la raison est interdit 

Pie VI, Constantiam vestram du 10 novembre 1798 

15 février 1799 : Pie VI est chassé de Rome sous le Directoire, conduit à Briançon le 1er mai, à Valence le 14 juillet où il est rappelé à Dieu le 28 août. 


     Alors quand on réfléchit sérieusement à tout cela, à genoux devant Dieu Notre Seigneur, est-ce qu'on peut sérieusement penser que l'Eglise, à cette époque, puis jusqu'à Pie XII, n'a pas compris le "souffle chrétien de la révolution", comme de nombreux clercs le disent avec impudence depuis le concile du Vatican II ? Quel est ce souffle qui assassine en haine de la foi les catholiques, renverse la Chrétienté et bouleverse les nations, sinon le souffle de l'ennemi juré de Notre Seigneur Jésus-Christ ?



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Comment expliquer la révolution ? 

     L’UNITE d’action, le déclenchement SIMULTANE des évènements, qu’on pense à la grande peur, non moins que les rédactions similaires des cahiers de doléance en des régions éloignées, la CONSTANCE DANS LA DESTRUCTION, ne peuvent s’expliquer sans une rigoureuse et efficace ORGANISATION.      Contrairement à ce que disait François Hollande à l’occasion d’une visite officielle à des loges maçonniques lors du tricentenaire de leur fondation officielle, la Franc-maçonnerie n’est donc pas uniquement l’instigatrice de la révolution par ses idées, mais également par ses agents, son argent, ses ordres. 

     Ses ordres, son argent, ses agents, elle les met au service d’une passion antichrétienne remarquable par sa constance et sa froide persévérance. Ainsi, le culte de la déesse raison, les lois anticatholiques, le calendrier révolutionnaire, l’endoctrinement de la jeunesse dans l’athéisme et la persécution sanglante prouvent que la révolution est une guerre religieuse. 

     Cependant, si Voltaire et ses émules purent semer le doute et l’incrédulité avec tant de succès, et conduisirent la France catholique à la guillotine, ils durent ces résultats à Jansénius et ses disciples qui avaient amoindri la résistance du clergé et des fidèles. 

En effet, en coupant la France de la Tradition et de la Rome éternelle, jansénisme et gallicanisme l’avaient détournée de sa vocation et l’avaient livrée sans défenses à l’athéisme, avant que la propagande des philosophes et l’action maçonnique ne précipitassent le Chrétienté dans le sang et les ruines. 


     Cela fit suite aux grandes étapes du démon pour nous éloigner de Notre Seigneur Jésus-Christ : défiance des rois envers Rome, renaissance des auteurs païens de l’antiquité, révolte protestante, révolution politique découronnant Notre Seigneur. 

Défiance des autorités royales européennes envers Rome à la fin du moyen-âge, pensons à Philippe le Bel insultant le Souverain Pontife et convoquant les Etats généraux pour appuyer son forfait du concours populaire. 

Renaissance païenne qui détourna les intelligences des réalités éternelles pour les tourner vers la vanité du monde, le profit, le bien-être et la sensualité. 

Révolte protestante qui éloigna les âmes de la source vive de l’autel où le divin sacrifice est renouvelé, rendu présent pour se déverser en flots de grâces sur nos âmes. 

Enfin, révolution politique qui détourne de Jésus Roi et de ses ministres, le roi de France en particulier, proclamé lieutenant, tenant lieu du Christ, par sainte Jeanne d’Arc. 

     Pour rebâtir la chrétienté, c’est autour des quatre piliers que sont la fécondité de Rome, maîtresse de vérité, la primauté de la contemplation de Dieu et de ses mystères révélés, le culte accompli par le prêtre ministre de Jésus-Christ à l’autel, et le trône soutenu par sa protection accordée à l’Eglise, qu’il nous faut revenir. Rejetons ces républiques sorties de l’enfer, comme disait le Padre Pio. 

     En 1793, c’est dans les régions où le Père de Monfort prêcha au début du XVIIIe siècle, ainsi que ses successeurs, que se manifesta la résistance la plus forte et la plus courageuse à la révolution persécutrice. A la suite des Vendéens et des chouans, la source de notre vigueur et de nos victoires, c’est le Sacré Cœur et notre chapelet, la sainte Eucharistie, la confession, l’amour de la Croix, c’est la Tradition. Puis, la contre-révolution va chercher à recréer des corps sociaux dignes de ce nom : familles chrétiennes, corporations de métier, ateliers familiaux, cités sagement administrées, arts exécutés dans la recherche de la beauté, architecture sacrée et civile ancrées dans l’harmonie et la proportion, appuyés par les principes d’autorité, de primauté du bien commun, du respect des anciens et de la Tradition catholique, et de nature subordonnée à la grâce. 


1794

« Une seconde épreuve sera plus terrible encore, lorsque des chrétiens devenus infidèles ne se contenteront pas de renoncer à quelques points de la religion catholique, mais les attaqueront tous à la fois. » Père Pierre de Clorivière, Vues sur la révolution 


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Pie VII 

14 mars 1800

Pie est VII élu pape. Il ratifie les concordats avec la France, la Bavière, le Piémont-Sardaigne, Naples, la Russie et la Prusse. 


Le concordat avec la France 

     Lorsque Bonaparte conclut avec l’Eglise un concordat, il y eut lieu de se réjouir de la paix retrouvée, de la liberté laissée à l’Epouse de Jésus-Christ de sanctifier les âmes au grand jour. Cependant, le concordat commençait par ces mots : « Le gouvernement de la République reconnaît que la religion catholique est la religion de la grande majorité des Français. » 

     Cette constatation était un état de fait reconnu, et non la proclamation de la royauté sociale et politique de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’était cantonner la foi catholique aux consciences. L’empereur voulut de plus mettre la main sur la nomination des évêques, et la formation des séminaristes dans des écoles spéciales, afin de former une Eglise nationale à sa main, vecteur des idées nouvelles. La politique étrangère de l’empereur confirmait le caractère anticatholique de sa politique intérieure. Ses guerres de conquête poursuivaient celles commencées en 1792. 

     Par le fer et le feu, les troupes françaises répandaient les principes de la sécularisation. Elles brûlaient des églises, tuaient des religieux, et installaient au pouvoir des fils de la révolution dans des républiques sœurs. 


5 août 1805

Pie VII croit à l’authenticité des plans du pouvoir occulte exposés ce jour-là à Florence par Simonimi à l’abbé Barruel, transmis par ce dernier au Pape, qui exposent notamment : 

« Que dans notre seule Italie, ils avaient pour partisans plus de huit cents ecclésiastiques, tant séculiers que réguliers, parmi lesquels beaucoup de curés, de professeurs publics, de prélats, quelques évêques et quelques cardinaux, que, dans peu, ils ne désespéraient pas d’avoir un Pape de leur parti ; que la famille des Bourbons était la plus grande ennemie, que dans quelques années ils espéraient l’anéantir… »



17 mai 1809 

Napoléon Bonaparte annexe les Etats pontificaux 


10 juin 1809 

Pie VII excommunie l’empereur puis celui-ci l’enlève et le conduit à Grenoble. 


20 août 1809 

Pie VII est emprisonné à Savonne jusqu’en 1812 puis à Fontainebleau jusqu’en 1814. Victime de Napoléon Ier par ses mauvais traitements lors de sa captivité, rentré à Rome en 1814 après 5 ans de captivité, il y meurt en 1823. 



Donoso Cortès (1809-1853) 

Auteur traditionnel Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme (1851), réédition DMM, 1986. 


Louis Veuillot (1813-1883) 

Auteur traditionnel 

Directeur du journal L’Univers, voir Benoît Le Roux, Louis Veuillot, un homme, un combat, Téqui, 2005. 


7 août 1814 

Pie VII rétablit la Compagnie de Jésus 


28 avril 1814

     Napoléon une fois renversé après les Cent jours et sa défaite à Waterloo, le roi Louis XVIII rétabli sur son trône, une charte fut élaborée, qui précisait les rapports de l’Etat avec l’Eglise. 

Pour les catholiques, quelle attitude adopter face à l’apport de la révolution, aux changements introduits dans la société ? Quelle conciliation, opposition, reconstruction envisager ? La réponse à ces questions détermine depuis deux cents ans la ligne de partage entre les fidèles écoutant la voix de la Tradition, prêts à la folie de la Croix jusque dans leur famille, métier, cité et pays, et ceux qui désirent une voie médiane, prête aux compromis y compris doctrinaux pour avoir une place au soleil des régimes sans Dieu. 

     La charte votée par le Sénat dès le retour du roi Louis XVIII sur le trône, outre qu’elle établissait la séparation entre le pouvoir exécutif du roi, et législatif indépendant, chère aux Francs-maçons, passait sous silence notre religion catholique. Cette situation de compromis était instable. 

     Le Pape Pie VII écrit à l’évêque de Troyes, Mgr de Boulogne, pour qu’il manifestât au roi sa désapprobation : 

     « Non seulement on y permet la liberté des cultes et de conscience, mais on promet appui et protection à cette liberté, et, en outre, aux ministres de ce qu’on appelle les cultes. Il n’est certes pas besoin de longs discours pour vous faire connaître clairement de quelle mortelle blessure la religion catholique en France se trouve frappée par cet article. Par cela même qu’on établit la liberté de tous les cultes sans distinction, on confond la vérité avec l’erreur, et l’on met au rang des sectes hérétiques, et même de la perfidie judaïque, l’Epouse sainte et immaculée du Christ, l’Eglise hors de laquelle il ne peut y avoir de salut. (…) Notre étonnement et notre douleur n’ont pas été moindres quand nous avons lu le 23e article de la Constitution, qui maintient et permet la liberté de la presse, liberté qui menace la foi et les mœurs des plus grands périls et d’une ruine certaine. » 


Cardinal Pie (1815-1880) 

     Vaillant défenseur du Christ Roi, héraut des droits de l’Eglise envers l’Etat selon la formule du Seigneur Dieu « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu » qui s’applique aussi à César devant rendre à Notre Seigneur honneur, soumission et dévotion publiques, et enfin promoteur infatigable de l’infaillibilité du Pontife romain. Ordonné prêtre en 1839, nommé évêque de Poitiers en 1849, créé cardinal en 1879, les livres qui lui sont consacrés ainsi qu’à sa doctrine sont : Chanoine Catta, La doctrine sociale et politique du cardinal Pie, N.E.L., 1959 ; Père Théotime de Saint-Just, O.F.M., La royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ d’après le cardinal Pie ; Cardinal Pie de A à Z, éditions de Paris, 2005. 


