Le combat contrerévolutionnaire : leçons tirées de l'échec en Algérie
Le combat contrerévolutionnaire : leçons tirées de l'échec en Algérie
01 Jan
01Jan
Si les temps deviennent mauvais...
Oui chère Madame, mais vos hommes courageux, mari, frère, fils, sauront reprendre l'étendard du Christ Roi pour que vive France et donner paix, sécurité et avenir aux Français.
Les leçons de cet échec des forces contrerévolutionnaires françaises en Algérie ont été tirées par un colonel de l’Année française ayant servi en Indochine et responsable de l’OAS sur le Constantinois de janvier à juin 1962, le colonel Chateau-Jobert, dans Feux et lumières sur ma trace, Doctrine d'action contrerévolutionnaire et Laconfrontation Révolution/Contrerévolution.
UN PREALABLE INDISPENSABLE : LA REFORME DE VIE PERSONNELLE
Le préalable indispensable à tout engagement d’ordre politique du catholique est une réforme de vie personnelle, sans laquelle tout le reste est vain et inefficace. Cette réforme de vie spirituelle et morale s'effectue peu à peu, grâce à la lecture d'ouvrages de doctrine chrétienne morale, grâce à la vie sacramentelle, des retraites fermées par exemple dans un monastère, comme l’a compris Claude Mouton, par la récitation du chapelet, la méditation quotidienne et des efforts pour vivre de plus en plus vertueusement, notamment par la réalisation de son devoir d’état familial et professionnel Tout cela doit être bien sûr confie à Marie, selon la directive de saint Louis-Marie Grignion de Montfort. C’est ce que fait Robert Martel en partie. La date choisie pour le coup de force de 1958, le 13 mai est un choix délibéré de celui-ci, en référence aux apparitions de la Sainte Vierge Marie à Fatima. Certains ont prétendu qu’en 1958, Robert Martel ignorait tout de Fatima et qu'il n’y avait aucun rapport entre ces deux dates. En réalité, même s’il n’en a pas fait mention autour de lui, le « Chouan de la Mitidja» connaissait parfaitement l’histoire de l'Apparition et du Message de la Vierge, et ses prières à Marie et au Père de Foucauld en cet instant décisif le prouvent.
Ce n’est pas quand le bateau coule qu’on apprend aux autres à nager. Cette préparation doit se faire longtemps à l'avance et elle doit chercher l’efficacité (c’cst-à-dire éviter la pagaille dans l’action) et donc tendre à réaliser autour de nous, parmi nos amis et dans nos familles : • l'unité de doctrine : cette unité doctrinale se réalise par capillarité par des discussions, l'invitation à écouter des conférences, la diffusion de documents de formation audio, vidéo, et surtout écrits, tels que plaquettes, brochures, manuels. Le but est de former une élite nombreuse de cadres contrerévolutionnaires catholiques. Ce point est essentiel : toute organisation catholique pour être un utile instrument de la Providence divine doit consacrer une partie importante de ses efforts . en termes de personnes et de moyens financiers, à cette tâche, certes peu visible immédiatement, de formation rigoureuse et approfondie de cadres à la doctrine politique et sociale catholique.
⚜ Formation à la doctrine politique et sociale de l’Eglise (comment doit s'organiser un ordre politique et social chrétien), et à la connaissancede l'ennemi : dans ce domaine, les meilleurs ouvrages, les plus simples, les plus synthétiques, sont ceux écrits par Jean Ousset et les responsables de la Cité Catholique - Pour qu'il règne, La Famille, Les corps intermédiaires, Patrie-Nation-Etat, ainsi que ceux de Mgr Delassus - L'esprit familial, Vérité sociales et erreursdémocratiques, Le problème de l'heure présente, la Conjuration antichrétienne notamment.
⚜ Unité d’organisation, mais dans la souplesse et une certaine décentralisation, sous la direction d'un organisme central non pléthorique, de petits groupes de travail d’amis se retrouvent régulièrement pour étudier la doctrine catholique et réfléchir à l’action qu’ils peuvent à mener dans leur secteur en vue de la Royauté politique et sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ. Cette organisation par petits groupes de travail est complétée par une organisation en réseaux d'entraide par état de vie.
⚜ Unité d’action : il est indispensable de bien savoir pourquoi on se bal, quels sont les buts de l’action engagée ; mais il faut aussi savoir comment combattre. Sur ce dernier point existent quelques ouvrages essentiels : L'Action de Jean Ousset, Doctrined’action contrerévolutionnaire et La confrontation Révolution/Contrerévolution (1) du colonel Chateau-Jobert1, auxquels ont peut ajouter aujourd’hui La bataillepréliminaire et Réflexion sur l'Ennemi et la manœuvre de Jean Vaquié, ainsi que Riposte à l'encerclement médiatique et guerre idéologique de Jean-Yves Clouzet.
