27 Jan
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François VEUILLOT, LE CHRIST-ROI SUR PARIS, pp 22-23

ÉDITIONS ALSATIA - PARIS, 1941


La Royauté du Christ, en effet, c’est l’antidote, unique et souverain, contre les deux fléaux dont la société risque de périr : la faillite de l’autorité, le refroidissement de l’amour ; c’est-à-dire, au vrai, la disparition simultanée de son armature et de son âme.


« L'autorité ne tirant plus son origine de Dieu, mais des hommes, expose le Saint-Père, les bases même de l’autorité furent renversées », puisque « l’on supprimait la raison fondamentale du droit de commander pour les uns, du devoir d'obéir pour les autres ». Et « l’humanité sans Dieu » se trouva fatalement entrainée vers « l’esclavage » et la « barbarie ».


Mais le redressement s’opérera de lui-même, affirme Pie XI, si « les ministres et ouvriers évangéliques désignés par le divin Roi », s'efforcent, avec le Pontife romain, de rétablir la société « sur l'unique pierre angulaire qui est Jésus-Christ ».


Et, d'autre part, la haine ayant remplacé l’Amour, les maux que discerne, à travers le monde entier, le regard attristé du Pape, ce sont « les germes de discorde semés partout, les jalousies et les rivalités entre peuples,... le déchainement des convoitises,... l'unité et la stabilité de la famille battues en brèche, «enfin, « toute la société ébranlée et menée à la ruine. » Mais, ici encore, pour ramener l'union fraternelle entre les cœurs, entre les classes, entre les nations, ne suffirait-il point de restaurer, sur les âmes et sur les Etats, le règne de la Charité infinie? Car, « si le Royaume du Christ comprenait de fait tous ceux qu'il embrasse de droit, pourquoi, se demande Pie XI, désespérerions-Nous de cette paix
qu'apporta sur la terre le Roi pacifique?... Oh ! quelle félicité goûterions-nous, s’écrie-t-il encore, si tous les hommes, les familles et les sociétés se laissaient gouverner par le Christ ! »


Oui,«pour aider à rétablir solidement la paix », il n’est « pas de moyens plus efficaces que la restauration du règne de Notre-Seigneur. »



Pie XII, encyclique Summi Pontificatus, 20 octobre 1939 :

          "À l'entrée du chemin qui conduit à l'indigence spirituelle et morale des temps présents se trouvent les efforts néfastes d'un grand nombre d'hommes pour détrôner le Christ, l'abandon de la loi de la vérité, qu'il annonça, de la loi de l'amour, qui est le souffle vital de son règne. La reconnaissance des droits royaux du Christ et le retour des individus et de la société à la loi de sa vérité et de son amour sont la seule voie de salut... Quand Dieu est renié, toute base de moralité s'en trouve ébranlée du même coup, et l'on voit s'étouffer ou du moins s'affaiblir singulièrement la voix de la nature, qui enseigne même aux ignorants et aux tribus non encore arrivées à la civilisation ce qui est bien et ce qui est mal, le licite et l'illicite, et fait sentir à chacun la responsabilité de ses actions devant un juge suprême."

"Mais d'autre part, détacher le droit des gens de l'ancre du droit divin pour le fonder sur la volonté autonome des États, ce n'est pas autre chose que le détrôner et lui enlever ses titres les plus nobles et les plus valides, en le livrant au funeste dynamisme de l'intérêt privé et de l'égoïsme collectif, uniquement tourné à la mise en valeur de ses propres droits et à la méconnaissance de ceux des autres.La rééducation de l'humanité, si elle veut avoir quelque effet, doit être avant tout spirituelle et religieuse : elle doit, par conséquent, partir du Christ comme de son fondement indispensable, être réalisée par la justice et couronnée par la charité...

Car seul le Christ est la “pierre angulaire” (Ep., II, 20) sur laquelle l'homme et la société peuvent trouver stabilité et salut. C'est sur cette pierre angulaire que l’Église est fondée, et c'est pourquoi les puissances adverses ne pourront jamais prévaloir contre elle : portæ inferi non prævalebunt (Mt., XVI, 18), ni lui ôter sa vigueur, bien au contraire, les luttes tant intérieures qu'extérieures contribuent à accroître sa force et à augmenter les couronnes de ses glorieuses victoires. "


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