1819 

Instruction permanente de la Franc-maçonnerie de la Haute vente des carbonnari : 

« Vous voulez établir le règne des élus sur le trône de la prostituée de Babylone, que le clergé marche sous votre étendard en croyant toujours marcher sous les clefs de la bannière apostolique (…). Vous aurez prêché une révolution en tiare et en chape (…). Ce plan réussira même un jour au-delà de nos calculs les plus improbables. » 



13 septembre 1821

     Encyclique Ecclesiam contre la Franc-maçonnerie, extraits : 

« (…) tout prouve que les Carbonari ont principalement pour but de propager l’indifférence en matière de religion, le plus dangereux de tous les systèmes ; de donner à chacun la liberté absolue de se faire une religion suivant ses penchants et ses idées ; de profaner et de souiller la Passion du Sauveur par quelques-unes de leurs coupables cérémonies ; de mépriser les sacrements de l’Église (auxquels ils paraissent par un horrible sacrilège en substituer quelques-uns inventés par eux), et même les mystères de la religion catholique ; enfin, de renverser ce Siège Apostolique contre lequel, animés d’une haine toute particulière à cause de la primauté de cette Chaire, ils trament les complots les plus noirs et les plus détestables. » 


1824

Léon XII, Ubi primum :

     « Il est impossible au Dieu véritable ─ la Vérité même, le meilleur, le plus sage Dispensateur, et le Rémunérateur des hommes bons ─ d’approuver toutes les sectes qui professent de faux enseignements souvent incompatibles et contradictoires entre eux, et de conférer à leurs membres des récompenses éternelles... par foi divine nous tenons un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême... C'est pourquoi nous professons qu'il n'y a pas de salut en dehors de l'Église. »



Mgr Freppel (1827-1891)

Evêque d’Angers et député du Finistère, se démarqua par ses œuvres sociales et professionnelles, mettant en exergue avec bonheur les principes politiques et sociaux de la sainte Eglise. Les ouvrages le présentant sont : Cornut, S.J., Monseigneur Freppel, Retaux, 1893 ; Guy de la Rochebrochard, Monseigneur Freppel, imprimerie Farré et Fils, Cholet, 1976 ; Frère Pascal du Saint Sacrement, deux volumes aux éditions CRC, Sagesse et charité puis Un évêque de combat. 


6 juin 1830

     Au cours de la messe de la fête de la Sainte Trinité, où l'Évangile rappelle que « tout pouvoir lui a été donné, sur la terre comme au Ciel » (Mt 18, 18), Notre Seigneur apparaît à sainte Catherine Labouré comme un Roi avec une Croix sur la poitrine. Un Roi croisé donc... Au même moment, la flotte du roi de France cinglait vers Alger, et dans l'esprit de Charles X, du maréchal de Bourmont et des meilleurs officiers de l'Armée, cette expédition était une véritable Croisade, destinée à reconquérir toute l'Afrique du Nord sur l'Islam. 

Mais voici que la vision montre le Christ dépouillé de ses ornements et des attributs de son pouvoir. Il sembla à la sœur que la Croix coulait sous ses pieds :« C'est là que j'ai eu les pensées que le Roi de la terre serait perdu et dépouillé de ses habits royaux, et de là toutes les pensées que j'ai eues je ne saurais l'expliquer, sur la perte que l'on faisait. » 

     L'alliance du trône et de l'autel sera rompue par la révolution maçonnique qui allait porter au pouvoir le roi libéral Louis-Philippe. 


Nuit du 18 au 19 juillet 1830 

Apparition de la Très Sainte Vierge Marie à sainte Catherine Labouré

Source : https://crc-resurrection.org/toute-notre-doctrine/contre-reforme-catholique/apparitions-mariales/immaculee-catherine-laboure/les-apparitions-de-la-vierge-marie-a-la-rue-du-bac.html

« Mon enfant, le Bon Dieu veut vous charger d'une mission. Vous aurez bien de la peine, mais vous vous surmonterez en pensant que vous le faites pour la gloire du Bon Dieu... Vous connaîtrez ce qui est du Bon Dieu, vous en serez tourmentée, jusqu'à ce que vous l'ayez dit à celui qui est chargé de vous conduire, vous serez contredite. Mais vous aurez la grâce. Ne craignez pas, dites tout avec confiance et simplicité... »

     D'un geste de la main, Elle montrait à sa confidente le pied de l'autel en lui disant qu'elle n'aurait qu'à venir là répandre son cœur, pour recevoir réconfort et lumière surnaturelle afin d'accomplir sa mission. (...) L'entretien roule ensuite sur la communauté : 

« Mon enfant, j'aime répandre mes grâces sur la communauté. Je l'aime heureusement. J'ai de la peine : il y a de grands abus, la règle n'est pas observée, la régularité laisse à désirer. Il y a un grand relâchement dans les deux communautés. Dites-le à celui qui est chargé de vous... » Elle descend ensuite dans les détails de la vie quotidienne pour corriger tout ce qui ne va pas ! C'est cela une vraie réforme (…). 

Enfin la Sainte Vierge en vient à parler de la France : « Les temps sont très mauvais, des malheurs vont fondre sur la France : le trône sera renversé [dix jours après, c'était fait], le monde entier sera renversé par des malheurs de toutes sortes (la Sainte Vierge avait l'air très peinée en disant cela, note sœur Catherine). Mais venez au pied de cet autel, là les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur, elles seront répandues sur les grands et sur les petits... » Et la Sainte Vierge continue : « Le moment viendra où le danger sera grand, on croira tout perdu, là je serai avec vous, ayez confiance, vous reconnaîtrez ma visite et la protection de Dieu et celle de saint Vincent sur les deux communautés. »« Il y aura bien des victimes, Monseigneur l'archevêque mourra. Mon enfant, la Croix sera méprisée, le sang coulera dans les rues [ici, note sœur Catherine, la Sainte Vierge ne pouvait plus parler, la peine était peinte sur son visage]. Mon enfant, me dit-elle, le monde entier sera dans la tristesse. À ces mots, je pensai : quand est‑ce que ce sera ? J'ai très bien compris : quarante ans. » 

     Quarante ans, l'espace d'une génération, comme dans l'Évangile ! (...) On peut dire que la France avait quarante ans pour se convertir ; elle ne le fera pas, hélas ! et quarante ans après, jour pour jour, la guerre franco-allemande sera déclarée, entraînant un cortège de calamités... C'est en pleurant que la Sainte Vierge prédit tout cela en 1830, comme Jésus avait pleuré sur Jérusalem infidèle ! (…)

Après avoir ainsi révélé l'avenir sous des couleurs si sombres, l'Immaculée voulut donner à ceux qui se réfugieraient auprès d'elle, implorant son secours, et se rangeant sous son étendard pour la reconquête de son beau Royaume, un moyen sûr et infaillible, accessible à tous, de passer à travers ces temps difficiles où « on croirait tout perdu » : la Médaille miraculeuse. 


27 novembre 1830

« Sur un ciel bleu, étoilé par en haut, aurore par en bas, dans un soleil : la Très Sainte Vierge, voile aurore, robe blanche, manteau bleu céleste, les pieds sur un croissant, écrasant la tête du serpent avec le talon. Douze étoiles sont autour de sa tête, un léger nuage sous le croissant. Particularité essentielle : la Sainte Vierge tient légèrement le globe du monde dans ses mains, et elle l'éclaire d'une vive lumière. » Aurore... Le mot revient deux fois : sur le fond du tableau, “ par en bas ”, comme il se doit pour annoncer le lever du soleil, et dans la couleur du voile, “ blanc aurore ”. Ses pieds reposent « sur une boule blanche, ou du moins il m'apparut que la moitié ». 

On lit dans le Livre des Proverbes, à propos de la Sagesse : « Lorsqu'Il fortifia les fondements de la terre, je suis à ses côtés, enfant chérie ; je suis, faisant ses délices... jouant sur le globe de la terre. »Cette enfant chérie de Dieu écrase la tête du serpent : « un serpent de couleur verdâtre avec des taches jaunes », précisera la sœur. 

L'Immaculée engage ici son dernier combat contre le Serpent maudit, dont l'issue victorieuse est connue depuis les origines (Gn 3, 15). Elle tient, – et c'est là la nouveauté –, dans ses mains, « d'une manière très aisée », une boule d'or surmontée d'une petite croix d'or. La voyante entend alors une voix intérieure lui dire : « Cette boule que vous voyez représente le monde entier, particulièrement la France et chaque personne en particulier. » La croix qui surmonte le globe du monde est le signe de la souveraineté du Christ Sauveur. L'Immaculée tenant ce globe dans ses mains, participe à cette souveraineté. (…)Ses yeux, écrit la religieuse, étaient tantôt levés vers le Ciel, tantôt abaissés vers la terre :

« Quand Elle priait, sa figure était si belle, si belle, qu'on ne pourrait la dépeindre. » 

     C'est de voir Marie implorer la Miséricorde divine qui a le plus ravi l'âme de sainte Catherine Labouré, lui donnant cet attrait si particulier pour la représentation de la Vierge au globe, appelée aussi Vierge puissante. « Ses traits étaient alors empreints d'une gravité mêlée de tristesse qui disparaissait lorsque le visage s'illuminait des clartés radieuses de l'amour, surtout à l'instant de sa prière ». 