Notes sur ces ouvrages
Ouvrage (1) écrit pour des civils par un militaire, le colonel Chatcau-Jobcrt, qui expose sa doctrine militaire en cas d’invasion du territoire par des forces armées ennemies ou en cas de persécution révolutionnaire. Cet ouvrage n’est pas un ouvrage pour temps de paix, mais pour temps de guerre. L’auteur explique en effet la manière de se préparer à passer, sans précipitation, de la résistance morale actuelle à une véritable résistance physique. ’ Description théorique de la manière d'organiser l'action de résistance face à un Etat révolutionnaire totalitaire. Cette réflexion s’est élaborée à partir notamment de l’analyse des méthodes de l’ennemi, grâce à l’expérience d’une vie militante - couronnée de succès - de lutte contre l'Etat totalitaire soviétique. L’auteur insiste sur la nécessité de la mise en place - conjointement à l'action de formation doctrinale d’une élite de cadres contrerévolutionnaires -, d’une riposte à la subversion de masse actuelle, par l'utilisation des moyens médiatiques, en les retournant contre les promoteurs de la subversion. Cette riposte suppose cependant une organisation de résistance très structurée, disposant à la fois de militants et d’importants moyens financiers. L’auteur explique que le premier pas à faire pour se libérer de l'emprise du contrôle idéologique ennemi consiste à refuser d'en être un vecteur. Le « rebelle » est celui qui refuse de se faire influencer par l’ennemi : ainsi, il n’a pas la télévision, il ne lit pas les journaux du Système, il refuse la publicité par une plaque sur sa boite aux lettres, il ne va pas dans les supermarchés et il pratique le culte le dimanche. Mais celui qui veut lutter contre cette emprise idéologique, logiquement, doit aussi vouloir en libérer les autres. Il devra alors, selon l’auteur, tâcher d’exercer une influence sur son entourage immédiat, local et professionnel, par ce que M. Clouzet appelle « l'immersion populaire ». Cette première phase, lorsqu’elle est réussie, permet de passer au « bond offensif ». Dans ce domaine, il convient de s'assurer la «supériorité doctrinale». D'où l’importance de l’étude de la doctrine sociale de l’Eglise, doctrine de bien commun, et de l’élaboration d’un programme correspondant à celle- ci. Le " bond offensif» doit s’accompagner de la mise en place progressive d’une solide organisation défensive, pour faire face avec succès à d’éventuelles contre-attaques ennemies, par la constitution de périmètres sécurisés (il ne s'agit pas d’un combat l'arme à la main, mais d’un affrontement politique). L’auteur termine en décrivant les quatre moments de l’assaut final contre le Système, qui peuvent d'ailleurs éventuellement se dérouler dans une certaine simultanéité, et qui débouchent finalement sur la maîtrise de l’espace public par les forces contrerévolutionnaires. L’ouvrage de M. Clouzet est sans aucun doute le plus achevé concernant la manière de mener l’action. Reste aux militants de la Contrerévolution à réaliser pratiquement dans leur vie quotidienne - et en fonction des possibilités concrètes qui leur sont offertes par la Divine Providence - les conseils de ce précieux guide.
Il convient aussi de s’efforcer d’avoir des militants ayant une certaine expérience de l’affrontement avec l’adversaire et de gouvernement de petits bastions de chrétienté, pour ne pas rester purement dans la théorie ; cette expérience s’acquiert en menant les combats de la bataille inférieure de maintenance sociale, et notamment en s'efforçant d’entrer dans les conseils municipaux et les organismes professionnels (cela permet en outre d’avoir en place des relais locaux). Enfin, la préparation à l'action est aussi physique et matérielle : Mens sana in corpore sano. Etre dans une bonne condition physique, c’est-à-dire être capable de marcher longtemps, faire du renforcement musculaire, s’entraîner au tir sportif, tout cela accompagné d’une vraie préparation matérielle, dans le domaine de la recherche d’une autonomie alimentaire, énergétique et financière, pour ne pas être à la merci du système. Les Pieds-Noirs disposaient jusqu’en janvier 1960 des UT, corps d'auto-défense avec armes automatiques et engins bondés légers.