     En réponse à la prière de Marie, des anneaux apparaissent à ses doigts, au nombre de trois à chaque doigt. Chaque anneau est orné de pierreries, d'où jaillissent des rayons plus beaux les uns que les autres. (...) « C'est le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent », entend sœur Catherine, qui entre sans peine dans le mystère de cette médiation de grâces :« ... En me faisant comprendre combien il était agréable de prier la Sainte Vierge et combien Elle était généreuse envers les personnes qui la prient, que de grâces elle accordait aux personnes qui les lui demandent, quelle joie Elle éprouve en les accordant... » 

Au contraire, les pierreries d'où il ne sort pas de rayons, « ce sont les grâces que l'on oublie de me demander ». Les rayons étaient devenus si intenses que le globe d'or avait disparu. Les mains de l'Immaculée s'étaient comme inclinées dans un geste à la fois très maternel et très souverain. Une sorte de tableau se forma autour d'elle, en ovale, avec ces mots écrits en lettres d'or, partant de la main droite, passant au-dessus de la tête, pour finir à hauteur de la main gauche : 

«Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. » (...)

 Puis une voix se fit entendre : « Faites frapper une médaille sur ce modèle, toutes les personnes qui la porteront avec confiance recevront de grandes grâces. »Il sembla ensuite à la sœur que le tableau se retournait, présentant au centre la lettre M, surmontée d'une croix ayant une barre à sa base, symbole de l'autel où se perpétue le Sacrifice de la Croix, et au-dessous, les deux Cœurs de Jésus et de Marie, le premier entouré d'une couronne d'épines, le second transpercé d'un glaive.

Inquiète de savoir comment orner le revers de la médaille, la voyante entendit un jour pendant sa méditation une voix lui dire distinctement : « L'M et les deux Cœurs en disent assez. » De fait ! Le monogramme de Marie, c'est son Nom même, infiniment agréable à Dieu, terrible aux démons et si aimable. (...) La médaille miraculeuse : L'Immaculée est au pied de la Croix et de l'Autel, comme elle apparaîtra dans la vision de Tuy, Corédemptrice avec son Fils. C'est en effet durant la Passion de Jésus et de Marie, que l'union de leurs Cœurs fut la plus grande. (…)Avec ce rappel, discret mais certain, de ce qui avait été, pendant la Révolution et après, le signe de ralliement de la fidélité monarchique et catholique : les deux Cœurs à jamais unis de Jésus et de Marie. Quant aux douze étoiles, elles ont été placées par le graveur au revers de la médaille, alors qu'elles auraient dû couronner la tête de la Sainte Vierge. 


1832 

Le pape Grégoire XVI condamne la 1ère vague de catholicisme libéral de Lamennais, dans son encyclique Mirari vos. 


1841 

Naissance d'Albert de Mun (1841 - 1914) 

« Voici notre programme : opposer à la déclaration des droits de l'homme, qui a servi de base à la Révolution, la proclamation des Droits de Dieu, qui doit être le fondement de la Contre-Révolution. » 

Le Décalogue à la base de toute notre vie chrétienne.


20 janvier 1842 

Apparition de la Sainte Vierge Marie à Alphonse Ratisbonne. Appartenant à une famille de banquiers juifs de Strasbourg, il se convertit dans l’église Saint Andrea delle Fratte, à Rome. “Il est entré dans une église et par un de ces coups de la grâce qui terrassa Saül sur le chemin de Damas, il en est sorti, dix minutes après, catholique de cœur et de volonté” écrira le témoin de sa conversion, Théodore de Bussière. 


Le 3 juin 1842

Grégoire XVI rendra un décret constatant l’authenticité du miracle. Entré dans la Compagnie de Jésus, puis, ayant rejoint les Pères de Sion, il reconstruira un grand couvent en Palestine (1856-1870). 


3 avril 1843 

"Nous devons arriver par de petits moyens bien gradués, quoique assez mal définis, au triomphe de la révolution par un Pape."
Nubius à Volpe, Franc-maçonnerie de la Haute vente des carbonnari 



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Pie IX 

     Il accorde une constitution et une représentation à ses sujets, et refuse de faire la guerre à l’Autriche. 


19 septembre 1846

     L'auguste Vierge Marie apparaissait dans le diocèse de Grenoble, sur la montagne de La Salette qui domine le village de La Salette de plus de 2500 pieds.Comme témoins de Son apparition, Marie choisit deux petits bergers qui ne se connaissent que depuis la veille: Maximin Giraud âgé de onze ans et Mélanie Calvat âgée de quatorze ans. Maximin a raconté l’apparition comme suit: 

«Il est midi. Assis au sommet de la montagne, Mélanie et moi faisons notre frugal repas… quand tout à coup, Mélanie s’arrête, son bâton lui échappe des mains. Effrayée, elle se tourne vers moi en disant: ‘Vois-tu là-bas cette grande lumière? — Oui, je la vois.” «Cette lumière devant laquelle celle du soleil semble pâlir, paraît s’entr’ouvrir, et nous distinguons dans son intérieur la forme d’une Dame encore plus brillante… Quoiqu’à une distance de vingt mètres environ, nous entendons une voix douce disant: ‘Avancez, Mes enfants, n’ayez pas peur. Je suis ici pour vous annoncer une grande nouvelle.’ La crainte respectueuse qui nous avait tenus en arrêt s’évanouit, nous courons à Elle. La belle Dame S’avance aussi, et suspendue en face de nous, à dix centimètres du sol, commence ainsi Son discours: 

     «Si Mon peuple ne veut pas se soumettre, Je suis forcée de laisser aller le bras de Mon Fils. Il est si lourd et si pesant que Je ne puis le retenir. Depuis si longtemps que Je souffre pour vous autres; si Je veux que Mon Fils ne vous abandonne pas, Je suis chargée de Le prier sans cesse et vous n’en faites pas cas. Vous aurez beau prier, beau faire, vous ne pourrez récompenser la peine que J’ai prise pour vous! J’ai donné six jours pour travailler, Je Me suis réservé le septième et on ne veut pas Me l’accorder; c’est cela qui appesantit tant le bras de Mon Fils. Aussi ceux qui mènent les charrettes ne savent plus jurer sans y mettre le nom de Mon Fils: ce sont ces deux choses qui appesantissent tant Son bras. Si la récolte se gâte ce n’est qu’à cause de vous autres… Il viendra une grande famine. Avant que la famine vienne, les enfants au-dessous de sept ans prendront un tremblement et mourront entre les bras des personnes qui les tiendront. Les autres feront pénitence par la famine. Les noix deviendront mauvaises et les raisins pourriront.”

«Puis, continue Maximin, Elle nous demanda: Faites-vous bien vos prières Mes enfants?’ Tous les deux nous répondîmes d’une seule voix: Non, madame, pas guère. — Ah! Mes enfants, il faut bien la faire, soir et matin. Quand vous n’aurez pas le temps, récitez au moins un Pater et un Ave Maria, et si vous en avez le temps, il faut en dire davantage… Il ne va que quelques femmes âgées à la messe. Les autres travaillent le dimanche, tout l’été, et l’hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la messe rien que pour se moquer de la religion. Le Carême, ils vont à la boucherie comme les chiens…» Elle termina Son discours par ces mots prononcés en français: «Eh bien! Mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple!” «Immobiles comme des statues, les yeux fixés sur la belle Dame, nous La voyions glisser sur la cime de l’herbe sans la faire fléchir… Là, en notre présence, Elle S’éleva insensiblement, resta quelques minutes entre le ciel et la terre, à une hauteur de deux mètres. Puis, la tête et le corps se confondirent avec la lumière qui L’encadrait. Nous ne vîmes plus qu’un globe de feu s’élever dans le firmament…» 

     Notre Mère du ciel est venue pleurer des larmes de corédemptrice sur les hauteurs dénudées de la terre dans le but de fléchir la colère de Dieu, de prier pour la conversion des pécheurs et d’attendrir nos coeurs endurcis. Impuissant devant l’endurcissement de Jérusalem, Son Fils pleura sur elle et sur ses enfants. Marie pleure aussi sur Son peuple et sur le monde, demandant que les hommes avouent leurs égarements et qu’ils réparent leurs torts. 


1848 

Le pape assiste à la révolution européenne menée par ceux qui se disent descendants d’Abraham, comme 120 ans plus tard. Chassé de Rome en 1848 par la révolution judéo-maçonnique, qui assassine son ministre Rossi, menée par Mazzini et sa « jeune Italie », et Garibaldi. Il fuit à Gaëte, mais rentre à Rome grâce à l’armée de Louis-Napoléon Bonaparte. 


9 novembre 1848 

Pie IX condamne la franc-maçonnerie par Qui pluribus. 


15 mars 1850 

Loi Falloux 

« Les divergences qui éclatèrent alors pour la première fois [en France, à l’occasion de la loi Falloux sur l’enseignement] ne feront dans la suite que s’accroître selon la loi de leur marche angulaire (…) Un large sillon divisait désormais les catholiques en deux groupes, ceux qui avaient comme premier souci la liberté de l’Eglise et le maintien de ses droits dans une société encore chrétienne, et ceux qui, premièrement s’efforçaient de déterminer la mesure de Christianisme que la société moderne pouvait supporter pour ensuite inviter l’Eglise à s’y réduire. » Dom Delatte, abbé de Solesmes, Vie de Dom Guéranger 


8 décembre 1854 

Le pape définit le dogme de l’Immaculée Conception. 