B) Ne rejoindre que des organisations contrerévolutionnaires, sous la direction de vrais chefs catholiques
C’est le point essentiel rappelé par saint Pie X dans son encyclique Singulari Quadam. Les organisations contrerévolutionnaires peuvent éventuellement travailler en cartel avec d’autres organisations non-contrerévolutionnaires, des militants contrerévolutionnaires peuvent appartenir conjointement à une association catholique contrerévolutionnairc et à une autre ; | plus puissante non contrerévolutionnaire, pourvu que rien dans les actes ou les discours ou les écrits des chefs de celle-ci soit en contradiction avec la doctrine de l'Eglise. En revanche, ce qu’il faut éviter ce sont des militants catholiques contrerévolutionnaires isolés au sein d’organisations dirigés par des chefs dont les actes, les discours ou les écrits sont en contradiction avec la doctrine de l’Eglise. Ce point a été pressenti par Robert Martel lorsqu'il a organisé l’UFNA, devenu ensuite le MP 13. Mais il ne l’a pas maintenu malheureusement au temps de l’OAS, puisqu’il a accepté de fondre ses réseaux au sein de celle-ci, ce qu’il a regrette ensuite (Martel avait confié au colonel Gardes des noms de militants de l’ancien MP 13, mais sans avoir en contrepartie de commandement au sein de l’OAS). Il faut par ailleurs suivre de vrais chefs catholiques, de nom certes, mais aussi dans la réalité et en actes, qui ont fait leurs preuves dans leur domaine professionnel de la direction d’hommes. Le chef doit avoir des qualités personnelles : ne pas être indécis, savoir ce qu'il veut, et s’entourer de gens compétents et non pas de flatteurs, et quand il les a repérés, ne pas les laisser sur la touche, mais leur donner un vrai pouvoir, en termes d’hommes et de moyens financiers, pour qu’ils puissent agir. Il doit savoir déléguer les tâches de détail pour ne pas être submergé et mettre au travail ses subordonnés en leur donnant une tâche claire, adaptée à leurs compétences (le colonel Château-Jobert écrit fort justement à ce propos, dans Feux et lumières sur ma trace, p. 342: «j'ai toujours voulu associer mes hommes à moncommandement. J'étais le chef, mais mon désir était qu 'ils le fussent aussi. Le rôle du chej'n'est pas, dans l'essentiel, d'être le personnage irremplaçable, hors duquel plus rien nemarche : c'est de susciter d'autres chefs qui puissent faire comme lui-même aurait fait, et sipossible, mieux encore ». De fait, lorsque Salan et Jouhaud sont arrêtés, Chateau-Jobert poursuit sa mission sur le Constantinois. Le chef doit avoir une certaine souplesse de caractère - savoir éviter les emportements -, être bien formé à la doctrine chrétienne, pour ne pas être manipulé, avoir une certaine expérience du commandement (et pas seulement du commandement militaire où lorsqu'on donne un ordre, on est habitué à être obéi). Toutes ces qualités manquaient aux chefs de l'OAS, au général Salan en particulier. Seul le colonel Chateau-Jobert les avaient.
C )Savoir très clairement ce qu’on veut et comment on pense y parvenir, en étant réaliste sur les moyens dont on dispose
II ne sert à rien de prendre le pouvoir à midi pour le perdre à 14 h, comme cela se produisit le 13 mai 1958, faute d’avoir préparé l’après-putsch (cf. Jean Ousset dans PQR). Il faut se poser, avant d’envisager d'assumer le pouvoir, les questions suivantes: que va-t-on faire quand on aura le pouvoir, comment va-t on s’organiser, sur quels relais locaux va-t-on pouvoir s’appuyer pour encadrer la population, sur quels appuis internationaux pourra-t-on compter (beaucoup de militants Algérie Française se sont réfugiés dans l’Espagne de Franco, mais celle-ci aurait-elle été prête à soutenir financièrement et militairement un embryon d’Etat insurgé) ? Comment équiper les forces armées et assurer leur logistique ? Comment assure-t-on le ravitaillement de la population en nourriture, comment prépare-t-on la défense, la propagande (comment va-t-on contrôler et animer radio, télévision, journaux) ? Deux options s'offraient aux Européens d’Algérie : la prise de pouvoir en France (ce fut le scénario retenu en 1958, 1960 et 1961) ou bien le repli stratégique final sur un réduit algéro- oranais, un peu à la manière de l’Irlande du Nord pour les Britanniques. Cette option aurait peut-être été réalisable, mais elle supposait un plan d’action, une concentration des forces de l’OAS dans cette région, le regroupement des Pieds-Noirs et des musulmans fidèles à la France et l’acceptation par beaucoup de l'abandon de leurs maisons et propriétés. En fait, il aurait fallu la préparer longtemps à l'avance, comme un plan B, de secours.