15 mars 1856

     Entretien de Mgr Pie avec Napoléon III 


     "-Peut-être la Restauration n’a-t-elle pas fait plus que vous. Mais laissez-moi ajouter que ni la Restauration, ni vous n’avez fait pour Dieu ce qu’il fallait faire, parce que ni l’un, ni l’autre n’avez relevé son trône ; parce que ni l’un, ni l’autre, vous n’avez renié les principes de la Révolution, dont vous combattez cependant les conséquences pratiques, parce que l’évangile social, dont s’inspire l’État, est encore la Déclaration des Droits de l’Homme, laquelle n’est autre chose, Sire, que la négation formelle des Droits de Dieu. 


     Or, c’est le droit de Dieu de commander aux États comme aux individus. Ce n’est pas pour autre chose que Notre Seigneur est venu sur la terre ! Il doit y régner en inspirant les lois, en sanctifiant les mœurs, en éclairant l’enseignement, en dirigeant les conseils, en réglant l’action des gouvernements comme des gouvernés. Partout où le Christ n’exerce pas son règne, il y a désordre et décadence. 

Or, j’ai le devoir de vous dire qu’Il ne règne pas parmi nous, et que notre Constitution n’est pas, loin de là, celle d’un État chrétien et catholique. Notre Droit public établit bien que la Religion catholique est celle de la majorité des Français ; mais il ajoute que les autres cultes ont droit à une égale protection. 

N’est-ce pas proclamer équivalemment que la Constitution protège la Vérité et l’erreur ? Eh bien, Sire, savez-vous ce que Jésus-Christ répond aux gouvernements qui se rendent coupables d’une pareille contradiction ? Jésus-Christ, Roi du Ciel et de la terre, leur répond : 

     « Et moi aussi, gouvernements, qui vous succédez en vous renversant les uns les autres, moi aussi je vous accorde une égale protection. J’ai accordé cette protection à l’empereur votre oncle, j’ai accordé la même protection aux Bourbons, la même protection à Louis-Philippe, la même protection à la République et à vous aussi la même protection vous sera accordée. » 

Et de conclure : Sire, quand de grands politiques comme votre Majesté m’objectent que le moment n’est pas venu, je n’ai qu’à m’incliner parce que je ne suis pas un grand politique. Mais je suis évêque et comme évêque je leur réponds : « Le moment n’est pas venu pour Jésus-Christ de régner ? Eh bien, alors le moment n’est pas venu pour les gouvernements de durer »." 



1858

     Apparitions de Notre Dame à Lourdes, auprès de sainte Bernadette. C'est à Lourdes, en France, au diocèse de Tarbes, que la bienheureuse Vierge Marie se montra dix-huit fois à une jeune fille pauvre, candide et pieuse nommée Bernadette Soubirous. 

Au cours de la première apparition, qui eut lieu le 11 février 1858, Notre-Dame apprit à la jeune fille à faire dignement son signe de Croix ; puis, déroulant le chapelet qu'Elle portait suspendu au bras, Elle l'encouragea, par son exemple, à la récitation du Saint Rosaire, qu'Elle recommanda à toutes ses apparitions. 

Le jour de l'Annonciation, le 25 mars 1858, Bernadette ayant demandé avec insistance le nom de celle qui avait eu la bonté de lui apparaître tant de fois, la Vierge Marie, rapprochant les mains sur la poitrine et levant les yeux au ciel, répondit : « Je suis l'Immaculée Conception. » 

     Elle confirmait ainsi la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception que le bienheureux Pape Pie IX avait défini quatre ans auparavant, le 8 décembre 1854. 

La bienheureuse Vierge Marie a manifesté à Lourdes sa préférence pour le catholicisme intégral et le légitimisme monarchiste, exigences vitales du Règne de Son divin Fils Jésus. 

Son message est à la fois une confirmation du dogme de l'Immaculée Conception proclamé par le bienheureux pape Pie IX et une approbation du Syllabus dans lequel ce même Pontife a condamné l'esprit d'impiété et de libéralisme politique et social que nous voyons aujourd'hui triompher dans nos temps d'apostasie. 

Tout commence en 1830, avec les apparitions de notre divine Mère à Catherine Labouré, rue du Bac, lui donnant à répandre dans tout l'univers la Médaille miraculeuse. (…) En même temps, Jésus se montra à la confidente de Marie sous les ornements de la majesté royale, mais glissant de ses épaules et tombant à terre, annonçant par là que bientôt la Révolution allait rejeter et renverser notre divin Roi de son trône, en contraignant le vrai roi Charles X à l'abdication et à l'exil. 

https://crc-resurrection.org/toute-notre-doctrine/contre-reforme-catholique/apparitions-mariales/lourdes.html 


1859 

Mort du saint curé d’Ars. 


1859-1860 

Le Piémont enlève la Lombardie à l’Autriche en 1859, aidé par la France, puis avec le soutien des révolutionnaires il s’annexe l’Italie centrale et le royaume des Deux Siciles en 1860. Le Pape, entouré d’ennemis, confie sa défense à des volontaires, les zouaves pontificaux, vaincus par le nombre à Castelfidardo. Tous ses Etats lui sont enlevés hormis Rome et son territoire en 1860. 


25 février 1861 

Bref pontifical d’approbation de l’ouvrage de Jacques Crétineau-Joly L’Eglise romaine en face de la Révolution publié en 1859, authentifiant par là les documents sur le complot maçonnique de la Haute Vente italienne des Carbonnari dont le but était d’infiltrer l’Eglise par un Pape acquis aux idées de la révolution. 


8 décembre 1864  

Pie IX publie Quanta cura et Syllabus pour rappeler les droits de Dieu et de son Eglise dans la société. Pie XI condamne ainsi la 2e vague de catholicisme libéral, menée par Mgr Dupanloup évêque d'Orléans et Charles de Montalembert. 

"L'Eglise catholique a résolu de se défendre définitivement, comme disent les philosophes: sub specie aeternitatis. Elle a promulgué le Syllabus. Elle sait le pouvoir presque surnaturel des définitions. Elle sait que nommer c'est tirer du chaos et c'est qualifier." Noël Vesper, Les Protestants, la Patrie, l'Eglise, p.191 


1867 

Les révolutionnaires envahissent les Etats Pontificaux mais sont repoussés à Mentana. 


1870 

Prisonnier au Vatican des troupes du roi Victor-Emmanuel qui s’est emparé de Rome pour en faire la capitale de l’Italie, car la France en guerre contre la Prusse retire ses troupes. Réduit à la possession du Vatican, il refuse de donner son accord à la loi des garanties et vit du Denier de saint Pierre : c’est la question romaine, résolue par les accords du Latran sous Mussolini près de 60 ans plus tard. Il souffre des persécutions du kulturkampf en Allemagne et en Suisse. 




18 juillet 1870 

Le pape définit, par le premier concile du Vatican, le dogme de l’infaillibilité du pape, sous quatre conditions : parler comme chef de l’Église, aux fidèles, sur un sujet de foi ou de mœurs, avec l’intention manifestée d’obliger à croire de foi divine et catholique. 



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Le premier concile du Vatican 

     XVIIIe siècle produisit les francs-maçons et les rationalistes, évidemment hostiles à toute infaillibilité: « Ce que nous devons imposer », peut-on lire dans une revue maçonnique, « c’est la conviction que chacun doit faire soi-même ses opinions, par les ré­sultats de ses réflexions ou par les enseignements qu’il a reçus ou qui lui ont semblé bons. Et si chacun a la liberté de former soi-même son opinion, il doit respecter cette même liberté chez autrui, [...] se dire que, puisque l’erreur est une faiblesse commune à l’espèce hu­maine, il se pourrait bien que ce fût lui qui errât » (revue maçonnique Acacia, mars 1908). 

Afin de dissiper l’erreur d’hommes contaminés par l’idéologie anti-infaillibiliste héritée du protestantisme, du gallica­nisme et de la franc-maçonnerie, le pape Pie IX, au XIXe siècle, convoqua un concile au Vatican. Dans Pastor aeternus est indiqué le motif de la réunion de ce concile: « Comme en ce temps [...] il ne manque pas d’hommes qui en contestent l’autorité, nous avons jugé absolument nécessaire d’affirmer solennellement la prérogative [l’infaillibilité] que le Fils unique de Dieu a daigné joindre à la fonction pastorale suprême ». 