Ces méthodes subversives sont les assassinats individuels et surtout les attentats aveugles qui tuent des innocents (Susini préconisait à partir de mars 1962 une politique d’exactions devant terroriser les musulmans « pour faire échec aux résultats du terrorisme FLN »). Autres méthodes antichrétiennes à bannir : les attaques de banques à main armée, le racket de la population, qui sont des vols, ainsi que la manipulation, qui est une forme de mensonge (De Gaulle, alors qu’il était dans son for intérieur, comme il l’a avoué plus tard, pour l’indépendance de l’Algérie, répète au cours de ses voyages à travers l’Algérie, le slogan « Algérie française », laisse entendre qu’il n’y a plus que des Français « de Dunkerque àTamanrasset », donne à l’Armée des moyens massifs pour éradiquer la rébellion, ce qu'elle fait victorieusement, et lance « le plan de Conslanline » pour poursuivre le développement matériel de l’Algérie, alors qu’il s’apprête à négocier secrètement avec les chefs FLN basés à l’étranger, et donc à abandonner les pieds-noirs, l’Armée, les harkis. Toutes ces méthodes subversives provoquent instinctivement au sein de la population un sentiment d'horreur et de rejet total de ceux qui les commettent. Elles sont donc, outre leur immoralité intrinsèque, parfaitement contreproductives.
B) Repérer les ennemis infiltrés
Des partisans de De Gaulle ont toujours été présents lors des tentatives d’insurrection : en 1958, Delbecque fait crier : « Vive De Gaulle » à Salan désemparé, Neuwirth prend en main le Comité de Salut Public et en écarte les contrerévolutionnaires. En 1960, les partisans de l'Algérie Française mettent leurs espoirs dans le général Massu, qui refuse d’engager l’armée dans l’insurrection. Lors du putsch d'avril 1961, il y avait un poste émetteur qui fonctionnait sans arrêt en direction de Paris pour renseigner le gouvernement sur tout ce qui se disait dans le bureau des généraux. Le 26 avril au soir lorsque le général Salan prend la parole au micro du balcon du gouvernement général, sa voix ne retentit pas dans les haut-parleurs, car les fils des micros ont été coupés par des mains mystérieuses. En 1962, le camp retranché de Bab-el-Oued el la manifestation de la rue d'Isly furent des provocations inutiles, lancées par Susini. Donc, il convient de repérer les éléments subversifs et de les isoler. Quant à ceux qui sont dans le bon camp, mais dans l’erreur quant à l'action à mener, il faut tâcher de les convaincre, donc s’efforcer d’être persuasif, d’utiliser les bons arguments.
C) Le jour venu, engager dans la bataille toutes les forces en même temps
Le premier point à rappeler est qu'il n’est pas licite de renverser des institutions ou un régime si rien de sérieux n’a été préparé et prévu, de telle sorte que la situation nouvelle deviendrait pire que la précédente. C’est-à-dire qu’il ne suffit pas que l’autorité soit réellement indigne ou dévoyée pour que la révolte soit permise. Il faut encore que cette révolte elle-même soit un vrai remède, la fin des abus, et non l'aggravation d’un mal désastreux. De plus, il convient de bien garder à l'esprit, comme l’a montré Jean Vaquié dans les Réflexions sur les ennemis et la manœuvre et dans la Bataille préliminaire, que toute action directe sur le pouvoir est actuellement impossible et que si nous pouvons et que nous devons agir pour essayer de freiner la Révolution (bataille inférieure), nous pouvons seulement nous préparer à la bataille supérieure qui permettra de revenir au Règne politique et social de Notre Seigneur Jésus-Christ, c’est-à-dire à la civilisation chrétienne ; seul Dieu peut décider quand et comment cette vraie bataille aura lieu. Donc, ne pas s'engager prématurément et avec précipitation dans des actions de type insurrectionnel, qui seraient de simples provocations, faciles à utiliser par le pouvoir pour écraser les dernières résistances. Il faut agir posément, calmement, avec prudence. En revanche, quand on a vu que c’est le moment d’agir, il faut se lancer dans la bataille, sans tergiverser, car les seuls combats qu’on est sûr de perdre sont ceux qu’on n’engage pas. Il importe alors de ne pas hésiter à avoir une stratégie offensive (au moment des barricades, alors que les civils sont armés, par exemple, Ortiz n'a pas eu le courage de les lancer à l'assaut du gouvernement général). Ne pas se faire dicter son calendrier par l’adversaire. Conserver le contrôle du calendrier du déroulement des opérations. I) ne faut pas engager séparément et en décalage temporel les forces civiles el les forces militaires comme cela s’est fait pendant la guerre d’Algérie. Il ne faut compter que sur soi et envisager toujours le pire, c’est-à-dire l’échec, pour prévoir un plan B. Il faut refuser de se rendre avant d’avoir tiré sa dernière cartouche et tenir dans la durée, car l’adversaire, malgré sa victoire parfois apparente, comme lors de la récupération du 13 mai 1958, n’a la plupart du temps pas toutes les cartes en main et le combat peut continuer si on s’en donne la peine.
3) APRES l’action
S’efforcer constamment d’avoir le soutien de la population
Il faut être comme un poisson dans l’eau dans le milieu géographique ou professionnel dans lequel on évolue (c’était le cas de Robert Martel dans la plaine de la Mitidja, qui put se cacher pendant deux ans et demi, et cacher des militaires, dont deux généraux passés à la clandestinité) et il faut se souvenir qu’on se bat pour le bien commun d'un peuple qu’on aime, pour des gens en chair et en os, pas pour un idéal froid et désincarné et donc toujours garder la charité dans son cœur (le colonel Chateau-Jobert écrit ainsi dans Feux et lumières sur matrace, p. 342 : « Pour bien commander les hommes, il faut les aimer, ce qui signifie leurapporter quelque chose de bon, et, si possible, de beau ; s'intéresser réellement à eux, à leursproches, leur rendre non seulement la vie et le travail plus faciles, mais aussi leur donner lapossibilité de s'accomplir dans un épanouissement de leurs qualités et de leursresponsabilités, dans une élévation de leurs esprits et de leurs aspirations ». Claude Mouton reconnaît par exemple que Martel a commis l’erreur de ne pas avoir recueilli le général Zeller en fuite. La charité envers le prochain s’exerce aussi par la conquête des cœurs qui se fait par une saine propagande, n’hésitant pas d'ailleurs à utiliser les moyens actuels : tracts par avions par exemple, aujourd'hui par les réseaux d'internet (s'ils fonctionnent en période troublée !) et par le contact individuel avec les voisins, mais aussi les musulmans fidèles à la France, harkis notamment, dans un effort de conversion au catholicisme. Il n’y eu pas malheureusement de réels efforts des contrerévolutionnaires dans ce sens à l’exception des clercs, comme le Père Avril et des militaires catholiques des S.A.S. et des S.A.U. Il faut, tout en restant ferme sur la doctrine, s’efforcer d’être apôtre (ou militant).
SYNTHESE
En conclusion, on peut dire que les mouvements contrerévolutionnaires, je parle ici surtout de ceux de Robert Martel, sont parvenus à éviter les pièges de la subversion d’une manière simple : en étant catholiques, intégralement, sans concessions vis-à-vis du monde. Leur foi catholique leur a permis de garder la charité et d’éviter les pièges, de l’action directe, de l'opposition frontale entre les communautés, leur conscience du combat des deux étendards leur a permis de ne pas tomber non plus dans le piège de l’angélisme : ils savaient qu’ils allaient avoir à faire face à la médisance, à la calomnie, à de grossières manipulations, donc ils s’y étaient préparés et étaient prudents comme des serpents et souples comme des colombes, scion les paroles de Notre Seigneur à ses disciples. Par ailleurs leur confiance en la divine Providence leur donnait aussi la force de supporter avec patience les efforts du pouvoir gaulliste pour casser le moral des populations civiles et militaires et aussi l’audace nécessaire le moment venu : pour prendre d’assaut le gouvernement général le 13 mai 1958, pour tenter de mener jusqu’à une véritable insurrection les barricades en janvier 1960, pour sauver les généraux putschistes démoralisés dans la soirée du 26 avril 1961, pour préparer un nouveau coup de force, malgré toutes les embûches du FLN, des barbouzes gaullistes, ou des agents subversifs infiltrés au sein de l’0AS. Leur échec s’explique certes par quelques faiblesses internes - nombre insuffisant de cadres bien formés notamment -, mais surtout par des causes externes, qu'ils ne maîtrisaient pas - insurrections séparées des civils et des militaires en particulier. Leur grand mérite est qu'ils se sont souvenus que si le combat politique n'est pas dirigé vers Dieu comme vers sa fin ultime, il est vain, comme le souligne le Psaume 126: «Nisi Dominus aedificaverit domum, in vanum laboraverunt qui aedificant eam. Nisi Dominuscustodierit civitatem, frustra vigilat qui custodit eam ».