La franc-maçonnerie riposta en convoquant un « anti-concile ». Le courant anti-infaillibiliste séculaire culmina, en effet, dans la tenue d’un « anti-concile », qui eut lieu le jour même où commençait le concile du Vatican. Cet anti-concile des francs-maçons se tint à Naples, le 8 décembre 1869, c’est-à-dire exactement le jour de l’ouverture du concile du Vatican à Rome. L’invitation était ainsi conçue: « Aux libres penseurs de toutes les nations. Post tenebras lux! ». Le lieu de la réunion était Naples, parce que cette ville « eut la gloire de s’opposer sans cesse aux prétentions et aux empié­tements de la Cour de Rome après avoir, dans les jours les plus sombres du Moyen Âge, [...] repoussé constamment et énergique­ment cet infâme tribunal de l’Inquisition. [...] Ainsi, le jour même, où, dans la ville éternelle, on ouvrira ce concile, dont le but évident est de resserrer les chaînes de la superstition, et de nous faire reculer vers la barbarie, nous libres penseurs [...], nouvelle franc-maçonnerie agissant à la lumière du soleil » etc., etc. (in: Schneemann: Acta..., col. 1254 - 1255). Le grand maître de la franc-maçonnerie française ap­porta son soutien officiel. Les délégués français présents lors du contre-concile firent une déclaration finale fracassante: « Considérant que l’idée de Dieu est le soutien de tout despotisme et de toute iniquité; considérant que la religion catholi­que est la plus complète et la plus terrible personnification de cette idée; [...] les libres penseurs de Paris assument l’obligation de s’employer à abolir promptement et radicalement le catholicisme, et à solliciter son anéantissement, avec tous les moyens compatibles avec la justice, y compris au moyen de la force révolutionnaire, la­quelle est l’application à la société du droit de légitime défense (ibidem, col. 1258 - 1259). À l’époque du concile de Vatican I, un haut dignitaire de la maçonnerie se réjouit de « l’appui précieux que nous trouvons depuis plusieurs années dans un parti puissant, qui nous est comme un intermédiaire entre nous et l’Église, le parti catholique libéral. C’est un parti que nous tenons à ménager, et qui sert nos vues plus que ne pensent les hommes plus ou moins éminents qui lui appar­tiennent en France, en Belgique, dans toute l’Allemagne, en Italie et jusque dans Rome, autour du pape même » (in: Mgr Delassus: Véri­tés sociales et erreurs démocratiques, 1909, réédition Villegenon 1986, p. 399). Parmi les Pères conciliaires, il y avait, en effet, des évêques opposés à l’infaillibilité. Ils formaient un véritable clan, avec pour chef de file Mgr Dupanloup. Les anti-infaillibilistes avaient leurs appuis dans la presse, dans le monde politique et même dans la franc-maçonnerie, comme le rapporte un contemporain, té­moin oculaire, le vicomte de Meaux (souvenirs cités par Jacques Ploncard d’Assac: L’Église occupée, deuxième édition, Chiré-en-Montreuil 1983, p. 100 - 102). Les anti-infaillibilistes avaient pour eux les carbonari (francs-maçons italiens), qui al­laient dépouiller le pape de sa souveraineté temporelle, ainsi que l’empereur français Napoléon III, qui était carbonaro lui aussi. Voyant que les Pères conciliaires allaient définir l’infaillibilité pontificale, la maçonnerie voulut interrompre le concile en suscitant une guerre militaire contre Pie IX. Le pape, ayant eu vent de ce des­sein, fit accélérer le processus et l’infaillibilité pontificale fut votée in extremis, à un jour près ! 

Vote de Pastor aeternus le 18 juillet 1870; déclaration de guerre de la France à la Prusse le lendemain (19 juillet); évacuation de Rome par les Français (donc plus de pro­tection militaire) le 5 août, ce qui permit aux « patriotes » italiens, les Piémontais, de prendre  la Ville éternelle le 20 septembre en y entrant par la Porta Pia et de chasser Pie IX de son État. C'est la fin de l'indépendance territoriale du Saint Siège, par la disparition du régime de l'Etat pontifical créé par Pépin le Bref et Charlemagne.


17 janvier 1871

Apparitions de Notre Dame à Pontmain https://crc-resurrection.org/toute-notre-doctrine/contre-reforme-catholique/apparitions-mariales/pontmain.html 


6 mars 1873 

Bref du Pape PIE IX au
Cercle de la jeunesse catholique de
Milan

"(...) Car, à quiconque considère le caractère de la guerre soulevée contre l’Église, il apparaîtra clairement que toutes les machinations de l’ennemi visent à détruire la constitution de l’Église et à briser les liens qui unissent les peuples aux Évêques et les Évêques au Vicaire de JÉSUS-CHRIST. Quant au Pape, ils l’ont dépouillé de son domaine temporel afin que, le soumettant à une puissance étrangère, il fût privé de la liberté qui lui est nécessaire pour gouverner la famille catholique. (...) Oui, hélas ! il y en a qui ont l’air de vouloir marcher d’accord avec nos ennemis, et s’efforcent d’établir une alliance entre la lumière et les ténèbres, un accord entre la justice et l’iniquité au moyen de ces doctrines qu’on appelle catholiques libérales, lesquelles, s’appuyant sur les principes les plus pernicieux, flattent le pouvoir laïque quand il envahit les choses spirituelles, et poussent les esprits au respect, ou tout au moins à la tolérance des lois les plus iniques, absolument comme s’il n’était pas écrit que personne ne peut servir deux maîtres. Or, ceux-ci sont plus dangereux assurément et plus funestes que des ennemis déclarés, et parce qu’ils secondent leurs efforts sans être remarqués, peut-être même sans s’en douter, et parce que, se maintenant sur l’extrême limite des opinions formellement condamnées, ils se donnent une certaine apparence d’intégrité et de doctrine irréprochable, alléchant les imprudents amateurs de conciliation et
trompant les gens honnêtes, lesquels se révolteraient contre une erreur déclarée. De la sorte, ils divisent les esprits, déchirent l’unité et affaiblissent les forces qu’il faudrait réunir pour les tourner toutes ensemble contre l’ennemi.(...)" 


8 mai 1873 Bref du Pape PIE IX
adressé à la Fédération des Cercles
catholiques de Belgique

"(...) Ce que Nous louons le plus dans cette religieuse entreprise, c’est que vous êtes, dit-on, remplis d’aversion pour les principes catholiques-libéraux, que vous tâchez d’effacer des intelligences autant qu’il est en votre pouvoir. 
« Ceux qui sont imbus de ces principes font profession, il est vrai, d’amour et de respect pour l’Église, et semblent consacrer à sa défense leurs talents et leurs travaux ; mais ils n’en travaillent pas moins à pervertir son esprit et sa doctrine, et chacun d’eux, suivant la tournure particulière de son esprit, incline à se mettre au service, ou de César, ou de ceux qui inventent des droits en faveur de la fausse liberté. Ils pensent qu’il faut absolument suivre cette voie pour enlever la cause des dissensions, pour concilier avec l’Évangile le progrès de la société actuelle et pour rétablir l’ordre et la tranquillité ; comme si la lumière pouvait coexister avec les ténèbres, et comme si la vérité ne cessait pas dès qu’on lui fait violence en la détournant de sa véritable signification et en la dépouillant de la fixité inhérente à sa nature. Cette insidieuse erreur est plus dangereuse qu’une inimitié ouverte, parce
qu’elle se couvre du voile spécieux du zèle et de la charité ; et c’est assurément en vous efforçant de la combattre et en mettant un soin assidu à en éloigner les simples, que vous extirperez la racine fatale des discordes et que vous travaillerez efficacement à produire
et à entretenir l’union étroite des âmes (...)" 



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Léon XIII 

     Il condamne le modernisme naissant appelé américanisme et méprisant les vertus d’humilité, de dévotion, de piété. 

Il met en garde contre la franc-maçonnerie dans Humanum genus, exposé des périls de la secte et de son esprit antichrétien. 

Il favorise le renouveau thomiste par l’encyclique Aeterni Patris du 4 août 1879. 

« Il n’est point de problème posé devant la conscience moderne qui ne trouve dans saint Thomas souvent la solution vraie et adéquate, toujours la solution vraie pour les résoudre. » 

     Le renouveau du thomisme doit son élan aux encycliques Æterni Patris de 1879 et Providentissimus de 1893 de Léon XIII par lesquelles il encourageait le retour aux études thomistes et patristiques. Il avait fondé l’Académie Saint-Thomas et réédité les oeuvres du Docteur Angélique. A l’université de Louvain, sous l’autorité du futur cardinal Mercier, et à l’Institut Catholique de Paris, sous l’impulsion de Mgr d’Hulst, des groupes d’étude se fondèrent. 

Le Néothomisme opposa bientôt une réponse vivante au Rationalisme desséché de la Sorbonne : dom Besse, le père Pègues, le père Vallée, le père Garrigou-Lagrange, le père Clérissac étaient des adversaires farouches du Modernisme de Loisy, de Laberthonnière et de Le Roy. Ils louaient la pensée maurassienne qui pour eux constituait le meilleur barrage contre la subversion politique qu’eux-mêmes combattaient sur le plan théologique. 

Et ils étaient approuvés par de nombreux évêques et même des cardinaux comme Sevin, primat des Gaules, de Cabrières, évêque de Montpellier, Andrieu, archevêque de Bordeaux ou Charost, archevêque de Rennes. 


     Echec de sa politique du ralliement aux institutions de la république en France.

Il n’avait pas saisi la situation concrète. Le ralliement favorisa l’acceptation des principes de 1789 dans les milieux chrétien, divisa les catholiques entre monarchistes et ralliés, fit chuter de moitié le nombre de députés catholiques : en 1889, opposition catholique : 212 députés sur 576 sièges ; en 1898, opposition catholique : 90 députés sur 573 sièges. 

Il paralysa l’ardeur des catholiques dans leur lutte contre les lois antichrétiennes et donna par son ralliement un appui aux catholiques libéraux. 

Cette politique n’empêcha pas les francs-maçons au Parlement de voter de nouvelles lois persécutrices anticatholiques. Déjà en 1880 les francs-maçons en France expulsèrent 5 000 religieux de 261 couvents. 


Il donne son appui aux chrétiens sociaux : Le Play en France, Liberatore en Italie, Vogelsang en Autriche, l’union de Fribourg en Suisse. 

Il favorise le retour des schismatiques dans la sainte Eglise romaine, via le mouvement d’Oxford et son encyclique Apostolicae Curae au Royaume-Uni et un rapprochement avec les orientaux schismatiques. 


1876

"En réalité, les catholiques libéraux sont une poignée d'orgueilleux qui prétendent en savoir plus que le Pape ; mieux connaître que lui, et que tous les vrais catholiques, ce qui convient pu ce qui ne convient pas à la société actuelle ; et des hypocrites qui veulent, comme les jansénistes, demeurer dans le sein de l'Eglise sans lui appartenir" Mgr Gaume, Petit catéchisme du Syllabus 


1878

Un grand franc-maçon, M. Bethmont, député de la Charente Inférieure, ex-premier Président de la Cour des Comptes, rencontra Monseigneur Pie en 1878. 

L’évêque dit :
"- Monsieur le Député , je crois que vous voulez recommencer la lutte contre l’Eglise ; mais espérez-vous réussir làoù Néron, Julien l’Apostat et vos grands ancêtres de 93 ont échoué ?
"- Monseigneur, répartit le F∴M∴ Bethmont, au risque de vous paraître audacieux, je répondrai que ceux dont vous parlez, n’ont pas su s’y prendre : nous ferons mieux qu’eux. LA VIOLENCE N’ABOUTIT A RIEN CONTRE L’EGLISE, aussi nous userons d’autres moyens. NOUS ORGANISERONS UNE PERSÉCUTION SAVANTE ET LÉGALE, NOUS ENVELOPPERONS L’EGLISE D’UN RÉSEAU DE LOIS, DE DÉCRETS, D’ARRÊTÉS QUI L’ÉTOUFFERONT SANS VERSER UNE GOUTTE DE SANG." 


1879 

Encyclique du pape Léon XIII Aeterni Patris sur la philosophie à l'école réaliste de saint Thomas d'Aquin 


1881 

Encyclique Diuturnum illud sur la souveraineté des Etats


13 octobre 1884

     Nous sommes, jour pour jour, trente trois ans avant la dernière apparatition de Notre Dame à Fatima et soixante dix-huit ans avant le premier coup d'Etat des libéraux-progressistes lors du deuxième concile du Vatican".

Le 13 octobre 1884, après que le pape Léon XIII eût terminé de célébrer la messe dans la chapelle vaticane, entouré de quelques cardinaux et membres du Vatican, il s’arrêta soudainement au pied de l’autel. Il se tint là environ dix minutes comme en extase, son visage blanc de lumière. Puis, partant immédiatement de la chapelle à son bureau, il composa la prière à saint Michel Archange avec instructions pour qu’elle soit dite partout après chaque messe basse. Lorsqu’on lui demanda ce qui était arrivé, il expliqua qu’au moment où il s’apprêtait à quitter le pied de l’autel, il entendit soudainement des voix : 


« Après la Messe, j’entendis deux voix, une douce et bonne, l’autre gutturale et dure ; il semblait qu’elles venaient d’à côté du tabernacle. Il s’agissait du démon qui s’adressait au Seigneur, comme dans un dialogue. Voici ce que j’ai entendu :
– La voix gutturale, la voix de Satan dans son orgueil, criant au Seigneur : “Je peux détruire ton Église.”
– La voix douce du Seigneur : “Tu peux ? Alors, fais le donc.”
– Satan : “Pour cela, j’ai besoin de plus de temps et de pouvoir.”
– Notre Seigneur : “Combien de temps ? Combien de pouvoir ?”
– Satan : “75 à 100 ans et un plus grand pouvoir sur ceux qui se mettent à mon service.”
– Notre Seigneur : “Tu as le temps, tu auras le pouvoir. Fais avec cela ce que tu veux.” 


Puis, j’ai eu une terrible vision de l’enfer : j’ai vu la terre comme enveloppée de ténèbres et, d’un abîme, j’ai vu sortir une légion de démons qui se répandaient sur le monde pour détruire les œuvres de l’Église et s’attaquer à l’Église elle-même que je vis réduite à l’extrémité. Alors, Saint Michel apparut et refoula les mauvais esprits dans l’abîme. Puis, j’ai vu Saint Michel Archange intervenir non à ce moment, mais bien plus tard, quand les personnes multiplieraient leurs prières ferventes envers l’Archange.

Revue de l’ordre séculier de Saint Augustin de décembre 1981 



Le texte de l'exorcisme a été très vite mutilé, les phrases suivantes ont été supprimées peu après sa promulgation par les ennemis infiltrés dans la sainte Eglise :  

     Maintenant encore, vous-même saint Michel et toute l'armée des Anges bienheureux, combattez le combat du Seigneur, tout comme antan, vous avez lutté contre Lucifer, le choryphée de la superbe, et contre ses anges apostats. "Et voici, ils ne purent vaincre, et leur lieu même ne se trouva plus dans le ciel. 

     Et il fut précipité, le grand dragon, l'antique serpent, celui qui est appelé le diable ou Satan, le séducteur du monde entier, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui" (Apoc. xii, 8-9)   Or, voici que cet antique ennemi, "homicide dès le principe" (Jn. viii, 44), s'est dressé avec véhémence, "déguisé en ange de lumière" (II Cor. xi, 14), ayant pour escorte la horde des esprits pervers, c'est en tout sens qu'il parcourt la terre, et partout s'y insère : en vue d'y abolir le nom de Dieu et de Son Christ, en vue de dérober, de faire périr et de perdre dans la damnation sans fin, les âmes que devait couronner la gloire éternelle. 

     Le dragon maléfique transfuse, dans les hommes mentalement dépravés et corrompus par le cœur, un flot d'abjection : le virus de sa malice, l'esprit de mensonge, d'impiété et de blasphème, le souffle mortel du vice, de la luxure et de l'iniquité universalisée.   

     L'Eglise, épouse de l'Agneau Immaculé, la voici saturée d'amertume et abreuvée de poison, par des ennemis très rusés ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu'elle désire de plus sacré. 

     Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l'impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé. 

     O saint Michel, chef invincible, rendez-vous donc présent au peuple de Dieu qui est aux prises avec l'esprit d'iniquité, donnez-lui la victoire et faites le triompher.




  1885 

Encyclique Immortale Dei sur l’Etat chrétien et son accord avec l’Église 


1886 

« Je crois que le culte divin, tel que le règlent la liturgie, le cérémonial, le rituel et les préceptes de l’Eglise Romaine, subira prochainement, dans un concile œcuménique, une transformation (…) qui le mettra en harmonie avec l’état nouveau de la conscience et de la civilisation chrétienne. »  

Ex-chanoine Roca, prêtre apostat, La fin de l’ancien monde


1888 

Encyclique Libertas sur la vraie liberté 


1889 

« Une immolation se prépare, qui expiera solennellement. La Papauté succombera, elle mourra sous le couteau sacré que forgeront les Pères du dernier Concile. »  

Ex-chanoine Roca, prêtre apostat, Glorieux centenaire

     Né en 1830, sorti de l'école des Carmes et ordonné prêtre en 1858, nommé chanoine honoraire de Perpignan en 1869, il voyage à partir de cette année en Espagne où il réside un certain temps pendant lequel le gnosticisme messianiste va le saisir, puis aux États-Unis en 1880, en Suisse, en Italie. Très versé désormais dans les sciences occultes, il entreprend alors son effroyable propagande auprès des ecclésiastiques et de la jeunesse. Interdit par Rome, il n'en continue pas moins à parler et à agir comme s'il était encore d'Eglise, y prêchant la révolte et annonçant l'avènement prochain de la "divine synarchie" sous l'autorité d'un Pape converti au christianisme scientifique. 

Prosélyte d'une nouvelle église illuminée dans le régime qu'il qualifie de socialisme de Jésus et des Apôtres, Roca est un apostat de la plus forte espèce. Au-dessous d'un Eliphas Levi (ex-abbé Constant), certes, mais plus dynamique qu'un ex abbé Lacuria, rosicrucien de la première heure, il fréquente les hautes sociétés secrètes, martiniste, occultiste, kabbaliste. Il n'y tient pas le rôle d'un simple acolyte, il n'assiste à leurs réunions, à leurs congrès spiritualistes, ni en figurant ni en disciple ; il y apporte au contraire un certain prestige, celui du prêtre renégat, communiquant la flamme plus vive de sa haine, l'appui de sa science religieuse au service des doctrines maudites.  

Selon lui telle qu'elle est la Papauté disparaîtra, le Pontife de la divine synarchie ne ressemblera pas plus au Pape de l'heure présente que ne ressemble à celui-ci le Pape du Lac Salé... Le nouvel ordre social s'inaugurera hors de Rome, sans Rome, malgré Rome, contre Rome.   "La vieille Papauté, le vieux sacerdoce abdiqueront volontiers devant le Pontificat et devant les prêtres de l'avenir qui seront ceux du passé convertis et transfigurés en vue de l'organisation scientifique de la Planète dans la Lumière de l'Évangile.  

     "Et cette nouvelle Eglise, bien qu'elle ne doive peut-être rien conserver de la discipline scolastique et de la forme rudimentaire de l'ancienne Eglise, recevra néanmoins de Rome la Consécration et la Juridiction Canonique ." Ex-chanoine Roca, prêtre apostat, Glorieux centenaire, 1889, p. 426-429

     Égaré dans les rêves renaniens il y trouve occasion de nous informer que la révolution sera portée au sein de I'Eglise par une partie du Clergé. 

Deux camps s'y formeront, assure-t-il, celui des fidèles à la vieille Papauté qu'il appelle "rétrogrades" et aussi, selon la terminologie du temps, les "ultramontains", mais qu'aujourd'hui il affublerait de l'étiquette conventionnelle d'INTÉGRISTES et le camp des PROGRESSISTES. 

     "Ils forment en ce moment un anneau qui se rompra par le milieu et chacune de ces deux moitiés formera un autre anneau. Cette scission va se faire ; il y aura l'anneau des rétrogrades et l'anneau des progressistes". Glorieux centenaire, 1889, p. 446-447 

     Ce langage a une résonance d'actualité. Bien sur, la science, l'économique, le social, accomplissant et désocultant selon eux les "mystères", condamnent, prétendent-ils, l'immobilisme doctrinal, sacramentel, liturgique et tout cela ne peut que réjouir le progres sisme trépidant de ces nouveaux prêtres ! Mais, au nom de quel "Esprit", à la suite de qui, l'apostat profère-t-il ses anathèmes ? Roca répétant ici les leçons de son maître jusque dans leurs termes mêmes et ceci est à noter, prêche le christianisme ésotérique du poète de Satan : "O rites, ô défunts symboles, ainsi votre âme vous sera rendue quand le Christianisme retrempé aux flots de sa source en sortira transfiguré, quand l'éternelle religion qu'il manifeste, émettant le souffle réparateur de son ésotérisme intime, ressuscitera la lettre morte au baiser de l'immortel esprit". (S. de Guaita Essai de sciences maudites III Clef de la Magie noire p. 588 - 589).  

     Ces formes ont vieilli parce que pour lui le surnaturel n'explique plus rien. Il apporte à cette opinion l'argument à la fois bien éculé, tant il est vieux, plus vieux, lui, que les formes vieillies, mais toujours vivant de L'AUTOSUFFISANCE de l'intelligence humaine qui en soi, de par sa nature est directement réceptive du Divin ! Alors que signifient ces véhicules de la grâce : les sacrements, la liturgie ? 

     "Tant que les idées chrétiennes étaient restées à l'état d'incubation sacramentelle entre nos mains et sous les voiles de la liturgie, elles ne pouvaient exercer aucune action sociale efficace et scientifiquement décisive sur la Constitution organique et sur le Gouvernement public des sociétés humaines". (G. C., p. 162). Eh, quoi ! l'administration des sacrements pendant des siècles n'a-t-elle pas fait des catholiques et des nations chrétiennes ? En dépit de cette évidence nous savons certains prêtres d'aujourd'hui qui envahis par le doute rationaliste (il en est qui ne croient plus à la présence réelle telle que l'enseigne l'Eglise) souscriraient volontiers aux énormités d'un Roca sur le pur symbolisme des sacre ments (que condamnera l'encyclique Pascendi) et la primauté de l'action humaine, sociale et scientifique ! S'ils savaient comment par une contradiction d'où le satanisme de l'apostat n'est pas exclu, celui-ci ne renie ces sources divines de la grâce que pour les profaner par un autre culte sacrilège ! Ils reculeraient d'horreur à la lecture de cette déclaration du théologien d'enfer dogmatisant sur les atroces liturgies des groupes occultistes recrutés dans la jeunesse catholique de l'époque : "Ils savent que notre liturgie est de la théurgie et que notre rituel sacramentaire est un recueil de magie blanche ou divine d'une puissance non moins redoutable que celle dont disposait Moïse... Voilà les vrais prêtres. C'est en tremblant que ces nouveaux prêtres prononcent les paroles sacramentelles et qu'ils touchent aux choses saintes. Tremble-t-on de la sorte ailleurs, partout où la routine et l'inconscience estropient les signes Kabbalistiques et bredouillent le formidable verbe, "l'Amen", le "fiat", le "hoc est" ? (Glorieux Centenaire, p. 442). 

     Ce sont là doctrines et pratiques de cercles très restreints d'adeptes tristement illuminés, mais qui attestent, prouvent, illustrent l'origine secrète, la qualité, le but du symbolisme sacramentel propagé en milieux catholiques sous un jour moins cru, sous des formes hypocrites plus accessibles au profane, insinuant peu à peu le scepticisme qui de la part du prêtre a des répercussions incalculables chez les fidèles. La perte de l'esprit surnaturel pousse infailliblement vers les idoles. 

     Ce n'est donc pas sans raison que les Hautes Sociétés Secrètes ont, dans l'ombre, forgé les instruments de désintégration progressive que sont le conformisme, l'alignement sacerdotal sur le monde, l'adoration du "Sens de l'Histoire", la priorité de l'action humaine, le Christ-social opposé au corps mystique et, ce qui détache peu à peu de Rome : l'indiscipline et le vandalisme liturgique. 



1891 

Encyclique Rerum novarum sur la condition ouvrière et les remèdes à apporter aux maux des travailleurs  


1892 

"Ralliement"

Mauvaise politique de Léon XIII imposant aux catholiques de France la soumission à la république française, de fait antichrétienne, opposée à la loi naturelle, au Christ Roi et à la saine conception de l'Etat de justice ayant son origine dans la loi de Dieu. Il veut imposer ses vues à rebours de la réalité du régime, dans un domaine où les fidèles laïcs sont compétents, celui de la vie politique de leur pays. 

     La 3e vague de catholicisme libéral se développe à la faveur de ce ralliement : ce furent les "prêtres démocrates" puis le Sillon de Marc Sangnier qui en furent les fers de lance, et favorisèrent la pénétration des idéaux de la révolution dans l'Eglise : hérésie de la souveraineté du peuple, liberté mal comprise qui s'élève contre l'autorité de Dieu dans la société par ses intermédiaires les prêtres et les rois ainsi que les pères de famille, avant de ronger l'Eglise de l'intérieur. 


Fruits amers de cette politique de ralliement

     Déjà , trente quatre ans avant la mauvaise politique de Pie XI de condamner les lecteurs et adhérents de l'Action Fançaise, quatre vingt quatre ans avant la résistance de Mgr Lefebvre à la Rome conciliaire moderniste, le faux prétexte de l'obéissance est invoqué par l'autorité romaine.

     Les supérieurs « résistants », réfractaires à la république maçonnique, se trouvaient désavoués par Rome, et le père Doré se plaignait amèrement au cardinal Rampolla des funestes conséquences de ce revirement : Modifier en ce moment notre attitude, c’est assumer notre ruine […] c’est jeter le désarroi et le découragement le plus profond dans le cœur de tous les catholiques français ; c’est nous couvrir de ridicule ; c’est paralyser pour l’avenir toute action catholique et nous enlever même l’espérance d’essayer […] Nous pourrons encore prier et pleurer, mais agir et lutter désormais sera impossible (Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 209). À Rome… on continuait à espérer rendre ce gouvernement maçonnique moins hostile à l’Église, ce qui revenait à vouloir réconcilier le diable avec l’au bénite (A.Masella, Memorie inedite, VIII, p. 4436-4437). 

     Dom Sébastien Wyart, supérieur général des cisterciens hostiles à la soumission, fut convoqué par le pape et, au nom de l’obéissance, envoyé par ce dernier avec le père Picard, des Assomptionnistes, pour visiter secrètement les diocèses et y faire connaître les intentions du pontife. Le programme de cette officieuse mission pontificale est synthétisé par l’abbé Barbier : Loyalisme à l’égard des institutions politiques poussé jusqu’au reniement des catholiques qui ne la professent pas, constitution d’un parti se plaçant sur le terrain commun à toutes les honnêtes gens, c’est-à-dire en définitive d’un parti libéral (E. Barbier, Cas de conscience. Les catholiques français et la République, Lethieulleux, Paris, 1906, II, p. 466-467, qui reprend le témoignage de Dom Wyart, cité par Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 210). 

     Le résultat de cette politique ne se fit pas attendre. Aux élections de 1898, les ralliés subirent un échec cuisant (32 élus, contre 44 monarchistes, 432 députés de gauche et 5 socialistes). 


     Le 26 juillet 1892, le père Maignen, neveu de Maurice Maignen le catholique social cofondateur de l’Institut des frères de Saint-Vincent de Paul en 1845, participant dans un esprit « intransigeant » à la fondation de l’ACJF (Association catholique de la jeunesse française), donna à ses pairs lecture d’un texte dans lequel il disqualifiait les consignes du pape au sujet de l’attitude des catholiques français vis à vis de la République : L’autorité du pape existe pour édifier et non pour détruire, et les ordres de Léon XIII détruiraient l’Église de Dieu, si l’Église pouvait être détruite. Il ne nous est donc pas permis d’accepter sans arrière-pensée la République Française et d’user envers les ennemis de l’Église des ménagements que l’on veut nous imposer. Nous ne pourrions le faire sans charger nos consciences d’un crime dont Dieu nous punirait. (Archivio dei Religiosi di San Vincenzo de Paoli (ARSV), dossier Louise Lateau, Procès-Verbal de la séance du 20 février 1894, cité par Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p.248-249).



 
8 décembre 1892 

Léon XIII, Inimica vis 

« Les sectaires maçons cherchent par des promesses à séduire le clergé inférieur. À quelle fin? [...] Ce qu’ils veulent,c’est de gagner doucement à leur cause les ministres des choses sacrées, et puis, une fois enlacés dans les idées nouvelles, d’en faire des révoltés contrel’autorité légitime ». 


1893 

Encyclique Providentissimus sur les études bibliques 


1897 

Mort de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. 

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus appréciait énormément un livre rédigé par le chanoine Arminjon, intitulé: Fin du monde présent et mystères de la vie future. On y trouve cette phrase: 

« Au moment où la tempête sera plus violente, où l’Église sera sans pilote,où le sacrifice non sanglant aura cessé en tout lieu, où tout semblera humainement désespéré, on verra, dit saint Jean,surgir deux témoins. L’un est Énoch,trisaïeul de Noé, l’ancêtre enligne directe de tout le genre humain. L’autre est Élie ». 


     Parvenu au soir de sa vie, il avait fêté ses 90 ans en 1900 mais restait lucide, Léon XIII dressait un bilan de son pontificat par l’encyclique Annum Ingressi (19 mars 1900). 

Il y déplorait l’influence maléfique de la secte franc-maçonne en écho à Humanum Genus, ainsi que la perte de ses États pontificaux. 

Force lui était de constater que le ralliement, destiné à récupérer ces derniers, était un échec cuisant : « Il m’ont trompé » répétait le pape à son entourage(T’sarclaès, Le pape Léon XIII, p. 676, cité par Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 223). 

À aucun moment pourtant, Léon XIII ne douta du bien fondé de sa politique ; il confiait en juin 1903 lors d’une audience à l’ancien président du Conseil Jules Méline : Je me suis rattaché sincèrement à la République (Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 223). 

Le pape continuait aussi de soutenir les abbés-démocrates. L’abbé Naudet, reçu au Vatican, pouvait rapporter ces paroles d’approbation léonines : c’est bien, mon fils, continuez, je suis content de vous (Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 223). 

     La critique la plus dure du pontificat de Léon XIII vint d’un article anonyme intitulé The policy of the Pope publié dans la Contemporary Review : Léon XIII s’était compromis avec Bismarck, avec la maçonnerie française et avec la Russie schismatique, sacrifiant le Zentrum allemand, les monarchistes français et la Pologne catholique. 


1903 

Mort de Léon XIII


     Voici le portrait du candidat idéal, esquissé en 1903 par la revue maçonni­que Acacia:  « Un pape qui desserrerait les liens du dogmatisme tendus à l’excès, qui ne prêterait pas l’oreille aux théologiens fanatiques et dénonciateurs d’hérésies, qui laisserait les exégètes travailler à leur guise, se bornant à maintenir une unité qui serait plutôt une solidarité entre les diverses branches de l’Église, qui n’entrerait pas en lutte avec les gouvernements, qui pratiquerait et recommanderait la tolérance entre les autres religions, même envers la libre-pensée, qui ne renouvellerait pas l’excommunication de la franc-maçonnerie » Acacia, septembre 1903, in: Lecture et Tradi­tion, no94, mars/avril 1982 


À la mort de Léon XIII, les catholiques faillirent avoir un pape franc-maçon, et même un franc-maçon arrivé aux plus hauts grades des cultes lucifériens! 


     Le cardinal Rampolla di Tindaro, secrétaire d’État de Léon XIII, allait tous les samedis dans une loge près de l’abbaye d’Einsiedeln (Suisse) et tous les quinze jours dans une arrière-loge à Zurich. Cette arrière-loge faisait partie de l’O.T.O., l’Ordo templi orientis. À cet Ordre du temple oriental étaient affiliés, entre autres, les organisations suivantes: l’Église ca­tholique gnostique; l’Ordre du Temple (chevaliers templiers); l’Église occulte du saint Graal; la Fraternité hermétiste de la lu­mière; l’Ordre des rose-croix d’Hérédom; ainsi que diverses organi­sations maçonniques: les illuminés de Bavière, le rite ancien et primitif de la maçonnerie (système avec 32 degrés initiatiques); le rite de Memphis (97 degrés); le rite de Misraïm, fondé par le frère juif Bédarride (90 degrés); le rite écossais ancien et accepté (33 de­grés); l’Ordre des martinistes (fondé par le luciférien Saint-Martin); le rite de Swedenborg (qui avait annoncé à l’avance la Révolution française) (renseignements fournis par Georges Virebeau: Prélats et francs-maçons, Paris 1978, p. 28 - 33). 

     Rampolla était un haut initié, puisqu’il appartenait aux huitième et neuvième grades de l’O.T.O., seuls grades autorisés à approcher le grand maître général national ainsi que le chef suprême de l’Ordre, appelé Fater superior (frère supérieur) ou O.H.O. (Outer head of the order). Il n’est pas sans intérêt de savoir que l’Ordo templi orientis fut fondé par Aleister Crowley, considéré comme le plus grand sataniste des temps modernes et qui se disait être l’Antéchrist! 

La décence interdit de rapporter en détail les orgies et rites lucifériens qu’il organisa avec ses disciples. Monseigneur Jouin, fondateur et directeur de la Revue internationale des sociétés secrètes, ayant eu en main les preuves de l’affiliation du cardinal Rampolla, chargea son rédacteur en chef, le marquis de La Franquerie, d’aller les montrer aux cardinaux et évê­ques de France. Félix Lacointa, directeur du journal Le bloc anti-révolutionnaire (ex-Bloc catholique), témoigna de son côté en 1929: « Au cours de notre dernier entretien [avec Mgr Marty, évêque de Montauban], comme nous le tenions au courant des découvertes faites récemment et que nous venions à parler du cardinal Rampolla di Tindaro, il voulut bien dire que, lors de la visite ad limina qu’il fit à Rome, quelque temps après la mort de l’ancien secrétaire d’État de Léon XIII, il fut appelé par un cardinal [Merry del Val, secrétaire d’État de saint Pie X] qui lui raconta avec force détails qu’à la mort du cardinal Rampolla, on découvrit dans ses papiers la preuve formelle de sa trahison. Ces documents accablants furent portés à Pie X: le saint pontife en fut atterré, mais voulant préserver du déshonneur la mémoire du prélat félon et dans le but d’éviter un scandale, il dit très ému: «Le malheureux! Brûlez!». Et les papiers furent jetés au feu en sa présence » (in: Virebeau, p. 28). 


     Le pouvoir occulte chargea le frère Rampolla de deux missions: 

1. fonder, au sein même du Vatican, une loge (celle de « St. Jean de Jérusalem»), qui allait fournir les hauts dignitaires du Saint-Siège; 

2. se faire élire pape à la mort de Léon XIII. Rampolla exécuta la première besogne, mais échoua de justesse à la deuxième tâche. Au conclave, il concentra sur lui la majorité des voix, mais le cardinal Pucielsko y Puzyna, archevêque de Cracovie, montra un billet écrit par le gouvernement de la monarchie austro-hongroise. 

L’empereur François-Joseph opposait son veto à l’élection de Ram­poIla. Pourquoi? La police autrichienne avait eu vent de l’affiliation du cardinal. Mais comme ce motif ne fut pas divulgué durant le conclave, les cardinaux furent scandalisés par cette ingérence du pouvoir civil. Au scrutin suivant, le nombre de voix fut plus grand pour Rampolla qui, tout en protestant contre le veto, déclara qu’il n’accepterait pas. Le sacré collège élut alors Giuseppe Sarto, qui prit le nom de Pie X. Dans sa première encyclique, le nouveau pape, ignorant encore les raisons qui avaient motivé ce veto, protesta contre l’ingérence de l’Autriche au conclave. Ce ne fut qu’après la mort de Rampolla qu’il apprit le pourquoi de l’intervention impé­riale. 


“Les prophéties du Livre de l’Apocalypse montrent que Satan cherchera à imiter l'Église du Christ afin de tromper l’humanité. Il érigera une église de Satan en opposition à l'Église du Christ. L’Antéchrist s’y présentera dans le rôle du messie, le faux prophète se présentera sous l’apparence d’un pape et l’on verra alors apparaître des imitations des Sacrements de l'Église. On verra aussi des prodiges trompeurs, en imitation des véritables miracles de l'Église.” 

Sylvester Berry (1879-1954) 


Naissance du modernisme 

     Si le terme de « modernisme » a été employé par Pie X qui condamna cette somme d’erreurs, l’origine du mouvement date de la décennie 1890-1900, sous le pontificat de Léon XIII. 

     Même si le Ralliement n’est pas lié directement à l’américanisme et au modernisme, ces derniers résultent bien d’une tentative d’une partie du catholicisme d’interpréter la politique ecclésiastique de Léon XIII comme une « ouverture » au monde moderne. Henri Béranger, l’un de ces « néos-chrétiens », affirme que par son action Léon XIII parlant au siècle le langage du siècle, se détourna des rois pour se tourner vers les républiques […] Mais surtout par ses encycliques à la nation française, quand il eut ordonné l’adhésion efficace du clergé à la république et à la démocratie, il modifia profondément l’état des consciences dans notre génération (Cité par E. Barbier, III, Cas de conscience. Les catholiques français et la République, Lethieulleux, Paris, 1906, p. 224, cité par Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 198). 

« Ce fut dans cet humus que fermenta le modernisme » constate Roberto de Mattéi (Le Ralliement, p. 198). 

     Aux disciplines traditionnelles des universités catholiques (philosophie, théologie et droit canon), les libéraux réclamaient qu’on ajoutât une place pour la science, pour la nouvelle méthode critique, l’histoire et l’exégèse devant prendre le pas sur une théologie immobiliste et « fixiste » (…) Les novateurs étendirent le concept de « progrès « du domaine scientifique et social au domaine religieux et moral. Ils rêvaient d’un nouveau christianisme fondé sur la « charité » qui aurait aboli les frontières et unifié les différentes religions (Roberto de Mattéi, Le Ralliement, p. 198-199). L’Institut Catholique de Paris se révéla sous le pontificat de Léon XIII un laboratoire des nouvelles tendances. C’est là que se forma, sous la conduite de MgrLouis Duchesne (et tous deux protégés par le recteur, Mgrd’Hulst), Alfred Loisy, professeur d’exégèse. Duchesne appliquait la méthode « historico-critique », tandis que l’abbé Marcel Hébert traduisait leurs idées dans le domaine philosophique. 

La méthode historique appliquée au domaine de la foi, dans le sillage des aspirations d’Ernest Renan dont la Vie de Jésus (1863) avait fait grand bruit, conduisait à la dissolution des principales vérités de la foi. MgrDuchesne avouait dans une lettre à Friedrich von Hügel : hésiter devant le Dieu personnel et créateur (Émile Poulat, Modernistica. Horizons, Physionomies, Débats, Nouvelles Éditions Latines, Paris 1982, p. 143-144).

 Loisy, à l’esprit cinglant, haïssait l’Église traditionnelle et sa critique biblique désacralisait Ancien et Nouveau Testaments. Loisy ne sera condamné et mis à l’index par Rome que sous le pontificat de Pie X (le cardinal Rampolla défendit Loisy, qui, exclu de l’Institut Catholique, fut élu au Collège de France sous les acclamations du monde laïciste). Hébert et lui apostasièrent, tandis que beaucoup de jeunes prêtres qu’ils avaient formés à l’Institut Catholique, imbus de libéralisme religieux, perdirent la foi. Ce « néochristianisme « se répandit hors de l’Institut, par exemple en Sorbonne grâce à l’œuvre d’un jeune universitaire, Maurice Blondel et sa « philosophie de l’immanence de l’action ». Ces thèses rejoignaient l’américanisme, ainsi que les travaux de divers théologiens protestants. 

Léon XIII comprit cependant le danger, et publia plusieurs mises en garde — comme l’encyclique Providentissimus Deus du 18 novembre 1894 — qui demandaient que l’on revînt à la théologie thomiste et à l’obéissance au Magistère de l’Église. 



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